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Lomonossov (Mikhaïl-Vassilievitch),
philologue, poète et savant né à Denisovkaïa,
près de Kolmogory (gouv. d'Arkhangelsk en Russie ),
en 1711, mort à Saint-Pétersbourg le 4 avril 1765. Fils d'un
pêcheur dont il partagea dès son enfance les rudes travaux,
il apprit à lire et à écrire durant les longues veillées
d'hiver, s'intéressa beaucoup à la grammaire slave, qu'il
sut bientôt par coeur, mais fut surtout ravi par une traduction des
Psaumes
de David
et résolut de se rendre à Moscou,
où il avait entendu dire qu'on enseignait à faire des vers.
En 1730, il s'enfuit secrètement de la maison paternelle, gagna
la grande cité en se cachant dans un convoi de poissons, se fit
admettre dans une école claustrale et, au bout de quatre ans, fut
envoyé à l'Académie de Kiev,
puis à celle de Saint-Pétersbourg.
Il se rendit ensuite en Allemagne (1737),
étudia les mathématiques et la chimie à Marbourg,
l'art des mines à Freiberg, tomba malheureusement, au cours d'une
excursion minéralogique dans le Brunswick, entre les mains d'enrôleurs
prussiens et fut incorporé de force dans un régiment. Il
ne parvint à s'échapper qu'au prix de mille dangers, rentra
par la Hollande à Saint-Pétersbourg (1744) et fut nommé
aussitôt membre adjoint de l'Académie des sciences et directeur
de son cabinet de minéralogie. Il devint par la suite professeur
de chimie (1745), membre titulaire de l'Académie (1751), directeur
du gymnase et de l'université (1760), conseiller d'État (1764).
Catherine II
lui fit des funérailles magnifiques, et son corps fut inhumé
dans l'église Saint-Alexandre-Nevsky, où Voronzov lui a fait
construire un tombeau. Un autre monument lui a été élevé
à Arkhangelsk en 1838.
Il a eu parmi ses contemporains la réputation
d'un illustre savant, et Euler a parlé dans
les termes les plus enthousiastes de ses travaux sur la physique, la chimie,
la minéralogie et la métallurgie. Mais il a été
plus admiré encore comme écrivain. Le « père
de la littérature
russe moderne », comme on l'a surnommé, a réalisé
une véritable évolution de la langue russe, qu'il a à
la fois polie et considérablement enrichie. Ses célèbres
poésies comprennent : deux volumes d'odes, parmi lesquelles on remarque
surtout ses Méditations du soir et du matin sur la grandeur de
Dieu, qui ont été traduites en français, un poème
épique en deux chants sur Pierre Ier,
la
Petriade, deux tragédies dans le genre français,
des hymnes religieux, des cantiques, des chants profanes, etc. On lui doit
en outre une Histoire de la Russie
(Paris, 1768, in-8; trad. fr., Dijon, 1769); une Chronologie russe,
une bonne grammaire russe, traduite en allemand (Leipzig, 1764), toutes
de grande valeur; un Cours de rhétorique, etc. Quant à
ses dissertations scientifiques, elles ont paru dans les Commentarii
de l'Académie de Saint-Pétersbourg.
(L.
S.).
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En
bibliothèque - Une édition
de ses oeuvres a été donnée par Smirdine (Saint-Pétersbourg,
1847, 3 vol.).
Les
meilleures biographies de M.-V. Lomonossov ont été données
par Biliarsky; Saint-Pétersbourg, 1865, et par Pekarsky dans son
Histoire
de l'Acad. des Sc. de Saint-Pétersbourg; Saint-Pétersbourg,
1873, 2 vol.
V. aussi celles écrites par l'amiral Schichkov, par Polevoï,
et les diverses histoires de la littérature russe.
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