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Les départements français
Les Hautes-Pyrénées
[Histoire des Hautes-Pyrénées]
Le département des Hautes-Pyrénées doit son nom à la grande chaîne de montagnes qui, le dominant au midi, recouvre une partie de son territoire et le sépare de l'Espagne. Il a été formé, en 1790, du Bigorre, qui en a fourni la plus grande partie, et de l'Armagnac, du Nébouzan, de l'Astarac et des Quatre-Vallées.

Situé dans le sud-ouest de la France, et formant au sud la frontière de la France, il appartient à la région Occitanie. Sa superficie est de 459,944 hectares, et sa population de 229 273 habitants (2010). Le département  est un des plus petits de France. Du nord au sud, il est long de 75 à 100 kilomètres, de l'est à l'ouest il dépasse rarement 60 km. Le chef-lieu, Tarbes, est situé à 652 kilomètres de Paris en ligne droite et à 829 kilomètres par la route (A10), tandis qu'à 60 kilomètres se dresse la frontière d'Espagne.

C'est un pays presque entièrement montagneux et couvert par les Pyrénées et leurs contreforts, qui s'abaissent peu à peu en s'approchant de Tarbes, et se terminent à cette hauteur sur la riche plaine du Bigorre, arrosée par l'Adour. Tout le massif des Pyrénées est boisé ou revêtu de pâturages, et coupé, dans les parties les plus élevées, de gorges étroites et profondes, qui peu à peu s'élargissent et deviennent de plantureuses vallées, dont la plus belle et la plus fraîche est celle de l'Adour. La principale richesse du Bigorre consiste dans ses prairies, qui couvrent près de la moitié du sol (190,000 hectares), et qui lui permettent d'élever un grand nombre de chevaux de selle de race bigourdane, de bêtes à cornes de la race de Lourdes, etc.

Principales communes

Rang Arr. Commune Population
1
3
Tarbes 46 959
2
1
Lourdes 15 669
3
2
Bagnères-de-Bigorre 8 702
4
3
Aureilhan 7 881
5
2
Lannemezan 5 954
6
3
Vic-en-Bigorre 5 414
7
3
Séméac 5 232
8
3
Bordères-sur-l'Échez 4 211
9
3
Juillan 3 903
10
3
Barbazan-Debat 3 477
Rang Arr. Commune Population
11
1
Argelès-Gasozt 3 460
12
3
Odos 3 390
13
3
Soues 3 072
14
3
Ibos 2 899
15
3
Maubourguet 2 545
16
3
Ossun 2 325
17
3
Laloubère 1 933
18
3
Orleix 1 713
19
2
Campan 1 530
20
3
Bazet 1 478
Codes des arrondissements : 1 = Argelès-Gasozt, 2 = Bagnères-de Bigorre, 3 = Tarbes.
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Limites

Excepté au sud, où la limite du département et de la France coïncide exactement avec le faite des Pyrénées, les limites des Hautes-Pyrénées, partout conventionnelles, ont été indiquées plutôt par les traditions et les intérêts que par la géographie. Vers l'est, une ligne sinueuse, détachée de la frontière au sommet de la vallée de Louron, suit d'abord les crêtes qui séparent cette vallée de celles d'Oo et d'Oueil, puis embrasse la double vallée de la Barousse et va rejoindre la rive gauche de la Garonne. Mais, au lieu de suivre cette limite si naturelle, le tracé départemental s'en écarte plusieurs fois, notamment aux alentours de Saint-Bertrand-de-Comminges.

Au confluent de la Garonne et de la Neste, il se dirige vers les vallées de la Gesse et de la Gimone; puis, tournant brusquement à gauche pour former la bordure septentrionale des Hautes-Pyrénées, il traverse un grand nombre de petites vallées, montant ou descendant au milieu des collines qui s'allongent vers le nord. Après avoir franchi l'Arros, à l'approche de l'Adour, le département, comme entraîné par le courant du fleuve, s'allonge et forme une langue de terre qui renferme les villes de Rabastens, Vic, Maubourguet et Castelnau-Rivière-Basse, toutes assises auprès de l'Adour ou de ses proches affluents. Près de Castelnau, la frontière se reploie brusquement au sud, et va rejoindre par un tracé tortueux la base des monts pyrénéens. 

C'est sur ce côté ouest du département que se rencontre une bizarrerie. Deux enclaves, absolument séparées des Hautes-Pyrénées, auxquelles elles appartiennent, forment comme deux îles au bord du département voisin, et contiennent les communes de Luquet, Gardères, Séron, Escaunets et Villenave-près-Béarn. Comme ce dernier nom l'indique, ces deux îlots sont un reste du passé. Ils appartenaient au Bigorre, et sont demeurés attachés au département que le Bigorre avait formé.

Après avoir traversé le Gave de Pau près de Saint-Pé-de-Bigorre, la limite départementale va, toujours par des lignes irrégulières, rejoindre les hautes crêtes de la vallée d'Azun, où elle atteint de nouveau la frontière. De la vallée d'Azun à la vallée de Louron enfin, elle est formée d'un grand mur de montagnes, à peine entaillé de quelques brèches, et entièrement blanc de neige pendant une partie de l'année.

Physionomie générale

Le département des Hautes-Pyrénées se partage en trois régions bien distinctes : les plaines, les montagnes et le plateau de Lannemezan.

Les plaines.
La région des plaines occupe la partie septentrionale du département et s'étend sur la limite des Pyrénées-Atlantiques à l'ouest. Ce n'est pas à la rigueur une région de plaines, mais bien plutôt une suite de vallées et de coteaux qui descendent des Pyrénées et s'étendent en longues rangées jusqu'au nord du département. Dans les vallées, et surtout dans celle de l'Adour, admirablement irriguée, s'étale une magnifique végétation; les champs, les prairies, alternent avec les bois de chênes. Les vallons se prolongent en ligne droite aussi loin que la vue peut les suivre, et presque toujours, vers la source du ruisseau ou de la rivière qui les arrose, on voit se dresser la dentelure des Pyrénées, tandis que, vers le bas du cours d'eau, la vallée s'étend et s'élargit graduellement.

Dans la partie occidentale de cette région, qui confine aux Pyrénées-Atlantiques, les vallées, moins larges, moins profondes, à l'exception de celle du Gave de Pau, laissent entre elles de larges espaces de collines ondulées ou de croupes insuffisamment arrosées. Là dominent les bois et les taillis, tandis que le centre du département produit plutôt des grains ou des fourrages. Dans la région occidentale existent même quelques espaces incultes, qui présentent l'aspect des landes de Gascogne.

La population s'est agglomérée surtout aux environs de la vallée de l'Adour, ou entre l'Adour et le Gave de Pau. Là s'élève Tarbes, le chef-lieu : là sont aussi d'immenses villages, comme Ossun, qui prolongent sur près d'un kilomètre leurs files de maisons aux toitures pointues, couvertes d'ardoise. Plus à l'ouest, les villages se font rares; plus à l'est, s'élèvent les croupes du plateau de Lannemezan, graduellement dénudées et dépeuplées. Au sud, se hérisse la région des montagnes.

