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Catalogue
(du grec katalégô = je choisis, je décompte,
j'enregistre), liste méthodique, état plus ou moins explicatif
des livres ou objets composant une bibliothèque, un cabinet, une
galerie, un musée.
Les
catalogues astronomiques.
Un catalogue astronomique était
autrefois un ouvrage ou, comme cela est devenu la règle, une base
de données consignée sur un support numérique, dans
lequel sont recensées, en fonctions de leurs caractéristiques
(coordonnées ,
magnitude ,
classe spectrale ,
etc.) toutes sortes d'astres. On utilise un catalogue pour identifier un
objet céleste ou pour établir des statistiques, par exemple.
Catalogue
d'étoiles - Table des positions des étoiles
par longitude
et latitude ,
ou ascension droite
et déclinaison .
Le plus ancien des catalogues est celui qui fut construit par Hipparque,
130 ans avant J. C., à l 'occasion de l'apparition subite d'une
nouvelle étoile et qui nous a été transmis par Ptolémée
dans son Almageste. Il comprend 1022 étoiles ou à
peu près le quart de celles que l'on voit à l'oeil nu. C'est
aussi l'apparition d'une étoile brillante dans Cassiopée
qui détermina Tycho Brahé à
entreprendre un catalogue. En 1712 parut l'Historia coelestis de
Flamsteed,
qui renferme les positions de 2919 étoiles. Ce catalogue a été
la base de tous les calculs et de toutes les théories des astronomes
jusqu'au temps où
Lemonnier et Lacaille
entreprirent de donner de nouveaux catalogues pour l'année 1750.
Ce dernier observateur a donné à lui seul les positions de
9 700 étoiles australes, jusqu'à la septième magnitude
inclusivement, qu'il observa en moins de dix mois au cap de Bonne Espérance
en 1751.
Vers
le même temps (1750-1702), Bradley déterminait
à Greenwich, avec une précision qu'on n'a pas encore dépassée,
les positions d'un certain nombre d'étoiles dites fondamentales,
dont Bessel a fait connaître toute l'importance
et qui ont été l'objet d'une discussion approfondie de la
part de Leverrier, dans les Annales de l'Observatoire
de Paris .
Il existe aussi des catalogues de nébuleuses ,
d'étoiles doubles, de comètes .
Parmi les catalogues
les plus connus, du fait de leur caractère historique, et dont il
est fait mention à diverses reprises dans ce site, on citera le
catalogue de Ptolémée, qui rapporte les positions de 1025
étoiles, et les catalogues de Messier et NGC (New general catalogue),
établi par Dreyer, qui répertorient
en vrac un nombre relativement restreint des nébuleuses ,
des galaxies
et des amas stellaires .
Enfin on doit citer
les catalogues de Tobie Mayer, de Cagnoli, de Piazzi,
de Zach, de Groombridge,
d'Argelander, d'Airy,
de Rumker, de Harding,
etc. Mais l'un des plus importants est l'Histoire céleste française,
de Jérôme de Lalande, fondée
sur les observations faites de 1789 à 1800 par le Français
de Lalande et Burckhardt. Ce grand travail,
revu avec soin en Angleterre par F. Baily, contient
47 390 étoiles jusqu'à la neuvième grandeur inclusivement
: il a servi à construire le bel atlas céleste de Harding.
(E. R.).
Les
catalogues d'oeuvres d'arts.
En matière
de beaux-arts, un catalogue est une liste, énumération, classification
alphabétique ou par écoles, des oeuvres d'art faisant partie
d'un musée ou d'une collection privée, ou des oeuvres réunies
pour une exposition publique ou une vente. Catalogue raisonné
est un terme adopté par la critique à la fin du XIXe
siècle, pour signifier qu'à l'inventaire des ouvrages, est
jointe une description détaillée, accompagnée d'explications
ou d'un commentaire. A l'origine, avant les catalogues tels que nous les
connaissons aujourd'hui, nous rencontrons les inventaires manuscrits, où
étaient portés les objets appartenant à une association
ou à une personne. Le premier catalogue qui ait été
imprimé en France date de 1611, et a paru à Paris
sous ce titre :
Discours
et roole des médailles et autres antiquitez, tant en pierreries,
graveures, qu'en bas-reliefs et autres pierres naturelles admirables, plusieurs
figures et statues de bronze antiques, avec autres statues de terres cuites
à l'égyptienne et plusieurs rares antiquitez qui ont été
recueillies et à présent rangées dans le cabinet du
sieur Antoine Agard, maître orfèvre et antiquaire de la ville
d'Arles ,
en Provence.
