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| Monophysisme,
Moniphysitisme. - Nom collectif donné à des doctrines
chrétiennes
diversement formulées, mais dont le caractère commun est
de n'admettre réellement dans la personne du Christ
qu'une seule nature, où l'élément divin ou bien pénètre,
on bien domine, ou bien absorbe l'élément humain. Ce nom
était donné à ces doctrines par leurs adversaires.
Leurs partisans s'appelaient eux-mêmes les orthodoxes, les croyants,
les fidèles; et, par revanche, ils appelaient leurs contradicteurs
diphysites, dyophysites, nestoriens ( Quoique la définition du concile
eût emprunté quelques-unes des expressions familières
à Cyrille, il y avait une contradiction irréductible entre
cette définition et sa doctrine, si chère aux Alexandrins Il est vraisemblable que la plupart des
évêques qui avaient approuvé si hautement cette doctrine,
au concile d'Éphèse,
deux années auparavant, y étaient restés intimement
attachés, et qu'ils ne la désavouèrent, au concile
de Chalcédoine Dieu qui a été crucifié pour nous.En 476, Basilisque, qui venait de détrôner Zénon, voulant prendre appui sur les monophysites, rendit en leur faveur un édit qu'il appela l'Encyclique. Cet édit, que tous les évêques devaient souscrire, déclarait que les canons de Nicée, d'Éphèse et de Constantinople étaient seuls valides, et il commandait de brûler les décrets du concile de Chalcédoine et la lettre du pape Léon. La plupart des évêques grecs obéirent, avec la servilité accoutumée. Mais à Constantinople les moines dyophysites et le patriarche Acace parvinrent à provoquer un soulèvement qui renversa l'usurpateur. Aussitôt, les cinq cents évêques qui avaient adhéré à l'Encyclique s'empressèrent d'exprimer leur repentir, s'excusant sur la contrainte qu'ils prétendaient avoir subie. Les évêques monophysites que Basilisque avait rétablis sur leurs sièges en furent de nouveau évincés. De rigoureuses mesures de répression furent ordonnées contre leurs partisans. Vers le même temps Timothée Aelurus, patriarche monophysite d'Alexandrie, mourut (automne 477). Pierre Mongus fut élu pour le remplacer, mais menacé de mort par l'empereur, il dut s'enfuir. Néanmoins, après la mort du patriarche dyophysite, Timothée Salophacielus, les monophysites l'élurent de nouveau (482), tandis que la minorité dyophysite élisait Jean Talaia, le fidèle coadjuteur du défunt patriarche. Il se produisit alors un de ces revirements soudains qu'on rencontre si fréquemment dans l'histoire ecclésiastique du Bas-Empire. Talaia indisposa contre lui le patriarche de Constantinople; en négligeant de lui notifier sa promotion avec les compliments d'usage; et d'autre part, la révolte d'llus, son protecteur, le rendit suspect à l'empereur. Acace agit auprès de Zénon
pour ménager un accueil favorable. à Mongus, qui venait solliciter
des mesures propres à pacifier les monophysites, si nombreux en
Égypte Cet édit produisit l'effet ordinaire
des entreprises de ce genre; car il est difficile de persuader les humains
que les questions pour lesquelles ils se disputent et se haïssent
n'ont pas d'importance. Au lieu de deux partis, il y en eut trois. Beaucoup
d'évêques admirent officiellement l'Hénoticon;
et un certain calme fut établi et maintenu dans la plupart des églises
appartenant à l'empire grec En Égypte 1° reconnaissance du concile de Chalcédoine et soumission du clergé aux décrets de ce concile, même par voie de contrainte;Anastase refusa fermement de porter atteinte à la mémoire d'Acace, et les négociations furent rompues. Son successeur Justin se soumit à toutes les conditions du pape. Il rendit un édit rétablissant les évêques exilés, destituant les monophysites qui les avaient remplacés et excluant les hérétiques de tous les offices publics. Les noms d'Acace et de Zénon furent effacés sur les diptyques (519). Les monophysites les plus éminents, par conséquent les plus exposés, se réfugièrent en Égypte. Parmi eux se trouvaient : Sévère, patriarche d'Antioche; Xénaïas, évêque d'Hiérapolis Sévère, dont la doctrine était la plus rapprochée de celle du concile de Chalcédoine, enseignait, comme Cyrille, que le Christ est de deux natures, et que ni l'une ni l'autre de ces natures n'est modifiée par leur union. La pensée peut distinguer en lui ces deux éléments, l'un créé, l'autre incréé. La nature humaine de Jésus-Christ est de la même substance que la nôtre. Sévère réprouvait même l'idée de la confusion de ces deux natures comme supprimant l'humanité en Jésus-Christ. Mais il reprochait au concile de Chalcédoine et à la lettre de Léon à Flavien d'avoir attribué une activité spéciale à chacune, en rapportant les miracles à la nature divine et les souffrances à la nature humaine, chacune d'elles accomplissant sa fonction propre. Suivant lui, c'était admettre deux personnes, car un élément impersonnel est incapable de pensée et d'activité. En conséquence, il attribuait toutes les actions et toutes les affections du Christ à une seule nature, la nature incarnée de Dieu le Verbe, faisant ainsi résider dans le Verbe l'élément personnel. Xénaïas, appelé aussi Philoxène, considérait la nature de Christ comme composite. Dieu le Verbe est devenu homme dans la Vierge, sans altération de sa nature divine; l'élément divin et l'élément humain sont réunis