Les montagnes.
Le caractère de la région des montagnes est infiniment varié. Autant les vallées inférieures y sont vertes, charmantes, pastorales, peuplées et cultivées, autant les vallons supérieurs sont austères, froids, entourés de noirs rochers et de cimes neigeuses.

La région montagneuse se détache nettement de la région des plaines au-dessus du Gave de Pau et de la Neste, qui longent le pied des Pyrénées. L'Adour, au contraire, descend des hautes montagnes, entre des cimes graduellement abaissées , sans qu'on puisse dire au juste où commence la montagne et où finissent les collines. Autour de Bagnères-de-Bigorre, les sommets, de plus en plus arrondis, de plus en plus modestes, descendent lentement depuis le Pic du Midi jusqu'aux faibles collines des bords du fleuve.

Ces trois vallées, du Gave, de l'Adour, de la Neste, se partagent presque toute la région montagneuse; sur le rebord de la Haute-Garonne, ce dernier fleuve vient bien frôler le département, mais il le touche à peine et le quitte définitivement en recevant la Neste.

Les montagnes qui envoient leurs eaux au grand Gave, ou Gave de Pau, sont les plus hautes, les plus massives des Pyrénées françaises. Le torrent qui s'échappe dans la plaine au pied du rocher de Lourdes a rassemblé les eaux d'un vaste éventail de montagnes et de vallées qui portait autrefois le nom de Lavedan, corruption du mot latin abies, sapin, à cause des grandes forêts qui couvraient les pentes.

La forme de cet ensemble de vallées est aisée à comprendre malgré sa complication apparente. Au centre, la vallée d'Argelès, admirable bassin de champs et de prairies de 9 kilomètres de longueur, se dirige droit vers la crête des Pyrénées, formant comme la tige d'un arbre dont les vallées latérales figureraient le branchage.

Les plus rapprochées des Pyrénées-Atlantiques et de la région des plaines sont les vallées de Surguères, ou de Batsouriguères, et d'Estrem-de-Salles, tributaires occidentales du Gave de Pau. Les montagnes qui les dominent sont modestes et s'élèvent presque immédiatement au-dessus de la plaine. La neige n'y demeure pas en été, et les champs et les pâturages montent jusqu'au voisinage des crêtes.

Bien différente est la vallée d'Azur, voisine encore des Pyrénées-Atlantiques, mais se prolongeant jusqu'à la frontière d'Espagne. Celle-là, dominée par des montagnes élevées, s'enfonce ainsi que sa branche orientale, la vallée de Labat-de-Bun, jusqu'au coeur des Pyrénées, dans un entassement de cimes granitiques aux rochers sombres, escarpés, couverts de neige pendant toute l'année. Au fond de la vallée d'Azun trône le Balaïtous (3146 mètres), chargé de glaciers (en fait, comme ce qui reste aussi des autres glaciers pyrénéens, plutôt de névés), et magnifique à contempler des environs de Tarbes. A partir de ce sommet, ou plutôt de son voisin occidental, le Pic de Pallas, la crête se hérisse de montagnes qui atteignent ou dépassent 3000 mètres. A l'est du port de la Peyre-Saint-Martin, qui s'ouvre au pied du Balaïtous, surgissent les beaux pics de Cambalès (2951 mètres), de la Fache (3020 mètres), de Péterneille (2965 mètres), dont les crêtes neigeuses sont de bien haut dominées par le Vignemale (3298 mètres), la plus haute montagne des Pyrénées françaises. Le Vignemale porte trois glaciers, dont l'un, celui de l'est, descend comme un fleuve sur une longueur de plus de trois kilomètres. Cette cime superbe forme le fond de la vallée de Cauterets, pleine de forêts, de prairies, de lacs et de glaciers.

A l'est de la vallée de Cauterets, et séparée d'elle par un puissant rameau de montagnes granitiques, s'étend l'ensemble de chaînons, de vallons, de cirques, dont le centre est formé par la petite plaine de Luz-Ardiden. Nulle part les Pyrénées françaises ne présentent une plus énorme masse de montagnes agglomérées. Le Vignemale, qui envoyait sur Cauterets l'eau d'un de ses glaciers, envoie ici celle de son versant oriental; puis, à la suite d'une rangée de montagnes moins élevées, s'élève brusquement la superbe chaîne calcaire dans laquelle sont creusés les cirques de Gavarnie, d'Estaubé et de Troumouse.

Là s'entassent les glaciers, se dressent les murailles verticales, bondissent des cascades de plusieurs centaines de mètres. Le Gabiétou (3033 mètres), le Taillon (3146 mètres), la Brèche de Roland, coupure énorme dans un mur de calcaire (2804 mètres), le Casque et les Tours du Marboré (3006 et 3018 mètres), enfin le Pic du Marboré (3253 mètres), enferment le cirque de Gavarnie, une des merveilles des Pyrénées. D'un entassement de trois murailles circulaires, séparées par trois terrasses chargées de glaciers, s'élancent dans un gouffre de 1200 à 1700 mètres de profondeur les torrents échappés des neiges supérieures. Ils ruissellent de toutes parts, grossissant dans leur chute, jusqu'au moment où, du rebord de la dernière muraille, ils s'élancent dans le vide.

L'un d'entre eux, le plus puissant de tous, est aussi celui qui fait le bond le plus prodigieux; il se précipite de 422 mètres; l'eau qui jaillit du sommet de la muraille se divise bientôt en vapeur, flotte et roule dans l'air en descendant comme une longue fusée de plumes blanches, et n'atteint le fond du cirque qu'après 19 secondes de chute.

Dans les beaux jours, le ruissellement des cascades tout autour du cirque produit un murmure d'une harmonie et d'une douceur étranges : c'est le seul bruit qui vienne rompre le silence de cette vaste solitude. Après une journée de pluie ou
d'orage, les cataractes tonnent comme des décharges d'artillerie. En hiver, elles forment d'immenses colonnes de glace.

Le cirque d'Estaubé, qui fait suite à celui de Gavarnie, est dominé par le Pic de Pinède (2866 mètres), en arrière duquel se lève, à 500 mètres plus haut, une cime espagnole, le Mont-Perdu, entourée d'immenses névés. Troumouse, qui s'ouvre à l'est d'Estaubé, est une vaste plaine de pâturages, entourée d'un rempart circulaire de 1000 mètres de hauteur moyenne.

Le point culminant est la Munia (3150 mètres), belle montagne, blanche de neiges et de glaces.

Tout près de la Munia, aux crêtes de Serre-Mourène (3144 mètres), la frontière se détache des vallées tributaires du Gave, et envoie ses eaux au bassin de la Neste et de la Garonne; mais un puissant chaînon, plus haut que la crête centrale, se dirige vers le nord, projette les pics des Aiguillons (2960 mètres), du Cambieil (3175 mètres), le Pic-Long (3194 mètres), qui ne le cède en hauteur qu'au Vignemale dans les Pyrénées françaises, et enfin le pic de Néouvielle (3092 mètres), dont les contreforts dominent à la fois les bassins de la Garonne, de l'Adour et du Gave. Puis ce chaînon se déprime au col du Tourmalet, pour se relever bientôt et former le superbe Pic du Midi de Bigorre (2877 mètres), très noble de formes et hardiment dressé au-dessus des plaines.