Une autre collection
de la province nous est révélée par une brochure :
Indice
du cabinet de Samuel Veyrel, apoticaire à Xaintes, avec un recueil
de quelques antiquitez de Xaintes, et observations sur diverses médailles
(Bordeaux, in-4).
L'abbé de Marolles,
qui avait rassemblé cent vingt-trois mille quatre cents pièces
dans une collection d'estampes achetée par le Cabinet du roi, en
a donné le catalogue, en employant ce mot lui-même, en tête
de la notice qu'il a publiée en 1666. Les catalogues de cabinets
de médailles, de tableaux, d'objets rares se succèdent en
assez grand nombre, en Hollande, à partir de la seconde moitié
du XVIIe siècle. On vendait des
collections d'amateurs à Amsterdam ou à la Haye; on mettait
aussi déjà quelquefois en vente les esquisses et les tableaux
qui étaient restés dans l'atelier de certains artistes après
leur mort. Il en était de même à Anvers
et à Bruxelles. Nous pouvons retrouver les catalogues de la galerie
du marquis de Saint-Philippe, ambassadeur du roi d'Espagne, et des tableaux
ayant appartenu au bourgmestre Six, célèbre par le portrait
de
Rembrandt. En France, nous avons sous la
Régence le catalogue des tableaux flamands du duc d'Orléans
La collection du Régent est décrite par Dubois de Saint-Gelais.
Les ventes deviennent plus fréquentes c'est le cabinet du chevalier
de la Roque, celui de Crozat, celui de Coypel,
celui de Julienne, dont les oeuvres sont offertes aux curieux. Les catalogues
sont rédigés avec soin; quelques-uns sont de véritables
volumes qui renferment des biographies, des appréciations et des
documents critiques. Nous devons à Gersaint. qui a décrit
la collection Quentin de Lorangere, une excellente notice sur Watteau;
Gersaint, Pierre Remy, Mariette, Basan, nous donnent dans leurs catalogues
des renseignements précieux que les érudits, les auteurs
de monographies artistiques relèvent avec fruit aujourd'hui.
Catalogues d'expositions.
Livrets. Une autre sorte de catalogues a pris naissance vers la fin
du XVIIe siècle, à propos
des expositions de l'Académie de peinture et de sculpture. La première
avait eu lieu en 1667; en 1673, l'Académie trouva utile de faire
publier une « Liste des ouvrages exposés ». Cette publication
fut abandonnée, et reprise seulement en 1699; ensuite, survient
une nouvelle interruption; ces livrets reparaissent à partir de
1737, et se suivent régulièrement tous les deux ans, avec
les expositions, jusqu'à la Révolution. Grâce à
Anatole de Montaiglon et J. Guitlrey, ces livrets d'anciennes expositions
ont été réimprimés à la fin du XIXe
siècle.
Catalogues des
musées. L'établissement des musées, l'installation
de leurs collections sous la forme qui devait les rendre accessibles à
tous, datent en France d'un décret rendu par l'Assemblée
nationale constituante. Avant cette organisation, des recueils spéciaux,
des publications choisies avaient fait connaître au public, d'une
manière générale, les richesses d'art qui appartenaient
à la couronne. On avait d'abord eu le répertoire de Bailly,
garde des tableaux du roi. Lépicié, peintre et écrivain,
secrétaire perpétuel et historiographe de l'Académie
de peinture, fut chargé de décrire les tableaux du Cabinet
du roi, et il en publia, en 1751-1731, le «-catalogue
raisonné » qui parut en deux vol. in-4. Les descriptions des
peintures sont précédées de notices abrégées
sur la vie de chaque peintre, notices où Lépicié s'est
surtout inspiré de Félibien et
de Vasari. Quelques
catalogues ont été publiés, vers la fin du XVIIIe
siècle, en Italie; mentionnons, entre autres, celui du musée
du Vatican
et de la galerie de Mantoue .
En Allemagne, on avait catalogué les tableaux de la galerie électorale
de Dresde ,
ceux de S. A. Palatine à Manheim, ceux de la galerie de Vienne.
La Convention fit procéder à l'inventaire des richesses d'art
qui devenaient propriété nationale, à Paris
aussi bien qu'en province. Les archives départementales possèdent
la plupart de ces relevés, dressés par des commissaires envoyés
à cet effet dans les principales villes françaises. Le musée
qui fut ouvert au Louvre
reçut le nom de Muséum français. Le catalogue des
objets placés dans ses galeries fut dressé en 1793, catalogue
très succinct. La Convention avait aussi décrété
la fondation du Musée des monuments français, établi
dans l'ancien couvent des petits-augustins. Alexandre Lenoir en eut la
direction; il publia une description historique et chronologique des monuments
de sculpture réunis dans ce musée qui devait être provisoire.
