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Echiquier
(mathématiques).
- On donne le nom d'échiquiers arithmétiques
à des tableaux numériques, habituellement de forme carrée
ou rectangulaire, présentant des cases analogues à celles
d'un papier quadrillé. Dans chacune de ces cases est inscrit un
nombre qui se forme d'après une loi déterminée. Ed.
Lucas a montré le premier toute l'utilité de l'échiquier
dans un grand nombre de recherches arithmétiques, soit pour simplifier
des démonstrations de théorèmes
connus, soit pour en découvrir de nouveaux, soit pour résoudre
certains problèmes; il y a lieu surtout de citer sa théorie
des permutations figurées. Plus tard,
Delannoy imagina de faire varier la forme de l'échiquier; par la
considération d'échiquiers triangulaires, pentagonaux, hexagonaux,
il parvint à résoudre simplement des problèmes difficiles,
et notamment des questions de probabilités. Citons seulement ici
quelques exemples :
1° sur
un damier dont la largeur présente un nombre donné de cases
et dont la longueur est indéfinie, par combien de chemins différents
un pion qui ne recule jamais peut-il se rendre d'une case donnée
à une autre?
2° problème
sur la durée du jeu : Pierre et Paul jouent l'un contre l'autre
à chances égales; en entrant au jeu, chacun d'eux possède
n €, et, à chaque partie, le perdant donne 1 euro au gagnant.
Le jeu se termine dès que l'un des joueurs est ruine. Quelle est
la probabilité que le jeu se terminera après la µe
partie?
3° A et B jouent
l'un contre l'autre, avec les probabilités respectives p et q, de
sorte que p + q = 1; A possède a € et B possède b €
en entrant au jeu; à chaque partie le perdant donne 1 € au
gagnant. Quelle est la probabilité que A ruinera B avant la µe
partie?
Ces questions
ont été étudiées par des mathématiciens
de grande valeur, parmi lesquels nous pouvons citer Huyghens,
Moivre,
Laplace, Lagrange,
Ampère,
Bertrand, Bouché, Hermann Laurent, et
conduisent, par les méthodes ordinaires, à des formules extrêmement
compliquées, parfois illusoires. L'échiquier, au contraire,
donne des solutions presque immédiates et relativement simples.
L'un des exemples
les plus simples d'échiquiers arithmétiques est fourni par
la table de Pythagore; le triangle arithmétique
de Pascal, le carré arithmétique
de Fermat sont aussi des échiquiers arithmétiques.
Les questions de cette nature tiennent de près à la géométrie
des quinconces ou des tissus. Il y a lieu de mentionner aussi l'échiquier
anallagmatique de Sylvester; c'est un carré
formé de cases noires et blanches, de telle sorte que, pour deux
lignes on deux colonnes quelconques, le nombre total des variations de
couleur soit toujours égal au nombre des permanences. Ed. Lucas
a fait remarquer l'analogie qui existe entre l'échiquier anallagmatique
et les formules qui donnent la décomposition du produit de sommes
de 2n carrés. D'un échiquier
anallagmatique on peut déduire un grand nombre d'autres :
1 °
par la permutation des colonnes et des lignes;
2° par le changement
des couleurs des cases d'une ligne ou d'une colonne quelconque. (A.
Laisant).
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