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Mythologie et histoire des constellations
La constellation du Taureau
 Le Taureau (Taurus) est une des constellations du zodiaque. On le représentait couché, Incurvus (Aratus). Souvent aussi on le trouve dans les monuments, dans l'attitude d'un Taureau furieux (Bianchini). Il est représenté regardant le Soleil levant (Hyginus). Sa corne gauche s'unit au pied droit du Cocher (Hyginus, Théon). Il passe pour être celui qui porta sur son dos Europe en Crète, suivant Euripide. Zeus, qui avait pris cette forme, pour surprendre cette jeune princesse, avait placé aux cieux l'animal, qui l'avait si bien servi dans cette métamorphose (Nonnus). 

C'était, suivant Nigidius, un Taureau de Poséidon, qui avait toute l'intelligence de l'humain. Il vint à Sidon y chercher la fille d'Agenor, ou Europe. Il la surprit qui jouait avec ses compagnes, dans le temple d'Esculape (Germanicus), ou du Serpentaire, Cadmus, en aspect avec le Taureau , dont il est le principal paranatellon (= astre se levant en même temps). Il l'enleva, la chargea sur son dos , et la porta à travers les flots jusqu'en Crète, où il la livra à Zeus. Ce dieu , en reconnaissance de ce service, le plaça parmi les constellations. Germanicus l'appelle le Taureau de la fille d'Agenor.Théon y voit aussi le Taureau, qui porta Europe de Phénicie en Crète. C'est aussi l'opinion d'Eratosthène. Ovide et Manilius en parlent dans les mêmes termes.

C'est donc par lui qu'il faudrait expliquer le mythe d'Europe, et celle de Zeus métamorphosé en Taureau, pour ravir cette princesse, ainsi que celle du Boeuf de Cadmus, qui en se couchant marqua le lieu où devait être bâtie Thèbes.

D'autres auteurs y ont vu la vache Io, ou l'animal, dont la fille d'Inachus prit la forme, après son aventure galante avec Zeus / Jupiter (Ovide, Métamorphoses). Ce dieu, pour la consoler , l'avait placée aux cieux sous cette forme. La partie antérieure représentait le Bœuf, mais la partie de derrière étéit assez obscure, pour qu'on ne pût distinguer le sexe. Aussi Ovide dit-il (Fastes), qu'on ignore, si c'est un boeuf ou une vache, qui est dessinée dans cette partie du ciel. Eratosthène  l'appelle aussi le simulacre d'Io ou de l'Isis Egyptienne, qui prenait les formes d'Io. De là l'épithète de Pharia Juvenca , que lui donne Ovide.

C'est dans ce signe, que la Lune, Isis, a le lieu de son exaltation; et c'est de lui qu'elle emprunte ses formes de boeuf ou de vache , ainsi qu'Astartê.

Plusieurs y ont vu le fameux Taureau (Germanicus), dont fut amoureuse la fille
de Minos, Pasiphaé , dont le nom est resté à une des Pléiades, ou des étoiles groupées sur le Taureau céleste (Plutarque). Eratoshène prétend, que c'est même pour cacher son sexe, qu'on n'a pas figuré la partie postérieure du Taureau des constellations. Théon y voit aussi le Taureau célèbre dans les amours de Pasiphaé.

Dans ce cas c'est par ce Taureau, qu'il faudrait expliquer l'aventure de cette Princesse, et ses monstrueux amours avec un Taureau  d'où naquit le Minotaure, composé des parties de l'humain et de celles du boeuf.

Enfin quelques auteurs l'ont appelé le Taureau de Marathon (Théon) , et l'on sait qu'effectivement c'est par cet animal, que l'on a pu cherché à expliquer la victoire d'Héraclès et celle de Thésée, sur ce Taureau fameux sous le nom de Taureau de Marathon.

C'est ce Taureau, qui donne naissance à Orion petit-fils d'une Pléiade, ou dans la peau duquel trois dieux répandirent la semence, d'où naquit Orion, constellation qui effectivement se lève toujours à la suite du Taureau.

C'est lui encore que monte Mithra ou le dieu-soleil,, chez les Perses (Porphyre). C'est lui dont les testicules sont rongées par le Serpent d'Automne. C'est lui qui, au Japon, brise l'analogue de l'oeuf orphique. C'est lui qui donne la fécondité à la Lune, dans la théologie des Perses (Zend-Avesta). C'est lui que representait Apis, dans les temples de l'Egypte (Lucien). C'est lui qui a toujours servi à expliquer les anciens mythes sacrés, dans lesquelles le Boeuf ou le Taureau joue quelque rôle.

Les autres noms du Taureau

Le Taureau porta différents noms, dont voici les principaux :
Les Grecs, Tauros.
Les Latins. Taurus,
Les Arabes le nomment Ataur, Athaur (Riccioli), Thaur, Thur (Bayer) , AItavoro.
Les Hébreux , Sor et Shor.
Les Syriens, Thauro.
Les Perses, Ghao.
Les Indiens, Gao , Touna en Pelhvi; Urochabam, en langue Brame.
Les Turcs, Oghûz, Oûd, Okiûz, Sighir, Sughur.
Les Allemands, Stier.
On lui donne dans Blaëu les noms de Portitor Europae, Taurus Candidus, Princeps Armenti, Bubulum Capot, Io, Inachis, Inachia Juvenca, Isis, Chironis filia, Osiris, Veneris sydus, Taurus Cyrtos, Peptêos, Incurvus, Flexus, Nixus, Curvatus, à cause de sa position courbée.

Nonnus lui donne l'épithète de Phlogeros, qui vomit des feux. Tels étaient les Taureaux, que subjugua Jason.

L'année du Taureau

La constellation du Taureau se lève et se couche à contre-sens, ou en sens opposé à celui vers lequel il tourne la tête.

Non seulement la configuration de ses étoiles, mais leur liaison étroite avec les équinoxes, et avec les opérations agricoles, ont contribué surtout à les faire remarquer. Aussi jouent-elles un grand rôle dans l'astronomie poétique et rurale des Anciens. 

Pour les astrologues, la Lune avait son exaltation dans ce signe, et Vénus son domicile. Cette même déesse présidait aussi au Taureau, dans la distribution des douze signes du zodiaque, entre les douze grands dieux. Ce signe était affecté à l'élément de la Terre. 

Les astérismes du Taureau

Le Taureau renferme plusieurs groupes d'étoiles, qui ont été observés séparément, telles sont les Pléiades et les Hyades. Le premier groupe, connu sous le nom de Poussinière, est placé sur le dos du Taureau, près du Bélier, suivant Nicandre, et près des pieds de Persée, suivant Hipparque. Le second sur le front du Taureau. Les premières sont au nombre de sept; les autres de cinq, quoiqu'on en ait aussi souvent porté le nombre à sept. (Ch. Dupuis).
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