On étudia, sous le Consulat et l'Empire, des notices et des catalogues
des oeuvres d'art que Napoléon s'était fait céder
à la suite de ses victoires. Les notices du « Musée
royal du Louvre » se succèdent en 1816, 1823, 1835, 1836,
etc. Puis sont venus des catalogues raisonnés, donnant les renseignements
relatifs aux artistes et à leurs ouvrages, la description et l'histoire
de ces oeuvres, etc
Les catalogues de
vente ont atteint une grande perfection typographique; ils ont été
illustrés d'eaux-fortes et de gravures; ils ont été
précédés de préfaces dues à la plume
de critiques autorisés. A la fin du XIXe
siècle, il s'agit en particulier de Paul de Saint-Victor ,
Philippe Burty, Charles Blanc, etc. Les grandes collections ont été
ainsi étudiées avant leur dispersion; on a ainsi conservé
le souvenir des galeries Pourtalès, de Morny, Salamanca, Demidov,
Delessert, Laurent-Richard, John Wilson. Secrétan
et de tant d'autres. Une création nouvelle a été celle
des catalogues illustrés, pour les expositions rétrospectives
et pour les Salons. Dès le début, cette innovation a obtenu
la faveur du public. L'illustration, accomplie en général
d'après des dessins fournis par les artistes, à l'aide des
procédés de photogravure, était hâtive, inégale
et imparfaite, mais elle était documentaire et conservait une idée
générale des tableaux qu'on avait vus. Ces catalogues ont
été importés en France en 1879; ils étaient
empruntés à l'Angleterre, où ils avaient été
imaginés par une société d'artistes, à propos
d'une exposition. (A. Valabrègue).
Littérature
grecque.
Les grammairiens
anciens donnèrent le nom de catalogue à l'énumération
des troupes achéennes, dans le deuxième livre de l'Iliade .
Ausone,
dans une analyse de ce livre, dit : Sequitur enumeratio copiarum viritim,
ut per catalogi se iem milites, naves, duces, patriae referantur. Ce
morceau est précédé d'une invocation particulière
aux Muses
(v. 484) et a été intitulé katalogos neôn
(=
Catalogue des navires) ou Boôtia parce que l'énumération
commence par les guerriers boétiens: il est suivi du recensement
beaucoup plus court des forces troyennes (v. 816-877). L'authenticité
de ce morceau est fortement contestée. Les oeuvres attribuées
à Hésiode renfermaient une composition
du même genre, sur les mères des héros. On l'a appelé
Katalogoï
gynaikôn ( = les Catalogues des femmes) ou encore 'Hoïai
megalaï , à cause de l'expression (è oïa
= ou telle que) servant de transition. Nous n'en possédons que des
fragments. Ce morceau semble avoir fait suite à la Théogonie ;
il est certain cependant qu'il n'a pas été réellement
écrit par Hésiode. Les catalogues furent de règle
naturellement dans la poésie épique .
C'est ainsi que Virgile énumère
les forces de Turnus, et place en tête de ce développement
une invocation à la muse, par imitation d'Homère
(Enéide ,
VII, 641-817). L'imitateur servile de Virgile, Silius
Italicus, ne pouvait manquer d'avoir son catalogue
(III, 222), etc. (A. Waltz).
Les
catalogues de bibliothèques.
Le catalogue bibliographique exige deux
opérations essentielles : l'analyse de chaque livre en particulier,
et le classement des livres. On procède à la première
opération à l'aide de bulletins séparés; de
même format et facilement maniables. On y inscrit en tête le
numéro provisoirement assigné au volume qu'il s'agit de décrire,
puis au-dessous, et sur des lignes distinctes :
1°
le nom de l'auteur;
2°
le titre, avec le nom de l'éditeur ou de l'annotateur;
3°
le nombre de volumes;
4°
le format et le nombre de pages;
5°
le nom de la ville, du libraire ou de l'imprimeur;
6°
la date;
7°
la lettre de la classe à laquelle l'ouvrage appartient.
Une place est réservée en bas
pour le numéro d'ordre définitif. Il faut apporter beaucoup
de soin dans la transcription du nom et des prénoms de l'auteur.
