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La
dynastie Skjoldungienne
En référence
à Skjold, fils d'Odin ,
qui passe dans les mythes de fondation pour avoir régné le
premier sur les Danois, les plus anciens rois connus du Danemark sont appelés
Skjoldungiens ou Skjoldungs, c. à d. fils de Skjold. Quelques rois
de leur dynastie sont mentionnés et leurs moeurs décrites
dans le poème de Beowulf, composé chez les Jutes et
les Angles, qui s'étaient établis dans la Grande-Bretagne.
De façon plus générale, les sources écrites
qui deviennent plus nombreuses et surtout beaucoup plus prolixes à
partir du VIIIe
siècle donnent déjà
à connaître les habitants du futur Danemark.
Les annales et chroniques
anglo-saxonnes, irlandaises, franco-latines, arabes, grecques nous renseignent
sur les Vikings (corsaires) qui ravageaient
les cloître où elles étaient
écrites; les vieilles traditions scandinaves
recueillies au Moyen âge dans les
Eddas ,
la Heimskringla, le Landnàmabok, les Sagas ,
les Gesta Danorum de Saxo, ne sont pas toutes fabuleuses; les hagiographies
et Adam de Brême nous éclairent
sur les progrès du christianisme
au Danemark aux IXe
et Xe siècles.
Il nous reste d'ailleurs quelques inscriptions en runes plus récentes
(alphabet de seize lettres) gravées sur pierre; elles sont dans
la langue que les autres Scandinaves eux-mêmes appelaient doensk
tunga.
Dans cette période,
les Danois avaient obtenu l'hégémonie qu'ils disputaient
aux Suédois dans la période précédente. Dès
le IXe
siècle, Ragnar Lodbrok et ses fils
ou leurs compagnons, non contents de dominer dans toute la Scandinavie,
avaient porté leurs déprédations dans l'empire carolingien
et jusque dans le califat de Cordoue ,
conquis des États dans les îles britanniques et contribué
avec les Norvégiens à la fondation du duché de Normandie .
Mais leur contact avec les chrétiens n'avait pas été
sans leur faire perdre de leur originalité.
La
progression du christianisme - Quoique l'on puisse signaler, pour cette
période, de magnifiques tombeaux dans des tertres, les sépultures
sont généralement en pleine terre, comme dans les cimetières
des pays chrétiens. Au Danemark l'odinisme ( La
Religion nordique )
perdit plus tôt ses adhérents qu'en Suède et en Norvège
et nous le connaîtrions fort peu, si nous n'avions que des documents
danois à notre disposition. Vers l'an 700, saint Willibrord
avait prêché l'Evangile
au delà de l'Elbe; Ogier le Danois, l'un des preux de Charlemagne
( Le Poème d'Ogier le Danois ),
rebâtit un monastère
à Cologne; en 823, l'archevêque de Reims, Ebbo, fit
des néophytes à la cour du roi jutlandais Harald Klak, qui
vint se faire baptiser à Mayence et qui, en s'en retournant, emmena
les apôtres du Nord, saint Ansgar et Autbert (826-27). Des
évêchés furent fondés à Slesvig, à
Ribe, à Aarhus (Jutland) vers 948, à Odense
(Fionie) en 988, à Roskilde (Sélande) en 1022,
enfin à Lund (Skanie) en 1048. Gorm l'Ancien,
arrière-petit-fils de Ragnar Lodbrok, fut le dernier roi païen
du Danemark. Sa femme Thyra était chrétienne et leur fils
Harald Blaatand se fit baptiser vers 960.
Dans les guerres civiles
entre les roitelets qui se partageaient le Jutland et les îles, plusieurs
d'entre eux, comme Harald Klak, s'étaient reconnus vassaux de l'empire
franc, quoique Godfred eût tenu tête à Charlemagne
et que son neveu Hemming eût conclu avec l'empereur (811)
un traité par lequel l'Eider devait être à perpétuité
la limite entre les deux États. Dan Mykillali, c. à d. le
Magnifique, réunit le Seeland et les autres îles danoises
à la Scanie, et en forma sous le nom de Danemark un État
séparé du reste des peuples scandinaves. Gorm
le Vieux acheva, par la conquête du Jutland en 865,
de constituer la monarchie danoise, et son fils Harald Blaatand (= Harald
à la Dent bleue) étendit sa domination sur toute la Norvège
méridionale; mais, bien que sa mère eût restauré
le Danevirke, il ne put le défendre contre l'empereur Otton II,
qui en brûIa les parapets en bois et s'avança jusqu'au Limfjlord
(974).
