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le passage de Vénus devant le Soleil |
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Première partie : Le voyage Le
trajet jusqu'à Tobolsk
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La
géographie
Arrière-plans |

Aperçu |
Le dernier
passage de la planète Vénus sur le disque solaire a eu lieu
cette année, le 8 juin 2004. L'événement a attiré
tous les curieux du ciel, mais n'a pas eu l'importance qu'ont
eu dans les siècles passé les précédents
passages L'abbé Chappe d'Auteroche parcourut huit cents lieues en traîneau pour se rendre de Saint-Pétersbourg à Tobolsk, et dans ce rapide voyage, qui dura douze jours environ, pas une heure ne s'écoula sans que le voyageur n'éprouvât les craintes les plus sérieuses sur le sort des instruments de précision qui devaient servir à l'accomplissement de sa mission scientifique. Il arriva néanmoins heureusement en temps utile, grâce à son initiative et à son énergie. Les autorités russes, plus tard très hostiles, lui furent à ce début favorables, et son observatoire s'éleva bientôt sur une colline voisine de la cité. Ses instruments furent déballés avec un soin méticuleux; ils se dressèrent bientôt dans un bâtiment convenablement installé, grâce à l'horloger qui l'accompagnait, et ses travaux commencèrent. Le jour dit, les
autorités ecclésiastiques et militaires de la province furent
invitées par l'académicien à assister à ses
observations; des tentes bien closes avaient été préparées
pour les recevoir. L'inconstance du climat de la Sibérie lui faisait
redouter l'échec jusqu'au dernier instant. Le ciel lui fut finalement
favorable, et l'astronome pu revenir en France, via Pétersbourg
sans encombre. On peut contester aujourd'hui (et la critique moderne n'a
pas manqué de le faire) l'exactitude des observations de l'abbé
Chappe; mais il reste l'essentiel : le tableau que Chappe nous brosse de
cette Russie du XVIIIe siècle Le récit de l'expédition fut publié six ans environ après son retour en France sous le titre : Voyage en Sibérie fait en 1761, contenant les mœurs et usages des Russes, la géographie, l'histoire naturelle, les observations astronomiques de ces contrées, etc. Paris, 1768, 3 vol. in-4°, fig et cartes. Le premier volume était consacré au voyage proprement dit, le second reprenait une description du Kamtschatka traduite du russe de Krascheninnikof, complétée d'informations (de seconde main) recueillies par Chappe sur la Sibérie orientale, et le troisième rapportait les résultats scientifiques de l'expédition. Cet ouvrage, traduit en plusieurs langues, fut abrégé et publié à Amsterdam, l'année suivante, en 4 vol. in-12.). Sa lecture dont la fastidieuse intégralité n'intéresserait aujourd'hui que des spécialistes, aussi n'en proposons-nous ici également qu'une version, qui reprend en partie le texte de Chappe lui-même, mais aussi les travaux faits par Deleyre puis La Harpe, qui ne sont le plus souvent que de la paraphrase, mais au moins par cela même donnent, nous semble-t-il, une image fidèle du récit original. On trouvera donc
bien ce qu'il fit voir, en son temps, à l'Europe, ce que les tsars,
et désormais Catherine II, cachaient
au monde, et l'on pourrait peut-être ajouter à elle-même
( Pour réfuter
le livre de Chappe, Catherine II fit publier un ouvrage très curieux
dont bien peu de personnes connaissent aujourd'hui l'existence, mais dont
quelques éditions peuvent encore se trouver. Ce livre, d'une critique
acerbe, écrit en français, porte au titre : Antidote ou
examen du mauvais livre superbement imprimé, intitulé : Voyage
en Sibérie en 1761, par Chappe d'Auteroche, Paris (Amsterdam),
1768, 2 vol. in-8. II fut reproduit de nouveau en 1771 et 1772. Le titre,
on le voit, suffit pour faire comprendre dans quel esprit de lutte acrimonieuse
il fut composé. On y lit beaucoup de mauvaise foi, mais aussi quelques
vérités. De fait, Chappe n'était pas au-dessus de
toute critique. Certes, il stigmatise avec raison la manière dont
la Russie est maintenue par le régime inique des tsars sous la botte
du servage, mais ne prive pas, lui de traiter à coups de poings
ses propres domestiques. Quant aux savant de Russie, à l'en croire
ils sont inexistants! Lui, l'esprit finalement bien médiocre, qui
singe si bien l'esprit des Lumières, plus qu'il ne s'y inscrit en
vérité, ne voit dans les Russes que des imitateurs sans génie.
Il est sans doute exact que la politique de modernisation de son pays par
Pierre
Ier
avait consisté s'inspirer largement des les technologies disponibles
en Occident ( Quoi qu'il en soit,
l'abbé Chappe, on en a la preuve, ne s'émut pas outre mesure
des reproches qu'on lui faisait. L'état du ciel l'occupait ordinairement
beaucoup plus que la situation politique de la Terre. Un an après
que son livre eut paru, le phénomène céleste qu'il
était allé observer en Sibérie devait se renouveler,
et la Californie
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.