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Le mot spectre
revêt en physique plusieurs sens. Employé dans son acception
la plus large, il désigne un ensemble de radiations monochromatiques
d'un type particulier. Ainsi, dans le contexte de l'étude du rayonnement
électromagnétique. On pourra alors parler de spectre électromagnétique
pour désigner toute l'étendue de la gamme de rayonnements
électromagnétiques possibles. Cet ensemble étant couramment
divisé en plusieurs parties ou domaines. Ces domaines vont du rayonnement
gamma, défini par des énergies et des fréquences
très élevées (soit par des longueurs
d'ondes très courtes), au rayonnement radio,
qui correspond à des énergies transportées par chacun
de ses photons très faibles. La lumière
visible, encadrée par le rayonnement ultraviolet (UV) et l'infrarouge
(IR) correspondant pour sa part à un domaine intermédiaire
du spectre.
Le mot spectre sert plus spécialement
à désigner la distribution d'une caractéristique telle
que l'intensité d'un rayonnement (ou d'une onde quelconque), en
fonction de son énergie (ou d'une grandeur qui en dépend
comme la fréquence ou la longueur
d'onde). On désigne ainsi sous le nom de spectre lumineux la
répartition de l'intensité d'une lumière en fonction
de la longueur d'onde (ou de la fréquence) des rayonnements qu'elle
contient.
D'un point de vue plus concret, cela revient
à définir un spectre comme l'apparence de la lumière
émise par un corps lorsqu'elle est dispersée par un prisme
(ou un réseau de diffraction). On
reconnaîtra alors trois familles principales de spectres : les spectres
continus, où les différentes couleurs observées forment
un continuum; les spectres de raies, qui sont eux-mêmes de deux sortes
: les spectres en absorption, où certaines radiations (signalées
dans le dispositif expérimental par des raies sombres) sont absentes
ou très atténuées, et les spectres en émission
où, au contraire, certaines radiations (signalées dans le
dispositif expérimental par des raies brillantes) sont plus intenses.
L'explication des caractéristiques que possèdent les spectres
n'est possible qu'avec le recours à la structure des atomes,
en termes quantiques.
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C'est
Newton
qui a d'abord montré, dès 1666, que la lumière blanche
du Soleil pouvait se décomposer grâce
à un prisme en une multitude de rayonnements de couleurs. Lorsqu'un
faisceau de lumière solaire subit l'action décomposante du
prisme, on obtient un spectre brillant qui, à l'instar de celui
que révèle l'arc-en-ciel, présente
toute la gamme des couleurs, mais que l'on réduit souvent par habitude
à la série traditionnelle des sept couleurs dites primitives
(le rouge, l'orangé, la jaune, le vert, le bleu, l'indigo et le
violet...). Ces couleurs empiètent ordinairement les unes sur les
autres; mais si l'un a la précaution d'associer au prisme une lentille
convergente et de rétrécir le faisceau par une fente étroite,
les divers rayons simples sont alors respectivement confinés dans
une série d'espaces contigus, rétrécis, analogues
à celui qui se trouve compris entre les bords mêmes de la
fente. C'est ainsi qu'on en 1802, soit 138 ans après la découverte
de Newton, Wollaston
a constaté que quatre raies sombres semblaient
séparer les couleurs. Ces raies plus ou moins marquées qui
sillonnent le spectre solaire ont été appelées raies
de Fraunhofer, du nom du physicien qui, le premier, les a étudiées
en détail. Fraunhofer
reconnut 500 à 600 de ces raies obscures dans le spectre du Soleil,
et montra que malgré l'apparence de leur disposition fortuite, elles
sont d'une fixité absolue. En effet, il les retrouva dans Ia lumière
du jour réfléchie par les nuages, ainsi que dans celle de
la Lune et des diverses planètes, car celte
dernière n'est que de la lumière solaire réfléchie.
En conséquence, il fut dès lors bien établi que ces
raies constituent un caractère indélébile de la lumière
solaire.