Ici, les sommets s'abaissent en formant la limite orientale des vallées d'Isaby, de Gazost, qui descendent sur celle d'Argelès, comme les dernières branches de cet arbre formé par les tributaires du Gave de Pau.

On peut se figurer également l'ensemble du bassin montagneux de la Neste sous la forme d'un arbre, mais avec cette différence que la direction en est courbe, et que les deux systèmes, séparés au pied par le massif secondaire où naît l'Adour, viennent se toucher par le sommet aux environs du Néouvielle, du Pic-Long et de Troumouse.

La vallée d'Aure décrit de bas en haut une demi-circonférence; remontant d'abord au sud, elle se replie graduellement à l'ouest, et, au lieu de s'élever vers la frontière comme les différentes branches de la vallée voisine, elle longe alors le pied du rempart qui la sépare de l'Espagne; mais elle projette vers ce rempart une suite de vallons latéraux, encaissés entre de hautes montagnes et dont chacun aboutit à un passage à travers la frontière. Ces passages, simples échancrures de la crête, neigeux neuf mois sur douze, souvent perdus dans les nuages, ne peuvent pour la plupart être franchis que par des randonneurs.

Tandis que la vallée d'Aure a ses points culminants parmi les cimes du Cambieil et du Pic-Long, qui approchent de 3200 mètres, mais qui sont loin de la frontière, cette frontière se maintient à une altitude beaucoup plus modeste; sur une longueur de 20 kilomètres, elle dépasse rarement 2800 mètres. A droite et à gauche, en Espagne et en France, des chaînons latéraux la dominent de très haut, et le premier pic frontière qui se relève à 3000 mètres est celui de Batoa (3035 mètres), bientôt suivi des crêtes de Batchimale et du pic des Gourgs-Blancs (3114 mètres). Là commence le département de la Haute-Garonne, et la crête secondaire qui sépare les deux départements s'abaisse bientôt au-dessous de 2000 mètres.

La partie inférieure de la vallée d'Aure et la branche orientale qu'arrose la Neste de Louron sont parmi les régions montagneuses les mieux cultivées des Pyrénées. Les villages s'y touchent en bien des endroits, et les cultures montent sur les versants de toutes les montagnes. Mais dans ses embranchements supérieurs la vallée d'Aure offre des beautés de premier ordre. Les Nestes de Clarabide et de la Pez atteignent la Neste de Louron par deux gorges qui sont peut-être les plus spectaculaires des Pyrénées. Les enchevêtrements de montagnes d'où elles descendent offrent de beaux glaciers, des pitons neigeux, et, par delà les limites de la France, on voit se dresser le pic des Posets (3367 mètres), superbe avec ses larges glaciers en forme de cratères. Enfin les versants orientaux de Néouvielle et du Pic-Long renferment un dédale de pics aigus, de murailles neigeuses, de glaciers, de cascades, de grands lacs et - de forêts presque impénétrables, qui en font un des plus beaux centres d'excursions de toutes les Pyrénées.

Les vallées de la Neste et du Gave, accolées à leur origine par une rangée de sommités mitoyennes, s'écartent plus bas pour suivre deux routes opposées, l'une à l'est, l'autre à l'ouest. Dans l'intervalle qui les sépare, entre des montagnes de second ordre qui vont s'abaissant vers les plaines et vers la région de Lannemezan, s'étend le bassin supérieur de l'Adour.

Ici, plus de glaciers, plus de pics neigeux ou de sombres gorges, mais des vallées pastorales dominées par des sommités arrondies ou des crêtes de médiocre altitude. Sur un point seulement ces crêtes dépassent 2850 mètres; c'est à la rencontre des vallons du Tourmalet et de Lesponne, tributaires de l'Adour, avec le vallon de Bastan, tributaire du Gave. Là se dresse, à 2877 mètres, la pyramide du Pic du Midi de Bigorre, si longtemps prise pour le plus haut sommet des Pyrénées, et dépassée cependant de 527 mètres par le pic d'Anéto, dans le massif dz la maladeta, en ESpagne.
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Le Néouvielle, qu'on a parfois considéré comme le noeud de séparation des trois bassins, ne confine au bassin de l'Adour que par des contreforts inférieurs à 2700 mètres. En se prolongeant vers l'est, cette longue crête s'élève à 2831 mètres au pic d'Arbizon, l'un des plus superbes observatoires des Pyrénées, puis elle tourne au nordet redescend rapidement au-dessous de 2000 mètres, en projetant entre les premiers affluents de l'Adour et ceux de la Neste des montagnes de plus en plus douces et ondulées, jusqu'au dessous des sources de l'Arros, où les hauteurs se transforment en fortes collines et vont rejoindre le plateau de Lannemezan.

Le bassin de l'Adour renferme des vallées charmantes, vertes, peuplées, qu'on citait comme les plus belles des Pyrénées avant qu'on eût appris à admirer la nature sauvage, les neiges et les glaciers des montagnes supérieures. La gracieuse vallée de Campan, arrosée par l'Adour, et à l'entrée de laquelle s'est bâti Bagnères-de-Bigorre, mérite cependant une visite; mais les voyageurs qui reviennent de Gavarnie ou de Cauterets ne peuvent que la trouver petite et dépourvue de caractère.

Dans la région montagneuse du département, que nous venons de parcourir, les villes se sont développées surtout dans les petits bassins de pâturages ou de terres cultivables qui avoisinent les cours d'eau ou les principaux confluents. Ainsi, Argelès s'est établie près des gaves d'Azun et de Pau; Luz, au confluent du Gave et du Bastan; Arreau, entre la Neste d'Aure et celle de Louron. Plus haut, sur les pentes, s'échelonnent les villages de moindre importance, avec leurs maisons aux toitures pointues, aux pignons en escaliers, serrées les unes contre les autres. Les villes construites sur des mamelons, comme Saint-Savin, ont cédé le pas aux villes de plaine, depuis que la paix règne dans les vallées.

Le plateau de Lannemezan.
Le plateau de Lannemezan recouvre toute la partie nord-est du département. Séparé des Pyrénées par la profonde dépression où coule la Neste, il ne tient à la grande chaîne que par l'isthme de montagnes qui descend au nord du pic d'Arbizon vers les plaines de France. Ce chaînon, graduellement abaissé jusqu'à 1272 mètres au pic d'Arneille, s'élargit ensuite en s'écrasant et ne tarde pas à former une sorte de bourrelet qui domine à l'ouest les plaines de l'Adour, et à l'est celles de la Garonne. Le dos de cette sorte de bouclier s'élève à 660 mètres au point culminant, et de toutes parts, sauf vers les Pyrénées, le plateau s'abaisse en pente douce vers les plaines. Rien de plus triste et de plus nu que la surface du plateau dans sa partie la plus élevée. A peine les bruyères s'élèvent-elles au-dessus du sol; quelques arbres souffreteux végètent à grand peine au bord des rivières, et la neige y vole en hiver comme sur les déserts de Mongolie.

Il est probable que l'apparence monotone et la surface unie du plateau lui vienvent des grands amas de débris dont il a été recouvert aux époques géologiques, alors que les glaciers des Pyrénées débordaient partout en dehors de la chaîne. Mais, malgré sa tristesse, le bombement de Lannemezan est un des points géographiques les plus intéressants de France. C'est de là, en effet, et non pas du centre des Pyrénées, que s'éloignent les cours d'eau. descendus des hautes vallées. Au point culminant du plateau, sur quelques kilomètres à peine de largeur, surgissent plusieurs, petits ruisseaux pauvrement alimentés; les deux Baïses, la Baïsole, le Gers, la Save.

