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Au commencement de l'année
1205,
à la suite de la prise de Constantinople
par les Croisés, Athènes ,
conquise par Boniface de Montferrat sur l'archonte grec Sgouros, devint
l'apanage d'un des chevaliers de l'armée française, Othon
de la Roche, sire de Ray, fils aîné de Pons de la Roche-sur-Ougnon,
en Franche-Comté .
Cet apanage qui comprenait les anciens territoires de l'Attique ,
de la Béotie
et de la Phocide, fut peu de temps après désigné comme
la première des hautes baronnies de la principauté
de Morée (Achaïe), sans que l'on définît bien
nettement quel était, au point de vue féodal, l'état
respectif de la baronnie athénienne et de la principauté
moréote.
Cette omission, volontaire ou non, donna
lieu dans la suite à de graves contestations entre les princes de
Morée et les ducs d'Athènes ,
qui refusèrent de leur rendre hommage. Le domaine d'Othon de la
Roche fut organisé féodalement. La population grecque ne
paraît pas avoir été réduite à une condition
inférieure; elle continua à posséder des terres et
à vivre tranquillement à côté des conquérants,
qui, tout en la soumettant à certains devoirs féodaux, ne
lui imposèrent ni leur législation ni leurs rites. Athènes,
au moment de la conquête, était le siège d'un archevêché
grec, à la tête duquel se trouvait Michel Acominatus, frère
de l'historien Nicetas. On remplaça immédiatement ce personnage
par un archevêque latin, Bérard, auquel l'antique Parthénon
servit de cathédrale ,
sous le vocable de Notre-Dame. En 1206
(27 novembre), le pape Innocent III conféra
au nouveau titulaire la même juridiction ecclésiastique qu'avait
eue son prédécesseur, et, dans une bulle datée du
mois de février 1209, il assigna
à l'archevêché les onze suffragances de Nègrepont
et de Karystos en Eubée ,
des Thermopyles ,
de Salona ,
de Mégare ,
de Daulis, de Keronia en Béotie, de Zitouni en Phthiotide, d'Aulona,
de Rhéa et des îles d'Andros ,
de Scyros, de Zéa, d'Egine et de Cithnos. Thèbes
devint également le siège d'un archevêché latin.
Les années
tranquilles.
Othon de la Roche, qui prit le titre de
grand sire ou mégaskyr, établit sa résidence à
Athènes
où il s'aménagea un palais dans les anciens propylées.
On sait peu de choses sur lui; du reste, son règne paraît
avoir été paisible. Il aida Geoffroi de Villehardouin dans
les guerres que ce seigneur eut à soutenir, dès le début
de son établissement dans le Péloponnèse ,
contre les populations grecques du pays ( La
Principauté d'Achaïe). C'est ainsi qu'il assista aux sièges
de Corinthe ,
de Nauplie et d'Argos .
Geoffroi de Villehardouin reconnut ses services en lui donnant en fief
ces deux dernières villes (1211
et 1212). En 1208
les Lombards du royaume de Salonique lui enlevèrent la ville de
Thèbes ;
mais dans une grande assemblée des barons de l'empire tenue en 1209
à Ravennique, Othon se plaignit de cette usurpation à l'empereur
latin de Constantinople ,
Henri de Hainaut, qui, aussitôt après la clôture de
l'assemblée, marcha avec lui contre Thèbes, la reprit et
la remit entre les mains de son légitime possesseur. L'empereur
se rendit ensuite à Athènes où il fut reçu
magnifiquement. Othon resta en Grècejusqu'en
1225.
A cette époque, son père étant mort, il retourna en
Bourgogne
pour recueillir son héritage. Il laissa sa seigneurie d'Athènes
à son neveu Guy de la Roche, qui depuis l'année
1211
partageait avec lui la seigneurie de la ville de Thèbes.
Le nouveau mégaskyr abandonna la
résidence d'Athènes
pour celle de Thèbes
et, en 1240, il partagea la seigneurie
de cette dernière ville avec le sire de Saint-Omer qui avait épousé
une de ses soeurs, Bonne de la Roche, veuve du roi de Salonique. De 1225
à 1256, Guy de la Roche paraît
avoir vécu très paisiblement dans sa seigneurie, car, sauf
deux expéditions auxquelles il prit part, l'une pour aider le prince
d'Achaïe à prendre la ville de Malvoisie, l'autre pour soutenir
le despote d'Epire
contre l'empereur de Nicée ,
on ne signale de lui aucun acte militaire digne de remarque. En 1256,
cependant, cette tranquillité fut sérieusement troublée.