Fraunhofer
désigna par les huit premières lettres majuscules de l'alphabet
les huit raies les plus intenses de ce spectre, puis par des minuscules
les raies qui venaient après celle-ci par leur importance.
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A,
a
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rouge
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B,
C
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orangé
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D
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jaune
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E,
b, F
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vert
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G
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bleu
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H
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violet
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Les
conventions encore en usage aujourd'hui pour désigner les raies
où les zones du spectre électromagnétique dérivent
des principes énoncés par Fraunhofer :
La
lumière solaire renferme des rayons de toutes les couleurs, mais
elle ne renferme pas rigoureusement toutes les nuances appartenant à
chacune des couleurs. Les lumières artificielles fournissent également
des lumières colorées; mais des raies colorées, brillantes,
que le Soleil ne possède pas, caractérisent ces radiations
lumineuses. Chaque sorte lumière artificielle fournit un spectre
différent, et ces différences dépendent de la présence
des particules existant dans la flamme et portées à l'incandescence.
Wheatstone
le premier a remarqué quelle nombre et la disposition des ligne
lumineuses dans le spectre sont caractéristiques de tel ou tel métal.
Mais c'est à Kirchhoff
et à Bunsen ,
tous deux professeurs à Heidelberg, que l'on doit l'avoir généralisé
cette observation, d'avoir tiré de là une méthode
l'analyse nouvelle, l'analyse spectrale, permettant de connaître
la composition d'un corps grâce à l'étude de la lumière
qu'il émet, par la simple observation de la disposition et des caractéristiques
des raies que contient son spectre.
Un
ancien spectroscope.
On
l'a noté plus haut, dans le spectre produit par un faisceau de lumière
solaire, soit directe, soit réfléchie, le nombre et la position
des raies obscures, dites raies de Fraunhofer, sont absolument invariables.
Les spectres qui donne la radiation lumineuse des étoiles
présentent de même des raies obscures; mais ici les raies
sont distribuées autrement. Bien plus, chaque étoile fixe
affecte, dans la distribution de ces raies, un mode particulier et caractéristique.
D'après ce qui précède, il est aisé de concevoir
que ces différences doivent résulter de certaines différences
correspondantes dans la constitution de ces globes immenses et si éloignés
de nous ( Les types
spectraux des étoiles). En comparant le spectre fourni par la
lumière solaire, avec ceux que donnent les métaux actuellement
connus, Kirchhoff et Bunsen ont constaté que le premier renferme
les raies que produit le sodium, le lithium, le strontium, le magnésium,
le fer, le chrome et le nickel, tandis que l'un y trouve pas les raies
propres à l'argent, au cuivre, au zinc, au cobalt, a l'antimoine,
à l'aluminium et au silicium.
«
Telles sont, écrira Léon Foucault ,
les conséquences grandioses et inattendues auxquelles on arrive
en suivant pas à pas la logique des faits. La lumière est
le seul moyen de communication que la nature ait mis entre nous et les
corps célestes. Mais celle lumière, dans son admirable complexité,
se compose d'une infinité de rayons dont chacun peut contenir un
renseignement, et que le prisme a la précieuse propriété
d'isoler et de ranger dans l'ordre parfait de leur réfrangibilité.