A peine formées, ces rivières microscopiques s'éloignent en divergeant comme les rayons d'une roue, et se mettent à descendre sur les pentes arrondies du plateau. Mais à mesure qu'elles s'écartent, d'autres ruisseaux, le Boués, la Solle, l'Arrats, la Gimone, la Gesse, surgissent entre les rayons de l'éventail. En même temps, à droite et à gauche de cet éventail, tous les cours d'eau, même les plus puissants, comme le Gave et la Neste, se reploient au sortir des montagnes pour s'orienter sur le même centre, et bientôt toutes les vallées comprises entre le Gave et la Garonne viennent agrandir cette sorte de rayonnement dont le noeud central se trouve sur le plateau de Lannemezan. A droite, les vallées s'inclinent lentement vers la Garonne; à gauche, vers le Gave ; au milieu, elles accompagnent l'Adour, qui lui-même se replie vers le Gave à la fin de son cours. 

Entre l'Adour et la Garonne, la plaine, mal arrosée, va s'élargissant et forme graduellement ce qu'on appelle les Landes; mais là encore, les petites rivières qui viennent sourdre dans le sable alignent leurs vallées dans la direction du plateau sous-pyrénéen, comme la Leyre, affluent du bassin d'Arcachon, ou même le Ciron, voisin de Bordeaux; bien plus, quand la Garonne a recueilli tous ses affluents, qu'elle change de nom et s'appelle la Gironde, formant un grand golfe rempli de navires et dont un rivage n'aperçoit pas l'autre, elle se recourbe à son tour dans le même sens, comme guidée par les quelques gouttelettes sorties du tertre de Lannemezan.

Les routes, semblables aux rivières, ont, elles aussi, pris la même disposition, et sur plus d'un point du plateau on les voit fuir d'un point commun à travers la plaine déserte, et disparaître à l'horizon pour se rendre, par des vallées encore invisibles, vers Toulouse, Agen ou Bayonne.

Géologie

Généralités.
Il existe deux parties bien distinctes dans le département : la montagne et la plaine. La ligne qui délimite ces deux régions passe par Ossun et Montréjeau (Haute-Garonne). Si l'on part de la haute montagne, et que l'on se dirige vers le Nord, on trouve, en général des formations de plus en plus récentes. Ce sont d'abord une série de noyaux granitiques et granulitiques dans les hautes vallées situées à l'Ouest du gave de Pau, celui de Néouvielle, de Bordères et de Sarrancolin, sont englobés au milieu de schistes archéens et siluriens. Toute cette formation constitue la partie la plus élevée de la chaîne pyrénéenne.

Viennent ensuite vers le Nord une série de bandes fortement plissées de direction Est-Ouest constituées par le Dévonien, le Carbonifère qui s'étendent depuis Mauléon jusqu'à Argelès-Gazost, et sur lesquelles sont appliquées de nouvelles bandes de jurassique et de crétacé à travers lesquelles les eaux ont creusé de profondes vallées. Puis on arrive à la région des Plaines entre Tarbes et Montréjeau, constituée surtout pour le Miocène et le Pliocène, à travers lesquelles s'épanouit un véritable éventail de rivières et de gaves.

Stratigraphie.
Le terrain primitif ne forme pas de massifs importants. On le trouve aux environs de Bagnères-de-Bigorre entre Lourdes et Bagnères, et dans la haute vallée du gave de Pau. Il comprend la série normale, mais il est fortement métamorphisé avec des intercalations d'amphibolites et de pyroxénites. Par places, il renferme de la blaviérite et les minéraux sont très abondants.

Cambrien.
Le grès cambrien se montre au Sud-Ouest du département et comprend une série de schistes micacés et de phyllades sériciteux, plus ou moins satinés, modifiés par des injections de granulite. Ces phyllades sont très riches en minéraux (grenat, andalousite, vernérites). Les schistes mâclifères se montrent en quelques points.

Un certain nombre d'assises formées par des schistes argileux, des ardoises et des quartzites dans la région du pic du Midi de Bagnères, ont été attribués au cambrien. Certains calcaires dolomitiques en dalles sont rangés dans la même formation.

Silurien.
Le silurien moyen existe en quelques points au-dessus du cambrien, sous forme de schistes ardoisiers à Echinosphaerites et empreintes de Trilobites. Certains calcaires à encrines seraient du même âge.

Le silurien supérieur qui forme une bande Est-Ouest comprend des schistes noirs avec intercalation de schistes carburés, surtout répandus dans le Nord-Est du département (environs d'Arreau, de Luz, à Pierrefitte et aux environs des Eaux-Bonnes). Ils renferment une faune très riche de graptolites : Monographus priodon, etc., accompagnés de Cardiola interrupta.

Dévonien.
La bande dévonienne s'étend vers Laruns, à travers le département, à Aucuns, Pierrefitte et au Sud de Campan. Une large tache se montre au Sud de Bordères, dans les vallées d'Aure et de la Neste. Le Dévonien inférieur à Pierrefitte et à Luz est formé par des calcaires et des grauwackes à Cryphaeus, Phacops, Spirifer, etc. 

Dans la vallée d'Aure, le Dévonien moyen est constitué par des calcaires et des schistes à Spirifer cultrijugatus et quelques schistes ardoisiers. Les célèbres marbres griottes appartiennent au dévonien moyen et supérieur. Ils renferment des goniatites, et font le passage au Carbonifère. 

Ces marbres, activement exploités à Campan, renferment : Clymenia undulata, C. loevigata, Brancoceras sulcata. Ils font l'objet d'un grand commerce dans toute la région, et sont formés en grande partie par des calcaires à Polypiers. De même que dans l'Ardenne, des récifs s'établissaient dans la mer dévonienne sur le futur emplacement des Pyrénées. Ces récifs s'étendent dans la vallée d'Aspe, de la Neste, etc.

Carbonifère.
C'est sous forme de schistes, surtout argileux, que débute le Carbonifère. Les schistes représentent le Dinantien. Ils renferment Productus semireticulatus dans la vallée d'Arreau et sont surmontés par une brèche calcaire épaisse et des calcaires anthraciteux à Productus giganteus et à Polypiers (Ardengost). C'est dans le schiste inférieur que l'on a signalé une couche de nodules noirs phosphatés à nombreux Radiolaires. Certains niveaux de marbres de Campan appartiennent au niveau du Productus giganteus. A Pierrefitte, le dinantien repose en discordance sur le dévonien supérieur et renferme Prolecanites Henslowi, Glyphioceras crenistria, et Martinia
glabres. Il est formé par des calcaires blancs couronnés par des marbres griottes.

Ce n'est que dans la vallée d'Aure (à Fréchet d'Aure), que l'on a trouvé le Stéphanien sous forme de schistes à calamites et fougères (Odontopteris, Cardiopteris, Sphenopteris, etc.). Ces schistes renferment des intercalations de marne à Gastéropodes (Murchisonia) à affinités permiennes.

