.
-

La découverte du monde > Le ciel > Les constellations
Mythologie et histoire des constellations
La constellation des Gémeaux
  Les astronomes et les mythologues anciens ont placé dans la constellation des Gémeaux (Gemini) les Dioscures (Eratosthène), ou les deux frères Gémeaux (Hyginus), fils de Tyndare, ou plutôt de l'épouse de Tyndare et de Zeus (Hyginus), connus sous le nom de Castor et de Pollux (Germanicus César), divinités tutélaires des navigateurs, adorés en Laconie, et surtout à Samothrace. Toute l'Antiquité a vanté leur union fraternelle, et leur amour pour la plus parfaite égalité entre eux; ce qui leur a mérité d'être placés aux cieux par Zeus, au nombre des astres les plus brillants (Hyginus).

Les Gémeaux sont placés à la droite du Cocher, au-dessus d'Orion , de manière qu'Orion cependant réponde a l'intervalle, qui est entre les Gémeaux et le Taureau. Ils paraissent se tenir embrassés et descendre les pieds droits en avant. Ils semblent au contraire inclinés et couchés, en se levant (Hyginus). Pour les Grecs les Gémeaux sont les :  Didymoi (Hipparque), Dioscuroi, Cabeiroi, les Cabires ou grands-dieux. Pour les Latins, se sont les : Gemini, Ledaei Juvenes, Tyndaridae.

Les Gémeaux dans la mythologie ancienne

Poséidon / Neptune crut aussi devoir les récompenser, en leur donnant les chevaux, dont ils se servent , et en leur accordant le privilège singulier de protéger les navigateurs, contre les naufrages (Diodore de Sicile). On remarquera ici que, dans les représentations anciennes, et même chez les auteurs du Moyen âge, on trouve encore les Gémeaux avec des chevaux. Ils sont ainsi représentés dans le monument trouvé dans l'Eglise de Notre-Dame de Paris, lequel remonte, au règne de Tibère; et sur le portail de l'église de Strasbourg.

Leur apparition bienfaisante les fit appeler des Divinités Salutaires, ou des Dieux Sauveurs (Germanicus). Nigidius les nomme les Divinités de Samothrace, dont il n'est pas permis de révéler la nature, à cause du secret qu'exigent ceux qui président à ces redoutables mystères. Le même auteur prétend, que Castor et Pollux, fils de Tyndare, furent honorés du titre de Sauveurs, après avoir rétabli la tranquillité sur les mers, qu'infestaient les pirates. Compagnons de Jason et d'Héraclès, dans la fameuse expédition en Colchide, ils firent preuve du plus grand courage sur la mer, au milieu des orages les plus violents; et sur la terre, en bravant toutes les fatigues et les dangers de la Terre. Zeus, pour récompenser leur courage, les plaça aux cieux; et ils lui demandèrent de les fixer dans un lieu où ils pussent encore servir les humains, et veiller à leur conservation : ce qui leur fut accordé, et encore aujourd'hui, leur vue inspire de la confiance aux mortels, qui ont besoin de leur secours.

On raconte (Hyginus, Ovide, etc.), qu'Idas et Lynceus, fils d'Apharée de Messène, avaient pour amantes Phébé et Hilaria, filles de Leucippe, deux jeunes filles d'une éclatante beauté. L'une, Phébé, était prétresse d'Athéna / Minerve, et sa soeur prêtresse d'Artémis / Diane. Castor et Pollux en devinrent amoureux, et les enlevèrent. Leurs amants prirent les armes, pour les délivrer des mains des ravisseurs. Le combat s'engagea; Castor tua Lyncée dans l'action. Idas, après la mort de son frère, abandonna ses armes et le soin de reprendre son amante, et il ne songea plus qu'a donner la sépulture à son malheureux frère. Tandis qu'il rassemblait les débris de son corps, et qu'il se préparait à lui élever un monument , Castor survint, et voulut s'y opposer, disant qu'il l'avait terrassé, comme il aurait fait d'une timide femme. Idas indigné tira son épée, et l'enfonça dans l'aine de Castor, qu'il tua. A peine Pollux en fut instruit, qu'il accourut pour venger son frère. Idas expira bientôt sous ses coups. Il s'occupa de suite de donner la sépulture à Castor. 

Comme il avait lui-même reçu de Zeus une étoile, tandis que, son frère Castor n'en avoit pas, parce qu'il était  né du sang de Tyndare, ainsi que Clytemnestre, au lieu que Iui était, ainsi qu'Hélène , du sang de Zeus; Pollux demanda à son père de partager avec son frère cette marque distinctive; ce qui lui fut accordé, et ce qui donna lieu, dit-on, d'imaginer qu'ils se remplaçaient successivement dans la vie. 

Les Romains retracent cette idée dans leurs courses, où un seul cavalier court avec deux chevaux. 

Quelques auteurs veulent (Hyginus), que Castor ait été tué dans la guerre des Athéniens contre les Lacédémoniens, et qu'il ait péri à la ville d'Ariadne. On trouvait en Laconie beaucoup de monuments (Pausanias), qui rappelaient les événements prétendus de leur vie, et qui consacraient leur mémoire par un culte religieux. On les représentait à Sparte par deux bâtons unis, symbole simple, et semblable au caractère abrégé, par lequel on désigne encore ce signe (Plutarque).

