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pour le passage de Vénus sur le Soleil |
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| Chappe d'Auteroche | ||
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Le phénomène
de l'électricité a jeté la plus vive lumière
dans la science de la nature. Sans doute il était aisé de
voir que la Terre« J'étais persuadé, dit-il, que les nuages orageux étaient toujours enveloppés d'une matière électrique, et qu'ils étaient des conducteurs d'où partaient ces éclats de foudre qui, après avoir traversé les airs, portent l'effroi et le désordre sur la surface du globe [...]. Je reconnus et m'assurai bientôt, dans presque toutes mes observations, que l'inflammation s'était faite à. la surface de la terre; d'où la foudre s'élevait, au lieu de se précipiter des nuages. Presque tous les physiciens sont maintenant également convaincus de cette vérité. »La physique détermine la distance de l'endroit où est l'observateur à l'endroit d'où, part l'éclair par l'intervalle du temps compris entre l'éclair et le bruit, en supposant qu'une seconde répond à cent soixante-treize toises. Chappe a fait des observations en Lorraine et en Sibérie. - |
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| Mais,
comme celles-ci sont les plus récentes, et presque les seules de
ce genre qu'on ait faites en ce pays étranger aux sciences et aux
savants, elles appartiennent doublement à l'histoire des voyages,
qui n'a souvent rien de plus curieux et de plus nouveau, que de présenter
dans des pays éloignés les phénomènes de la
Nature que chacun retrouve dans son pays.
L'auteur avait élevé en plein air une barre de fer suivant la méthode ordinaire, dans le dessein de déterminer l'étendue de l'atmosphère, électrique des nuages, et les rapports des degrés d'électricité, analogues aux différentes distances où se trouvait la barre électrique par rapport au nuage d'où paraissait, sortir l'inflammation. Le 11 juin 1761,
le ciel était serein; cependant tout semblait annoncer un orage.
On respirait à peine, quoique la thermomètre ne fût
qu'à 18 degrés: Un nuage sombre parut vers midi à
l'horizon À midi, quarante-sept minutes, on voyait deux grosses gerbes d'électricité aux deux extrémités de la barre, malgré la pluie, qui commençait à tomber. Ces gerbes étaient, de la plus grande vivacité; et les étincelles en partaient de toutes parts, avec un pétillement qu'on aurait pu entendre de beaucoup plus loin. L'observateur était, occupé de ces différents phénomènes qui avaient répandu la terreur dans tous les assistants, lorsqu'à midi-quarante-huit minutes deux secondes, la barre et cette partie de l'observatoire s'enflammèrent subitement, et ce phénomène fut suivi d'un éclat de tonnerre si prompt et si violent, que tous ces gens, dit l'abbé Chappe, se culbutèrent les uns sur les autres en voulant se sauver.
Une expérience de Chappe sur l'électricité naturelle : "tous ces gens se culbutèrent les uns sur les autres en voulant se sauver". L'instant d'après, la flamme disparut, et la barre ne donnait plus que de faibles signes d'électricité. Le vent, d'abord d'Est, tourna au Nord, puis au Nord-Ouest, et le nuage disparut au Sud-Ouest. Cet orage, dit-il, parcourut 70 degrés dans l'espace de trente-sept minutes. Le 12 juin, à deux heures trente-quatre minutes après midi, la barre donna de faibles marques d'électricité. Le ciel était couvert, sans éclairs, sans tonnerre. A trente six minutes, il plût un peu. A quarante-deux minutes, l'électricité cessa avec la pluie. A quarante-huit minutes, la pluie recommença. L'électricité augmenta et diminua alternativement jusqu'à cinquante-cinq minutes, que la pluie cessa. On tirait des étincelles, en présentant le doigt à huit lignes du conducteur. « La pluie recommença à trois heures, et l'électricité diminua jusq'à trois heures, sept minutes, qu'elle cessa totalement. La nue orageuse était à l'Ouest, ainsi que le vent; le thermomètre à 14 degrés, et le baromètre à vingt-quatre pouces, deux lignes. »L'académicien ne put observer, le reste du mois, d'autre orage que celui du 28. Mais il n'eut pas dans cet orage la plus petite marque d'électricité. Il y eut encore plusieurs orages en juillet, mais sans aucune marque d'électricité, dans leurs cas non plus. « Le 9 juillet, à midi, commença un orage à l'est de TobolskEnfin, pour ne rien omettre d'utile et d'important dans l'ouvrage de Chappe, ajoutons aux expériences qu'il a faites sur l'électricité un mot de ses observations sur le baromètre et la boussole. La plus grande hauteur du baromètre à Tobolsk Le thermomètre qui, comme on l'a vu, descend en hiver à plus de 60 degrés au-dessous de la congélation, est monté, le 19 juillet, dans la plus grande chaleur de l'été, à 26 degrés 3/4 au dessus de la congélation. C'est donc une différence de plus de 80 degrés entre les limites du froid et celles du chaud. A Tobolsk, l'auteur a vu les grains poindre au 15 juin, s'élever à dix pouces le 25, sans être à leur maturité vers la fin d'août. Quant à la boussole, Chappe dit qu'à Tobolsk, il l'a vue décliner de 3 degrés 45 minutes 58 secondes vers l'orient. En 1720, dit-il, elle n'avait point de déclinaison, si l'on en croit Strahlenberg. Chappe dit qu'elle varie de 12 minutes et demie par an vers l'orient, tandis que sa variation est à Paris de 10 minutes par an vers le couchant.
Encore une expérience sur l'électricité naturelle... |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.