en lui, sans mélange et sans transformation, comme le corps et l'âme sont réunis dans l'humain, de manière à ne former qu'une seule nature Développant une idée précédemment émise par Dioscore, Julien, affirmait que c'est faire injure à la divinité que supposer que le Verbe s'est uni à une chair terrestre et corruptible comme celle des taureaux et des boucs. Le corps du Christ a toujours été incorruptible comme celui d'Adam avant la chute et comme d'autres croient qu'il l'est devenu après la résurrection; il a toujours été exempt de la corruption, des infirmités et des souffrances qui sont le châtiment du péché. Jésus a souffert, mais volontairement, par grâce, pour sauver les humains, nom par l'effet de sa nature. Les adversaires de cette doctrine l'accusaient de docétisme. De là le nom d'Aphthardotocères donné à ceux qui la professaient. Ceux-ci appelaient Phthartolâtres leurs contradicteurs. A l'avènement de Justinien (521), fervent défenseur de l'orthodoxie chalcédonienne, la cause du monophysisme semblait complètement perdue. Mais l'impératrice Théodora, qui était attachée à cette cause, d'autant plus passionnément qu'elle était contrainte de dissimuler son sentiment, s'efforça de la sauver; non sans succès, car elle sut profiter habilement des avantages que lui présentaient le caractère de l'empereur, son ignorance des questions théologiques, sa présomption, qui prétendait les résoudre toutes, et d'autre part le désir et l'espérance, qu'il entretint jusqu'à la fin de sa vie, de rétablir la paix religieuse dans ses États. Elle l'amena tout d'abord (533) à introduire dans la liturgie officielle la formule monophysite, Dieu crucifié pour nous. Ensuite (535), elle le décida à élever au siège de Constantinople Anthyme, son protégé, secrètement dévoué comme elle au monophysisme. Mais le pape Agapet Ier qui se trouvait alors à Constantinople, informa Justinien de la véritable opinion de ce patriarche. Anthyme fut aussitôt destitué et remplacé par Mennas, ami d'Agapet et dyophysite convaincu. Un concile tenu à Constantinople (536) confirma le déposition d'Anthyme, condamna Sévère, Zooras et leurs partisans, et ordonna contre les monophysites de rigoureuses mesures de répression, que Justinien sanctionna par un édit. Il s'ensuivit une persécution qui eut pour effet de livrer à Chosroès, roi de Perse, la Grande Arménie, dont les habitants étaient en grande majorité monophysites. Théodora ne se laissa pas décourager.
Elle entreprit d'amener la papauté elle-même à désavouer
le concile de Chalcédoine. Sur ses instances, le pape Vigile, qui
lui devait son élévation (538) consentit à adresser
à Anthyme et à ses amis, Théodose
et Sévère, une lettre dont le texte nous est parvenu. Il
y affirmait que son opinion sur les deux natures était complètement
conforme à la leur, et il condamnait avec anathème la distinction
de Léon, qui avait attribué les miracles
du Christ à sa nature divine et ses souffrances à la nature
humaine. Mais comme il avait recommandé de tenir sa lettre secrète,
Théodora n'en put tirer aucun parti, et elle dut aviser à
d'autres moyens. Elle introduisit dans la confiance de l'empereur deux
abbés palestiniens,
Domitien et Théodore
Askidas, qui déguisaient leur monophysisme sous l'affectation d'un
grand zèle pour le formule chalcédonienne. Comme ils étaient
origénistes, le patriarche Mennas crut leur faire échec en
obtenant la condamnation d'Origène. Ils
s'empressèrent de la souscrire; mais par revanche ils obtinrent
la condamnation des Trois-Chapitres (544), doublement agréable
aux monophysistes, et parce qu'elle flattait leur haine contre les nestoriens
( Enfin, en l'année de sa mort (565), Justinien fit tenir à Constantinople un concile qui adopta la doctrine des aphthartodocètes; il rendit un édit bannissant ceux qui la combattait. Le patriarche Eutychius fut déposé pour résistance à cette mesure. Au commencement de son règne (665), Justin II, successeur de Justinien, détendit par édit de continuer les disputes sur les deux natures : en conséquence, les monophysites furent laissés en paix. Mais après six années l'empereur consentit à sanctionner les mesures réclamées par le patriarche Jean le Scolastique. L'Histoire ecclésiastique de Jean d'Ephèse décrit les violences de cette persécution. Les églises des monophysites furent renversées; leurs évêques et leurs clercs, jetés en prison. Pour contraindre les moines et les nonnes à entrer en communion avec leurs persécuteurs, on leur introduisait par force entre les dents le pain consacré. Le même document constate que beaucoup de monophysites restèrent fidèles à leur foi, dans Constantinople et ailleurs parmi eux, l'impératrice Sophie et toute sa maison, des sénateurs et des membres des plus hautes classes. La persécution continua avec quelques intervalles de ralentissement, jusqu'à la fin du règne de Tibère Constantin (578-582). Jean le Jeûneur, qui fut promu alors au siège de Constantinople, refusa de s'y prêter. Son patriarchat dura jusqu'en 505. Pendant ce temps, les monophysites jouirent d'une sorte de trêve, qui habitua leurs adversaires à la tolérance. Les chrétiens
restés fidèles au monophysisme sont groupés aujourd'hui
dans l'église arménienne, l'Église
copte, l'église éthiopienne |
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