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Mythologie et histoire des constellations
La constellation du Grand Chien
Le Grand Chien (Canis Major) est une constellation australe, située au Sud-Ouest d'Orion, dans le prolongement de son baudrier.  Sa principale étoile est Sirius, la plus brillante du ciel. On y remarque aussi : Mirzam (Bêta) une super-géante, Adara (Epsilon), une autre super-géante, Muliphein (Gamma), Wezen (Delta),  Aludra (Eta) et Furud (Dzêta).

Le Grand Chien dans la mythologie

La constellation du Grand Chien est placée au pied d'Orion, constellation elle-même plmacée à côté de celle du Taureau, symbole de l'animal qui enleva Europe. Se couchant héliaquement  lorsque le Soleil arrive dans ce signe, comme l'annonce ce vers de Virgile, Candidus auratis, prit à ce titre le nom de Chien gardien d'Europe. C'est pour la même raison, qu'on le nomme Chien d'Orion, parce qu'il se couche à la suite de cette constellation, derrière laquelle il est placé (Hyginus). Lui et le Dragon, qui gardaient Europe, se refugièrent auprès de Minos (Germanicus), qui fit présent de ce Chien à Procris , parce qu'elle l'avait guéri (Eratosthène). Cette femme aimait beaucoup la chasse, et le Chien dont Minos faisait présent avait le nez si fin qu'aucun animal ne pouvait échapper à ses recherches (Hyginus). Après la mort de Procris, il passa à Céphale son époux, qui le conduisit à Thèbes pour attaquer le fameux renard, qui, dit-on, échappait à tous les chiens. Zeus changea le renard en pierre, et plaça le chien au ciel (Eratosthène).

Amphianus, poète tragique a écrit, que, comme les étoiles cédaient leur place aux humains, un chien fut député vers Dolara, dont il devint amoureux, aussitôt qu'il l'eut vue; ne pouvant en jouir, le feu de la passion s'allumait de plus en plus dans ses veines. Dans son malheur, il invoqua les dieux, et Borée lui envoya ses deux fils, Zethus et Calaïs, placés dans les Gémeaux pour tempérer ses ardeurs par le souffle des vents étésiens. Il ne lui resta que le souvenir  de ses amours (Germanicus).

D'autres racontent l'aventure d'Icare et d'Erigone, dont nous avons parlé aux pages sur la Vierge et sur le Bouvier, et que nous ne répéterons pas ici. Ils disent, que le Grand Chien est Moera, chien d'Icare, qui conduisit à son tombeau Erigone sa fille, laquelle se pendit de désespoir sur le mont Hymette. Le chien fut placé aux cieux, dans la constellation appelée Astrocyon, ou l'astre Chien (Germanicus), lequel, par son lever, amène les maladies pestilentielles.

Les autres noms de la constellation

Les cartes dessinées en Occident ont donné divers noms à cette constellation. Les principaux noms du Grand Chien, tels que les rapportent Blaeü, Bayer, Riccioli , etc. sont  :  Canis magnus, alter, secundus, sequens, Australior, Dexter, Aestifer, Acer Autumni Canis, Sydus Fervidium, Invidum agricolis, Harpalagus; Loelaps, Isis , Isidis sydus, Sothis, Sothonis, Seth, Sirius Osiridis sydus, Anubis, Canis sydereus, Solechim, Astrum Moera , Moera, Aster Oporinos, ou Astrum autumnale, Spaco, chez les Mèdes.

Dans leurs cartes et leurs tables, les astronomes arabes nomment le Grand Chien :  Kelb acber, Elkabar, Elhabor, Alchabor, Alachbaro, Chelub ou Kelbon, Keleph, Chien; ce nom vient des Hébreux, qui le nomment Caleb; d'autres l'appellent al-Cheleb al Cabir, Aliemeniè, Cheleb, Alechber, Cabbir, Ecber, Habor (Al-Ferghani), Aliemini, Aliaminio, ou Chien de droite. Elscheere, Elsere, Elseiri, Eschere, Sceara, Scheareliemini, Scera , Elhabor, Elchabar, Escher, chez les Chaldéens.

Dans les tables Persiques, la constellation est désignée sous les noms de Siaer et de Jamanê.

Les étoiles du Grand Chien

Sirius.
On distingue dans cette constellation plusieurs belles étoiles, et une entre autres de la première grandeur, la plus grosse et la plus brillante de tout le ciel. C'est le fameux Sirius, dont la lui-même est nuancée de mille couleurs, comme celles du diamant. 