Une fois étalés en spectres, ces innombrables rayons sont
pour ainsi dire numérotés par ordre, si bien qu'au premier
coup d'oeil on constate les forts, les faibles, les présents et
les absents. La pile, ce puissant engin calorifique qui réduit en
vapeurs tous les corps conducteurs, nous montre, en les portant à
l'incandescence, que dans ces circonstances où la cohésion
est détruite, toutes ces vapeurs vibrent comme des harpes avec une
sonorité propre, émettant dans l'espace des notes lumineuses
douées d'un timbre inaltérable et capables de franchir les
plus grandes distances. Qu'importent donc les 30 millions de lieues qui
nous séparent du Soleil? Si ses rayons parviennent jusqu'à
nous et qu'ils renferment les signes caractéristiques de substances
connues parmi nos éléments, la conséquence est forcée:
ces substances appartiennent incontestablement au soleil. »
Diverses
expériences conduites vers la même époque, notamment
par Wullner, ont montré qu'un même corps simple peut donner
suivant les conditions extérieures (température, pression)
des spectres différents, qui peuvent se ranger en deux classes :
dans certains cas des raies brillantes se substituent aux raies sombres,
dont elles occupent exactement les mêmes positions. Cela définit
les deux classes de spectres de raies les spectres en absorption et les
spectres en émission, dont l'explication sera recherchée
par de nombreux physiciens (Bunsen, Kirchhoff, G.-G. Stokes, Angström ,
etc.). Les diverses caractéristiques des spectres seront finalement
comprises et expliquées par Bohr ,
lorsque celui-ci, combinant à la fois les travaux de Planck
sur la quantification de l'énergie (1900), et les diverses formules
empiriques dues principalement à Balmer, Rydberg, Paschen et Ritz,
rendant compte de la répartition des raies, publie son modèle
d'atome en 1913. |
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Mise en ordre |
Les
spectres continus
Les corps solides
et les gaz très comprimés portés à haute température
(par exemple, un fer chauffé au rouge, ou les parties profondes
de la photosphère des étoiles)
sont à l'origine d'un rayonnement continu, que l'on appelle rayonnement
thermique ou rayonnement de corps noir. Ces
caractéristiques sont indépendantes de la composition chimique
de la source, et sont seulement fonction de sa température, autrement
dit des énergies impliquées. Plus un corps lumineux est chaud,
et plus son spectre continu contient de rayonnements bleus (côté
le plus énergétique du spectre), moins il est chaud, et plus
sa couleur se rapprochera du rouge. C'est ainsi que l'on peut avoir une
idée de la température superficielle des étoiles au
simple constat de leur couleur. Ajoutons que le rayonnement cosmologique*,
diffusé quelque centaines de milliers d'années après
le big bang, a également un spectre de corps noir. Son maximum de
rayonnement se situe à l'heure actuelle dans le domaine micro-ondes,
ce qui correspond à une température de 3K.
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Outre celui du rayonnement de corps
noir, les spectres continus sont caractéristiques de plusieurs
sortes de types de rayonnements. On citera le rayonnement synchrotron
et le rayonnement Cerenkov, le rayonnement
Compton et Compton inverse, et le rayonnement free-free.
Chacun des spectres correspondant possède un profil différent,
ce qui permet en général de l'identifier.
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Le rougissement
interstellaire
La
présence en abondance de poussières
dans le milieu interstellaire influe sur les caractéristiques
observées de la lumière émise par les étoiles
et les galaxies. Les poussières interceptent
sélectivement les rayonnements. L'effet est plus sensible pour la
lumière bleue que pour la lumière rouge, si bien que les
sources lointaines affectent un déficit en lumière bleue
et paraissent donc plus rouges qu'elles ne le sont en réalité.
Plus la distance de la source est grande,
et plus il y a normalement de poussières qui interceptent sa lumière.
Dès lors, le rougissement interstellaire est plus important pour
les sources lointaines que pour les sources proches.
Une
second phénomène accompagne logiquement ce rougissement :
l'extinction
interstellaire. la lumière interceptée par les poussières
ne nous parvenant pas, la source paraît d'autant moins brillante
qu'elle est distante.
Le
rougissement et l'extinction dépendent aussi de la direction dans
laquelle on observe. Il y a plus de poussières dans le plan de la
Voie
lactée que dans la direction perpendiculaire à celle-ci.
En fait, à proximité du plan galactique l'interception par
les poussières devient vite telle qu'aucune lumière ne passe.
Cela ne signifie pas pour autant qu'aucun rayonnement n'est émis
dans ces directions; Les poussière qui interceptent les rayonnement
visibles jusqu'à les éteindre en apparence, s'échauffent
légèrement, et atteignent une température d'équilibre
(généralement quelques K seulement), pour laquelle un flux
d'énergie réémis compense le flux absorbé.
