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Les
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| Chappe
d'Auteroche (l'abbé Jean). - Cet astronome, oncle des frères
Ignace et Claude Chappe (ci-dessous), était né à Mauriac En 1752, il traduisit
en français la première partie (tables solaires et lunaires)
des Tabulae: astronomicae ![]() En 1759, l'Académie
des sciences l'élut membre (adjoint) en remplacement de Lalande,
devenu associé ordinaire, et, l'année suivante, le désigna
pour aller observer en Sibérie le passage A divers instants du passage, il a vu ainsi autour de Vénus un croissant lumineux gui occupait environ un tiers de la circonférence, et qui, se voyait même à la partie de Vénus qui était hors du disque du Soleil. Il donne les mesures des diamètres avec des lunettes de 5, 10 et 15 pieds garnis de micromètres à fils. Il trouve 31' 37", 5 pour le Soleil et environ 60" pour Vénus. Maraldi trouvait 57",1, Lalande 57",8, le cardinal de Luynes 55",4 et Pingré 55",2. Chappe attribuera au croissant lumineux, qui avait pris successivement, des positions diverses, la différence de 57," 33" â 61" 12' qu'il trouvait dans ses différentes mesures du diamètre de Vénus; il cherchera à défendre cette explication que Le Monnier lui contestera. De retour à Paris en août 1762, il écrivit son Voyage eu Sibérie, avec la description du Kamtschatka traduite du russe de Krascheninnikof (Paris, 1768, 3 vol. in-4 et atlas; édit. abrégée : Amsterdam, 1769-70, 4 vol, in-12), relation intéressante, contenant un petit nombre de renseignements scientifiques et beaucoup de détails sur ce que l'auteur a vu ou entendu dire des moeurs et du gouvernement de la Russie. Le peu de ménagement qu'il avait montré en disant tout ce qu'il savait on croyait savoir des moeurs et du gouvernement, ne fut pas très agréable à l'impératrice Catherine II, qui en fit même publier une réfutation sous le titre d'Antidote ou Examen du mauvais livre intitulé: Voyage..., etc. (Saint-Pétersbourg, 1770-71, 2 vol. in-8; Amsterdam, 1771-72, ib.). Ouvrage assez inconsidérément attribué à la tsarine elle-même et à André Schouvalov, mais peut-être due, d'après Lalande, à la collaboration de la princesse Dachkov et du sculpteur Falconet. Le 8 juin 1769 devait avoir lieu un nouveau passage de Vénus sur le Soleil. Chappe fut cette fois envoyé au cap San Lucar, en Californie mexicaine, et put encore observer heureusement les contacts de la planète et de l'astre depuis San José. Mais, malgré toute l'attention que Chappe apporta, il ne put apercevoir aucun vestige du croissant lumineux qu'il avait vu dans le passage de 1761; à l'entrée totale de Vénus, au premier contact intérieur, il vit très bien un point noir dont le bord de Vénus parut s'allonger comme si c'était une matière molle collée au bord du Soleil et qui ne s'en détachât qu'avec peine. Au contact intérieur de la sortie, il vit mieux encore ce phénomène ["goutte noire"], qui avait déjà été remarqué en 1761. Une maladie, épidémique régnait
à San José; on conseillait à Chappe de partir, immédiatement
après son observation. Il voulut rester pour observer l'éclipse Le seul survivant
de la mission, Pauli (ou Pauly), ingénieur-géographe, apporta
soigneusement les registres des observations qui avaient été
faites pendant près de deux mois et il les remit à Cassini
de Thury, qui en donna un extrait dans les Mémoires de
1770,
sous le titre; Voyage en Californie..., etc. (Paris,
1772, in-4); Lalande, dans le même
volume de 1770, a mis un mémoire où il donne le calcul et
la réduction des observations de Chappe en Californie, et par un
milieu entre plusieurs comparaisons dont les résultats ne diffèrent
que de quelques centièmes de seconde; il a trouvé une parallaxe
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| Chappe (Ignace Urbain Jean), ingénieur, neveu du précédent, né en 1760 à Brûlon (Sarthe) et non à Rouen, mort à Paris le 26 janvier 1829. Il fit son droit, fut employé dans l'administration des finances, où son père était directeur général des domaines royaux, perdit sa place à la Révolution et fut élu, en 1792, député de la Sarthe à l'Assemblée législative. II prit une grande part à l'invention du télégraphe, fut adjoint à son frère Claude (ci-dessous) pour la construction et la direction des lignes télégraphiques, puis nommé administrateur des télégraphes (1805-1823). | ||||
| Chappe (l'abbé
Claude), ingénieur, frère du précédent, né
à Brûlon (Sarthe) en 1763, mort à Paris le 23 janvier
1805. Il se voua à la prêtrise, fut pourvu tout jeune de deux
bénéfices assez lucratifs et put ainsi s'adonner librement
à ses études favorites, la mécanique et la physique.
Venu à Paris, il s'y monta un cabinet et attira de bonne heure l'attention
du monde savant par une série de recherches sur l'électricité
et le pouvoir des pointes; on lui doit l'expérience des bulles de
savon électrisées et remplies d'hydrogène, reproduisant
par leur détonation au contact de l'air le phénomène
de la foudre En 1789, il perdit ses bénéfices, retourna dans son pays natal et y retrouva son frère aîné Ignace, et ses trois cadets, Pierre-François, René et Abraham. II leur fit bientôt connaître (1790) son idée de transmission rapide et régulière des ordres du gouvernement au moyen de signaux et sollicita leur concours pour la réalisation pratique de ce projet. Tous cinq se mirent à l'oeuvre, sous la direction de Claude; plusieurs systèmes de communication optique furent tour à tour imaginés, essayés et abandonnés; des expériences, contrariées par la malveillance, eurent lieu à Paris en 1791 et 1792. Enfin, un appareil, que Claude appela d'abord tachygraphe, puis télégraphe, fut soumis, en 1792, à l'Assemblée législative. L'année suivante, les frères Chappe furent autorisés à construire entre Paris et Lille une première ligne, terminée en août 1794. La Convention conféra à Claude reçut de le titre d'ingénieur télégraphe. On ne tarda pas naturellement à lui contester la priorité de son invention et à en discuter la valeur. Des compétitions nombreuses se produisirent. Mais le gouvernement conserva aux Chappe la construction de toutes les lignes télégraphiques et la direction de ce nouveau service public. Cependant Claude, affecté par les attaques incessantes dont il était l'objet, tomba dans une mélancolie profonde et se jeta, dit-on, dans un puits. Ignace et Pierre, qui lui avaient été adjoints dès 1793, lui succédèrent comme administrateurs des lignes télégraphiques et furent remplacés à leur tour, en 1823, par René et Abraham, destitués eux-mêmes par le gouvernement de Juillet 1830. Claude Chappe n'a évidemment pas eu la première idée des signaux; usités de tout temps, surtout par les marins, leur emploi régulier comme mode de correspondance avait même déjà préoccupé divers savants. Mais les Chappe ont su, les premiers, établir des lignes télégraphiques au moyen desquelles on put transmettre toutes sortes d'idées à de longues distances et avec célérité. Grâce à un vocabulaire numéroté de neuf mille mots, leur appareil n'exigeait, en effet, pour chaque mot qu'un maximum de quatre signes au début, de deux ensuite, et leurs stations, établies à deux ou trois lieues les unes des autres, pouvaient transmettre en quelques minutes une dépêche de Paris à Lyon. (Léon Sagnet).
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.