Par la supériorité de son éclat, qui surpasse si magnifiquement celui de toutes les autres étoiles, Sirius a depuis la plus haute antiquité frappé l'attention de tous les contemplateurs du ciel, qui voyaient et devinaient en lui un astre d'une importance capitale. Aristarque de Samos lui donne déjà le titre de soleil. Toute l'Antiquité, tout le
Moyen âge, gardèrent la conviction qu'il exerçait une action réelle sur les destinées de la Terre. Au XVIIIe siècle, le philosophe Kant le considéra comme étant le pivot central de l'univers, le foyer d'attraction autour duquel graviteraient notre propre soleil et toutes les étoiles habitant notre contrée de l'espace. 

On l'admire, trônant au sud, pendant toutes nos nuits d'hiver; elle commence à paraître au sud-est, après minuit, en octobre, se lève de plus en plus tôt, brille en novembre dès minuit, en décembre dès dix heures, en janvier dès huit heures ; elle étincelle aux pieds du géant Orion et demeure la reine éclatante de nos soirées jusqu'en avril, car même aux derniers jours de ce mois printanier elle jette encore des feux éclatants a travers les brumes de l'horizon au sud-ouest. Sa position au sud-est d'Orion, si facile à reconnaître ne permet aucune confusion à son égard. Jamais les planètes ne descendent en cette zone australe. 

Le nom que cette splendide étoile porte encore aujourd'hui vient du mot grec seïr, qui veut dire essentiellement briller, et qui était autrefois appliqué au Soleil comme à Sirius. L'adjectif seïrios est devenu le qualificatif ordinaire d'un astre brillant et brûlant, comme on le voit dans tous les anciens poètes grecs. Si nous voulions remonter plus haut encore, nous trouverions que le mot grec seïr   a la même étymologie que le sanscrit svar, qui a la même signification : « briller, éclairer », et qui désignait le ciel lui-même. Le Soleil portait dans cette langue le nom devenu classique de Sûrya.

Il y a plus de cinq mille ans, 3300 ans avant notre ère, c'est-à-dire un siècle et demi environ après la construction de la grande pyramide de Chéops, Sirius réglait le calendrier égyptien : son lever héliaque coïncidait avec le solstice d'été, et le débordement du Nil commençait avec le premier jour du mois de Pachon (le mois de l'inondation). La brillante étoile se nommait en égyptien Sothis, mot qui signifie aussi « qui rayonne ». Son rôle d'annoncer la crue du Nil a été symbolisé par un Chien avertisseur.

Homère et Hésiode ont chanté Sirius, comme l'avaient fait leurs ancêtres de l'Égypte, de la Mésopotamie, de l'Asie et de la Chine. Hésiode recommande de cueillir la vigne « lorsque Orion et Sirius sont parvenus au milieu du ciel » . Hésiode donne même à cet égard des indications qui ne manquent pas d'intérêt : 

«  Lorsque le chardon est en fleurs, dit-il, et que la bruyante cigale, perchée sur un arbre, siffle ses chants aigus en développant ses ailes, dans les chaleurs excessives, dans ce temps où les chèvres sont grasses, le vin délicieux, les femmes amoureuses et les hommes très faibles, parce que le brûlant Sirius leur dessèche la tête et tout le corps; recherchez alors la fraîcheur des grottes, buvez du vin de Biblis, nourrissez-vous de fromages, de lait de chèvre qui n'allaite plus, de viande des jeunes génisses qui dévorent les arbustes et de celle des tendres chevreaux. Assis à l'ombre, prenez ces repas que vous accompagnerez de vin noir. Mais lorsqu'Orion et Sirius seront parvenus au milieu du ciel, et que l'Aurore aux doigts de rose se trouvera en face d'Arcturus, cueillez toutes vos grappes; exposez-les pendant dix jours et pendant dix nuits au soleil; mettez-les ensuite à l'ombre cinq jours et cinq nuits seulement; et le sixième jour, puisez-en des libations pour le dieu Dionysos qui répand la joie dans le monde. Puis quand les Pléiades, les Hyades et l'astre prédominant d'Orion ne paraîtront plus, n'oubliez pas que c'est là le temps du premier labour, il faut faire suivre à la terre le cours de l'année. » (Les Travaux et les jours, texte en ligne, ch. II).
La brillante étoile se levait autrefois le matin vers le 21 juin, et tout en annonçant la crue du Nil, elle était en même temps le signal de l'arrivée des grandes chaleurs. C'est pourquoi le nom même du chien, canis, et celui de l'étoile du chien, stella canicula, sont devenus à leur tour synonymes des grandes chaleurs de l'été, et nous voyons les auteurs latins, Virgile, Horace, Manilius, recommander de s'éloigner des grandes villes et d'aller se retremper à la campagne pendant les jours caniculaires. La canicule alors commençait, si l'on en croit Théon d'Alexandrie, vingt jours avant le lever de Sirius, et se terminait vingt jours après, cette période ayant le privilège de donner la rage aux chiens et la fièvre aux humains. Sirius ne se lève plus actuellement le 21 juin, et c'est seulement à la fin du mois d'août qu'il commence à paraître avant le lever du soleil. Néanmoins depuis deux mille ans les prescriptions astrologiques ont conservé l'ancienne date des jours caniculaires, et naguère encore, on pouvait lire dans les almanachs de chaque année qu'ils s'étendent du 3 juillet au 11 août, période qui n'a plus aucun rapport avec le règne de Sirius. Bizarre métamorphose des idées et des mots : la canicule, tout ardente et tout étouffante qu'elle soit, ne dérive pas de l'idée de chaleur, mais du mot chien; les régions arctiques ne signifient pas les contrées du froid, mais celles de l'ourse; le septentrion n'est point ainsi nommé parce qu'il indique le nord, mais parce qu'il rappelle les sept boeufs de la constellation boréale le pôle antarctique ne représente pas le sud, mais « l'opposé de l'ourse ». 

