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| Dictionnaire | |
| Chenille
(zoologie), Eruca, de Pline Beaucoup de chenilles sont rases et de la couleur des plantes sur lesquelles elles vivent, de sorte qu'elles échappent souvent à la vue. Leur forme varie beaucoup; la plupart sont demi-cylindriques; cependant il y en a de quadrangulaires comme celles de certains sphinx. D'autres sont courtes, ovales : quelquefois elles ont la peau tuberculeuse, garnie de pointes cornées; d'autres fois, elles sont velues, ce qui leur a fait donner le nom de hérissonnes. Les poils qui les recouvrent sont en aigrettes, en faisceaux, eu brosses et diversement colorés. Quelques chenilles vivent isolées; d'autres en société; il y en a qui fuient la lumière. La plupart se nourrissent de feuilles, et le plus souvent sur des plantes spéciales pour chaque espèce; elles sont en général très voraces. Une des phases les plus curieuses de leur existence est la mue. A mesure qu'elles se développent, les chenilles ont besoin de changer de peau, afin que leurs parties puissent être contenues dans leurs téguments. Alors l'insecte se dépouille de toutes ses parties extérieures, et il en sort comme d'un fourreau. Cette opération, qui se renouvelle quelquefois jusqu'à huit ou neuf fois, lui fait éprouver nue sorte de maladie pendant laquelle il ne mange pas; il se gonfle, sa peau éclate et il en sort par la fente qui en résulte, en abandonnant sa dépouille. La chenille est alors dans un état de mollesse qui ne cesse que par son exposition à l'air. Lorsqu'elle est couverte d'une nouvelle peau , ses couleurs sont plus fraîches et plus belles; quelquefois elle est tout à fait différente de ce qu'elle était auparavant. L'insecte est toujours très faible au sortir de chaque mue; mais bientôt il reprend des aliments, son accroissement continue, et, après avoir passé par toutes les évolutions qui lui sont propres, il arrive enfin au dernier vêtement dont il devra se dépouiller pour paraître sous une autre forme (chrysalide) et devenir après cela un insecte parfait. C'est alors que chaque espèce de chenille a recours à des procédés particuliers pour se préparer à cette métamorphose; les unes, le ver à soie par exemple, se filent des coques de soie où elles se renferment pour subir leur transformation en sûreté. D'autres s'en fabriquent de terre et de soie ou de terre seulement. Quelques-unes totalement de couleur, et même celles-ci s'effacent complètement. Celles qui portent une corne sur le derrière présentent un phénomène singulier : elle était opaque, elle devient transparente. La fécondité des insectes
est prodigieuse; aussi les dégâts que causent ces chenilles
seraient bien plus grands si les fortes gelées d'hiver, et surtout
les pluies froides du printemps, n'en faisaient pas mourir une partie.
Voici, entre autres choses, ce qu'Olivier et Latreille Les oiseaux leur font (aux chenilles) continuellement la guerre; ils en détruisent des quantités prodigieuses quand elles sont jeunes; elles sont un met, friand pour le rossignol, la fauvette, le pinson, etc. Le moineau surtout en détruit un très grand nombre pendant ses nichées. |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.