Découverte |
Le
Cancer constitue une forme de rareté au monde des constellations
héritées de l'Antiquité. Point d'alignement spectaculaire
ou facilement reconnaissable dans cette constellation du zodiaque .
Altarf est de magnitude
apparente 3,53 et de magnitude absolue -1,22 (300 fois la luminosité
du Soleil). Distance : 300 années-lumière.
Les autres étoiles
sont plus faibles que la magnitude 4.
Dans le Cancer, trône,
en revanche, une vedette des nuits d'hiver et de
printemps
(pour les observateurs de l'hémisphère nord) : l'amas de
la Crèche = Praesepe = M 44 ***.
Un amas ouvert vieux de 400 millions d'années,
dont les étoiles sont assez dispersées et qui est visible
à l'oeil nu comme une pâle lueur d'un diamètre apparent
comparable à deux ou trois fois celui de la pleine Lune.
Située à 580 années-lumière de nous, la Crèche
comprend deux à trois cents étoiles. La plus brillante, Epsilon
Cancri est de magnitude 6,3. Des caractéristiques spectrales
analogues à celles des Hyades, dans le
Taureau,
ainsi qu'une direction de déplacement identique dans le ciel des
deux amas suggèrent que ceux-ci possèdent une origine commune.
M 44
|
![[Les amas ouverts]](btamou.gif) |
Exploration |
Plusieurs
étoiles
multiples
peuvent s'observer dans cette constellation. Citons : Acubens, Tegmen et
Iota 1. Acubens, qui se situe à 139 années-lumère
de nous, en possède trois composantes. Les deux plus brillantes
sont de magnitudes respectives 4,27 et 11 et sont séparées
de 11".
Tegmen = Dzêta
Cnc, qui est à 84 années-lumière,
possède cinq composantes. Les magnitudes des deux plus lumineuses
(jaunes et séparées de 6') sont égales à 5,1
et à 6,0.
Outre
les deux composantes principales A et B, il convient d'ajouter une troisième
étoile C un peu plus faible, connue avant le dédoublement
de A, distante d'environ 5" du milieu de AB et qui, d'après W. Struve ,
a, dans l'espace, le même mouvement propre que lui, d'environ 15"
par siècle; l'ensemble de ces trois étoiles l'orme donc un
système physiquement lié, et l'on doit considérer
Dzêta Écrevisse (Cancer) comme une étoile triple. Son
histoire est intéressante.
En
1756, Tobie Mayer
constata avec le cercle mural de Göttingue que l'étoile z était
double et détermina la position relative des deux composantes A
et C à l'aide des différences d'ascension droite et de déclinaison;
des observations analogues furent faites par Christian Mayer ,
à Mannheim, en 1728.
Le
21 novembre 1781, W. Herschel ,
en examinant ce couple, fit la découverte intéressante que
l'étoile principale A était la réunion de deux étoiles
A et B très rapprochées et à peu près d'égal
éclat; vingt-deux ans plus tard (7 février 1803) l'illustre
astronome la retrouva double et constata un changement de 9°57' dans
l'angle de position mesuré par lui en 1781. Cependant, à
la date du 21 février 1822, J. Herschel
note z Cancer comme une étoile double (A. C.) et non triple; c'est
seulement au printemps de 1825 que l'affirmation de W. Herschel fut mise
hors de doute par J. South dans son observatoire temporaire de Passy :
il sépara alors très nettement A en deux étoiles distinctes
et les trouva à une distance de 1".
L'étoile
autrefois cataloguée Dzêta Écrevisse est donc bien
triple. Les distances moyennes des composantes sont AB - 1,2", AC = 5",7,
et tandis que B tourne autour de A en 60 ans environ, C met de 6 à
7 siècles pour effectuer sa révolution [1] autour
du centre de gravité de (AB).
[1]
L'application
de la troisième loi de Kepler
donnerait 680 ans. Au commencement du siècle le système AB
passait par le périastre apparent; J. Herschel
ne pouvait donc le dédoubler avec la lunette de 5 pieds qu'il employait
en 1822.
Depuis
cette, époque, ce système AB a effectué un peu plus
d'une révolution nous donnons ici son orbite apparente et son orbite
réelle, toutes deux remarquables par la faiblesse de leur excentricité),
et pendant cet intervalle aucun autre n'a peut-être été
observé aussi fréquemment et aussi régulièrement,
et aucun n'a plus exercé la sagacité des calculateurs. II
est, en effet, fort intéressant, non seulement par la difficulté
de l'observation de deux étoiles si rapprochées et toutes
deux d'éclat assez considérable, mais aussi parce qu'on pouvait
espérer y trouver, pour la première fois en dehors du système
solaire, un spécimen achevé du problème des trois
corps. Théoriquement on, doit s'attendre, en effet, à ce
que la troisième étoile C trouble le mouvement relatif de
A. et de B; mais, au point de vue pratique, on négligera d'abord
ces perturbations et l'on traitera le système AB comme s'il était
seul (pour éviter les erreurs accidentelles on prendra toujours
comme série des positions à considérer celles qui
résultent des moyennes de deux années consécutives).
L'application
d'une des méthodes que nous avons indiquées a montré
que l'orbite apparente de B, par rapport à A supposée immobile,
est presque circulaire, avec une durée de période d'environ
60 ans, et que, l'inclinaison du plan de l'orbite réelle étant
très faible, celle-ci diffère fort peu de de la première.
Mais, par suite de la précision croissante des mesures, on a constaté,
il y a une trentaine d'années, dans la série des positions
observées pour le compagnon, des irrégularités ayant
un caractère de périodicité nettement accusé;
aussi un essai de détermination indirecte de l'action perturbatrice
de C sur AB a-t-il été tenté récemment par
H. Seeliger
[2], en supposant
que la distance de C à un point de la droite AB reste constante
pendant le court intervalle (60 ans) pour lequel nous avons une série
continue d'observations exactes (Ch. André, 1900).
[2]
H.
Seeliger, Ueber die Bewegungsverhältnisse in dem dreifachen Sternsystem
z Cancri (Zeitungsberichte der K. Akademie dei- Wissenschaften. Wien,
1881, p. 1018 et suiv.).
Enfin, Iota-1
***,
forme un couple aux composantes d'un orange et vert du meilleur effet. |
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