 |
Triforium.
- Mot analogue à l'adjectif trifore ou trifoire qui,
au Moyen âge ,
signifiait percé à jour. On désigne ainsi une suite
d'ouvertures qui règnent à l'intérieur d'une église
entre les grandes arcades et les fenêtres
du vaisseau central. Elles correspondent aux combles en appentis
des bas-côtés avec lesquels
elles peuvent communiquer.
Le triforium est usité du XIe
au XVIe siècle et affecte toutes
sortes de dispositions : tantôt il est espacé, tantôt
rapproché et séparé par de simples colonnettes. Dans
l'école romane bourguignonne, plusieurs triforiums imitent les galeries
des portes antiques (Autun ,
Langres ,
Beaune ,
Paray-le-Monial); vers 1220, le triforium prend quelquefois un dessin semblable
à celui des fenêtres qui le
surmontent, et les colonnettes des meneaux
de celles-ci descendent jusqu'à l'appui du triforium (cathédrales
d'Amiens ,
de Beauvais ,
de Troyes ,
de Meaux ).
Bientôt le triforium et les fenêtres
ne forment plus qu'une seule claire-voie,
qu'une simple ligne divisée en deux registres, et l'on couvre les
bas-côtés de toits à deux
rampants pour pouvoir transformer le triforium en galerie vitrée
(cathédrales de Metz
et de Troyes, Saint-Sévérin de Paris ,
Saint-Jacques de Dieppe ;
au XVe, siècle, chœur du mont Saint-Michel ),
mais cet excès de légèreté fut loin d'être
partout adopté; d'élégantes églises
du XVe siècle, comme Saint-Vulfran
d'Abbeville ,
ont encore le triforium à fond plein.
Le triforium est moins fréquent
à cette époque et à la Renaissance ,
qui le ramène à des formes moins légères, voisines
de celles de l'époque romane, comme à Saint-Eustache
de Paris ,
Saint-André d'Apchon (Loire), Guingamp .
(C. Enlart). |
|