La plupart des auteurs anciens ont symbolisé dans Sirius la constellation entière du Grand Chien; mais de nos jours, la qualification s'applique exclusivement à l'étoile Alpha de cette figure, représentée généralement sous l'aspect que l'on trouve dans les atlas classiques.
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Atlas de Bayer : la constellation du Grand-Chien.
La constellation du Grand Chien dans l'Atlas de Bayer.

Le Chien semble, comme aux temps antiques, épier l'événement qu'il doit annoncer. La constellation elle-même n'occupe pas une étendue considérable sur la voûte céleste, mais la qualité éclipse la quantité. 

On l'appelle l'astre par excellence (Achille Tatius); c'est l'astre, suivant la théologie des Mages, qu'Ormuzd a mis à la tête de toutes les étoiles du ciel pour les surveiller (Plutarque). On lui donne vulgairement le nom de Canicule, quoique ce nom convienne mieux au Petit Chien. C'est cette Canicule, qui, se trouvant en conjonction avec le Soleil, est censée doubler l'activité de ses feux et des ardeurs solsticiales. Elle prend en particulier le nom de Chien (Proclus), qui appartient à la totalité de la constellation (Germanicus, Théon).

Son éclat brillant , sa grosseur, la quantité de lumière qu'elle lance (Eratosthène), lui font partager la dénomination de Seirios, que les astronomes donnent à tous les astres étincelants, et la constituent, suivant Horus Apollon, comme la Reine du Ciel. Les Egyptiens la nomment Sothis, l'astre d'Isis, et les Grecs, l'Astre Chien, continue le même auteur (Damascius). On donne le nom d'Isis spécialement à l'étoile brillante de la tête, alors que Sirius est l'étoile brillante de la mâchoire ou de la langue du Grand Chien (Germanicus, Hyginus, Eratosthène). Cependant quelques auteurs donnent la même qualification d'astre d'Isis au Grand Chien en général, et en particulier au même Sirius (Plutarque). Vettius Valens nomme cette constellation  Sirius et Sêth, le Violent.

Les Grecs lui donnèrent I'épithète d'Olios, ou de pernicieux et de maligne influence (Hésychius); Columelle celle de Sitiens. Les Egyptiens, celle d'Hydragogos, ou d'astre qui fait épancher le Nil (Plutarque). Pline l'appelle Sydus uvis decretorium. Nonnus lui donne l'épithète de Viteus, et il parle aussi de Moera.

Au reste, si son influence était brûlante en été, elle était froide en hiver (Achille Tatius) à son coucher, suivant Sophocle. En été, son lever ramenait les chaleurs, qui épuisent le corps, et qui le jettent dans une espèce de Iangueur (Germanicus, Hésiode).

Sirius la rouge?
Si l'on en croit quelques auteurs anciens, cet astre splendide, l'éclatant, l'unique Sirius, aurait subi depuis les temps historiques une étrange transformation dans sa lumière.