Svend
Tveskjoeg ou Tsveskaeg (= Suénon à la Barbe fourchue),
fils de Harald, à qui il avait disputé le trône, régna
après lui non seulement en Danemark (985),
mais encore en Angleterre (1013).
Il eut pour successeur dans le premier de ces deux royaumes son fils cadet
Harald (1014),
dans le second Knud le Grand qui, à la mort de son frère
(1018),
réunit de nouveau les deux États. Il se rendit maître
d'une partie de l'Écosse et du pays vende d'entre L'Elbe et l'Oder;
il conquit aussi toute la Norvège (1027),
dont il donna le gouvernement à son neveu, Haakon Eiriksson, puis
à son fils Svend. A sa mort (1035),
un de ses fils, Harald Harefod, fut proclamé roi en Angleterre,
un autre, Hardeknud, en Danemark. Celui-ci, étant sur le point de
livrer bataille à Magnus le Bon, roi de Norvège, convint
avec lui que si l'un d'eux mourait sans enfants, l'autre lui succéderait.
C'est ce qui advint à son décès (1042);
en Angleterre où il avait remplacé son frère (1040),
il eut pour successeur l'Anglo-Saxon Édouard, et au Danemark, Magnus
le Bon. Malgré son surnom, celui-ci ne put supplanter chez ses nouveaux
sujets l'affection pour l'ancienne dynastie. Un membre de celle-ci, qu'il
avait fait jarl (= duc) du Danemark, Svend,
fils d'Estrid, soeur de Knud le Grand, se révolta à plusieurs
reprises contre Magnus qui, à sa mort (1047),
le reconnut pour son héritier au Danemark. ll eut à lutter
jusqu'en 1064
contre Harald Hardrâdé, le nouveau roi de Norvège;
ensuite contre Guillaume le Conquérant
auquel il disputa vainement l'héritage de Knud le Grand; enfin,
contre les Vendes (Slaves) dont la défaite à Lyrskov (1043)
n'avait pas arrêté les incursions.
Naissance
d'une puissance régionale
Les Esthrithides.
L'union, qui eût
été si nécessaire pour résister aux ennemis
du dehors, n'existait même pas dans la famille royale, dont tous
les mâles, parvenus à l'âge de majorité, avaient
des droits égaux comme candidats à la couronne. C'est ainsi
que cinq des nombreux fils et bâtards de Svend Estridsen montèrent
l'un après l'autre sur le trône : Harald Hein (1074-1080);
Knud le Saint qui, se préparant à envahir l'Angleterre, fut
assassiné (1086)
par des révoltés, probablement à l'instigation de
son frère et successeur, Olaf Hunger (mort en 1095);
Erik Eiegod qui succomba (1103)
dans le cours d'un pèlerinage
en Terre sainte; enfin Niels égorgé (1134)
dans une sanglante guerre civile provoquée par son fils Magnus,
roi des Vestergoetes, qui avait assassiné (1131)
le plus distingué des fils d'Erik Éiégod, Knud Lavard,
duc de Slesvig (Schleswig) et roi des Obotrites. C'est un fils de ce dernier,
Erik Emune, qui s'empara de la couronne, après avoir vaincu et fait
mettre à mort son aîné Harald Kesia avec sept de ses
fils, et qui fut lui même tué dans une assemblée près
de Ribe (1137).
Son neveu, Erik Lam, qui fut élu roi, triompha de son compétiteur,
le seul survivant des fils de Harald Kesia, Olof (Olaus) qui avait soulevé
la Skanie et qui périt en 1142
; mais, impuissant contre les Vendes, il alla mourir dans un cloître
(1147).
La guerre civile continua de plus belle entre un petit-fils de Niels, Knud,
qui fut élu par les Jutlandais du Nord; Valdemar, fils de Knud Lavard,
et le fils d'Erik Emune, Svend, qui, soutenu par la Skanie et les îles,
s'empara du Jutland méridional (plus tard duché de Slesvig)
et qui, pour s'assurer l'appui de l'empereur Frédéric Barberousse,
le reconnut pour suzerain. Ils finirent par se partager le royaume : Valdernar
(Waldemar) le Grand eut la péninsule jutlandaise, Knud V les îles
et Svend Grade les provinces skaniennes. Ce dernier fit assassiner Knud,
mais il périt peu après (1157)
dans une bataille que lui livra Valdemar.