Permien.
Le Permien n'existe que dans les environs d'Arreau (vers Camons) où il est constitué par des conglomérats rougeâtres, des schistes et des argilolites superposés au terrain houiller et recouverts par des poudingues à gros éléments.
 

Triassique.
Le trias offre des affleurements limités aux environs de Bagnères-de-Bigorre, à l'Est de Mauléon, etc. sous forme de calcaires et de marnes bariolés gypsifères et salifères.

Jurassique.
La bande jurassique double la bande primaire depuis les environs de Bagnères-de-Bigorre jusqu'à Mauléon.

Le Lias est partout représenté à sa base par un ensemble de calcaires marneux très épais, mais où les fossiles sont rares. Le Lias supérieur renferme cependant d'assez nombreux fossiles : Am. bifrons, Am. aalensis.

Le Bajocien et le Bathonien sont constitués par des couches assez épaisses de calcaires marneux sans fossiles et de dolomies.

A la partie supérieure de cet horizon se trouvent des couches argileuses à Posidonies surmontées de nouveaux calcaires noirs à Bélemnitelles, qui appartiennent à la partie supérieure du Jurassique.

Crétacé.
Une bande assez régulière de Crétacé inférieur parcourt le département dans une direction Sud-Ouest; elle est la continuation de celles des Pyrénées-Atlantiques et s'étend depuis Saint-Pé-de-Bigorre jusqu'à Saint-Bertrand en passant par Larandes et Bagnères-de-Bigorre.

Le Crétacé inférieur offre une assez grande analogie de composition avec le crétacé des Pyrénées-Atlantiques.

Ce Néocomien existe sous forme de brèches ou de calcaires bréchoïdes alternant avec des Nérinées. 

L'Aptien et le l'Albien offrent des facies coralligènes, comme dans les Pyrénées-Atlantiques. Ce sont des marnes noires à Plicatula placunea qui constituent l'aptien. Ces marnes renferment encore Am. Dufrenoyi et sont surmontées par des calcaires à Toucasia carinata couronnées par des calcaires à Cidaris pyrenaica. 

L'Albien est également constitué par des calcaires et des marnes avec des formations coralligènes intercalés. La bande de crétacé inférieur qui double celle de crétacé inférieur passe par Bétharram, Labarthe et Montréjeau. 

Le Sénonien est constitué le long de cette bande par des marnes noires à plaquettes et des calcaires marneux sans fossiles. Le maëstrichtien est plus complexe, il est formé à la base par un calcaire nankin à Hemiaster pyrenaicus, Echinocorys vulgaris, Ostrea larva surmonté par des calcaires marneux à Orbitoides mammillaris, Hemiaster pyrenaicus, Nerita rugosa. Enfin l'étage se termine par des calcaires à Orbitoides gensasica. La masse calcaire du Cirque de Gavarnie depuis la brèche de Roland jusqu'aux tours de Marboré, est constitué par un calcaire marneux à Ostrea larva, Ananchytes ovata et Orbiloides socialis.

Paléogène.
Le Garumnien et l'Eocène s'étendent depuis la vallée de la Garonne, à Montréjeau, jusqu'à Ossun.

Le premier est formé par des marnes à Orbitoides gensasica, des calcaires compacts à 0ffaster, Echinanthus recouverts par des calcaires lithographiques.

L'Eocène comprend à la base (Montien) des grès et des calcaires marneux à Micraster tercensis, Echinoconus semiglobus, Natica brevispira, puis des calcaires à Operculine Heberti. 

Le Suessonnien est formé par des calcaires à Lithothamnium passant à des calcaires à miliolites à Ostrea uncifera et alvéolines. 

Puis viennent (Parisien) des calcaires à Echinanthus Cotteani, des grès à Porocidaris pseudoserrata, et enfin des poudingues et des marnes à Ostrea gigantea.

L'Oligocène assez limité au point de vue géographique, est constitué par des marnes, des grès avec des lits de cailloux roulés et des calcaires lacustres concrétionnés renfermant des débris de Dinotheriun. La mollasse qui couronne ces calcaires correspond à la mollasse à Ostrea crassissima.

Néogène..
Par places le Miocène se présente sous forme d'argiles et de sables à Mastodon angustidens, Rhinoceros Dicrocerus, Anchitherium. Le pliocène est des plus intéressants. Il est constitué par des alluvions qui s'étendent sur les hauteurs dominant les vallées et forment ce qu'on a appelé le plateau de Lannemezan. 

On peut les diviser de la façon suivante : une série d'alluvions des plateaux ou formation de Lannemezan formée par des argiles jaunes avec des blocs plus ou moins volumineux, et, en général, très altérés. Quelques-uns de ces blocs qui ont un volume de 1 mètre cube sont généralement roulés, et ils présentent l'aspect de blocs morainiques. Cette formation représente un cône de déjection fluvio-glaciaire formé au débouché des grandes vallées dont les principaux linéaments devaient concorder à peu près avec la vallée d'Aure actuelle. La plupart des éléments ont été transportés par des cours d'eau dont le volume devait être énorme.

L'âge de cette formation est pliocène, car on y a recueilli : Rhinoceros Scheirmacheri, Chalicotherium goldfussi, Tapirus priscus, Hyoemoschus crassus, Castor Joegeri, Dinotherium, Cervus. C'est une faune voisine de celle d'Eppelsheim. Les vallées présentent à leur tour une série de terrasses supérieures couvertes de loess qui dénote une grande antiquité. Il n'y a pas de fossiles, dans ces terrasses qui correspondent à une phase d'extension glaciaire datant probablement du pléistocène inférieur.

Quaternaire.
Une autre série de terrasses (terrasses inférieures), qui se relient par l'intermédiaire d'un cône fluvio-glaciaire à des moraines quaternaires (Labraque), sont de la dernière époque glaciaire dans les Pyrénées. Leur âge est indiqué par des fossiles de la faune à Elephas primigenius, Rhinoceros à narines cloisonés, Ursus spelaeus, etc.
L'âge du Renne est postérieur au recul des grands glaciers pyrénéens.

Roches éruptives.
Les roches éruptives offrent un échantillon très varié. Le granit forme d'importants massifs dans la haute chaîne pyrénéenne (pic de Vignemale, pic Long). Il affleure également en quelques points du département, aux environs de Bagnères-de-Bigorre et entre Lourdes et Bagnères. Les monts d'Enfer, les collines de Léonville sont également constitués par le granite. La granulite forme une bande remarquable Est-Ouest au Sud de Mauléon où elle s'étend sur plus de 20 km. De nombreux filons de cette roche pointent dans les régions du cirque de Gavarnie et de Bagnères-de-Bigorre. Dans les environs du pic du Midi de Bigorre, les injections de granulite ont développé de nombreux minéraux de métamorphisme dans les schistes précambriens, schistes à chiastolites, etc. Des diorites, des diabases se montrent également dans le massif montagneux dominant Cauterets, des porphyres et des porphyrites traversent ces sédiments cambriens au Sud de Luz.

En dehors des roches énumérées, les Hautes-Pyrénées offrent un gisement remarquable de syénite néphélinique à Pouzac, près de Bagnères-de-Bigorre, et des syénites amphiboliques.

