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Les Augures
Les Augures ont été d'abord, comme leur nom l'indique, des devins pratiquant l'ornithomancie. On dérive augur ou avigur d'avis (oiseau) et du verbe archaïque gurere; c'est un sens parallèle à celui d'auspices (avem spicere) : l'augure prend les auspices. Chez les Etrusques déjà, les augures ont dû ajouter à l'observation du vol des oiseaux, l'observation des signes de tout genre qui apparaissaient dans le temple qu'ils avaient tracé et orienté dans le ciel (La divination italique). La cité ayant, comme les particuliers, besoin de consulter les dieux, un collège spécial fut chargé à Rome d'interpréter les auspices publics, c.-à-d. les signes envoyés par les dieux en réponse aux questions qu'on leur posait.

Le collège des augures (Augures publici populi Romani Quiritium) est probablement le plus ancien des collèges sacerdotaux de Rome.

Les augures ne font qu'assister les magistrats quand ceux-ci prennent les auspices. Ils tracent le temple et annoncent les signes : 

«Nos nuntiationem solum habemus, consules et reliqui magistratus spectionem », écrit Cicéron. 
Jupiter, consulté par les moyens indiqués à l'article Auspices, répondait oui ou non aux questions posées. A vrai dire, le collège des augures ne paraît avoir guère employé que trois méthodes, l'observation du vol ou da cri des oiseaux, de l'appétit des poulets sacrés, des éclairs. 

Le droit augural s'est beaucoup développé; là aussi, les Romains ont révélé leur esprit formaliste; on en est venu à ce point que la préoccupation juridique finit par absorber à peu près les autres. Les augures sont des casuites, non des prêtres; ils ont grossi indéfiniment les recueils (libri augurales) qui renfermaient l'indication minutieuse du cérémonial à observer, des formules à réciter et des décisions antérieures qui fixaient la jurisprudence. Les archives du collège fournirent la matière d'une littérature spéciale qui a malheureusement péri tout entière : un discours de Caton l'Ancien, des ouvrages d'Appius Claudius Pulcher, de Jules César, de Cicéron, un livre de Varron, etc. La grande importance politique des auspices explique la gravité de ces questions de casuistique, fréquemment soulevées dans un intérêt politique.

Le collège des augures paraît avoir été composé d'abord de trois membres, puis de quatre ou cinq; il se recrutait lui-même par cooptation; en 300 av. J.-C., la loi Ogulnia obligea les quatre augures patriciens à s'adjoindre cinq collègues plébéiens; on ne pouvait choisir deux augures dans la même gens. La loi Domitia (104) remit à rélection le choix des membres des trois grands collèges sacerdotaux (pontifes, augures, décemvirs, sacris faciundis); abrogées par Sylla, qui porta à 15 le nombre des augures, ces dispositions furent reproduites dans la loi Atia (63). Sous l'empire, le prince, le Sénat, les collèges, exercent concurremment le droit de désignation. A partir de 390 ap. J.-C. il n'est plus question du collège des augures. 

Egaux entre eux, présidés par le doyen, les augures se réunissaient une fois par mois dans la citadelle (arx) du Capitole. Ils avaient sous leurs ordres des viateurs, un moniteur et des pullaires, qui les suppléent souvent, notamment aux armées. Ils se tenaient à la disposition de l'Etat, des divers magistrats ayant le droit d'auspices, et étaient subordonnés au grand pontife. Leur attribut caractéristique était le lituus; ils étaient vêtus d'une prétexte ou trabea avec deux bandes, l'une pourpre, l'autre écarlate.

Dans les municipalités coloniales organisées sur le modèle de Rome, on établit des collèges de pontifes et d'augures : ces collèges d'augures comprenaient, en général, trois membres : ils réglaient tout ce qui regardait les auspices. (A.-M. Berthelot). 

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Dictionnaire Religions, mythes, symboles
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