Pendant que les princes
se querellaient, les Vendes, qui occupaient tout le littoral au Sud de
la Baltique, saccageaient le Danemark et s'attaquaient même à
des villes fortes comme Odense
et Roskilde. Les particuliers durent s'associer sous la conduite de Vetheman
pour résister aux pirates à qui ils enlevèrent plus
de quatre-vingts navires. Les affaires prirent une meilleure tournure dès
que le dernier des trois prétendants, Valdemar Ier,
eut réuni toutes les parties du Danemark. Pour ne pas être
gêné du côté de l'Allemagne, il rendit hommage
à Frédéric Barberousse (1162),
en se réservant l'exemption de tout service militaire. Il avait
assez que de faire la guerre pour son propre compte : il entreprit une
vraie croisade avec indulgences contre les corsaires vendes, dont il prit
les citadelles d'Arkona
dans l'île de Rügen (1168),
de Julin à l'embouchure de l'Oder (1177)
et de Stettin (Poméranie ).
Son intervention dans les affaires de Norvège lui valut la possession
du littoral du Sud-Est. Il eut à tenir tête à l'archevêque
de Lund, Eskil, aux prétendants Buris, petit-fils de Svend Grade,
et Magnus, fils d'Erik Lam; et à réprimer les Skaniens soulevés
contre leur archevêque, le célèbre Absalon (1181).
Son fiIs Knud VI, qu'il avait fait reconnaître pour héritier
présomptif dès 1170,
lui succéda sans difficulté en 1182.
Les Vendes de Poméranie ,
encouragés par Frédéric Barberousse dont il avait
refusé de reconnaître la suzeraineté, ayant attaqué
l'île de Rügen, il les battit (1184),
soumit la Poméranie antérieure, puis le Mecklembourg et prit
le titre de Rex Vandalorum (Vendernes Konge) qui est resté
à tous ses successeurs. II étendit la croisade jusqu'à
l'Estonie (1194-1196)
qu'il conquit et fit évangéliser. Il vainquit deux prétendants,
Harald Skraeng, petit-fils de Harald Kesia et chef d'une jacquerie skanienne,
et l'évêque de Slesvig, Magnus, fils de Knud V, soutenu par
la Norvège et par plusieurs princes allemands. Sa victoire sur ces
derniers le rendit maître du Holstein, de Hamhourg et de Lübeck.
Son frère, Valdemar II le Victorieux, qui avait largement contribué
à ces victoires, lui succéda en 1202.
Voulant profiter des troubles des pays voisins, il intervint avec peu de
succès dans les affaires de Suède; réussit mieux en
Norvège, où l'un des rois, Erling Steinvegg, lui rendit hommage
(1204);
obtint de l'empereur Frédéric II (1214)
la confirmation de ses conquêtes au Nord de l'Elbe; fit une nouvelle
croisade contre les Estoniens renégats, s'empara de l'île
d'Oesel, soumit une partie de la Prusse
(1210)
et reconquit l'Estonie (1219).
Il était ainsi maître de presque tout le rivage méridional
de la Baltique, mais cet empire éphémère reposait
sur des bases si fragiles qu'un simple accident le fit écrouler.
Après avoir été surpris à la chasse (1223),
il fut tenu en captivité pendant trois ans et ne recouvra la liberté
(1225),
qu'en renonçant à la suzeraineté sur le Holstein,
Hambourg, Lübeck, le comté de Schwerin. Il ne put prendre sa
revanche à la bataille de Bornhoeved (1227)
et il ne lui resta avec le Danemark que l'île de Rügen, une
partie du Mecklembourg et de la Prusse, et l'Estonie.
Ce n'était
pas assez de ce démembrement de l'empire, il fallut encore que Valdemar
Il lui-même morcelât le royaume. En faisant proclamer pour
héritier son fils Erik (1231),
il créa des fiefs personnels en faveur de ses autres fils; le duché
de Slesvig pour Abel; les îles de Laaland
et Falster pour Christophe; le Bleking pour Knud; le Halland pour son petit-fils
Niels. Erik Plovpenning était à peine monté sur le
trône (1241)
que les nouveaux ducs se déclarèrent indépendants.
II les fit rentrer dans l'obéissance, soumit les Skaniens révoltés
et fit une heureuse expédition en Estonie, mais il fut assassiné
en 1250.