Mais les roches qui offrent un cachet bien spécial dans la chaîne pyrénéenne, sont les ophites et les lherzolites. Les premières sont nombreuses aux environs de Bagnères-de-Bigorre. Elles métamorphisent les couches sédimentaires qu'elles traversent et y développent dans les calcaires un grand nombre de minéraux : dipyre, actinote, hématite, pyroxène, mica, albite, quartz, calcite, oligiste, tourmaline et dans les schistes : du dipyre, de l'épidote et de l'amphibole. Par place, on a de beaux cristaux de gypse, de dolomie, de pyrite et de rutile.

Sources thermales. 
Le département des Hautes-Pyrénées est le département pyrénéen le plus riche en eaux minérales. On peut les rapporter à trois types qui ont une distribution bien curieuse dans toutes les Pyrénées et sont en relation avec la constitution géologique. Les sources sulfurées sodiques émergent à la naissance des vallées dans la partie centrale et élevée de la chaîne et sont en relation avec des roches granitiques, granulitiques ou cristallophylliennes. Les trois vallées principales entre lesquelles se bifurque, dans la montagne, la vallée du gave de Pau, renferment les stations de Cauterets, de Barèges et de Saint-Sauveur. Les sources qui ont une origine triasique sont à la jonction de la plaine et de la montagne, elles renferment des éléments des calcaires magnésiens, gypseux et salifères, aussi sont-elles sulfatées calciques et magnésiennes comme à Bagnères-de-Bigorne, Capvern Labarthe et la Neste. Les eaux chlorosulfurées sodiques occupent une place intermédiaire. Ce sont celles de Labasserre et de Beaucens. (Ph. Glangeaud).

Régime des eaux

Les Hautes-Pyrénées envoient toutes leurs neiges, leurs glaces fondues, leurs sources, leurs émissaires de lacs à l'Atlantique, par deux fleuves inégaux, l'Adour et la Garonne : de l'Adour relèvent tout l'arrondissement d'Argelès, presque tout celui de Tarbes et une bonne part de celui de Bagnères; à lui tout l'Ouest et le centre de la contrée; à la Garonne revient une moitié du Sud et l'Est : pas beaucoup plus de 150.000 hectares, ou le tiers du département; donc, deux tiers (300.000 hectares) pour l'Adour.

L'Adour.
L'Adour, qui ne naît pas dans la grande montagne et qui ne puise pas à des glaciers, n'est pas une grande rivière quand il passe des Hautes-Pyrénées aux Landes, tandis que son maître affluent, et l'on peut dire le vrai « père » de ses eaux, le Gave de Pau, est abondant et puissant quand il s'insinue des Hautes-Pyrénées dans les Pyrénées-Atlantiques. S'il prenait ses sources plus loin vers le Sud, au pied de la grande chaîne, il partagerait le département en deux parties presque exactement équivalentes, le long d'une ligne allant du Sud-Sud-Est au Nord-Nord-Ouest. Il rassemble de petits « Adours » partis des monts ou s'élancent le pic du Midi de Bigorre et l'Arbizon. Il arrose la vallée de Campan, qui fut trop célébrée, qui d'ailleurs est belle, et où il reçoit un Adour quelque peu artificiel, sans lequel il descendrait en saison sèche au rang d'un ruisseau de prairies : c'est l'Adour de Lesponne, avivé de 2000 litres à la seconde par le siphon qui lui verse l'eau du lac bleu, gouffre de 47 hectares, de 121 m de profondeur. Il baigne la très charmante Bagnères-de-Bigorre, puis entre dans la plaine de Tarbes, très large, et ou il se disperse en veines et veinules d'arrosage dans les prées touffues et les hauts maïs.

De tous les canaux qu'on lui dérobe ici, le plus long, le plus fourni, le phis ancien; le plus célèbre, le canal d'Alaric, qui a sa diramation à Pouzac, c -à-d. en aval et tout près de Bagnères, sur la rive droite du fleuve, ne rejoint cette rive droite qu'au bout d'un trajet de 58 km pendant lesquels il a constamment longé le pied des collines orientales du val; l'Adour le récupère entre Maubourguet et Castelnau-Rivière-Basse. Contenu moins dans son lit que dans les canaux d'irrigation de droite ou de gauche, le fleuve traverse Tarbes, et sa vallée devient une plaine qui s'évase à 8, à 10 km de large, parfois plus encore, où serpentent en même temps que lui, se ramifient, se concentrent, se dispersent et se rassemblent encore maints longs ruisseaux employés, eux aussi, à l'arrosage; tels : à gauche, l'Echez (52 km, 35.000 hectares), né dans les monts de Lourdes et qui s'achève à Maubourguet; et à droite, l'Estéous (48 km, 16.558 hectares), qui, dans le bas de son cours, se confond avec le canal d'Alaric; c'est le ruisseau de Rabastens. Vic-en-Bigorre, Maubourguet, Castelnau-Rivière-Basse, ce sont les trois villes de l'Adour de plaine, qui quitte les Hautes-Pyrénées pour le Gers après 82 km de voyage. 

C'est dans le Gers qu'il absorbe à droite l'Arros, et bien au loin, dans le département des Landes, qu'il s'unit au Gave de Pau, son formidable rival.

L'Arros.
L'Arros a 50 km dans les Hautes-Pyrénées, qui sont son département natal. Comme l'Adour, il n'a pas grande part aux Pyrénées; il sort de monts qui n'ont même pas 1600 m d'altitude. C'est la riviérette de Tournay, en somme peu abondante et presque entièrement consommée par les irrigations; elle passe des Hautes-Pyrénées dans le Gers par environ 180 m au-dessus des mers.

