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pour le passage de Vénus sur le Soleil |
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| Chappe d'Auteroche | ||
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Chappe,
à l'exemple des savants qui parcourent la Terre -
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| Les
mines d'aimant
La Sibérie a de l'aimant dont la mine est très riche. On la trouve en différents endroits des monts Poïas [un autre nom de l'Oural]. A dix lieues de la route qui mène de Ekatherinbourg à Solikamskaia, est la montagne Galazinski. Elle a plus de vingt toises de hauteur. La mine est au bas, distribuée en couches qui sont séparées par des lits de terre. Le sommet de la montagne est un rocher d'aimant. Il est d'un brun couleur de fer, dur et compacte, et il fait feu au briquet comme la pierre. Quand il est torréfié, il perd sa vertu d'attirer la limaille de fer, à moins qu'elle ne soit répandue sur un aimant cru; torréfié et pilé, sa poudre est attirée par l'aimant ordinaire, comme de la limaille de fer. Il y a de l'aimant moins parfait, mêlé de terre quelquefois cuivreuse. Cette mine ne donne que quarante-trois pour cent. A vingt lieues de Solikamskaia, on trouve un aimant cubique et verdâtre. Les cubes en sont d'un brillant vif. Quand on le pulvérise, il se décompose en paillettes brillantes, couleur de fer, et en poussière verdâtre. Le fer paraît minéralisé dans cet aimant par l'arsenic. On ne trouve l'aimant que dans la chaîne de montagnes dont la direction est du Sud au Nord. Les
mines de fer
« On trouve presque toujours ces mines dans les montagnes basses, et sur les bords des ruisseaux. »Elles sont à trois pieds sous terre; elles ont vingt-quatre à trente pieds de profondeur. La partie inférieure est au niveau des rivières. La hauteur moyenne de ces mines de fer est de deux cent vingt-huit toises au-dessus du niveau de la mer. On n'en trouve que rarement dans les montagnes plus élevées, et dans le milieu de la chaîne des monts Poïas. « Toutes ces mines sont calcinées à l'air libre, avant de les mettre dans les fourneaux. On forme des tas de deux pieds d'épaisseur sur des bûchers, qu'on a disposés dans des endroits secs. Les morceaux de mine n'ont communément que trois ou quatre pouces environ, de diamètre. »Ces mines produisent du fer d'une qualité particulière, soit doux, soit aigre et cassant. Celles dont le fer est aigre et cassant sont les plus riches : on mêle plusieurs mines de fer en combinant celles qui sont douces et liantes avec celles qui sont aigres et cassantes. « Le fer qui résulte de cette combinaison est parfait, et supérieur, pour, certains ouvrages, à celui de Suède et d'Espagne. »Ce fer est tenace et flexible à froid et à chaud. Si on le frappe avec la partie aiguë d'un marteau, on y fait une coche comme dans du plomb. Le grain en est si fin, qu'on le distingue avec peine à la vue. « Je pris un jour, dit Chappe, une barre de quinze pieds de long sur trois pouces de large, et sept lignes d'épaisseur; l'ayant placée entre deux branches d'un arbre, je tournai aisément cette barre autour de l'arbre; je la retournai ensuite avec la, même, facilité, sans, qu'il se fit dans les coudes aucune fente, ni gerçure. J'en ai rapporté des échantillons; la bonté de ce fer a étonné nos ouvriers. Il n'est pas assez connu en France. »On le vend aux Anglais, qui en font le principal commerce. Ils l'embarquent à Pétersbourg, où on le transporte en hiver sur des traîneaux, et dans l'été sur des rivières. Il coûte à l'entrepreneur douze sous le poude, de trente-trois livres, poids de France. On le vend cinquante sous sur les lieux; et il en vaut trente de plus à Pétersbourg. Pour avoir cent poudes de fer, on use une mesure de charbon de six pieds sept pouces de hauteur, sur autant de longueur, et quatre pieds cinq pouces de largeur. Quelques-unes de ces forges coûtent 10 000 F de dépenses, et tout frais payés valent 20 000 F au propriétaire de la mine : ainsi la Russie produit du fer et des soldats. Il est aisé de voir ce qu'on en doit attendre avec le temps. Quand un peuple maritime de l'Europe lui aura ouvert, pour porter la guerre en Orient, le chemin de la Méditerranée, où s'arrêtera-telle? Les
mines de cuivre