Guy, en effet, ayant déclaré qu'il ne voulait plus rendre
hommage au prince de Morée pour les territoires qu'il possédait
en dehors du Péloponnèse ,
était entré dans une ligue qui s'était formée
à l'instigation des Vénitiens contre Guillaume de Villehardouin,
dont la grande puissance devenait un danger pour l'indépendance
des seigneuries voisines. Cette ligue se composait non seulement de la
plupart des grands barons de la Grèce
continentale, et des possesseurs des îles de la mer Égée
( Les îles
grecques au Moyen âge), mais
encore de plusieurs seigneurs moréotes, comme par exemple Guillaume
de la Roche, frère du sire d'Athènes, seigneur de Veligosti
et de Damala. La guerre éclata dès 1256
dans l'île d'Eubée où Guillaume de Villehardouin voulut
se saisir du domaine tombé en déshérence de l'un des
seigneurs tierciers. Elle s'y poursuivit les deux années suivantes,
sans que ni les troupes du prince d'Achaïe, ni les seigneurs Limiers,
secondés dès le début par les Vénitiens et
depuis l'année 1257 par le duc
d'Athènes, remportassent d'avantages décisifs. Les Moréotes
firent des incursions jusque sous les murs d'Athènes; Guy, de son
côté, envoya des corsaires infester les côtes de Morée.
La guerre des
latins.
Enfin Guillaume résolut de frapper
un grand coup et d'accabler le sire d'Athènes ,
son plus redoutable adversaire. Au printemps de 1258,
il rassembla tout ce qu'il put de troupes dans le Péloponnèse,
franchit l'isthme de Corinthe sans que l'ennemi essayât de l'en empêcher
et vint camper sur le mont Karydi à la frontière de la Béotie.
Guy, s'étant alors avancé contre lui, une bataille eut lieu;
le sire d'Athènes y fut complètement défait; obligé
de fuir, il courut s'enfermer dans Thèbes
où Villehardouin vint aussitôt l'assiéger avec une
partie de son armée, tandis que le reste allait ravager l'Attique .
Guy ne tarda pas à comprendre que toute résistance était
inutile. Il envoya l'archevêque de Thèbes avec d'autres hauts
personnages dans le camp ennemi pour implorer la paix et il obtint que
le jugement de la querelle fût soumis à la cour des barons.
Villehardouin, après avoir consenti à cesser la guerre, retourna
chez lui, et réunit aussitôt à Nikli les seigneurs
moréotes. Bientôt Guy se présenta devant l'assemblée.
Villehardouin eût voulu que, comme vassal rebelle, il frit condamné
à perdre son fier; mais les barons qui, en prononçant la
sentence qu'on leur demandait, se fussent eux-mêmes reconnus simples
vassaux du prince de Morée, refusèrent d'y souscrire et décidèrent
que le sire d'Athènes irait en France pour y soumettre l'affaire
au roi Louis IX (saint Louis). La paix fut néanmoins
définitivement signée, et Guy, ayant confié le gouvernement
de sa seigneurie à son frère cadet, Othon de la Roche, se
mit en route pour la France avec un Chevalier du prince d'Achaïe (mars
1259).
Passant par Brindisi et remontant de là
toute la péninsule italienne, il fut rendu en Franche-Comté
au commencement de l'été. Après y avoir séjourné
près d'une année il gagna Paris
où Louis IX venait, sur la prière
du pape, de convoquer les seigneurs et prélats du royaume afin de
s'entretenir avec eux des affaires d'Orient (Pentecôte 1260).
L'assemblée consultée sur le cas du sire d'Athènes
jugea qu'il était dans son droit en refusant de se considérer
comme le vassal du prince de Morée
et déclara que, s'il avait eu tort en commençant la guerre,
son tort était suffisamment expié par le pénible voyage
qu'il avait dû entreprendre. En outre, le roi, qui avait reçu
Guy avec beaucoup d'honneur, lui permit de transformer son titre de sire
en celui de duc. Guy se trouvait encore à la cour de Louis IX, lorsqu'on
reçut en France la nouvelle que le prince d'Achaïe avait été
battu et fait prisonnier par le sébastocrator Jean Paléologue,
frère de Michel Paléologue, régent de l'empire de
Nicée ;
que son propre frère
Othon s'était trouvé à
la bataille avec les chevaliers de sa seigneurie, et que l'armée
impériale avait pénétré jusqu'à Thèbes
et l'avait pillée (novembre 1259).
Les barons du Péloponnèse l'invitaient à venir se
mettre à leur tête, et lui offraient la régence de
la principauté. Il partit aussitôt pour la Grèce
où, dès son arrivée, il s'occupa des moyens de résister
à la puissance grandissante de l'empire de Nicée, qui, après
avoir absorbé toute l'Asie Mineure, la Macédoine et la Thessalie ,
menaçait Byzance. Guy réussit à faire conclure la
paix entre les Vénitiens et les Lombards d'Eubée et la principauté
d'Achaïe (1261). Mais l'accord
des Latins n'empêcha pas la chute définitive de la capitale
de l'empire franco-vénitien. Byzance, assiégée en1260
par l'armée de Michel Paléologue, et sauvée cette
fois encore grâce à l'énergie de ses défenseurs,
fut surprise l'année suivante par l'un des généraux
de l'empereur de Nicée ,
et enlevée pour toujours à la domination latine (25 juillet
1261).
