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Au partage
de leur empire romain, les îles grecques (Chypre ,
la Crète et les autres les îles de l'Archipel égéen,
ainsi que les îles ioniennes) furent comme le reste de la Grèce
attribuées à l'empire d'Orient, et se trouvèrent ensuite
placées sous la souveraineté de l'empire
byzantin. A quelques exceptions près, leurs histoires se ressemblent
: reprises aux Chrétiens par les Arabes au début du
Moyen
Âge, elles sont généralement reprises ensuite par
les Croisés, qui se les partagent
et se les distribuent faisant généralement la meilleure par
à la République de Venise ,
qui établit ses postes avancés un peu partout en Méditerranée
orientale. Après diverses péripéties, les îles
tombent entre les mains des Turcs, qui
les garderont jusqu'à que l'indépendance de la Grèce
au XIXe siècle,
lui en fasse récupérer la plupart.
Les îles de
l'Archipel furent inféodées par les Vénitiens
à des nobles qui y fondèrent de petites principautés;
la plus puissante fut celle de Marco Sanudo qui s'étendit sur Naxos ,
Paros, Antiparos, Santoun, Anaphe, Cimolos, Mélos, etc., et se proclama
duc indépendant de l'Archipel. A sa mort, son duché fut démembré
: disputées aux Vénitiens par les Génois, les îles
retombèrent en partie au pouvoir des Byzantins.
Les Vénitiens qui avaient également occupé l'Eubée
et une série de villes maritimes, Modon, Argos ,
Napoli di Romania, acquirent ensuite
Athènes
et développèrent le commerce et l'industrie. Mais c'était
surtout un empire d'îles que Venise
s'était constituée en Orient; les Vénitiens
possédèrent donc aussi les îles l'Archipel, Corfou ,
la Crète et Chypre .
La Crète fut prise aux Grecs par
les Arabes en 824.
Nicéphore
Phocas ll a reprit en 962, et l'île
resta soumise à l'empire grec jusqu'à la prise de Constantinople
par les croisés, en 1204,
où elle elle fut attribuée aux Vénitiens (elle ne
leur sera enlevée par les Turcs en qu'en 1669).
Chypre
fut prise par les Arabes, et après avoir subi diverses dominations,
elle fut elle aussi conquise par les croisés, et échoua entre
les mains des Lusignan. Enfin, Catherine
Cornaro, veuve de Jacques III et héritière des Lusignan,
la vendit aux Vénitiens en 1489.
Les Turcs s'en emparèrent en 1570. |
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Le
Crète
Convertis au christianisme
par Titus, un des
disciples de saint Paul, les Crétois parurent
un moment renoncer à leurs luttes intestines, lorsqu'ils furent
placés sous la domination romaine en 66
av. J.-C. Ce calme dura peu et l'agitation recommença surtout à
partir de l'année 395,
époque à laquelle, à la suite du partage de l'empire
romain, l'île de Crète appartint à l'Empire d'Orient.
Malgré les luttes incessantes dont il était le théâtre,
ce petit pays, avec ses excellents ports et son sol fertile, excitait la
convoitise des conquérants. Dès 673,
les Arabes vinrent ravager les côtes de l'île, et en 824,
ils s'y établirent d'une façon définitive sous la
conduite d'un certain Abou Hassan, originaire de Cordoue ,
qui s'en empara à la tête d'une flotte qu'il avait amenée
de l'Andalousie .
Vainement les Grecs cherchèrent à repousser ces envahisseurs;
les troupes envoyées par l'empereur Michel Il durent abandonner
la Crète; elle devint dès lors un repaire de pirates qui,
pendant plus d'un siècle, écumèrent la Méditerranée.
L'empereur Constantin VII essaya, à son tour, de chasser les Arabes
de ce poste maritime, mais il ne fut pas plus heureux que Michel II, et
ce fut seulement sous le règne de Romain Il que Nicéphore
Phocas réussit, en 961,
à rendre la Crète à l'empire d'Orient.
Lors de la proclamation
de l'empire latin (1204),
l'île échut en partage à Boniface, marquis de Montferrat,
mais celui-ci ne voulut point la garder et, moyennant une somme de mille
marcs et quelques parcelles de territoire, il céda tous ses droits
à la république de Venise .
Les Vénitiens ne parvinrent qu'avec peine à établir
leur autorité sur leur nouvelle possession. Aidés par les
Génois, ces ennemis héréditaires de Venise, les Crétois
luttèrent vigoureusement contre leurs nouveaux maîtres qui,
sauf peut-être de 1293
à 1332,
ne jouirent jamais paisiblement de l'île qu'ils avaient achetée.
