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Manuce

Manuce (Alde), dit l'Ancien, ital. Manuzio Aldo Il Vecchio, lat. Manutins né de 1447 à 1449 à Bassiano, dans l'État pontifical, étudia le latin et le grec; à Rome et à Ferrare. Devenu dans cette dernière ville le précepteur du jeune Alberto Pio, plus tard prince de Carpi. il prit en son honneur le nom de Pio, et s'appela Aldo Pio Manuzio Romano. II forma ensuite avec son élève et le célèbre Pic de la Mirandole, oncle d'Alberto, le projet d'établir une imprimerie pour donner des éditions soignées des ardeurs grecs et latins. C'est à Venise, où il se rendit en 1488 ou 1489, qu'il exécuta ce projet. Il y fonda une académie critique pour présider à la correction de ses édition, et il enseignait en même temps la littérature grecque. II épousa vers 1500 la fille d'André Torresano d'Asola, possesseur aussi d'une imprimerie à Venise. La ruine de sa fortune, causée par les guerres qui désolaient alors l'Italie, ne l'empêcha pas de poursuivre jusqu'à sa mort, en 1515, l'accomplissement de la tâche littéraire qu'il s'était imposée. Ses nombreuses éditions des classiques latins, et surtout grecs se distinguent par la perfection, inconnue avant lui, de leur exécution typographique. Une ancre est la marque des éditions Aldines. Il a composé une Grammaire grecque, 1515, in-4° une Grammaire latine, 1501, in-4°, et il est aussi auteur de traduction en latin de plusieurs ouvrages grecs. Le Dictionnaire grec qui lui est généralement attribué n'est que la réimpression de celui de Crestone. 
Manuce (Paul), fils du précédent, né à Venise en 1511, eut pour tuteur son grand-père maternel, André Torresano d'Asola, qui continua à tenir l'imprimerie d'Alde, et mourut en 1529. Paul Manuce rouvrit en 1533 cette imprimerie, qui avait été fermée à la mort de son tuteur, et la dirigea, avec les deux frères et les fils d'André Torresano, jusqu'en 1540. Il tint dès lors une imprimerie avec ses frères seuls, et eut, en 1558 et 1559, la direction de celle d'une académie qui venait de se fonder à Venise. Appelé à Rome par le pape Pie IV, il établit son imprimerie au Capitole en 1561. Il quitta Rome en 1570 et voyagea jusqu'en 1572. Une pension qu'il reçut alors de Grégoire XIII le fixa à Rome, où il ne s'occupa plus que de travaux littéraires jusqu'à sa mort, en 1574. Outre les belles éditions qu'on lui doit, on a de lui des Commentaires sur Cicéron, dont il avait fait une étude toute particulière, des travaux pleins d'érudition sur les antiquités romaines et des Lettres.
Manuce (Alde), dit le Jeune, fils de Paul Manuce, né en 1547, suivit, quoique de loin, les traces de son père et de son grand-père, dirigea l'imprimerie aldine à Venise et fut professeur d'éloquence et de belles-lettres dans les écoles de la chancellerie de cette ville. Nommé en 1585 professeur d'éloquence à Bologne, il abandonna son imprimerie à Nicolas Manassi. En 1587 il accepta une chaire à Pise, et occupa en 1588 celle que la mort de Muret laissait vacante à Rome. II fut chargé en 1592, par Clément VIII, de la direction de l'imprimerie du Vatican, et mourut en 1597. Ses Commentaires sur Cicéron, qu'il a réunis à ceux de son père, sont fort estimés.
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Dictionnaire biographique
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