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Tritheim
ou Trittenheim (Johann von), généralement appelé
Trithème
(Trithemius), bibliographe et historien né à Trittenheim,
près de Trèves, le 1er février
1462, mort le 13 décembre 1516, et dont le vrai nom de famille était
Heidenberg.
Il alla étudier à Trèves et à Heidelberg. Il
voyageait à pied. S'étant réfugié, pendant
une tempête de neige en hiver, au monastère
bénédictin de Sponheim ou Spanheim (1482), il y resta, s'y
fit moine l'année suivante et en devint abbé peu de temps
après (1483). Il devint plus tard abbé du monastère
de Saint-Jacques de Wurzbourg (1506), où il mourut. Il réforma
le clergé monastique, et sa sévérité le brouilla
même avec ses moines. La bibliothèque de Spanheim, qui n'avait
que 14 volumes à son arrivée, en compta plus de 2000, moitié
manuscrits et moitié imprimés. Trithème fut l'ami
de l'empereur Maximilien, du comte palatin du Rhin et de plusieurs autres
grands seigneurs. Il savait le grec, qu'il apprit de Conrad Celtes, et
l'hébreu.
Les principaux ouvrages historiques de
Trithème sont le Chronicon Hirsaugiense et le Chronicon
Sponheimense. Il paraît avoir utilisé plusieurs auteurs
perdus, comme Hunibald, annaliste mérovingien ,
et Méginfred, auteur du IXe siècle.
II composa plusieurs recueils biobibliographiques, le Liber scriptorum
ecclesiasticorum (963 notices) et le Catalogus illustrium virorum
Germaniae (303 personnages).
Il a laissé une curieuse correspondance
(Epistolae familiares), une sorte d'autobiographie littéraire
sur ses propres études (Nepiachus), un éloge des scribes
monastiques (De laude scriptorum manualium), petit traité
où il consigne ses idées comme bibliothécaire et bibliogapbe
et qui est d'autant plus intéressant qu'il s'était fait lui-même
copiste de manuscrits latins et grecs.
Trithème est l'auteur d'une cryptographie
qui fut très célèbre (Polygraphia, 1518, rééditée,
tantôt sous ce titre et tantôt sous celui de Steganographia,
en 1534, 1550, 1564, 1571,1600, 1606, 1613, etc.), constituée par
384 alphabets composés chacun de 24 mots, correspondant à
chacune des lettres de l'alphabet. Les mots de chaque alphabet avaient
à peu près le même sens (Deus, creator, conditor,
opifex, etc.; - clemens, clementissimus, pius, piissimus, etc.),
de sorte qu'en en prenant un dans chaque alphabet, on formait une phrase
ayant un sens apparent. Pour trouver le sens secret, il suffisait de prendre
les lettres correspondant à chaque mot, exemple : la phrase conditor
(mot correspondant à c dans le premier alphabet) clemens
(a dans le 2e alphabet) discernens
mundana signifiait cave (Bibliot. nation. Rés. V. 704).
Elle fut traduite en français par Gabriel de Collange. (Paris, 1564
et 1625, in-4).
Trithème a encore composé
un grand nombre d'ouvrages de théologie
(commentaire sur la règle bénédictine, recueil des
miracles de la Vierge ,
traités sur la réforme des monastères, consultations
ou Quaestiones adressées à l'empereur Maximilien,
etc.). (E.-D. Grand).
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Anciennes
éditions - Des éditions
collectives des oeuvres de Trithème (moins les traités de
cryptographie) ont été publiées par Marquard Freher
(Opera historia; Francfort, 1604, in-fol.) et par J. Dusaeus (Opera
spiritualia; Mayence, 1605, in-fol.).
Les
anciennes éditions des ouvrages de Trithème sont énumérées
dans les répertoires bibliographiques de Brunet. (Manuel du libraire.
t. V, 1864, col.960-61 et supplém., t. II,1880, col. 806-807) et
de Hain (Repertorium bibliographicum, t. Il,2e part., 1888, pp.
426-31 et supplém.
de
Copinger; W.-E. Heidel, Johannes Trithemii Steganographia vindicata;
Mayence, 1676, in-4, et Nuremberg, 1721, in-4; E.-G. Vogel, Die Bibliothek
der Benedictiner-Abtei Sponheim, dans le Serapeum, ann. 1842,
pp. 312-328; du même, Corporations-Bibdiolheken, Leipzig 1840,p.204,in-8;
Wattenbach, Deutschlands Gesehichtsquellen, 1894, t. II, p. 491,
6e éd. (sur l'authenticité des sources historiques utilisées
par Trithème).
En
bibliothèque - Ph.-F. Horn,
Johannes
Trithemius, Abt des normaligen Klosters Sakt-Jacob in Würzburg,
Wurzbourg, 1843, in-8.; A. Paul, De fontibus a Trithemio in prima parte
Chronici Hirsaugiensis adhibitis, Halle, 1867, in-8; Silbernagel,
Johannes Trithemius, eine Monographie, Landshut, 1868 et 1885, 2e éd.,
in-8; A. Ruland, art. dans Theologisches Literaturblatt; Bonn, ann.
1868, n° 21 et 22, trad. en français par C.-U.-J. Chevalier,
Etude
sur l'abbé Trithème (compte rendu analytique et critique
de l'ouvraee précédent); W. Schneegans, Abt Johannee Trithemius
und Kloster Spanheim, Kreuznach, 1882; |
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