 |
Étienne
ou Estienne. - Célèbre famille d'imprimeurs et de
savants français, a pour chef Henri Étienne, né à
Paris
vers 1460, mort en 1521, et a surtout été illustrée
par Robert et Charles, fils de Henri, et par H. Étienne II, fils
de Robert, L'histoire des Étienne a été écrite
par Maittaire, Londres, 1709, par Renouard, 1837, et par A.-F.
Didot, 1856.
Robert Étienne,
né à Paris
en 1503, mort à Genève en 1559, fut à la fois le plus
habile imprimeur et un des plus savants hommes de son temps. Il penchait
vers la Réforme ce qui lui suscita des difficultés de la
part des théologiens; mais il fut longtemps protégé
par François I. Inquiété
à la mort de ce roi pour une traduction de la Bible ,
qu'on accusait d'infidélité, il se retira à Genève
(1552), et y embrassa ouvertement le Calvinisme .
Parmi ses éditions, on remarque sa Bible latine, 1532, in-l.,
un des chefs-d'oeuvre de la typographie; le Nouveau Testament grec ,
1550; Eusèbe, Denys
d'Halicarnasse, Dion Cassius, auteurs
dont il imprima le premier les ouvrages : parmi ses écrits originaux,
le Theraurus linquae latine; Paris, 1532, souvent réimprimé;
et un Dictionarium latin-gallicum, 1543, 2 vol. in-fol.
Robert Étienne était gendre
de Simon de Colines, habile imprimeur de Paris, et fut d'abord son associé.
Henri Étienne, fils de Robert,
né à Paris
en 1532, eut de bonne heure une vive passion pour l'étude du grec,
il parcourut l'Italie
pour y découvrir des manuscrits, suivit son père à
Genève
et y embrassa comme lui le Calvinisme ,
puis vint s'établir imprimeur à Paris. Ayant épuisé
sa fortune dans de savantes investigations à l'étranger,
il fut longtemps soutenu par un riche protecteur, Ulrich Fugger. ll employa
douze ans à préparer et à imprimer un grand Dictionnaire
de la langue grecque, qui parut sous le titre de Thesaurus graecae linguae,
Paris, 1572 (réimpr. à Londres de 1816 à 1828 en 7
v. in-f.. et à Paris par les frères Didot,
1840 et ann. suiv.); mais cet ouvrage. admirable n'ayant pas obtenu tout
le succès qu'il méritait, Henri Étienne se trouva
ruiné et fut forcé de quitter Paris. Il erra longtemps de
ville en ville, poursuivi par ses créanciers et mourut aliéné,
à l'hôpital de Lyon ,
en 1598.
Il a publié presque tous les ouvrages
grecs, prosateurs et poètes; a donné entre autres les éditions
princeps d'Anacréon (avec une
traduction en vers latins, qui est un chef-d'œuvre), d'Appien,
de Maxime de Tyr, etc., et a traduit
en latin Théocrite, Pindare,
Sextus
Empiricus, etc. Ses éditions les plus célèbres
sont : Poeteae graeci principes heroici carminis, 1556, in-fol;
Pindari et caeterorum octo Lyricorum carmina, 1560, in-24; Artis
medicae principes, 1567 2 vol. in-fol.;
Platonis opera, 1578,
3 vol. in-fol. Il a en outre rédigé un Ciceronianum Lexicum,
1557, et a laissé quelques ouvrages écrits en français,
parmi lesquels on remarque la Conformité des merveilles anciennes
avec les nouvelles ou Apologie pour Hérodale, 1556, un Traité
de le Conformité du français avec le grec, 1565,
et celui De la Précellence du langage français, 1519,
réimprimés tous deux en 1853 par Léon Feugère.
Charles Étienne, frère
de Robert, né en 1504, se fit recevoir médecin, fut précepteur
chez l'ambassadeur Baïf, puis s'établit imprimeur (1551) et
publia aussi d'excellentes éditions. Il mourut en 1564, endetté.
Outre des Dictionnaires latin et grec,
on lui doit un Dictionarium historico-geographico-poeticum, 1553,
qui jouit d'une grand vogue, et le Praedium rusticum, 1554, mis
en français par Liébault, son gendre, sous le titre de Maison
rustique, ouvrage qui devint promptement populaire.
Plusieurs autres membres de cette famille
exercèrent avec honneur leur profession à Paris
et à Genève
jusqu'à la fin du XVIIe siècle
: le dernier, Antoine Etienne, 1592-1674, imprimeur à Paris a donné
de belles éditions de S. Jérôme, 1609, de Plutarque,
1624, d'Aristote. 1629. Ruiné,
infirme et aveugle, il mourut à l'Hôtel-Dieu. |
|