« Tout semble annoncer une dissolution de ce métal, dont les parties ont été charriées et déposées dans cette marne [...]. Elle contient si peu de cuivre, qu'on ne l'exploite point.-»Chappe parle de plusieurs sortes de marnes et de pierres calcaires qui contiennent plus ou moins de cuivre. Il y en a dans vingt endroits. On trouve encore du cuivre dans du sable pur, sans presque aucun mélange de terre calcaire. Le métal y est par couches. Les mines de cuivre contiennent de la malachite sous la forme des stalactites et des stalagmites. Celle de Sibérie est très belle, aisée à polir, propre à toutes sortes de bijoux. Elle doit son origine à du cuivre qui a, été dans un état de dissolution, estime Chappe, qui en compte de neuf sortes. Aux environs de Solikamskaïa « La matière cuivreuse y est quelquefois cristallisée en petites cellules, semblables à celles d'une ruche à miel [...]. Le cuivre paraît uni dans ces cristaux à la marne pure. »Au Sud d'Ekaterinbourg « Elle est dure, compacte, pesante. On y reconnaît une terre calcaire, du sable et du cuivre. La matière métallique la colore par couches. Deux de ces couches sont d'un bleu d'azur brillant et clair; celle du milieu est d'un vert pâle. »Au Nord de Souxon, se trouve une mine de cuivre minéralisé dans le sable et dans le bois. « On reconnaît le cuivre à de grandes taches d'un beau vert, couleur de pré. Le bois est noir, il ressemble à du charbon, dont les parties sont unies par des matières grasses. »Le cuivre est cristallisé dans ce végétal en petites cellules cubiques; et ces cristallisations peuvent être regardées comme vitreuses. Cette mine est composée de sable, de bois et de cuivre. Les mines des environ de Souxon fournissent encore du cuivre minéralisé dans le bois. « On reconnaît dans l'échantillon que j'ai apporté, qu'il a appartenu à un arbre qui avait un pied au moins de diamètre. L'intérieur est réduit presque en charbon très friable. On y trouve des cristallisations, mais elles ne sont que parmi les filaments du bois, qui a perdu totalement sa nature.»Les mines de cuivre de Souxon s'étendent dans ses environs. jusqu'à trente lieues. Elles sont ordinairement vers la moitié, de la hauteur des montagnes. Leur profondeur est de 78 pieds environ. Ces mines sont d'un produit médiocre. Les plus riches ne donnent que, quatre pour cent, et les autres beaucoup moins. « Les mines de cuivre connues dans les monts Riphées ne sont jamais par filons. On les trouve dans les montagnes basses, ou de nouvelle formation [...]. Il paraît d'abord que le cuivre a été mis en dissolution; et qu'il a été charrié et déposé dans les différents endroits où on le trouve; mais alors il devrait l'être indifféremment sur les différentes matières qui composent ces montagnes. On ne le trouve au contraire uni qu'avec les matières calcaires, soit qu'elles soient mêlées d'argile, ou avec le sable [...]. J'ai apporté plus de cent soixante échantillons de mines de cuivre, pris dans différents endroits. Elles sont toutes, ou dans la marne, ou dans les pierres calcaires, composées en partie de sable. »Les mines d'or La Sibérie a même des mines d'or, mais qui ne la rendent que plus pauvre. Le produit n'en vaut pas la dépense, quoique les ouvriers n'y aient pour salaire que la nourriture. Elles sont moins utiles à la Couronne de Russie « Une terre blanche, tirant sur le gris, mêlée de quelque couche de terre martiale, indique la mine d'or. A peine a-t-on creusé deux pieds que les filons paraissent : ils ont de l'Ouest à l'Est dix toises, et quelquefois trente [...]. Leur largeur est de quatre ou cinq pouces vers la partie supérieure. Celle-ci est toujours la plus riche. Le filon diminue ensuite de largeur et de qualité, à mesure qu'on descend plus bas. Ces filons représentent assez exactement le plan d'un demi-cercle, dont la partie supérieure est le diamètre. Ils sont éloignés les uns les autres, depuis deux ou trois toises, jusqu'à dix, et un peu inclinés à l'horizon. La matière qui les sépare est une glaise bleuâtre durcie. Elle paraît contenir de l'asbeste [amiante]. »Des ouvriers sont chargés de transporter, hors des galeries, toutes les matières qu'on retire. Les morceaux de mine qui paraissent contenir de l'or sont distribués par tas, auprès des criminels condamnés à ramasser cette matière de tant de crimes. Enchaînés par les pieds, ils sont assis sur un bloc de rocher, séparant la mine avec le marteau. D'autres ouvriers la transportent dans les moulins. Cette mine d'or, et quatre autres se trouvent sous le même degré de longitude, à quelques minutes de distance, et presque par la même latitude, à un degré près d'intervalle. La direction des filons d'Est en Ouest annonce une loi constante. Cependant l'abbé Chappe avoue que cette loi est difficile à concilier avec le mélange des autres matières, dont la plupart paraissent avoir été transportées successivement dans les endroits où se trouve l'or. L'académicien a observé par ailleurs que les mines de fer et celles d'or étaient à peu près à la même hauteur, de plus de deux cents toises au dessus de la mer, et renfermées dans des matières vitrifiables. Les mines de cuivre, au contraire, ne sont qu'à cent quatre-vingt toises au dessus de la mer, et mêlées à des matières calcaires. Cette position des matières qui composent le globe terrestre est remarquable pour la physique. Mais il faudrait peut-être un Newton pour en tirer des vues et des conséquences d'une utilité universelle, éternelle. |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.