En 1645, le sultan ottoman, Ibrahim,
sous le prétexte que les Vénitiens avaient donné asile
à la flotte des chevaliers de Malte ,
résolut de s'emparer de la Crète. Une armée de 100
000 hommes débarqua à la Canée, s'empara de cette
place, après un siège de cinquante jours, et alla ensuite
investir Candie. Cette dernière ville résista vigoureusement
aux efforts des assaillants, et ce ne fut que le 27 septembre 1669,
vingt-quatre ans après, que les Ottomans
réussirent à faire capituler les héroïques défenseurs
de Candie, malgré les secours fournis aux Vénitiens par les
principales puissances de la chrétienté. Venise céda
toute la Crète aux Turcs; elle se réserva seulement les trois
ports de Grabuse, Spina-Longa et La Sude, qui lui échappèrent
plus tard, les deux premiers en 1692,
le troisième en 1745,
Les Crétois subirent le joug des Turcs avec plus d'impatience qu'ils
n'avaient supporté celui des Vénitiens.
Les
autres îles
Les îles
ioniennes
Les îles Ioniennes ne furent complètement
assujetties à l'empire romain que par Vespasien
qui leur retira la liberté qu'on leur avait laissée. Elles
commencèrent de former un groupe et d'avoir une histoire à
la fois collective et séparée de celle des provinces continentales
à l'époque de la dissolution de l'empire
byzantin. En 1147, le roi Roger
de Sicile s'en empara; elles furent alors détachées de l'Empire
et demeurèrent au pouvoir des rois de Naples .
En 1401, Venise
leur acheta Corfou
pour 30 000 ducats; elle s'empara des autres îles qui furent régies
par ses provéditeurs et formèrent avec les forts de la cote
albanaise la province de Levante Veneto. Malgré les défauts
de ce gouvernement qui fut une exploitation des insulaires par les Italiens,
auxquels étaient réservées toutes les places, les
îles, à peu près assurées de la paix, furent
relativement prospères. En 1797,
la France les occupa dans le démembrement de l'État vénitien;
mais en 1799 les Turcs et les Russes
s'en emparèrent, et l'empereur Paul Ier,
par un traité du 21 mars 1800
avec la Porte, créa un État
libre des sept îles, autonome sous la suzeraineté ottomane.
Corfou
- Les Vandales de Geiserich, les Ostrogoths (550),
les Slaves ne firent qu'y passer à Corfou. Au XIe
siècle, les Normands (Vikings) l'occupèrent;
après la conquête opérée en 1147,
par Roger de Sicile, Corfou resta soumise aux rois de Naples. En 1386,
les Vénitiens s'en rendirent maîtres et, en 1401,
ils l'achetèrent pour 30 000 ducats au roi de Naples; ils la firent
administrer par des provéditeurs et réussirent à s'y
maintenir contre les Turcs. Ceux-ci dirigèrent
contre Corfou deux expéditions mémorables. En 1537,
ils débarquèrent 50 000 hommes dans l'île, mais ne
purent s'emparer de la forteresse; après un siège de huit
jours, ils se retirèrent. En 1716,
la place, défendue par le comte de Schulenburg, leur résistera
également. En 1797, après
l'abolition de la république vénitienne, Corfou passera aux
Français avec les autres îles Ioniennes; ce sera le chef-lieu
d'un département. Ensuite, Corfou suivra la destinée des
autres îles Ioniennes. Passée en 1815
sous le protectorat de la Grande-Bretagne elle sera rétrocédée
à la Grèce en 1864.
Céphalonie .
- Devenue pratiquement indépendante à la fin de l'Empire
romain, l'île fut donnée aux Vénitiens par Gajo en
1224,
Gajo. En 1479, les Ottomans
s'en emparèrent; Antonio la reconquit, mais fut désavoué
et les Vénitiens rendirent l'île aux Turcs; en 1500,
on la leur reprit de nouveau, et les Vénitiens la conservèrent;
cependant, en 1571, les Turcs reparurent;
en 1595, on bâtit la forteresse
d'Assos
pour servir de refuge aux habitants. Ceux-ci furent encore victimes des
tremblements de terre de 1766 et
1767.
A partir du XVIIIe
siècle, Céphalonie suivra la destinée des
îles Ioniennes, passera successivement aux mains des Français,
des Russes, des Anglais et sera réunie, en 1863,
au royaume de Grèce.
L'Archipel égéen.
