 |
Tobol'sk
ou
Tobolsk. - Ville de Russie, construite dans une boucle de l'Irtych,
au confluent du Tobol, Tobolsk ou Tobol'sk; 98 000 habitants. Tobolsk est
une des plus anciennes villes de Sibérie ,
a été fondée, en 1587, par un groupe de 500 Cosaques,
venant de Tioumen ,
sous la conduite d'un nommé Daniel Tchoulkov. L'ostrog (campement
des Cosaques), établi d'abord sur le bord du Tobol, dut être
transféré, à la suite d'inondations, sur l'emplacement
actuel de la ville, dont le nom initial de Sibir devint Tobol'sk,
et qui se développa assez rapidement, grâce à sa position
sur un grand cours d'eau et à son importance administrative, ayant
été érigée, en 1686, en chef-lieu de toute
la Sibérie. Les nouvelles divisions de l'Asie russe et le transfert,
en 1824, à Omsk, de l'administration de la Sibérie occidentale,
firent perdre à Tobol'sk une grande part de ses avantages; seule,
l'ouverture de la navigation en été, continuera d'apporter
à la ville une certaine animation. A partir du XVIIIe
siècle, l'industrie y fut exercée par les bannis (briqueterie,
savonnerie, distillerie, etc.). La ville comptait alors 15 000 habitants.
Presque
tous russes ou naturalisés, écrivait Chappe
d'Auteroche ( Voyage
en Sibérie). On trouve aussi beaucoup de Tartares
[ Les Turks ]
mahométans
parmi ces derniers, mais la plupart de ceux-ci demeurent hors de la ville.
Chappe
poursuivait en décrivant l'administration de la ville, puis en venait
à une description sommaire :
La
ville de Tobolsk présente à la distance d'un quart de lieue
un bel aspect par sa situation, et à cause d'une multitude de petits
clochers ,
la plupart couverts de cuivre jaune. mais cette beauté disparaît
en entrant dans la ville : les maisons sont toutes de bois, et mal bâties;
le gouvernement, la chancellerie, l'archevêché, la maison
de ville, et une espèce de citadelle, sont les seuls bâtiments
où l'on a employé la brique et quelques pierres.
On
peut à peine passer dans les rues de la ville, à cause de
la quantité de boue qu'on y trouve, même dans la ville haute,
excepté une partie de l'été. Pour remédier
à cet inconvénient, on a fait des chemins avec du bois dans
quelques rues, ainsi que cela se pratique dans toute la Russie : mais ils
sont si mal entretenus à Tobolsk, qu'on ne peut guère sortir
qu'en voiture.
Voici, en complément,
la description de Toboslk et de sa région faite par Lorenz
Lange lors de son passage quelques décennies plus tôt
:
Tobol,
capitale de la Sibérie
est située sur une haute montagne. Elle a été depuis
peu entourée d'une forte muraille de pierre, dans l'enceinte de
laquelle il y a un beau monastère
et une église, outre plusieurs autres
qui sont en dehors, qui lui donnent de loin un aspect charmant. L'Irtich
passe au pied de cette montagne, il a sa source du coté du Midi
dans le pays des Kalmouks [ Les
Mongols ],
et coule à travers une terre marécageuse, ce qui rend son
eau si bourbeuse que quand on en laisse quelque temps dans un vase, il
reste un sédiment au fond.
Il
y a le long de cette rivière, au bas de la montagne, une belle et
grande bourgade, dont la plus grande partie des habitants sont Cosaques,
et où il arrive des incendies presque tous les ans. A trois verstes
[1 verst = 1,067 km)] de cette ville le Tobol
se jette dans l'Irtich, qui prend ensuite son cours ver l'Occident, et
le Nord-Ouest, et se décharge enfin dans l'Oby (Ob). On prend dans
l'Irtich des sterlets, des brochets, des esturgeons, et d'autres poissons
parmi lesquels les sterlets peuvent passer pour les meilleurs, quoiqu'ils
soient infiniment au-dessous de ceux qu'on pêche dans l'Oby, le Keth
et la Jeniscey (Ienisseï). (Lange, Voyage à la Chine,
1737).
Les
remparts de Tobolsk sont toujours là...
(Source
: Small Towns in Russia).
|
|