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Hormisdas

Hormisdas est le nom de quatre rois de la dynastie des Sassanides qui a régné en Perse et dans l'Iran oriental de 225 à 652 de J.-C. Ces monarques sont :
Hormisdas Ier, fils et successeur de Sapor Ier, n'a régné qu'un an, en 273 de l'ère commune; il favorisa le manicheisme et accueillit Manès qui avait été persécuté par Sapor et que Bahram ler fit périr.

Hormisdas II, fils et successeur de Narsès, a régné de 302 à 309; il s'occupa de réparer les monuments anciens de la Perse et fonda plusieurs villes, entre autres Ram-Hormuzd. Sous son règne, les rapports de la Perse avec l'Inde commencent à être plus fréquents et sont constatés par des médailles avec des attributs shivaïtes; en 305, Hormisdas épousa la fille du roi de Kaboul qui était de la famille des Koushans.

Hormisdas III, fils de Yezdejerd II, auquel il succéda en 457, fut renversé peu après par son frère Firouz ou Péroze à l'aide du roi des Ephthalites. D'après quelques historiens, Firouz le fit mettre à mort; suivant d'autres, il usa de générosité et épargna la vie à son frère.

Hormisdas IV , fils de Khosroès Anouchirvan, né de son mariage avec la fille du Khaqan des Turks d'où le nom de Tourkzadé, « fils de la Turque »; il a régné de 578-590. Malgré cette origine barbare, il ne put éviter l'invasion de son empire par Saweh ou Shabahshah, Khaqan des Turcs, à la tête de 200,000 hommes. Hormisdas, qui avait déjà à se défendre en Mésopotamie contre les armées romaines, fit la paix avec l'empereur Tibère et dirigea toutes ses forces contre les barbares. Bahram Tchoubin, général en chef, fut mis à la tête des troupes perses et remporta une grande victoire sur Shabahshah. Ce dernier fut tué, son armée prisonnière et toutes les richesses de son camp tombèrent au pouvoir des Perses près de Balkh. Peu après Bahram se fit proclamer roi et, à la suite d'une révolte, Hormisdas fut déposé, aveuglé et jeté en prison. D'après les historiens byzantins, il fut tué par ordre de son fils Khosroès II qui lui succéda sous le nom de Khosroès Parviz, en 590. Il existe des monnaies d'argent de tous les différents princes au nom de Hormisdas; les légendes sont en pehlvi et le nom est écrit Auhrmazd qui est la vraie forme (Hormazd); Hormisdas est l'orthographe grecque, on trouve aussi Homisdatès; la forme arabe est Hormouz. (E. Drouin).

Saint Hormisdas est le 54e, pape. Il est né à Frosinone en Campanie, a été élu le 26 juillet 514, et est mort le 6 août 523. Fête le 6 août. Avant d'entrer dans le sacerdoce, il avait été marié et avait eu un fils, qui fut, dit-on, le pape Silvère (536-537). L'événement le plus mémorable de son pontificat fut le rétablissement de la communion entre l'Eglise de Rome et celle de Constantinople, interrompue depuis 484 (Félix III). Dès 512, les évêques orthodoxes d'Orient s'étaient adressés au pape Symmaque pour opérer cette réconciliation : mais comme ils refusèrent d'effacer des diptyques le nom d'Acacius, cette tentative n'aboutit à aucun résultat. 

En 515, l'empereur Anastase Ier, qui jusqu'alors avait favorisé les monophysites et molesté les orthodoxes, fut contraint, pour apaiser la révolte de Vitalien, maître de la cavalerie impériale, qui se proclamait défenseur des catholiques opprimés, de lui promettre qu'il rendrait aux évêques orthodoxes les sièges dont ils avaient été dépossédés, et qu'il préparerait la réunion d'un concile auquel le pape assisterait. Il écrivit à Hormisdas, lui demandant son concours pour le rétablissement de l'union dans l'Eglise, et l'invitant à envoyer à un concile convoqué à Héraclée tous les évêques qu'il lui plairait de choisir. Avant toute acceptation, Hormisdas réclama de l'empereur une déclaration adressée à tous les évêques et acceptant formellement les canons du concile de Chalcédoine et le tome du pape Léon. Les évêques d'Orient devaient signer cette lettre et anathématiser nominativement Nestorius, Eutychès, Dioscore, Aelurus, Pierre Mongus, Pierre le Foulon, Acacius et leurs adhérents. Les évêques accusés d'avoir persécuté les orthodoxes seraient envoyés à Rome pour y être jugés. 