Les autres noms de la constellation Gémeaux et de ses étoiles

D'autres mythologues désignent les deux Gémeaux, sous les noms d'Apollon et d'Héraclès / Hercule (Hyginus). Effecivement on les trouve souvent , dans les anciens monuments; décorés des attributs de chacun de ces dieux; l'un tient en main la Lyre, et l'autre la Massue. Chez les Germains on adorait Castor, sous le nom d'Alcis, qui est un des noms d'Hercule, Alcides (Tacite).

Certains auteurs y ont vu Triptolême et Jasion (Hyginus), chéris de Déméter / Cerès, et qui jouent un rôle dans les mythes attachés à cette déesse, surtout Triptolême.

D'autres enfin les ont appelés Amphion et Zéthus (Germanicus), qui bâtirent les murs de Thèbes au son de la Lyre l'un deux était représenté tenant une Lyre, et l'autre avait une ceinture.

Oppien donne à Castor l'épithète de lumineux, ou de Phaësphore. Les Argiens appellent Castor Mixarchagetès, et révèrent Pollux, comme un des dieux de l'Olympe (Plutarque). Hésychius appelle ces astres, Agastores.

On donnait encore d'autres noms aux Gémeaux, dans les diverses langues. Les Arabes les nomment Algeuze (Al Ferghani), et Elgeuze. Ils appellent le premier des Gémeaux Arvellarr et Apphellan; c'est Apollon ; et Abracaleus ou Iracleus. C'est Héraclès (Bayer).

D'autres cartes célestes y peignent deux Paons (Scaliger); les Perses deux Chevreaux (Hyde). Les Indiens les nomment Doupexer (Anquetil-Duperron) en Pelhvi (Gentil), et Mitouna.

Les Hébreux les appellent Thomim, et Tamim (Riccioli); les Chaldéens Tammech;

Blaeu les nomme Phoebi Sydus, Helenae fratres, Tyndaridae pueri, Oebalii Juvenes, Gemini Lacones, Dioscuri, Jovis filii, Dii Samothraces, Dii Germani, Anaces, Hephaestioi, Praesides.

Les étoiles des Gémeaux.
L'étoile la plus brillante de la tête du premier des Gémeaux s'appelle étoile d'Apollon (Riccioli), de Castor, et en Arabe, Ras-Al-Geuse (Bayer), et Elgieuze. Celle de la tête du second s'appelle Pollux, Hercule, Abrachaleus. Celle du pied gauche de Castor se nomme Calx.

Les deux étoiles de la tête sont des étoiles de seconde grandeur. La précédente du pied des Gémeaux se nomme Propus (Hipparque); elle est près du Cancer (Germanicus). C'est celle du pied gauche, suivant Eratosthène.

Les Hébreux, Teomim; les Syriens, Tomê, noms qui se traduisent tous par Gémeaux. Les mêmes Arabes leur ont aussi donné le nom de Gjauza; les Turcs, celui de Kûz Siphtla Burgi, en persan Ghirdeghân. Ulugh Beg  appelle les étoiles des Gémeaux Gjiauza; celle de la tête du premier Gémeau, Ras-Al-Tawim-Al-Mukdim; celle qui est un peu rouge, et qui brille à la tête du second , Ras Al-Tawin-Al-Muchir. Celle du pied gauche et du droit du second s'appelle Al-Hena. Hyde, dans son commentaire sur Ulugh-Beg, observe que des noms Grecs Apollon et Héraclès, les Arabes ont fait par corruption les noms d'Aphellan, d'Aphellar, et ceux d'Heraclus, Abrachileus, qu'ils donnent aux Gémeaux. Les Arabes, dit-il, les appellent aussi aussi Tawamân.

Les astronomes arabes appellent aussi  Dirâ, le Bras, et ils y fixent une des stations de la Lune, la cinquième; et dans le lieu appelé Al'hena, ils y place la sixième (Al-Ferghani). Ils donnaient le nom d'Elhahak, aux têtes des Gémeaux; et à celle de Pollux, ceux d'Elhenat et de Ketpholt Summan (Riccioli).

L'année des Gémeaux et ses présages

Les phénomènes de leur lever et de leur coucher ont donné lieu à la fiction, qui suppose que Pollux partagea avec son frère son immortalité et qu'alternativement de deux jours l'un ils paraissent briller à nos yeux.

Ce signe était affecté à l'élément de l'air; il était le domicile de Hermès / Mercure. Aussi disait-on, que Mercure avait fait présent d'un cheval à Pollux (Photius).

C'était le siège de Phoebus ou d'Apollon, dans la distribution des signes,
entre les douze grands dieux (Manilius). Martianus Capella suppose que Mercure et Phoebus (Apollon) se métamorphosent sous une forme brillante, et traversent ce signe, qui leur est familier.

Columelle fixe, au quatorze des calendes de Juin, le passage du Soleil aux Gémeaux. On célébrait à Rome, en juin, au lever des Gémeaux, l'apparition de Castor et de Pollux, dans le combat contre les Latins (Denys d'Halicarnasse). 

.


[Histoire culturelle][Biographies][Constellations]

[Pages pratiques][Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2013. - Reproduction interdite.