Les Gaves.
Le Gave de Pau (qui quitte le territoire avant d'avoir traversé la ville d'après laquelle on le désigne) a pour principale origine le Gave de Gavarnie, né d'un glacier de 72 hecares et plongeant aussitôt de 422 m dans le sublime cirque de Gavarnie. Des gaves et des sous-gaves lui arrivent en foule, et d'ailleurs tous les torrents sont ici des gaves, comme à l'Est immédiat ils sont tous des nestes : Gave d'Ossoue (12 km), parti des 142 hectares du grand glacier du Vignemale; Gave de Héas (12 km, 10.110 hectares), sorti du cirque de Troumouse; Bastan ou Gave de Barèges (14 km, 10 608 hectares), issu des neiges, des glaces, des nombreux laguets du Néouvielle, et qui arrive au maître Gave dans le beau bassin de Luz, au-dessous du pont de Saint-Sauveur, haut de 65 m; Gave de Cauterets (27 km, 16. 876 hectares) qui a son terme là où le Grand Gave vient de sortir des célèbres gorges de Pierreffitte et qui, lui-même, se compose d'une foule de sous-gaves dont l'un remplit, au pied Nord du Vignemale, le lac de Gaube, grand de 20 hectares, profond de 41 m; Gave d'Argelès (32 km, 28.454 hectares), fait de la rencontre du Gave d'Azun, fils du Balaïtous et du Labat de Bun; il gagne le Gave « définitif » près d'Argelès, dans une conque admirablement verte, admirablement calme, par 420 m d'altitude, le Gave de Cauterets ayant son embouchure à 450, le Gave de Barèges à un peu plus de 650, le Gave de Héas à un peu moins de 1.000, le Gave d'Ossoue par un peu moins de 1350. Celui-ci et les Gaves de Cauterets et d'Argelès sont des tributaires de gauche; le Gave de Héas et le Gave de Barèges, des affluents de droite. Ou peut dire que l'annexion du Gave d'Argelès complète à peu près le Gave haut-pyrénéen, fort maintenant d'environ 20 mètres cubes par seconde en étiage, dans un lit très capricieux, parfois étalé sur 150 m, parfois aussi tellement étroit qu'on pourrait presque le franchir d'un saut. Il absorbe à droite Ie Nès (12.500 m, 6.143 hectares), torrent de Gazost, atteint Lourdes et là, près de sa célèbre grotte , il tourne brusquement à l'Ouest, tandis que jusqu'alors il allait droit au Nord dans sa superbe vallée du Lavedan. C'est devant l'obstacle que lui opposa dans le temps la moraine frontale de l'immense glacier d'Argelès (il s'agit ici de temps plus que préhistoriques, d'ères géologiques), c'est devant ces roches accumulées qu'il abandonna son ancienne vallée, devenue dès lors le domaine disproportionné du naissant fleuve Adour. De Lourdes, à l'issue du département, il lui reste à peine 15 km, à parcourir, dans un défilé splendide, entre la première muraille des Pyrénées à gauche et le plateau ou dort mélancoliquement le lac de Lourdes (48 hectares, 12 m de creux) à droite. Ayant frôlé à droite le bourg de Saint-Pé-de-Bigorre, il pénètre dans les Pyrénées-Atlantiques par 307 m au-dessus des mers, après un parcours de 66 km, au bout de 121.171 hectares.

La Garonne est ses affluents.
La Garonne ne touche le département des Hautes-Pyrénées que sur un court trajet, et par la rive gauche seulement, la droite appartenant au territoire de la Haute-Garonne; le contact n'est guère que de 12 km, et en trois fois, d'un peu en aval du confluent de la Pique à l'embouchure de la Neste : le seul lieu haut-pyrénéen à noter dans cette vallée, Siradan est une petite ville d'eaux thermales. Le fleuve naissant reçoit les eaux de l'orient du territoire par l'Ourse et surtout par la Neste.

L'Ourse.
L'Ourse concentre les eaux du pays montagneux de la Barousse, du canton de Mauléon-Barousse; c'est un torrent vif, dans une agréable vallée dont la partie inférieure est bien peuplée. Elle réunit l'Ourse de Ferrère, connue dans le pays par une perte partielle, et l'Ourse de Sost, qui se rencontrent dans le bourg de Mauléon-Barousse. Cours, 25 km; bassin, 15.861 hectares.

La Neste.
La Neste peut à la rigueur passer pour une seconde branche mère de la Garonne. Elle a dans le département tout son cours de 65 km, toute sa conque de 90.650 hectares. Origine première, la Neste de Couplan, fille des granits orientaux du massif du Néouvielle et qui s'amortit, à 2120 m d'altitude, dans le lac de Cap-de-Long (39 hectares, 56 m de profondeur), puis, à 1869 m, dans le lac d'Oredon (44 hectares, 49 m de creux) : dans ce dernier se verse aussi l'émissaire du lac d'Aubert (2164 m d'altitude, 35 hectares, 44 m de fond); lequel est voisin du lac d'Aumar (27 hectares, 23 m de profondeur). fine autre branche mère, la Neste d'Aragnouet, parcourt 12 km et draine 5600 hectares; une troisième, la Neste de Moudang, a 9 kilomètres en une conque de 2675 hectares; enfin la quatrième origine, le Rieumajou, long de 15 kilomètres, déverse 5080 hectares : ces Nestes-là sont donc de brefs torrents dans de menus bassins, mais leurs eaux, venues des neiges de la haute montagne, des sapinières, des lacs de réserve, ne défaillent jamais. 

Après avoir erré pendant 10 km dans la riante, gracieuse, soleilleuse vallée d'Aure, sous le nom de Neste d'Aure, de Grande Neste ou de Neste tout court, elle se complète dans le bourg d'Arreau, par son union avec la Neste de Louron, à 700 m seulement d'altitude; car en 35 ou 40 km au plus, le torrent s'est incroyablement abaissé : de 3000 m dans les hautes neiges à 2120 m dans le Cap-de-Long, comme dit ci-dessus, à 900 m au confluent du Rieumajon, enfin à 700 ou un peu moins à l'union avec cette dernière Neste, longue de 30 km en un bassin de 17.781 hectares, la Grande Neste en ayant déversé 36.000, la Petite Neste est donc à la Grande dans le rapport de un à deux. Elle est faite de sous-nestes dont une dort à 2164 m dans le lac Caillaouas (39 hectares, 100 m. de profondeur); elle passe à Bordères; sa vallée est franchement dirigée vers le Nord, elle est ample et lumineuse. 

Au-dessous d'Arreau, plus de véritable affluent, rien que des rus sans force, sans vertu. Heureusement que déjà la Neste est très puissante eu égard à la, faible étendue de sa conque, qui n'est même pas de 55.000 hectares à Arreau. Elle peut descendre à moins de 7 mètres cubes par seconde, voire à 6, peut-être à 5, en novembre, décembre, janvier, février, mais aussi pendant un autre tiers de l'année elle en débite de 13 à 33, plus de 33 pendant un troisième tiers, et la moyenne annuelle arrive à 25 par seconde.

Au-dessous du canal de Sarrancolin, la Neste vire à l'Est (comme le Gave à l'Ouest, à Lourdes); elle coule au pied de la Barthe-de-Neste, de Saint-Laurent et heurte la rive gauche de la Garonne, par 400 m au-dessus du niveau de la mer, au bas de la haute colline que la ville de Montréjeau couronne.

Les autres rivières.
Que dire maintenant des cours d'eau lannemezannais des Hautes-Pyrénées? 

La Save, affluent gauche de la Garonne, passe presque aussitôt en Haute-Garonne, ainsi que son tributaire gauche, la Gesse : nées toutes deux dans les landes de Pinas et de Lannemezan, elles reçoivent chacuone du canal de la Neste 465 litres par seconde; 

l'Arrats, qui n'a guère que sa source dans les Hautes-Pyrénées et pénètre immédiatement dans le Gers, reçoit également 465 litres;

le Gers en tire 930 litres par seconde; son cours dans le département est de 37 à 38 km, son bassin de 12.703 hectares; il passe à 3 km à l'Est du bourg de Castelnau-Magnoac; 

la Baïse-Devant, dotée de 375 l/s., est la rivière de Trie; elle quitte les Hautes-Pyrénées pour le Gers au bout de 33.800 m en un bassin de 30.263 hectares; la Baïsolle, pourvue aussi de 375 litres/s, serpente au bas de Galan et arrive dans le département du Gers à l'issue des 8414 hectares d'un bassin très étroit où sa course est de 38.400 m.

La Baïse-Derrière sinue au bas de ce même bourg de Galan, situé de la sorte sur une colline entre deux riviérettes; cours en Hautes-Pyrénées, 29.300 m; bassin tout en longueur, 10.062 hectares. Passage subséquent dans le département du Gers. Dotation, 375 l/s. 