L'empereur repoussa les conditions relatives à l'excommunication d'Acacius et à la suppression de son nom sur les diptyques; mais il continua ses ouvertures. L'année suivante (516), il s'adressa de nouveau au pape, et il sollicita les bons offices du sénat de Rome et du roi Théodoric. Hormisdas maintint ses conditions en 517, il les aggrava, espérant que l'empereur serait forcé par la nécessité politique de s'y soumettre. Il exigea de tous ceux qui désiraient se réconcilier avec Rome la signature d'un formulaire exprimant la plus complète dépendance. Ce formulaire, désigné sous divers noms : Libellus fidei, Regula fidei, Formula Hormisdae, a été souvent mentionné de notre temps, à l'occasion du concile du Vatican, parce qu'il constitue un monument fort audacieux des prétentions de la papauté au VIe siècle.

Ceux qui le signaient déclaraient que, se souvenant respectueusement du texte : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon église... (Matthieu, XVI, 18-19), texte dont la vérité est démontrée par la religion immaculée qui a été constamment conservée par le siège apostolique (in sede apostolica immaculata est semper servata religio), ils confessaient devoir se soumettre en toutes choses à ce siège, dans lequel était prétendue résider l'entière et véritable solidité de la religion chrétienne. En conséquence, ils acceptaient tous les canons du concile de Chalcédoine, le tome de Léon et même toutes les lettres que ce pape avait écrites en matière de religion. Non seulement ils excommuniaient Nestorius, Eutychès, Dioscore, Timothée, Aelurus, Pierre le Foulon, Acace et leurs adhérents; mais ils excluaient de leurs diptyques tous ceux qui avaient été séquestrés de la communion catholique, c.-à-d. tous ceux qui ne s'étaient pas rangés du côté romain pendant la désunion. Cette dernière clause impliquait l'excommunication posthume d'évêques incontestablement orthodoxes, et dont tout le crime était d'avoir vécu et d'être morts dans un temps où le siège de Rome était en désaccord avec les Eglises d'Orient : par exemple, l'excommunication des patriarches de Constantinople Euphemius et Macedonius, qui non seulement avait professé la vraie foi selon les Romains, mais avaient été déposés et bannis pour l'avoir professée. 

Anastase, indigné de ces exigences, rompit les négociations; il mourut l'année suivante (9 juillet 518).

Justin, qui lui succéda, devait son élévation à la faveur du parti catholique. La populace de Constantinople ameutée réclama des mesures péremptoires contre l'hérésie monophysite, et la persécution des hérétiques, qu'elle traitait tous de manichéens. L'empereur ordonna la reconnaissance du concile de Constantinople sur les diptyques de toutes les églises, le rappel des orthodoxes exilés et la déposition des evêques dissidents. Des lettres furent adressées à Hormisdas par l'empereur et par Justinien, son neveu et successeur éventuel, par Jean de Cappadoce, le nouveau patriarche de Constantinople, et par d'autres évêques. Le pape répondit qu'il exigeait tout d'abord la radiation du nom d'Acacius sur les diptyques et la souscription de son Libellus fidei. En 519, il envoya à Constantinople des légats qui furent reçus par le peuple, avec acclamations; par la cour et par le clergé, avec les témoignages du plus profond respect. Le libellus fut signé en une assemblée tenue dans le palais et à laquelle assistaient l'empereur, le sénat et le patriarche. Les noms d'Acacius et de ses successeurs, Fravitas, Macedonius, Euphemius et Timothée furent retirés des diptyques. Mais l'empereur et le patriarche associèrent à leurs actes des déclarations plus ou moins atténuantes, énonçant l'idée d'un accord avec le siège de Rome, plutôt que d'une soumission impliquant l'infériorité du siège de Constantinople. 

Quatre-vingts lettres attribuées à Hormisdas nous sont parvenues; elles se trouvent dans les Collections de conciles de Labbe et de Mansi et dans le recueil spécial de Thiel, Epistolae Romanorum pontificum a sancto Hilaro usque ad Hormisdam (Braunsberg, 1868-1872, in-8). L'authenticité de l'une d'elles, adressée à saint Remi, est fortement contestée; trois ont été écrites à des évêques d'Espagne et contiennent des instructions intéressantes sur des points de discipline. La plupart des autres se rapportent aux affaires d'Orient. (E.-H. Vollet).

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Dictionnaire biographique
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