Nouvelle donne.
En 1263,
Guillaume de Villehardouin obtint sa liberté de l'empereur grec
en lui livrant les villes de Monembasie, de Mains et de Misitra, et son
retour dans le Péloponnèse mit fin à la régence
du duc d'Athènes. Quand, en 1267,
la suzeraineté de la principauté
d'Achaïe passa de la maison impériale de Constantinople
à la maison d'Anjou ,
le duc d'Athènes
devint de ce fait l'arrière-vassal des rois de Naples
pour ses villes d'Argos
et de Nauplie, et même pour tout son duché, si l'on admet
la théorie que les princes d'Achaïe avaient toujours cherché
à faire prévaloir et d'après laquelle l'apanage des
la Roche n'aurait été qu'un fief de la principauté
péloponnésienne. Au moment où se produisit ce changement
dans les rapports de vassalité du duché d'Athènes,
Guy de la Roche venait de mourir (1265
ou 1266), après un règne
de quarante années, en laissant ses États à son fils
aîné, Jean de la Roche.
L'histoire du duché d'Athènes
sous le règne du duc Jean est intimement mêlée à
celle de l'empire grec de Constantinople .
On sait qu'en 1274 se termina le grand
schisme d'Orient. L'empereur Michel Paléologue consentit à
reconnaître l'autorité du pape et exigea que les ecclésiastiques
de son empire en fissent autant. Mais les populations grecques ne se laissèrent
pas aisément convaincre. Un grand parti d'opposants se forma, à
la tête duquel se plaça un bâtard de Michel Comnène,
despote d'Epire, Jean Ducas, sébastocrator de la Mégalo-Vlaquie
ou Thessalie ,
appelé par les Latins "duc de la patre" parce qu'il résidait
dans le château
de Néo-Patras en Phthiotide. Une première expédition
envoyée par l'empereur contre ce personnage ayant échoué,
Michel Paléologue en organisa une seconde 1275,
l'assiéger dans sa ville de Néo-Patras. Mais une nuit, Jean
Ducas sortit clandestinement de la place, traversa heureusement les lignes
ennemies et courut à bride abattue jusqu'à Thèbes
pour implorer l'aide du duc d'Athènes, auquel il offrit sa fille
Hélène en mariage avec une riche dot. Jean de la Roche, malade
de la goutte, refusa de se marier; mais il accepta pour son frère
puîné, Guillaume, seigneur de Livadla, la main de la jeune
princesse, qui apportait en dot les villes de Gravia, de Siderokastron
et de Zitoûni (Lamia), dans la contrée située entra
le mont Parnasse et la Thessalie. En même temps, il permit à
Jean Ducas d'emmener avec lui les chevaliers français qui seraient
disposés à l'accompagner. Il s'en présenta de trois
à quatre cents, avec lesquels le sébastocrator tomba inopinément
sur l'armée impériale qui le croyait encore enfermé
dans Néo-Patras et qui fut mise en pleine déroute.
Trois ans plus tard, en 1278,
Jean de la Roche se mit en personne à la tête d'une expédition
destinée à protéger l'Eubée contre les empiétements
de Michel Paléologue. Mais vaincu et fait prisonnier dans une bataille
livrée à l'armée impériale aux alentours de
la ville de Négrepont, il fut emmené à Constantinople .
Guillaume de la Roche prit alors le gouvernement du duché d'Athènes
au nom de son frère captif. Ce dernier fut d'ailleurs très
bien traité par Michel Paléologue, qui désirait obtenir
son alliance et le séparer surtout des deux plus dangereux rivaux
de l'empire, le despote d'Epire, Nicéphore Comnène,
et le sébastocrator de la Mégalo-Vlaquie, Jean Ducas, et
qui lui offrit sa propre fille en mariage. Mais Jean de la Roche, souffrant
toujours de la goutte, était de moins en moins disposé à
prendre femme. Il déclina donc les avances de l'empereur, obtint
sa liberté moyennant une rançon de 30 000 sous d'or, conclut
un traité avec son vainqueur, puis retourna dans ses États,
où il mourut en 1280, laissant
le duché à son frère Guillaume. Deux ans auparavant,
le 1er mai 1278,
était mort Guillaume de Villehardouin prince de Morée, qu'avait
suivi de près dans la tombe le prince Philippe de Tarente, mari
d'Isabelle de Villehardouin, qui devait succéder à Guillaume
dans la principauté d'Achaïe.
Charles d'Anjou,
père de Philippe et tuteur de la princesse Isabelle, prit alors
le titre de prince d'Achaïe et fit administrer le pays par des bailes.