Ses deux frères,
Abel,
qui passait pour être l'instigateur du crime, et Christophe ler,
régnèrent successivement, l'un jusqu'en 1252,
l'autre jusqu'en 1259.
Ce dernier, ayant été élu au détriment des
fils d'Abel encore mineurs, dut investir l'un d'eux du duché de
Slesvig, qui fut ainsi de nouveau séparé des domaines directs
de la couronne. Aux luttes à propos de ce fief se joignirent des
querelles religieuses avec l'archevêque de Lund, Jacob Erlandsen.
Elles n'étaient pas terminées à la mort de Christophe
Ier (1259).
Son fils, Erik Glipping, qui lui succéda sous la régence
de sa mère, l'énergique Marguerite Sprenghest, eut à
lutter contre le même prélat; contre les ducs de Rügen
(Jarimar) de Sudjutland et de Halland, deux fiefs qu'al réunit temporairement
à la couronne; contre Magnus Lagabaeti, roi de Norvège, à
propos d'une dot; enfin contre sa propre noblesse qui le fit égorger
(1286).
Sous son fils Erik Menved, les assassins bannis se coalisèrent avec
le roi de Norvège et l'archevêque de Lund, Jens Grand, qui
mit le royaume en interdit. La paix ne fut rétablie que par les
traités de Copenhague
(1309)
et de Helsingborg (1310).
Les expéditions contre les pays vendes, où il s'empara de
Rostock et Wismar, et contre la Suède, furent contrariées
par la turbulence de la noblesse, l'hostilité de l'archevêque
de Lund, Esger Juel, et de son propre frère, qui lui succéda
(1319)
sous le nom de Christophe ll. Lors de son élection, celui-ci, qui
avait pour concurrent le duc de Slesvig, Erik, dut confirmer par une capitulation
les privilèges de la noblesse et du clergé, mais il se hâta
de les violer. A la suite de ses luttes avec ses vassaux, il fut expulsé
(1326-1330)
et remplacé pendant ce temps par Valdemar III, duc de Sudjutland.
II ne recouvra la couronne qu'en aliénant la totalité de
ses possessions directes. A sa mort (1332),
le royaume était divisé entre une douzaine de grands vassaux,
dont le plus puissant, Geert, comte de Holstein, fut poignardé par
le chef des Jutlandais soulevés, Niels Ebbesen (1340).
Ce fut la fin d'un interrègne de huit ans pendant lequel Otte, l'un
des fils de Christophe II, avait tenté vainement de recouvrer le
trône paternel.
Les Jutlandais, délivrés
du joug de l'étranger, élurent pour roi l'un des fils de
Christophe II, Valdemar III, qui mérita le surnom de Restaurateur.
Il reconquit, en effet, ou racheta successivement tous les territoires
démembrés; il annexa même au Danemark (1361)
les îles suédoises d'Oeland et de Gotland, d'où le
titre de roi des Goths qu'ont porté tous ses successeurs. Il prépara
l'union dano-norvégienne en fiançant (1363)
sa fille Marguerite avec le roi Haakon ; mais, pour se procurer des ressources,
il dut vendre l'Estonie aux chevaliers
teutoniques (1346).
Il fut toute sa vie aux prises avec les princes voisins et les villes hanséatiques
qui lui imposèrent un onéreux traité de commerce (1370)
et contre ses propres sujets, fatigués par ses perpétuelles
demandes d'hommes et d'argent. A sa mort (1375),
le royaume était puissant et prospère, malgré les
pertes causées par les guerres, les révoltes et la peste
noire (1350).
Avec lui s'éteignit la descendance agnatique de Svend Estridsen.
L'union et la
désunion scandinaves.
Ce ne fut pas le
fils de la fille aînée de Valdemar, Albert le Jeune, duc de
Mecklembourg, qui fut élu pour lui succéder, mais bien celui
de Marguerite Valdemarsdatter, sa fille cadette, Oluf, qui devint aussi
roi de Norvège (1380)
à la mort de son père Haakon VI Magnusson. La régente,
Marguerite la Grande, se vit forcée de donner investiture du Sudjutland
à l'un des comtes de Holstein qui s'en étaient emparés,
à Gerhard VI, qui, le premier, prit le titre de duc de Slesvig.