L'énergie de ces photons se distribue avec les caractéristiques
qui sont celles d'un spectre de corps noir. Du fait de la température
très basse des poussières, le maximum du rayonnement auquel
il correspond se fait dans le domaine infrarouge et micro-onde. |
Les
spectres de raies*
Lorsqu'on disperse un rayonnement lumineux
pour former un spectre, on constate dans de nombreux cas (notamment lorsqu'il
s'agit de rayonnements astronomiques) que des radiations, correspondant
à certaines longueurs d'ondes ou fréquences sont plus faible,
voire absentes, et que d'autres en revanche sont très intenses.
Cela se traduit sur le spectre sous forme de raies sombres (raies en absorption)
ou brillantes (raies en émission) respectivement.
Les conditions de température et
de pression, ainsi que la présence ou non de champs magnétiques
et électriques influent sur les caractéristiques d'un tel
spectre. Certaines raies peuvent être plus ou moins larges, plus
ou moins floues, elles sont parfois dédoublées. Mais ce qui
le paramètre fondamental est la composition chimique du gaz impliqué.
La succession de ces raies forment des ensembles ou systèmes qui
sont d'abord caractéristiques des éléments
chimiques responsables de l'émission (ou de l'absorption) des
radiations concernées. Et c'est donc seulement secondairement que
l'intensité de ces raies, leur largeur, etc., informent sur les
conditions physiques qui dans lesquelles se trouvent ces éléments.
Les spectres en
émission*.
Un spectre en émission correspond
à un système de raies brillantes apparaissant dans le spectre
de la lumière, d'un atome, d'une molécule,
ou plus généralement d'un gaz dilué,
porté la plupart du temps à haute température. Dans
le cas des étoiles très chaudes, ces raies brillantes se
superposent au spectre continu. Elles traduisent normalement l'émission
du gaz très chaud situé qui constitue la couronne
de l'étoile. Les spectres en émission sont cependant plus
fréquents dans les régions chaudes du
milieu interstellaire : ils caractérisent la lumière
émise par les nébuleuses brillantes.
La couleur rougeâtre qu'elles affectent souvent étant due
à l'émission de l'hydrogène qu'elles renferment
en abondance. On notera qu'il existe aussi des raies d'émission
en provenance de gaz très froids, et qui s'observent dès
lors dans les domaines micro-onde et radio. C'est le cas de l'émission
à 21 cm de longueur d'onde par les atomes d'hydrogène dispersés
dans des nuages froids du milieu interstellaire.
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Les spectre en
absorption.
On parle de spectre en absorption*
pour définir un spectre composite, formé d'un spectre
de raie sombres qui se détachent sur le fond fond brillant d'un
spectre continu. La composante continue peut provenir de n'importe quelle
source située en arrière plan. Dans le cas des étoiles,
c'est la région profonde de leur photosphère. La composante
discrète est, pour sa part, causée par l'interposition de
gaz entre la source du fond continu et l'observateur. Ce pourra être
le gaz des couches supérieures d'une atmosphère stellaire
( L'atmosphère
du Soleil), mais aussi un nuage de gaz interstellaire sans rapport
avec l'étoile, ou même l'air de notre atmosphère.
Dans tous les cas, les particules du gaz interposé interceptent
et absorbent plus ou moins complètement les radiations qui les traversent
à des longueurs d'ondes bien définies. Ces radiations sont
donc atténuées ou même complètement absentes
de la composante continue du spectre. Comme dans le cas des spectres en
émission, le système de raies, distribué dans les
deux cas de la même façon, constitue une sorte de code-barre
qui caractérise les atomes intercepteurs (leur nature d'abord, puis
les conditions physiques dans lesquelles ils se trouvent).
