| . |
| |||||||
| Widukind ou
Witikind (des deux anciens mots saxons wite kind, qui signifient
l'enfant blanc) est un des héros les plus célèbres
de l'ancienne Germanie C'est alors (vers 773) que parut un nouvel
Hermann,
ce Witikind, le seul rival qui se montra digne de Charlemagne
par sa valeur et par sa constance. Cet homme, aussi éloquent qu'intrépide,
ne cessait d'exhorter les Saxons à
la défense de leur pays. Non content de voler d'une peuplade à
une autre pour les animer toutes de son, esprit, il dirigea sa politique
vers les puissances étrangères, et parvint ainsi à
attirer les armes de l'empereur en Italie Deux ans se passèrent ensuite assez tranquillement. Mais en 776 l'amour de l'indépendance excite une nouvelle guerre, les Francs sont battus, Ehreshourg est repris. Alors l'infatigable Charlemagne revient contre les Saxons avec rapidité. Il les attaque, les défait à Siegenbourg (ville de la victoire) et les extermine à la bataille des sources de la Lippe. Ceux qui ont échappé au massacre demandent à genoux miséricorde et le baptême; et le vainqueur consent à leur laisser la vie au prix d'une abjuration; il élève des forts, s'empare des bourgades principales, désigne la ville de Paderborn pour être le lieu où se rendront les leudes, les grands du Royaume Franc, et y convoque les principaux Saxons. Tous lui promirent ce qu'il exigea. Un seul de leurs chefs refusa d'y paraître; cet homme était Witikind. Pendant que ses compatriotes s'humiliaient,
Witikind alla porter sa haine et sa douleur à la cour de Sigefroi,
roi des Danois. Cette époque
n'est que trop remarquable : ce fut cette alliance de Witikind avec le
chef de ces terribles Vikings, ce furent
ces continuelles instigations qui, pendant plus d'un siècle, les
attirèrent sur les côtes de France Mais Charlemagne s'éloigne de nouveau, et Witikind médite aussitôt des projets de délivrance. À sa voix éclate une insurrection plus générale et plus violente qu'aucune de celles qui avaient précédé. Réprimée presque aussitôt, elle est réorganisée par Wilikind. Le comte Théodoric, parent de l'empereur, marche à sa rencontre avec une armée considérable. partagée en trois corps. Le chef saxon profite habilement de cette division, et, déployant contre les Francs cette habileté qui ne pouvait être vaincue que par celle de Charlemagne, il remporte la victoire la plus complète, au pied du mont Sinthal, près du Weser (782). Charlemagne ne voulut confier qu'à lui-même le soin de sa vengeance. A son aspect, les Saxons, frappés de terreur, demandent grâce comme s'ils étaient déjà vaincus. Près de cinq mille périssent massacrés à Verden, et expient ainsi le crime d'avoir été braves à Sinthal. Cette éclatante vengeance ne fit qu'exaspérer les Saxons et les rendre plus dociles aux insinuations de Witikind, qui, abandonné de tous les siens, réduit à prendre la fuite, épiait encore le moment de rentrer dans la lice, et ne tarda pas à y reparaître. La fureur qui le transportait aveugla sa prudence : trois fois il osa livrer bataille en plaine aux troupes franques, mieux disciplinées que les siennes, et trois fois il éprouva la plus sanglante défaite. Instruit par l'expérience, il se remit sur la défensive, et profits avec habileté des montagnes et des forêts dont le théâtre de la guerre était hérissé. Après plusieurs campagnes où
le sang coula par torrents, Charlemagne,
convaincu que l'indomptable chef des Saxons ne lui laisserait que des déserts
et des ruines, prit enfin la résolution de traiter directement avec
Witikind. Il lui envoya des prélats qui vantèrent avec adresse
les douceurs de la vie civile, les charmes de la paix, et s'attachèrent
surtout à le convaincre de sainteté du christianisme.
La persuasion, à moins que ce ne soit bien plutôt la lassitude,
fit ce n'avait pu faire la force des armes : Witikind, dépouillant
toute haine, ne craignit pas de se fier à la générosité
de Charlemagne. Il se rendit auprès de ce prince à Attigny-sur-Aisne Witikind, étant retourné
en Allemagne "Sa postérité, dit Étienne Pasquier, commença de s'établir en France, et fut destinée pour la fin et clôtura de celle de Charlemagne."Selon cet auteur, Witikind II, fils du chef saxon, ayant pris au baptême le nom de Robert, fut père de Robert le Fort, bisaïeul de Hugues Capet. Tout cela semble bien fantaisiste. (S-v-s). |
| . |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||