A la mort de son fils (1387),
elle fut proclamée reine à vie en Norvège (1388)
et, en Danemark, régente jusqu'à l'avènement d'un
roi. Elle fit élire en Norvège (1389)
le petit-fils de sa soeur aînée, Erik de Poméranie ,
qui avait pour concurrent son grand oncle Albert de Mecklembourg, roi de
Suède. Après avoir vaincu (1389)
et retenu celui-ci en captivité pendant sept ans, elle fit élire
en Danemark (1395)
et en Suède (1396)
son petit-neveu et pupille Erik. Les trois couronnes du Nord se trouvaient
accidentellement placées sur la même tête; pour assurer
la continuation de cet état de choses, elle fit conclure par les
délégués des trois royaumes l'union de Kalmar
(1397),
qui ne fut pas troublée de son vivant.
Mais Erik, qui ne
prit les rênes de l'État qu'après elle (1412),
quoiqu'il eût été proclamé majeur dès
1400,
n'hérita pas de son habileté politique. Il ne put venir à
bout des comtes de Holstein soutenus par les villes hanséatiques
et il dut céder à Adolphe, l'un d'eux, la possession viagère
du Slesvig (1435).
Les soulèvements d'Engelbrekt (1434)
et de Charles Knutsson (1436)
lui firent perdre la couronne de Suède; il renonça à
celle de Danemark, où le Conseil lui faisait des difficultés
et il se retira dans l'île de Gotland, d'où il écuma
la Baltique pendant dix ans. Après sa déposition (1439),
son neveu Christophe III, dit aussi de Bavière, fut élu d'abord
président de l'État suédois, puis roi de Danemark
(1440),
de Suède (1441)
et de Norvège (1442).
Il dut reconnaître le comte Adolphe de Holstein comme duc héréditaire
de Slesvig et il réprima plusieurs jacqueries (1439,
1441),
mais il ne réussit pas à diminuer les privilèges des
Hanséates. Il mourut sans enfants (1448).
Les premiers des
Oldenburg.
Son plus proche
héritier était Adolphe, duc de SIesvig, qui refusa les offres
des électeurs et désigna à leurs suffrages un de ses
trois neveux, Christian d'Oldenburg, qui descendait par les femmes du roi
Erik Glipping (mort en 1286).
Christian
Ier
fut élu roi (1448)
et successivement couronné dans les trois royaumes, à Copenhague
en 1449,
à Trondheim en 1450,
à Upsala en 1457,
après la fuite de son rival Charles VIII Knutsson. A la mort de
son oncle Adolphe (1459),
qui ne laissait pas d'enfants, il n'opéra pas le retrait du fief
de Slesvig tombé en déshérence, mais il l'unit au
Holstein, afin de gagner les suffrages des électeurs de ce comté.
Il devint donc comte et duc, mais il eut à s'endetter pour désintéresser
ses cohéritiers. En Suède, le retour de Charles Knutsson
(1463)
lui fit perdre la couronne. Hors d'état de payer la dot de sa fille
Marguerite, mariée à Jacques III, roi d'Écosse, il
engagea à ce dernier les revenus des Orcades et des Shetlands (1469),
groupes d'îles qui, n'ayant jamais pu être rachetés,
furent perdus pour la Norvège.
Son fils Jean eut
bien de la peine à lui succéder quoiqu'il eût été
proclamé héritier des trois royaumes et des deux duchés
(le comté de Holstein avait été élevé
au même rang que le Slesvig en 1474).
Son élection fut pourtant confirmée en Danemark (1481),
en Norvège (1483)
; mais, par les intrigues du président Sten Sture, elle fut retardée
en Suède jusqu'en 1497,
quoiqu'il eût cédé à ce royaume l'île
d'Oeland, danoise depuis 1361.
Les duchés, ou il ne put être élu que conjointement
avec son frère Friedrich, furent partagés (1490)
en parties royale et gottorpienne ou ducale. Les deux ducs, dans l'espoir
de s'agrandir, envahirent la petite république des Ditmarches, mais
leur armée fut détruite (1500).
A cette nouvelle, les Suédois firent de nouveau défection
(1501),
les Norvégiens les imitèrent (1502)
et les villes hanséatiques attaquèrent le roi Jean (1510),
parce qu'il prétendait leur interdire tout commerce avec les révoltés.
II mourut (1513)
peu après avoir conclu la paix avec elles et avec la Suède
(1542).
Entre-temps, le Danemark, devenu un pays européen parmi d'autres,
avait suivi l'évolution culturelle du reste du continent. L'imprimerie
avait fait son irruption en 1489.
Le Moyen âge ici aussi devait céder
la place à la Renaissance.
(A19). |