Quand le titre de l'ouvrage ne fournit pas ce renseignement, on examine
les préfaces, les dédicaces, les notes; on recherche si le
nom mis en avant ne serait pas un pseudonyme, comment doit être traduit
dans la langue naturelle un nom latinisé ou approprié à
la prononciation d'une langue étrangère. Il n'est pas nécessaire
de conserver au nom de l'auteur une longue énumération de
titres honorifiques, généralement insignifiante : toutefois,
on ne doit pas tout rejeter sans précaution, quelques-unes de ces
qualifications pouvant servir à faire distinguer des homonymes.
Il faut distinguer le volume du tome, car
un ouvrage en plusieurs tomes peut être relié en un seul volume.
On remarque, pour la détermination
du format, que ce n'est pas la grandeur du papier qui fait le format, mais
bien le nombre de plis que porte une feuille : l'in-f° est plié
en deux feuillets, l'in-4° en quatre, l'in-8° en huit. Quand le
format parait douteux, il faut recourir aux signatures et aux réclames,
et, pour les anciens imprimés où on ne les rencontre pas,
aux pontuseaux.
Il est important, pour abréger l'analyse
des titres, pour économiser le temps et la place, de connaître
les abréviations généralement employées en
bibliographie; voici les principales : a., anno ou année; app. appendice;
b., basane; br., broché; cart., cartonné; ch. m., charta
magna; d. s. t., doré sur tranche; d. d. t., double de tubis; d.-r.,
demi-reliure; éd., édition; fig., figures; gr., grand; pot.,
gothique; grav., gravures; ms., manuscrit; pap. papier; r., relié;
r. m., relié en maroquin; supp., supplément; t., tome; tab.,
table; v., vol., volume; v., voyez;. v., veau; v. f., veau fauve; v. j.,
veau jaspé; vél., vélin. Les bulletins dressés,
il n'y aura qu'à les classer pour avoir un catalogue de la bibliothèque;
et, quand on aura donné à l'ensemble de la rédaction
la perfection désirable, il sera temps alors de les transcrire sur
un livre relié. Mais, même après cette transcription,
les bulletins devront être conservés; maintes fois on sera
obligé d'y avoir recours, et d'ailleurs ils pourront servir de base
à de nouvelles classifications.
Il y a deux sortes de classification des
livres, et, par conséquent, deux sortes de catalogues : le catalogue
systématique, et le catalogue alphabétique. Dans le premier,
les livres sont inscrits suivant un système scientifique et d'après
le sujet dont ils traitent. Pour le second, on n'a point égard au
contenu des livres; ils sont classés alphabétiquement d'après
le nom de l'auteur ou le premier substantif du titre. On ne doit avoir
égard ni à l'article ni à l'adjectif. Un ouvrage sans
nom d'auteur intitulé la Nouvelle Géographie se classera
à la lettre G. Mais il y a exception pour les ouvrages qui ont pour
titre une phrase, comme cela a lieu souvent dans les romans et les pièces
de théâtre. Le catalogue alphabétique est le plus commode
quand on connaît le nom d'un auteur ou le titre exact d'un livre.
Mais cependant comme un catalogue est surtout utile dans une grande bibliothèque,
telle qu'une bibliothèque publique, où des gens studieux
viennent souvent chercher quels ouvrages peuvent exister sur une matière
qu'ils étudient, dans ce cas, le catalogue méthodique peut
seul leur être d'un véritable secours. (C.
de Beaurepaire, 1877).
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En
bibliothèque - Georges Duplessis,
les
Ventes de tableaux, dessins, estampes et objets d'art, aux XVIIe et XVIIIe
siècles (1600-1800), essai de bibliographie. - Ch. Blanc,
Trésor de l'Art et de la curiosité. - Clément
de Ris, les Musées de province. - Du même, les Amateurs
d'autrefois. - Frédéric Villot, Notice des tableaux
exposés dans les galeries du musée du Louvre, introduction
et bibliographie. - Ph. de Chennevières, Notice des peintures,
sculptures et dessins, etc., exposés dans les galeries du musée
impérial du Louvre, 1864. - Lettre au comte de Nieuwerkerke
et bibliographie. - Bonaffe, les Amateurs français au XIIe
siècle. - Le Courrier de l'Art, 1886-1887-1888.
Montlinot,
Essai
sur un projet de catalogue de bibliothèque (dans le
Journal
encyclopédique, sept. 1760). - Renouard, Catalogue de la
bibliothèque d'un amateur, 1819, 4 vol. in-8°. - Aimé
Martin, Plan d'une bibliothèque universelle, 1837, in-8°.
- L.-A. Constantin, Bibliothéconomie, Instructions sur l'arrangement,
la conservation et l'administration des bibliothèques, Paris,
4839, in-42.
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