Les temps qui suivirent
la perte de l'indépendance furent pour l'Archipel comme pour la
Grèce
continentale une époque de décadence complète. Quand
l'empire romain se démembra, l'Archipel resta à l'empire
d'Orient. Les Vénitiens conquirent les îles de 1185
à 1210
(surtout à partir de 1207)
et leur général Marco Sanudo prit le titre de duc de l'Archipel;
ses descendants conservèrent le titre de ducs de Naxos ;
en 1383
a maison des Crispi, dynastes de Milo
ou Mélos, les élimina. En 1566
le sultan Sélim Il déposséda
le dernier des Crispi, et donna les îles en gage à son banquier
juif Juan Miquez qui prit le titre de duc de Naxos et des Cyclades; en
1579,
elles furent annexées à l'empire
ottoman. Les Turcs les garderont jusqu'à l'insurrection
de la Grèce; encore le traité de 1830
leur laissera-t-il laissé la Crète, les îles de la
côte d'Asie et de la côte de Thrace, quoique leurs habitants
eussent combattu avec autant d'énergie que les autres Grecs pour
la cause de l'indépendance. Seules les Cyclades, l'Eubée
et les Sporades septentrionales feront partie du royaume de Grèce.
Rhodes .
- Sous Constantin, elle fut rattachée
a la province des îles et en fut le chef-lieu. En 661,
le calife Moawiyah
s'en empara, puis les Grecs la reconquirent; les Génois s'y établirent,
repoussèrent Jean Cantacuzène
(1249),
mais furent chassés par Théodore Protosebastos. Elle résistait
difficilement aux corsaires musulmans. En 1310,
les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem
(Hospitaliers), expulsés de
Palestine, s'installèrent à Rhodes, sous la direction du
grand maître Foulques de Villaret. Ils
y demeurèrent jusqu'en 1522 où, après un siège
mémorable de six mois, Soliman s'en
empara. Ils se retirèrent à Malte ,
et l'île est restée ensuite sous la domination turque.
Naxos .
- Les Vénitiens l'occupent en 1207;
Marco Sanudo y fonde le duché de la mer Égée, érigé
par l'empereur Henri (1210).
Il édifie le grand château
de Naxos, flanqué de douze tours. Ce duché, parfois appelé
Dodekanesos, reste à la famille Sanudo jusqu'en 1362, où
elle s'éteint. Jean dalle Carceri, sire de Négrepont, mari
de la fille du dernier duc, revendique le duché de Naxos, qui passe
après lui aux Crispi (1383-1566).
Le Turcs s'emparent de l'île en 1566,
et Sélim II décerne le titre ducal
au juif portugais Yousouf Nasy. Après l'affranchissement de la Grèce,
Naxos fit partie du nouveau royaume. De ses habitants, quelques centaines
sont des Latins, descendants des Vénitiens.
Lesbos
- En 1355, l'empereur Jean Paléologue
la céda au Génois Francesco Gateluzzio; les descendants de
celui-ci, portant le titre de ducs, s'y maintinrent jusqu'en 1462
où Mehmet II la conquit sur Niccolo Gateluzzio. L'insurrection de
1464, les victoires navales des Vénitiens
en 1690 et 1698
ne purent l'enlever aux Turcs.
Eubée .
- Au Moyen âge, l'Eubée prit
le nom d'Egripo (dérivé de celui de l'Euripe, le détroit
entre Chalcis
et la terre ferme) donné à la ville qui s'éleva sur
les ruines de Chalcis. En 1204, l'île
fut conquise par les croisés et
attribuée d'abord à des seigneurs lombards, mais elle passa
sous le protectorat des Vénitiens, lesquels en furent complètement
souverains à partir de 1351.
Les Occidentaux l'appelaient Négrepont. Elle fut soumise par les
Turcs en 1470.
Chypre.
Sous les empereurs
grecs, Chypre
fut gouvernée par des princes de la famille impériale. Vers
l'an 649 de notre ère, les Arabes
l'enlevèrent, aux Grecs, qui la leur reprirent ensuite. Elle était
tyrannisée par un prince de la famille Comnène,
lorsque Richard Coeur
de Lion la conquit en 1191,
en allant en Palestine. Il la vendit d'abord aux Templiers,
puis à Gui de Lusignan, dont plusieurs
successeurs furent en même temps rois de Chypre, de Jérusalem
et d'Arménie. Catherine
Cornaro qui régna de 1475
à 1489, veuve de Jacques II,
était fille d'un sénateur vénitien, et elle vendit,
en 1489, le royaume de Chypre à
la république de Venise ,
qui le posséda jusqu'en 1570-1571,
époque à laquelle il lui fut enlevé par les Ottomans. |