L'un de ces bailes fut le duc d'Athènes ,
Guillaume de la Roche (1286-1287).
Le duché d'Athènes sous le règne du duc Guillaume
devint l'État le plus puissant elle plus prospère de toute
la Grèce. Tandis que la principauté
de Morée, amoindrie par les empiétements successifs des despotes
grecs qu'y avait établis Michel Paléologue et privée
de l'habile gouvernement des Villehardouin, tombait en décadence,
le duché d'Athènes restait intact. Une des soeurs du duc
Guillaume, Isabelle, avait épousé un des plus puissants barons
du Péloponnèse, Geoffroy de Bruyères, sire de Karitena.
Devenue veuve, elle épousa en secondes noces, vers 1280,
Hugues de Brienne, comte de Lecce, dans la Pouille.
Guillaume de la Roche étant mort
en 1287, son fils Guy II, encore en bas âge, lui succéda sous
la tutelle de la duchesse Hélène sa mère, qui ne tarda
pas à se remarier avec Hugues de Brienne, veuf d'Isabelle de la
Roche, et qui partagea alors avec son second mari la régence du
duché. Quand Florent de Hainaut devint prince de Morée par
son mariage avec Isabelle de Villehardouin (12 septembre 1289),
il voulut exiger que Hugues et Hélène lui rendissent hommage
an nom du jeune duc Guy II. Mais ceux-ci, faisant valoir de nouveau les
droits revendiqués par les premiers sires d'Athènes ,
refusèrent d'accomplir cet acte de vassalité. Ils voulaient
bien admettre la, suzeraineté de la maison d'Anjou, mais non la
souveraineté directe de Florent. Un long procès s'ensuivit,
dans lequel le roi
Charles Il d'Anjou soutint
les prétentions du prince de Morée. Au moment où Guy
Il prit à sa majorité le gouvernement du duché (1294),
la querelle était toujours pendante. Cependant en 1296 (1er
octobre), sur un ordre formel du roi de Naples, il consentit à reconnaître
la souveraineté du prince de Morée. Peu de temps auparavant
(probablement en 1294), Hugues de Brienne
était reparti pour son comté de Lecce, il mourut, le 9 août
1296,
dans un combat contre une armée sicilo-aragonnaise. Un fils, Gautier,
qu'il avait eu de son mariage avec Hélène, lui succéda
comme comte de Brienne et de Lecce. Ce Gautier devait plus tard devenir
duc d'Athènes.
A la cour de Guy.
Le duc d'Athènes
Guy II nous est très connu par les récits d'un auteur contemporain
qui eut avec lui des relations personnelles, Ramon Muntaner, dont la chronique
versifiée est l'un des monuments les plus précieux pour l'histoire
des États francs de la Grèce,
à la fin du XIIIe
et au commencement du XIVe
siècle. Muntaner dépeint avec de nombreux détails
la cour brillante et somptueuse du jeune Guy; il parle avec admiration
de son faste, du respect dont il était entouré, de sa puissance
qui dépassait celle de tous les autres soigneurs de l'empire de
Romanie où, dit-il, le duc était un des plus grands qui ne
fussent pas rois. Cette puissance s'accrut encore par les fiançailles
de Guy (1298) avec Mahaut (Mathilde),
fille de Florent de Hainaut et d'Isabelle de Villehardouin. (Le mariage
ne fut célébré qu'en 1305,
au moment où la jeune Mahaut atteignit l'âge de douze ans).
Cette union mit fin à la longue querelle entre la principauté
de Morée et le duché d'Athènes, et Guy ll ne fit aucune
difficulté pour rendre hommage an second mari d'Isabelle de Villehardouin,
Philippe de Savoie, lorsque ce Prince vint, en 1304,
prendre possession de la principauté. En 1303,
Guy Il devint régent de la Mégalo-Vlaquie ou Thessalie ,
pendant la minorité de Jean II Ducas, fils de Constantin Ducas et
petit-fils de Jean Ier Ducas, dont son
père Guillaume avait épousé la fille Hélène.
En 1308,
quand lsabelle de Villehardouin et Philippe de Savoie eurent abandonné
leurs droits sur la principauté
d'Achaïe à Philippe Ier
de Tarente, il fut nommé par ce dernier baile de Morée. Il
venait ainsi de réunir dans sa main l'autorité sur une grande
partie de la Grèce, lorsqu'il mourut
le 5 octobre 1309. Son corps, comme celui de ses prédécesseurs,
fut déposé dans le monastère
cistercien de Daphni sur la route qui va d'Athènes
à Eleusis .