Dans sa traduction latine du poème grec d'Aratus, Cicéron déclare que l'étoile du Chien scintille d'une lumière rougeâtre :

« Namque pedes subter rutilo cura lumine claret
Fervidus ille canis stellarum luce refulgens. » 
Mais c'est là une traduction assez libre, car Aratus lui-même ne dit pas que Sirius soit rouge : il le qualifie de poikilos, épithète que l'on peut traduire par « scintillant de couleurs variées ». Cicéron, toutefois, a été suivi par Horace et par Sénèque, qui chantent l'ardente coloration de notre étoile
 
« Montre un courage à toute épreuve, dit Horace, soit que la rouge Canicule fende les muettes statues, soit que la panse du vent Furius fasse neiger de blancs flocons sur les Alpes glacées. » 
« Persta, atque obdura, seu rubra Canicula findet 
Infantes statuas, seu pingui tentus omaso 
Furius hibernas cana nive compuet Alpes. » 
(Satires, II, v).
Les licences poétiques permettraient cependant de ne voir ici qu'une métaphore inspirée par les chaleurs de l'été : ce n'est pas encore là une observation précise. Sénèque est plus explicite :
« La variété des émanations de l'atmosphère terrestre ne doit pas nous surprendre. Au ciel même les astres présentent des couleurs différentes : l'étoile de la Canicule brille d'un rouge vif; Mars est plus pâle, et Jupiter n'est coloré d'aucune nuance » :

« Nec mirum est, si terrae omnis generis et varia evaporatio est, quam in caelo quoque non unus appareat color rerum, sed acrior sit Caniculae rubor, Martis remissior, Jovis nullus.»  (Questions naturelles, Liv. I).

Ces expressions ne laissent pas d'ambiguïté.

Cependant il est bien singulier que ce soit seulement pendant ce siècle-là (de Cicéron à Sénèque, - 50 + 50) que l'on ait parlé de cette couleur rouge de la plus brillante étoile du ciel. Eratosthène, Eudoxe et Aratus n'y avaient fait aucune allusion dans l'Antiquité et, depuis, aucun astronome n'en a parlé. Au Xe siècle de notre ère, elle était certainement blanche, car Abd-al-Rahman al-Sûfi qui signale la coloration rouge d'Antarès, Bételgeuse, Aldébaran, Arcturus et Pollux, et dont la description est si minutieuse et si détaillée, ne signale pas la moindre nuance dans sa coloration. De plus, il ne remarque pas que Ptolémée l'ait qualifiée de rouge, ce qui conduit à conclure que les anciens manuscrits de l'Almageste ne portaient pas cette mention. Toutes les éditions imprimées la reproduisent, à la première ligne de sa nomenclature des étoiles du Grand Chien : o en tô stomati lamprotatos kaloumenos kuôn kai upokirros. Ce dernier qualificatif upokirros « rougeâtre » n'a pas dû être appliqué par Ptolémée luimême, car Al-Battani (Albategnius), astronome arabe du IXe siècle, antérieur à Sûfi, ne signale dans l'Almageste arabe que cinq étoiles rougeâtres, tandis que l'Almageste grec en présente six. D'autre part encore, Ptolémée, qui généralement appelle les étoiles de première grandeur par leur nom, ne nomme pas Sirius dans la ligne précédente, et on pourrait admettre Schjellerup que ce nom y était écrit et a été mal lu, de sorte qu'au lieu de kai upokirros c'était primitivement kai seirios, que l'on devait lire. Au lieu de :

La brillante, sur la bouche, appelée le Chien et rougeâtre,
on lirait :
La brillante, sur la bouche, appelée le Chien et Sirius, 
qui correspond aux anciennes éditions arabes, où l'on ne trouve aucune traduction ni aucun synonyme du mot rougeâtre. La description des étoiles de Sûfi porte aussi en première ligne La brillante, sur la bouche, appelée le Chien et al-Schira. Le catalogue d'Ulugh-Beg dit :
« Quae est in ore, intense lucida, quam Canem et Shira vocant. » 
Il semble que devant l'ensemble de ces témoignages, la coloration rouge de Sirius devient très douteuse. Seule, l'expression de Sénèque reste difficile à interpréter. Mais Sénèque n'était pas astronome; il ne dit pas qu'il ait observé lui-même cette coloration; il a pu se fier à Cicéron comme à Horace, et croire que l'ardente Canicule était vraiment rouge : la métaphore sera devenue réalité. 

Beaucoup d'astronomes ont considéré, il est vrai, cette métamorphose comme certaine. John Herschel, Secchi, Arago, Humboldt ont cherché à l'expliquer. 