Baïse-Devant, Baïsolle, Baïse-Derrière formant ensemble la Baïse, long affluent gauche de la Garenne, il s'ensuit que ladite Baïse emprunte au canal de Sarrancolin trois fois 375 litres par seconde, soit 11225 l/s. 

Climat

Le département des Hautes-Pyrénées est coupé par le 43e degré de latitude ;  il est donc un peu plus rapproché de l'équateur que du pôle, presque au centre de la zone tempérée, et à peu de distance de l'océan Atlantique, dont les vents adoucissent et égalisent la température. Si donc le département se trouvait tout entier à un niveau voisin de celui de la mer, il jouirait tout entier aussi du climat modéré, doux, agréable, qu'on désigne sous le nom de climat girondin; mais la région méridionale est couverte de hautes montagnes toujours enneigées; le climat des Hautes-Pyrénées est donc composé de plusieurs zones échelonnées, depuis les températures de la Sibérie jusqu'au tiède climat de la France méridionale.

Dans la plaine, les étés sont chauds, les automnes magnifiques, les hivers très doux et les printemps souvent pluvieux. La quantité de pluie qui tombe annuellement à Tarbes est de 80 à 90 centimètres, et la température moyenne y est de + 15°C environ.

Sur le plateau de Lannemezan, l'été ressemble à celui de la plaine, et ne s'en distingue que par une plus grande sécheresse du sol; mais l'hiver est beaucoup plus rude. Les neiges y sont souvent abondantes.

Dans la région montagneuse, les basses vallées jouissent d'un admirable climat. Les chaleurs de l'été y sont modérées par la brise qui souffle en montant ou en descendant dans le sens de la vallée, et en hiver l'abaissement de la température est beaucoup moins marqué que l'altitude ne le ferait supposer. Les bassins d'Argelès, de Luz, de Bagnères, d'Arreau, sont comme de vastes réservoirs d'air tiède que la neige entoure, mais où elle descend rarement. 

Plus haut, le climat devient sévère, la température moyenne décroît rapidement et les inégalités sont plus sensibles. Vers 1000 ou 1200 mètres, les hivers sont longs et très froids; audessus, ils deviennent terribles. Barège est alors enseveli dans la neige, parfois jusqu'au premier étage des maisons.

Sur le sommet du Pic du Midi, le thermomètre a enregistré des températures de -37 °C, presque le degré de congélation du mercure. La quantité d'eau atmosphérique déversée sur les hautes montagnes en pluie ou en neige dépasse de beaucoup la moyenne des plaines. Au Pic du Midi il tombe déjà annuellement une tranche de plus de 2 mètres d'eau, et sur les grands sommets de Gavarnie ou du Vignemale la moyenne doit approcher de 5 mètres, quatre fois autant que dans la plaine de Tarbes.

Cette abondante précipitation d'humidité et le froid des hautes régions amènent sur les principales cimes la formation de grands amas de neiges que la tiédeur des jours d'été transforme en glaciers.

Les principaux, dans le département, sont ceux du Balaïtous, du Vignemale, du Gabietou, du Taillon, de la Brèche de Roland ; puis ceux qui recouvrent les cimes de Gavarnie et les flancs du Marboré; ceux du Pic-Long, de Néouvielle, de Troumouse; enfin les beaux glaciers des Gourgs-Blancs et de Clarabide, sur les limites de la Haute-Garonne. C'est à peu près le tiers des glaciers pyrénéens, dont les plus grands sont en Espagne, au sud de la ligne de faîte.

Curiosités naturelles

Un pays de montagnes comme les Hautes-Pyrénées ne peut manquer de présenter dans ses régions élevées de nombreuses curiosités, et il serait même impossible de les énumérer toutes. La plaine est beaucoup moins riche en merveilles naturelles, et le plateau du Lannemezan n'en présente pas d'autre que sa contexture même et sa disposition générale.

Dans la région pyrénéenne, un grand nombre de pics dominent des panoramas grandioses. On peut citer entre autres le Pimené (2803 mètres), le Bergonz (2070 mètres), le Pic de Nére (2401 mètres), le Monné de Cauterets (2724 mètres) et surtout le Pic du Midi de Bigorre, qui est certainement un des plus beaux belvédères de l'Europe. Les pics de Néouvielle (3092 mètres), Long (3194 mètres), le Vignemale (3298 mètres), le Taillon (3146 mètres), sont de plus difficile accès; le Balaïtous (3146 mètres) est considéré comme l'un des pics les plus difficiles des Pyrénées.

Parmi les cols, ceux de Riou, au-dessus de Cauterets, d'Aspin, entre Bigorre et Arreau, de Gavarnie, sur la frontière, offrent de belles vues et sont faciles à atteindre. Les cols ou ports de Clarabide et de la Pez, d'où la vue plane sur les cimes espagnoles des Posets (3367 mètres), sont plus difficiles. La Brèche de Roland (2804 mètres) est une magnifique coupure, défendue par un glacier.

Les cirques sont sublimes. On en compte trois dans le département : ceux de Gavarnie, d'Estaubé et de Troumouse. Chacun d'eux correspond à un cirque jumeau sur le versant opposé; les montagnes européennes n'ont rien de plus saisissant que ce massif, haut de plus de 3300 mètres « dont les larges assises s'élancent en tours, s'alignent en murailles, se courbent en amphithéâtres où la main des géants semble avoir appliqué l'aplomb et le cordeau », et dont les terrasses, chargées de glace et de neige, laissent tomber les plus hautes cascades de l'Europe.

Les glaciers du Vignemale et du Gabiétou méritent d'être cités, le premier pour ses crevasses, le second pour ses aiguilles de glace. A ces deux points de vue, le glacier des Gourgs-Blancs est à peine inférieur à l'un ou à l'autre.

Les lacs dignes d'une visite sont innombrables. Ceux du massif de Néouvielle sont les plus beaux et les plus nombreux; toutefois le lac de Gaube, dans lequel se mire le Vignemale, et le lac Caillaouas, qui reflète les glaces des Gourgs-Blancs, ont aussi leur beauté particulière. Au point de vue orographique, les lacs d'Estom, étagés comme des vasques superposées, ou le lac de Lourdes, formé par les rejets des anciens glaciers en dehors de la montagne, sont extrêmement curieux.

Les petites curiosités, grottes, échos, ponts naturels, etc., passent inaperçues dans un pays de hautes montagnes; cependant on peut citer le puits de Saoule, où se perd la rivière de l'Ourse, dans la vallée de Barousse, et celui de la Pindorle, près de Bagnères-de-Bigorre, dont le fond est toujours recouvert de glace. On parlait beaucoup autrefois des ponts de neige de Gavarnie, longues galeries de neige durcie sous lesquelles roule le Gave; mais depuis qu'on s'est approché des vrais glaciers, les ponts de neige sont à peu près tombés dans l'oubli.

De toutes les merveilles naturelles du département, la plus admirable est certainement la vue des montagnes depuis les plaines, et en particulier des environs de Tarbes. Illuminée par le soleil du midi, vêtue de forêts, bleuie par la distance et couronnée de neiges, la muraille des Pyrénées semble deux fois plus haute qu'elle ne l'est en réalité. (A. Joanne).

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