Comme il ne laissait pas d'enfants, il avait, peu de temps avant sa mort,
désigné comme baile provisoire l'un de ses vassaux, Boniface
de Vérone ,
sire de Karystos et de Gardiki, en attendant l'arrivée de Gautier
de Brienne, fils de Hugues de Brienne et de la duchesse Hélène,
à qui revenait de droit le duché. Sa femme, Mahaut de Hainaut,
ne voulut pas rester on Grèce et
alla rejoindre en Occident sa mère Isabelle de Villehardouin. Gautier
de Brienne vint donc recueillir la succession de son cousin Guy II, sans
que ni les la Roche de Franche-Comté ,
ni ceux de la branche cadette, descendant de Guillaume, seigneur de Véligosti,
dont nous avons parlé plus haut, fissent rien pour lui en disputer
la possession.
Le temps des aventuriers.
Gautier prit à sa solde la compagnie
catalane, troupe d'aventuriers almogavares, qui après avoir servi
l'empereur grec de Constantinople ,
Andronic Paléologue, contre les Turcs,
s'était établie dans l'empire, où elle vivait de pillages,
et qui séjournait alors en Thessalie .
Avec l'aide de la "compagnie" ( La
Criminalité au Moyen âge) Gautier commença par
porter la guerre dans la Thessalie dont le sébastoscrator, Jean
ll Ducas, refusait d'accepter sa régence. Il s'empara d'une grande
partie de la contrée et força le jeune Ducas à se
soumettre. Mais bientôt des querelles s'élevèrent entre
les Catalans et lui parce qu'il ne payait pas régulièrement
la solde qu'il leur, avait promise, et parce qu'il les traitait avec hauteur,
si bien qu'un conflit ne tarda pas à éclater. Les Catalans
commencèrent par repousser Gautier de Thessalie en Béotie,
puis, le 15 mars 1311, ils lui livrèrent
bataille sur les bords du lac Copaïs, près de l'ancienne Orchomène.
Gautier y fut vaincu et tué avec presque tous ses chevaliers.
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Les Almogavares
Les
Almogavares étaient un corps d'élite des anciennes armées
espagnoles (et plus spécialement catalano-aragonaises). Le simple
fantassin, ou peon, pouvait s'élever au rang de capitaine, ou Almocaden,
grade qui lui était conféré par douze hommes de ce
rang à la suite d'un examen où il devait faire preuve des
quatre qualités suivantes : sagesse à la guerre, bravoure,
loyauté, légèreté à la course. L'Almocaden
qui voulait suivre la hiérarchie devait prendre du service dans
la milice des Almogavares. Ces guerriers portaient hiver et été
le même costume de peaux serrées autour de la taille, avec
un bonnet et des souliers de même matière; ils avaient pour
armes la lance, l'épée et le poignard, mais ils n'avaient
pas d'armes défensives.
Ils
combattaient généralement à pied, mais avaient le
droit de se servir du cheval de l'ennemi vaincu sur le champ de bataille.
Ils vivaient loin des villes, disent les chroniqueurs, dans les forêts
et les montagnes, ne se réunissaient qu'entre eux, étaient
généralement sombres et taciturnes, et ne sortaient de leur
réserve ordinaire que le jour du combat, regardé par eux
comme un jour de fête. Les plus braves des Almogavares pouvaient
devenir Adalides ou guides de l'armée, après un nouvel examen
où ils devaient faire preuve de quatre qualités : sagesse,
bravoure, loyauté et bon sens. L'Adalid était armé
par un rico home, et élevé sur un bouclier à la manière
des anciens chefs des Goths. (Desdevises du Dezert). |
Aussitôt les Catalans marchèrent
sur Thèbes ,
dont ils s'emparèrent et qu'ils saccagèrent. Ensuite ils
envahirent l'Attique
qui fut également dévastée. Puis ils finirent par
s'établir dans le pays; ils se saisirent de la plus grande partie
des terres et substituèrent entièrement leur domination à
celle des Français. N'ayant pas de chef reconnu, ils désignèrent,
pour administrer provisoirement leur État, avec le titre de baile,
un des chevaliers français qui avaient échappé au
désastre du lac Copaïs, Roger Deslor, originaire du Roussillon .
En même temps, ils firent demander à leur suzerain, le roi
de Sicile, Frédéric II, de leur envoyer un membre de sa famille
comme duc. Frédéric Il choisit son fils Manfred; mais comme
celui-ci n'était pas en âge de gouverner, il le garda auprès
de lui et envoya aux Catalans d'abord un baile, Béranger Estanyol,
puis, son propre bâtard, don Alphonse-Frédéric comme
représentants du duc titulaire.
La domination
catalane.
Le titre de duc d'Athènes
resta dès lors dans la maison de Sicile, d'où il passa dans
celle d'Aragon, et c'est ainsi qu'il sera porté par la suite par
les souverains de l'Espagne. Du reste, les ducs issus de cette maison ne
mirent jamais le pied en Grèce.