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Les décalages
spectraux*
On
désigne sous le nom de décalage spectral le déplacement
global des raies spectrales d'une lumière émise par une source
quelconque. La morphologie générale du système de
raies ne change pas. Seules les longueurs d'ondes correspondant à
chaque raie sont modifiées, déplacées par une simple
translation vers la partie rouge ou bleue du spectre. Pareil décalage
peut avoir plusieurs origines, impliquant des phénomènes
différents. On mentionnera :
Le
décalage Doppler* - Phénomène observé
dans tous les cas où la source d'une onde (de nature indifférente)
se déplace par rapport à l'observateur. La longueur d'onde
du rayonnement reçu est plus grande lorsque la source s'éloigne,
et plus courte lorsque la source se rapproche. Cet effet explique en particulier
le décalage observé dans le spectre de la lumière
d'un astre en mouvement par rapport à l'observateur : lorsque l'astre
se rapproche, sa lumière est décalée vers la partie
bleue du spectre. Elle est décalée au contraire vers la partie
rouge, si la source s'éloigne. Ce phénomène, connu
dans sa forme la plus générale sons l'appellation de d'effet
Doppler-Fizeau doit son nom à Christian Doppler
et à Armand Fizeau ,
les deux physiciens qui l'on mis en évidence, le premier pour les
ondes lumineuses, le second pour les ondes sonores.
Le
décalage gravitationnel - Expliqué dans le cadre de la
relativité générale (théorie de la gravitation
d'Einstein ),
ce type de décalage correspond à la variation d'énergie
de la lumière lorsqu'elle est soumise à un champ de gravitation.
Lors qu'elle se dégage d'un tel champ, elle doit céder de
l'énergie et se décale vers la partie rouge du spectre. Ce
phénomène, appelé effet Einstein, est observé
par exemple dans le spectre d'astres compacts, tels que les naines
blanches. Il a également été mesuré dans
le cas du Soleil, et même dans celui de
la Terre.
Le
décalage spectral cosmologique (ou redshift*) - décalage
communément observé de la lumière vers la partie rouge
du spectre des objets extragalactiques lointains qui est interprété
comme un effet de l'expansion cosmique. Ce
phénomène, découvert par Slipher ,
Hubble
et Humason ,
fait parler de fuite des galaxies, ou de façon moins impropre de
récession des galaxies. C'est plutôt,
à l'échelle globale, l'expression une fois encore d'un décalage
gravitationnel, ou de la courbure de l'univers. |
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Rouages |
L'origine
des raies
Les raies présentes dans les spectres
s'expliquent par le caractère discontinu des phénomènes
physiques lorsqu'on les considère à l'échelle microscopique,
et plus spécialement à l'échelle des atomes et des
molécules. C'est le domaine de la mécanique quantique, fondée
sur la notion de quantum. Un quantum correspond à la plus petite
valeur que peut prendre grandeur mesurée. Toutes les autres valeurs
sont des multiples de ce quantum élémentaire. Par exemple,
un quantum d'énergie ne peut prendre que des valeurs qui sont des
multiples entiers de E = hn,
où h est un terme constant (constante de Planck) et n
la fréquence de l'onde qui transporte cette énergie. Il s'ensuit
entre autres choses de ces principes quantiques que les atomes ne peuvent
stocker ou libérer de l'énergie que sous forme discontinue.
Chaque atome possède ainsi, suivant la disposition des électrons
qu'il possède, une gamme d'énergie qui lui sont attribuables
: ce sont ses niveaux d'énergie. Chaque niveau exprimant un état
d'énergie.
L'état de plus basse énergie
que peut avoir l'enveloppe électronique d'un atome prend le nom
d'état fondamental. Lorsqu'un électron absorbe un photon,
l'énergie globale de l'atome augmente, la configuration électronique
change et l'atome se trouve alors dans un état dit excité.
Si l'énergie absorbée est plus importante, l'électron
peut même quitter l'atome, ce qui correspond au phénomène
d'ionisation. Cependant, les atomes tendent spontanément à
revenir à leur état de plus faible énergie (l'état
fondamental), soit en se débarrassant de l'énergie emmagasinée,
par sa désexcitation (phénomène de fluorescence),
soit, s'il y a eu ionisation, en récupérant l'électron
qui s'est échappé (recombinaison).
