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La comète
de Newton avait été la première
dont Halley ait essayé de calculer la trajectoire.
Mais la première dont il ait vraiment réussi à montrer
qu'elle était effectivement périodique, et dont le retour
ait pu être prédit par lui est la comète
qu'il découvrit en 1682; Halley
en calcula les éléments
d'après les observations de La Hire, Picard,
Hévélius
et Flamsteed. II appliqua les mêmes calculs
aux observations d'une belle comète parue en 1607,
étudiée par Képler et Longomontanus,
et il lui trouva les mêmes éléments. Une autre observation,
faite en 1531 par Apian,
lui fournit les mêmes résultats, de sorte qu'Halley crut pouvoir
attribuer ces trois apparitions à un même astre, dont la périodicité
serait d'environ 76 ans.
Dès l'année 1757,
les astronomes explorèrent attentivement le ciel. Le
15 novembre 1758, Clairaut
annonça à l'Académie des sciences
de Paris que les perturbations
exercées par Jupiter
et Saturne
sur la marche de la comète, qui passait dans leur voisinage, retarderaient
son retour au périhélie de 618 jours environ, savoir : 100
jours dus à l'action de Saturne, 518 à celle de Jupiter.
L'événement confirma la prédiction de Clairaut, qui
avait donné la date du passage au périhélie à
un mois près. En 1835, elle
revint au périhélie le 15 novembre, à moins d'un jour
de la date calculée par de Pontécoulant.
Ce savant a aussi cherché l'époque de son retour suivant
qui, selon lui, aura lieu le 16 mai 1910
vers 11 heures du soir...
Depuis la prédiction faite par Halley,
les astronomes ont eu l'idée de rechercher dans le passé
les passages précédents de la comète. Une tâche
d'autant plus difficile que le cycle de 77 ans ne fournit qu'une
indication approximative. Il laisse une marge de 2,5 ans. Selon Angström
(1862), la période est en fait de 76,93 ans. Et elle est modulée
par deux cycles qui lui impriment des irrégularités d'amplitude
de 1,5 et 2,3 années, et dont les périodes respectives sont
de 2650 et de 782 ans. Cela explique les difficultés auxquelles
se heurte pareille entreprise, et aussi les erreurs d'identification qui
ont pu être commises parfois. La possibilité d'appliquer le
calcul des perturbations sur de longues périodes est nécessaire
pour aller plus loin, comme le notait déjà au milieu du XIXe
siècle Paul Laugier, qui avait consacré un mémoire
à cette question :
En
comparant les deux époques de 451 et de 1378, on trouve, pour la
période, 77 ans 1/4, moyenne de douze révolutions, laquelle
s'accorde parfaitement avec le résultat déduit de l'apparition
de 760.
Le
calcul des perturbations, s'il était faisable pendant cet énorme
intervalle de temps, donnerait peut-être l'explication d'une variation
aussi grande du temps périodique; mais, dans le cas où il
ferait défaut, on pourrait se rappeler qu'une diminution analogue,
quoique beaucoup plus petite, a été observée dans
les retours de la comète à courte période.
Les
éphémérides calculées ne s'accordaient pas
avec les observations, et, pour faire disparaître cette différence,
M. Encke, comme on le sait, fut obligé d'avoir recours à
l'hypothèse d'un milieu résistant. Peut-être trouvera-t-il,
dans les variations que je signale ici pour les retours de la comète
de 1759, une confirmation des idées qu'il a adoptées.
Une
autre cause, extrêmement puissante, pourrait aussi être mise
en avant : je veux parler de la déperdition de matière que
les comètes peuvent éprouver à la suite des grands
changements qui surviennent parfois dans leur constitution physique. Ces
changements ont été observés plusieurs fois, notamment
dans la comète de Halley en 1835, et surtout dans la comète
de Gambart, qui, il y a quelques mois, a été l'objet des
recherches de tous les astronomes, et a offert l'exemple du phénomène,
unique dans son genre, d'un astre à deux centres.
Bessel,
dans une Note intitulée : Remarques sur l'insuffisance
possible d'une théorie cométaire qui ne tient compte que
des attractions, a calculé les variations produites sur la durée
de la révolution de la comète de Halley par une déperdition
de substance. En supposant que cette comète ait perdu, dans certaines
conditions déterminées, la 23 millième partie de sa
masse, quantité qui ne lui paraît pas exagérée,
Bessel trouve que la révolution serait diminuée de 1107 jours.
(P. Laugier, 1846)
L'approche perturbative,
qui demande des calculs pénibles, a en fait été utilisée
dans un premier temps (par Clairaut notamment) seulement à titre
de vérification sur les trois ou quatre passages antérieurs
de la comète. Pour les époques, plus reculées, elle
sera conduite par Crommelin et Cowell seulement à partir
de 1907. Mais c'est surtout à
partir de 1971, quand Brady et Carpenter
ont commencé à utiliser l'ordinateur pour ce type de travail
que l'entreprise a pu véritablement donner ses fruits. Au début
des années 1980, ce travail
a été poursuivi par d'autres, et en particulier par D. Yeomans
et T. Kiang. |
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Ces divers travaux permettent
aujourd'hui de reconnaître toutes les mentions des passages de la
comète depuis 240 av. J. -.C.
Pour la commodité de la consultation, on a divisé cet inventaire
en trois parties :
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En
bibliothèque - P. Laugier,
Mémoire sur quelques anciennes apparitions de la comète de
Halley, inconnues jusqu'ici, in Comptes rendus hebd. de l'Acad.
des Sciences, 1, t. 22, 1846; D. Yeomans, J. Rahe, R. Freitag, The
history of comet Halley, in J. Roy. astron. Soc. of Canada,
vol 80, n° 2, 1986; R. Olson, J. Pasachoff, New information on comet
P/Halley as depicted by Giotto di Bondone and
other Western artists, in Astronomy and Astrophysics, Mars 1987;
Isaac Asimov, Le Guide de la comète de Halley, Ed. du Rocher,
1985.
En
librairie - Jean-Paul Philbert, Le
Furet des comètes, Charles Messier, Pierron, 2000. - Jean-Marie
Homet, Le Retour de la comète, Imago (histoire de la comète
de Halley), 2000. |
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