Ils restèrent à la cour de Sicile et firent administrer leur
duché par des vicaires. De l'Attique
et de la Béotie, les Catalans, sous le vicariat de don Alphonse-Frédéric,
étendirent bientôt leur domination sur la Thessalie
méridionale, où ils occupèrent en particulier l'importante
ville de Néo-Patras. La veuve de Gautier de Brienne, Jeanne de Châtillon,
fille de Gaucher de Châtillon, connétable de France, avait,
au moment de l'invasion catalane, réussi à s'enfuir en Italie,
puis en France, avec son fils Gautier et sa fille Isabelle. Elle restait
propriétaire des villes de Nauplie et d'Argos ,
qu'un chevalier français, Gautier de Foucherolles, administra en
son nom. Son fils, Gautier II de Brienne, fit
plus tard des tentatives pour être réintégré
dans le duché. Il rechercha dans ce but l'appui de la papauté
et il obtint que Clément V, puis Jean
XXII enjoignissent au roi d'Aragon de rappeler les Catalans, sous peine
d'excommunication (1319 et 1330).
La sentence fut même prononcée en 1332
contre les Catalans par l'archevêque de Patras, puis renouvelée
en 1335 par Jean XXII. Mais les excommuniés
ne tinrent aucun compte de ces injonctions.
Gautier, tâchait en même temps
d'intéresser à sa cause la maison d'Anjou, dont ses prédécesseurs
avaient reconnu la suzeraineté, et, pour se rapprocher d'elle, il
épousa, en 1325, une fille de
Philippe ler de Tarente. En 1331,
après avoir dirigé une heureuse expédition contre
l'Epire pour le compte du roi de Naples, il en dirigea une seconde contre
les Catalans et réussit à pénétrer dans le
duché avec une grosse armée, composée en majeure partie
de chevaliers français. Mais les Catalans, au lieu de se risquer
à lui livrer bataille, le laissèrent s'user contre les forteresses
du pays dans lesquelles ils s'étaient enfermés. Enfin Gautier,
ne pouvant entrer dans aucune place importante, se vit réduit à
la retraite et regagna l'Italie. Il ne retourna jamais en Grèce.
C'est lui qui, par deux fois, en 1326
et en 1342, fut gouverneur de Florence
pour le compte des rois de Sicile. Il mourut
le 19 septembre 1356, sur le champ
de bataille de Poitiers, où il commandait en qualité de connétable
de France. Comme il ne laissait pas d'enfants, ce fut sa soeur Isabelle,
mariée à un seigneur de Hainaut, Gautier III d'Enghien, qui
hérita de ses titres et de ses droits sur le duché d'Athènes.
Ces titres et ces droits passèrent, après la mort d'Isabelle,
au second des enfants issus de ce mariage, Sohier (mort en 1367),
puis au fils de celui-ci, Gautier (mort en 1381).
Ce Gautier n'ayant pas laissé d'enfants, un quatrième fils
d'Isabelle de Brienne et de Gautier d'Enghien, Louis d'Enghien, comte de
Conversano, recueillit avec sa succession son titre de duc d'Athènes,
et le transmit ensuite à sa fille qui, mariée à un
membre de la famille de Luxembourg, l'apporta dans dette maison.
Un sixième fils d'Isabelle de Brienne
et de Gautier d'Enghien, Guy, avait hérité de ses parents
des seigneuries d'Argos
et de Nauplie, dont la possession avait régulièrement passé
des la Roche aux Brienne, et des Brienne aux Enghien. Il alla s'établir
à Nauplie (avant 1364) et mourut
peu après l'année 1376,
en laissant une fille, Marie d'Enghien, qui se maria bientôt avec
un patricien de Venise ,
Pierre Corner (17 mai 1377). Les deux
époux résidèrent dans leurs domaines du Péloponnèse.
Les Catalans tenaient toujours l'Attique ,
la Béotie
et la Thessalie
méridionale sous l'autorité, d'ailleurs purement nominale,
de leurs ducs. A Manfred, le premier de ces ducs, dont il a été
fait mention plus haut, et qui mourut le 9 novembre 1347,
succédèrent son frère Guillaume Il (mort le 22 août
1338),
puis un second frère, Jean Il d'Aragon Randazzo (1338-1348),
Frédéric Ier, fils de Jean
II, Frédéric II, fils de Pierre II, roi de Sicile (ce dernier
plus tard roi de Sicile, sous le nom de Frédéric III), et
enfin, la fille de Frédéric Il , l'infante Marie. Quand le
royaume de Sicile passa à la maison royale d'Aragon, deux partis
se formèrent dans le duché d'Athènes ,
l'un voulant rester sous la suzeraineté de l'infante Marie, l'autre
reconnaissant l'autorité du roi d'Aragon. De violentes luttes éclatèrent,
qui contribuèrent pour une bonne part à la prompte décadence
de la domination catalane en Grèce.
