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Budé
(Guillaume), Budaeus, célèbre érudit né
à Paris
en 1467, mort à Paris le 22 août 1540, fils de Jean Budé,
seigneur d'Yères, de Villiers et de Marly ,
et de Catherine le Picart de Plateville. Il étudia le droit à
Orléans ,
sans grand succès, vécut plusieurs années dans la
dissipation, puis se mit avec une ardeur extraordinaire à refaire
de fond en comble son éducation. Après avoir reçu
quelques leçons du Grec Hermonyme et d'excellents conseils de Jean
Lascaris, il posséda une connaissance approfondie de la langue grecque.
En même temps, il apprenait les mathématiques
avec Jacques Lefèvre, étudiait les sciences naturelles, la
philosophie,
l'histoire, la théologie,
le droit et la médecine. Aidé par une mémoire exceptionnelle,
il acquit ainsi une vaste érudition, mais il se surmena à
tel point qu'il fut atteint d'une maladie nerveuse qui le tourmenta toute
sa vie. Déjà bien en cour sous Charles
VIII, il fut nommé par Louis XII,
secrétaire du roi, après avoir accompli heureusement une
mission à Rome à l'avènement du pape Jules II.
De nouveau ambassadeur à Rome (1515),
il plut beaucoup à Léon X qui ne se fit cependant pas faute
de le jouer, ce dont Budé s'aperçut; il réclama aussitôt
son rappel avec indignation. Revenu en France, il accompagna François
ler dans
tous ses voyages et en particulier à l'entrevue du camp du Drap
d'Or
(1520). Il profita de la faveur avec laquelle le roi l'écoutait
pour lui proposer la création du collège des Trois-Langues
(C. trilinguae), qui est devenu le Collège de France, et
fut chargé par François Ier
(15171518) d'offrir à Erasme « un
bénéfice de plus de mille livres » s'il voulait y professer.
Il échoua dans cette négociation et le collège ne
fut fondé qu'en 1530. Maître des requêtes sous François
Ier (depuis 1522), Guillaume Budé
fut en cette qualité chargé de l'enquête sur la détection
du connétable de Bourbon (1523) et joua un rôle tout de conciliation
dans le procès de Louis de Berquin qui fut brûlé comme
hérétique en 1529. Plusieurs fois prévôt des
marchands (notamment en 1530), il créa la Bibliothèque de
Fontainebleau
qui, plus tard transportée à Paris, fut l'origine de la Bibliothèque
nationale. Il porta le premier le titre de maître de la librairie
du Roy.
Guillaume Budé était lié
avec les figures les plus illustres du temps (Erasme,
avec lequel il se brouilla, Thomas Morus, P.
Bembo, Sadolet, N. Berauld, P. Amy, Rabelais,
Dolet,
etc.). Il entretenait avec eux des correspondances tantôt grecques,
tantôt latines, tantôt françaises, que se communiquaient
avec bonheur tous les lettrés. Il fut inhumé dans l'église
Saint-Nicolas-des-Champs. Il avait, par testament, refusé toute
cérémonie, ce qui, étant donnée sa tolérance
envers la Réforme, a contribué à faire supposer qu'il
s'était converti au protestantisme .
Un descendant du célèbre érudit, E. de Budé,
dans sa biographie intitulée Guillaume Budé, fondateur
du Collège de France (1888), a réfuté cette opinion.
Les ouvrages de Budé sont nombreux,
quelques-uns sont fort importants, ils ont été souvent réimprimés.
Après avoir traduit en latin plusieurs traités de Plutarque
(1502 à 1505) il donna ses Annotationes in XXIV libros Pandectarum
(Paris, 1508, in-fol.) dans lesquelles, appliquant la philologie et l'histoire
à l'intelligence du droit romain, il opérait une véritable
révolution dans les études juridiques. Il publia ensuite
: Libri V de Asse et partibus ejus (1514, in-fol.; édit.
bien meilleure, Venise ,
1522, in-4), traité des monnaies et des mesures anciennes, qui eut
un succès considérable, fut traduit en italien par Gualandi
(Florence, 1562), et dont il fit en français un abrégé
sur la demande du roi : Summaire ou Epitome du livre de Asse (Paris,
1522, in-8); De contemptu rerum fortuitarum libri tres (Paris, 1520),
dissertation philosophique et morale; De studio litterarum recte et
commode instituendo (Paris, 1527), où il recommande à
la jeunesse les fortes études littéraires;Commentarii
linquae graecae (Paris, 1529, in-fol., nouv. édit. bien meilleure,
1548, in-fol.), vaste recueil de notes lexicographiques où ont puisé
tous les auteurs de lexiques; De philologia (Paris, 1530), plaidoyer
sous forme de dialogue en faveur de la philologie et des savants. Le Roy,
sur l'ordre de Charles IX, en a traduit en 1572 un chapitre sous ce titre
: Traité de la vénerie, imprimé à Paris
en 1861, in-8; De transitu Hellenismi ad Christianismum libri tres
(Paris, 1534); De l'institution du prince (1547, in-fol.); Epistolae
(1520, in-8) recueil qui ne renferme qu'une faible partie de la volumineuse
correspondance de Budé. Les oeuvres complètes ont été
publiées pour la première fois à Bâle (1557,
4 vol. in-fol.).
De son mariage avec Roberte Le Lyeur (1503),
Budé avait eu onze enfants, sept garçons et quatre filles.
Sa veuve se convertit au protestantisme
et s'établit à Genève en 1549. Parmi les fils, on
peut citer : Dreux Budé, l'aîné, seigneur de Marly,
qui resta en France et fut avocat du roi à la cour des aides; Louis
de Budé, mort en 1552, sieur de La Motte, professeur de langues
orientales à Genève; Jean de Budé, né en 1515,
mort le 9 juillet 1587, seigneur de Vérace, bourgeois de Genève
(2 mai 1555), membre du grand conseil (1559), qui fit imprimer, avec une
préface, les leçons de Calvin sur
les douze petits prophètes (1557) et ses leçons sur le prophète
Daniel (1561). (R. S.). |
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