L'excitation, l'ionisation ou le retour
à l'état fondamental ne s'effectuent pas par des chemins
uniques. Les configurations énergétiques de l'atome peuvent
correspondre transitoirement à des niveaux d'énergie intermédiaires.
Cela conduit à l'existence à un nombre considérable
(et même en théorie infini) de transitions possibles entre
les différents états. Ce sont ces transitions, qui correspondent
selon les cas à des absorptions ou à des émissions,
qui expliquent l'existence des raies spectrales.
Dans le cas de l'atome d'hydrogène
(schéma ci-dessous), quand la transition concerne l'état
d'un atome entre un niveau d'énergie quelconque et le niveau fondamental
(n=1), les raies produites se rangent dans la série dite de Lyman.
Lorsque c'est le niveau n=2, on parle de raies de la série de Balmer
(la première raie, entre les niveaux 2 et 3, est appelée
raie H-alpha, et joue un rôle important en astronomie). Lorsque c'est
le niveau n=3, on aura affaire à la série de Paschen, etc.
On comprend dès lors que lorsque l'atome concerné est placé
dans des conditions physique peu énergétiques (basses températures),
seuls les premières séries de raies, et seules les premières
raies de chaque série soient observables. Les hautes températures
permettent l'apparition des séries et des raies de rang plus élevé.
L'ionisation, quant à elle rompt quelque peu les règles que
l'on vient d'énoncer. Selon le principe lapalicien qui veut qu'au-delà
des limites, il n'y a plus de limites, l'énergie cesse d'être
quantifiée. Les spectres de raies possèdent ainsi du côté
des hautes énergies une composante continue.
Ce schéma général se
complique par le fait que chaque niveau d'énergie possède
une structure fine (et hyperfine), selon la terminologie des physiciens.
Cela signifie qu'il existe en fait des niveaux d'énergie possibles
extrêmement proches, normalement indiscernables, mais que certaines
contraintes extérieures, comme la présence d'un champ magnétique
ou d'un champ électrique, peuvent mettre en évidence. De
tels champs provoquent des dédoublements de chaque raie du spectre,
selon des modalités différentes, et appelées respectivement
l'effet Zeeman et l'effet Stark. Des transitions entre niveaux très
proches peuvent également s'observer spontanément. Les différences
d'énergies qu'elles impliquent étant très faibles,
on aura des émissions faibles, et normalement des rayonnements de
grande longueur d'onde (radio). C'est l'origine du rayonnement à
21 cm de l'hydrogène atomique.
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Les spectres
moléculaires
Le
rayonnement émis ou absorbé par les molécules a un
spectre dans lequel on retrouve les raies correspondant aux atomes qui
les forment. Mais les molécules, capables de vibrer et de tourner
sur elles-mêmes, ajoutent de ce fait de nouveaux états énergétiques.
Ils se traduisent par l'apparition dans les spectres moléculaires
non plus seulement de fines raies, mais aussi de larges bandes. Ces bandes,
traduisent en particulier l'efficacité des molécules pour
stopper de larges gammes de rayonnement. Dans les cas de la vapeur d'eau,
du dioxyde de carbone ou du méthane, par exemple, c'est l'existence
de telles bandes situées dans le domaine infrarouge qui expliquent
l'effet de serre. |
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Chérif
Zananiri, Couleurs
et lumière, Ellipses marketing, 2000.
Céline
Caumon et al., Lumière
sur la couleur, Editions Jean-Pierre de Monza, 2010.
Michel
Blay, Lumière
sur les couleurs, le regard du physicien, Ellipses Marketing,
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Emilie
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atomique : Instrumentation et structures atomiques, De Boeck,
2006. La
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Jean
Terrien, La
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Page
sur l'Analyse
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chimie de l'Université du Var).
Page
d'Introduction
à la spectroscopie, (site la
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Fiche
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Page sur le Spectre
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Page
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