Comme nous l'avons déjà dit,
les ducs titulaires de la maison de Sicile ne vinrent jamais en personne
administrer leur État. Ils en confièrent la direction à
deux officiers supérieurs : le vicaire, qui avait le gouvernement
politique et l'administration intérieure, et le maréchal
qui commandait l'armée. Plus tard, probablement en 1371,
époque de la mort du maréchal Roger de Lhuria, les deux offices
paraissent avoir été réunis entre les mains du vicaire.
Sous l'autorité du vicaire ou du maréchal se trouvait, dans
chaque ville, un viguier, un châtelain ou un capitaine, titres et
charges qui parfois étaient réunis sur un seul personnage.
Ces gouverneurs locaux jouissaient de droits et de privilèges assez
importants; ils formaient une sorte de conseil du vicaire; c'était
en présence de leur assemblée que celui-ci jurait fidélité
au duc. Ils étaient généralement nommés par
le vicaire; cependant , dans certains cas, c'était la commune ou
réunion des citoyens de chaque ville qui les désignait. En
cas de nécessité, ils pouvaient assumer le gouvernement du
duché et même élire un vicaire général.
L'office de vicaire, depuis don Alphonse-Frédéric (mort en
1338),
paraît être resté, sauf quelques interruptions, dans
la ligne bâtarde de Sicile. De
1356
à 1365, nous le voyons occupé
par un fils de don Alfonse, Jacques ou Jaime, comte de Salona
et seigneur de Lidorikion; de 1375
à 1381, il est entre les mains
d'un neveu de don Alfonse, Louis-Frédéric. Ce dernier embrassa
avec ardeur la cause de la maison d'Aragon et fit, en 1380, proclamer le
roi Pierre IV, à Thèbes ,
comme duc d'Athènes .
Il mourut en 1382.
L'Attique
et la Béotie, sous la domination catalane, n'atteignirent jamais
à la puissance et à la prospérité qu'elles
avaient eues sous les derniers ducs de la maison de la Roche. L'ardeur
guerrière des Catalans s'évanouit peu à peu; ils se
laissèrent amollir par le luxe et les habitudes d'ivresse, et s'affaiblirent
par leurs querelles intestines. Ils repoussèrent cependant par deux
fois les attaques des Turcs qui, en 1333
et en 1367, vinrent attaquer Athènes
par mer. En 1380 , ils eurent à
combattre une invasion d'aventuriers navarrais appelés en Grèce
par l'empereur titulaire de Constantinople ,
Jacques de Baux, pour soutenir ses droits sur les anciens États
français de la Grèce continentale
et de la Morée. L'Attique fut dévastée par cette bande;
les Catalans, vaincus dans une bataille, sous les murs d'Athènes,
s'enfermèrent dans l'Acropole
jusqu'à l'arrivée de secours demandés au roi d'Aragon
et grâce auxquels ils purent repousser les envahisseurs. Enfin, en
1383,
le Florentin Nerio Aceiaiuoli, seigneur de Corinthe, qui déjà,
en 1374, leur avait enlevé Mégare ;
réussit à s'emparer de toutes leurs possessions. Les restes
de leur armée se réfugièrent encore une fois dans
l'Acropole et y tinrent jusqu'en 1387.
Enfin ils durent capituler.
Venise s'en mêle.
Nerio Acciaiuoli put alors substituer
définitivement son autorité à celle des vicaires catalans;
il prit le titre, non de duc, mais de seigneur du duché d'Athènes .
L'année suivante, le 12 septembre 1388,
Marie d'Enghien, devenue veuve de Pierre Corner, vendit ses seigneuries
d'Argos
et de Nauplie à la République de Venise ,
moyennant une rente annuelle de 700 ducats d'or. Mais avant que Venise
en eût pris possession, Argos était tombée au pouvoir
du despote grec de Misitra, Théodore Paléologue (1389),
qui refusa de la rendre et que les Vénitiens n'osèrent pas
dépouiller de force. Nerio Acciaiuoli, son beau-père, l'ayant
aidé dans son entreprise contre Argos, les Vénitiens se vengèrent
en entravant de toutes façons le commerce athénien. En même
temps, le gouverneur de la Morée,
Pierre de Saint Exupéry, qui redoutait pour sa principauté
l'alliance du seigneur d'Athènes et du despote de Misitra, attira
Nerio dans un guet-apens, le retint prisonnier plus d'une année
et ne le relâcha, sur les instances de la République de Venise,
qu'après lui avoir arraché l'engagement de faire restituer
Argos aux Vénitiens, et l'avoir obligé à laisser engage
la ville de Mégare avec une forte somme d'argent, jusqu'au jour
où cette restitution serait accomplie (1389,
fin 1390). Ce fut seulement en 1394
que Théodore Paléologue se décida à rendre
Argos. Cette même année 1394,
le roi de Naples et de Hongrie, Ladislas, héritier des droits de
la maison de Tarente, conféra à Nerio le titre de duc.