« Sirius, dit l'illustre auteur du Cosmos, offre l'unique exemple d'un changement de couleur constaté historiquement, car sa lumière est aujourd'hui d'une blancheur parfaite. Il n'y a qu'une grande révolution, soit à la surface, soit dans la photosphère de cette étoile, qui ait pu produire ce changement de couleur, en troublant l'action des causes auxquelles était due la prédominance des rayons rouges. Cette prédominance elle-même peut être attribuée à ce que les rayons complémentaires des rayons rouges étaient absorbés par la photosphère même de ce soleil, ou par des nuages cosmiques qui se transporteraient lentement à travers l'espace. » (Humboldt).
Cette dernière explication était celle que John Herschel préférait. Mais devant toutes les pièces du procès, il  semble qu'il n'y a plus d'explications à chercher, et que, quoique possible, et que d'autres éléments aient pu, depuis être ajoutés au dossier (notamment la présence d'un compagnon gravitant autour de Sirius, et pouvant avoir été à l'orgine de phénomènes explosifs et d'expulsions de matière (autant dire comme Humboldt « des nuages cosmiques » ) susceptible de rougir temporairement la lumière de Sirius) le phénomène du rougissement - possible, donc - ne peut être déduit de textes auquels on ne peut donner le statut certain de témoignages. Il est tout assipossible d'admettre une exagération de langage chez un écrivain de la Terre, ou une confusion de mots, qu'une révolution dans la nature d'un système de mondes tel que celui de Sirius.

Les autres noms de Sirius.
Ulugh-Beg donne à la principale étoile du Grand Chien, le nom de Shira Abur, et de Al-Shira Aljemânija; et a celle de l'extrémité du pied antérieur le nom d'al-Mirzam. Les noms de Shiri et de Shira dérivent du grec, et les Arabes les en ont tirés.

On appelle aussi Sirius, le Chien du Géant, Kelb al Gjebbar. L'étoile neuvième est Mirzam al shira; on l'appelle aussi al Kelb. Les étoiles douze, quatorze, quinze, dix-huit de la queue, sont al Dara et Uetra al Gjauza. Il en a quatre de placées hors la figure, lesquelles, avec quelques autres al-Phurûd, se nomment al-Aghriba, les Corbeaux. Les deux luisantes al-Hadar et al-Wezen, s'appellent al-Muliphéim.

Sirius se nomme chez les Syriens, Kelbo Gavoro, le Chien du Géant. Abu-Cabsha, aïeul de la mère du Prophète, adorait Sirius, qui était la divinité tutélaire de la tribu Kaïs, chez les Arabes.

Les bergers provençaux appellent Sirius Jean de Milan, et ils racontent qu'une nuit, Jean de Milan avec les Trois Rois (le baudrier d'Orion) et la Poussinière (les Pléiades) furent invités à la noce d'une étoile de leurs amies. La Poussinière, matinale, partit la première et prit le chemin haut. Les Trois Rois coupèrent plus bas et la rattrapèrent; mais Jean de Milan, qui avait dormi trop tard, resta tout à fait derrière, et furieux, pour les arrêter, leur jeta son bâton. C'est pourquoi le Manche de faux (les Trois Rois) s'appelle depuis le Bâton de Jean de Milan. Une autre étoile lou Panard, le Boiteux (Antarès) était aussi de la noce, mais il ne va pas vite, se lève tard et se couche de bonne heure. 

L'année du Grand Chien et ses présages

Le Grand Chien a l'air de poursuivre le Lièvre; il touche presque de sa tête le pied droit d'Orion (Hyginus), et il regarde le couchant.

Il se couche au lever du Sagittaire, et se lève avec le Cancer, environ au solstice, vers le mois épiphi (Théon), qui répond à juillet, et il porte la fièvre avec lui. Son lever et son coucher se font sentir par leurs influences. On dit même, que son lever donne la rage aux chiens. Son lever du matin ramène les vents étésiens, qui soufflent durant 60 jours. Les flots et les vents sont impétueux alors, et les grands vaisseaux sont utiles : on immole la caille ou la chèvre à son lever.

Columelle marque un lever du soir du Grand Chien, la veille des calendes de mai. Le lendemain, c'est le lever de la Chèvre (Capella = Alpha du Cocher). Aussi dans Ovide, le mythe qui y répond, parle de la Chèvre et du Chien (Fastes) . Ce coucher annonce la tempête.

Le même Columelle fixe, au sept des calendes d'août, l'apparition de la canicule, avec brouillard et chaleur. Il fixe, au sept des calendes de décembre, un coucher du matin de la Canicule, accompagné de froid. Il marque, pour le trois des calendes de janvier, un coucher du soir de la Canicule , accompagné de tempête. Palladius fixe le lever de la Canicule au mois de juillet a au quatorze des calendes d'août. (Ch. Dupuis / C. F.).

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