La Grèce
continuait à être en butte aux attaques des Turcs.
En 1393, Nerio dut se reconnaître
tributaire de Bajazet Il ( l'Empire
ottoman d'Osman à Béyazid). Il mourut en novembre 1394
et fut enterré dans l'église Sainte-Marie d'Athènes .
Il léguait par son testament la ville d'Athènes et ses appartenances
à l'église d'Athènes et plaçait celle-ci sous
le protectorat de Venise .
Aussitôt la sérénissime République, sous prétexte
de défendre Athènes contre les Ottomans,
occupa toute l'Attique .
D'autre part, les deux gendres de Nerio, le despote d'Arta et le despote
de Misitra, s'emparèrent successivement de Corinthe. Enfin, Antonio
Acciaiuoli, fils bâtard de Nerio, qui avait reçu pour sa part
d'héritage la Béotie, et qui convoitait le reste du duché,
déclara la guerre aux Vénitiens et réussit à
les chasser d'Athènes (1402).
Il consentit toutefois à tenir l'Attique sous leur suzeraineté.
Pour éviter les agressions des Turcs, il se reconnut tributaire
du sultan. Pendant les trente-trois ans de son règne comme duc d'Athènes,
Antonio parvint à rendre au duché quelque chose de son ancien
éclat. II favorisa le commerce, les lettres, les arts; il fit construire
à Athènes de beaux monuments, et, grâce à la
protection de Venise et à l'inaction des Turcs, dont la puissance
avait été presque anéantie par Tamerlan
en 1402, il passa le reste de ses jours
dans une tranquillité relative. Se voyant sans enfants, il fit venir
de Florence
Nerio et Antonio Acciaiuoli, tous deux fils de Franco, qui, lui-même,
était fils d'un frère de Nerio Ier;
et à sa mort, il laissa le duché à l'aîné
de ces deux enfants, Nerio (1435).
Les Turcs attaquent.
Sous le règne de Nerio II, les
Turcs
recommencèrent de plus belle leurs incursions, et, bien qu'à
la suite d'uns première invasion, où ils avaient pillé
Thèbes ,
Nério se fût reconnu leur tributaire, ils vinrent de nouveau
l'attaquer parce qu'il s'était uni contre eux aux Grecs du Péloponnèse.
Nerio renouvela sa soumission, mais alors les Grecs, se considérant
comme trahis par lui, envahirent l'Attique
et assiégèrent Athènes .
Nerio II, incapable de leur résister, capitula (1444)
et promit de payer tribut au despote de Misitra, Constantin Dracosès
(devenu plus tard, en 1449, le dernier
empereur grec de Constantinople ).
Mais, furieux d'avoir été vaincu, il fit aussitôt appel
aux Turcs, qui s'empressèrent de venir à son secours avec
une formidable armée, reprirent Thèbes qu'ils lui rendirent,
et pénétrèrent dans le Péloponnèse,
qu'ils mirent à feu et à sang (1446).
A sa mort, survenue en 1454,
Nerio Il laissa le duché à son neveu Franco (fils de son
frère Antonio, qui lui-même paraît avoir porté
le titre de duc d'Athènes de 1439
à 1441 sans que l'on sache bien
à la suite de quelles circonstances), sous la tutelle de sa femme.
Celle-ci s'étant remariée avec an jeune Vénitien,
Bartolomeo Contarini, fils du gouverneur de Nauplie, partagea la régence
avec son nouvel époux qui chercha à supplanter Franco et
à se faire nommer duc titulaire par le sultan. Mais ce dernier n'y
consentit pas, et confirma la possession du duché à Franco
pour lequel il avait, dit-on, une affection tout orientale. Franco ne se
borna pas à prendre la place de la régente, sa tante, il
la fit de plus mettre à mort (1454).
Aussitôt le sultan, prenant prétexte de ce meurtre pour lui
déclarer la guerre, envoya le pacha de Thessalie, Omar, assiéger
Athènes (1456). Franco se défendit bravement dans l'Acropole,
pourtant il fut bientôt obligé de se rendre. Athènes
fut alors placée sous la domination directe de la Porte
ottomane (1458). La Béotie
avec Thèbes
resta seule à Franco. mais, en 1462,
le sultan fit tuer le malheureux duc, qu'il accusait d'avoir conspiré
contre lui, et réunit à son empire ce dernier reste du duché
d'Athènes. Des deux villes d'Argos
et de Nauplie qui avaient longtemps relevé en fief des sires et
des ducs d'Athènes ,
la première fut enlevée aux Vénitiens par les Turcs
en 1463; la seconde, après avoir
défié pendant plus d'un siècle toutes les attaques
des Musulmans ,
fut cédée volontairement à la Porte par la République
vénitienne en 1540.
(Ch. Kohler). |