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Deleyre (Alexandre). - Littérateur et homme politique, né aux Portets (Gironde) le 10 janvier 1726, mort à Paris le 21 ventôse an V (11 mars 1797). Elève du collège des jésuites de Bordeaux, il fut sur le point d'entrer dans la compagnie, mais, renonçant à ce projet, il vint à Paris, se mit en relations avec J.-J. Rousseau, Duclos, Diderot, d'Alembert et fournit à l'Encyclopédie l'article Fanatisme. En même temps il reprit des mains de Grimm la direction du Journal étranger et, tout en collaborant au Journal encyclopédique de Pierre Rousseau, la conserva jusqu'en 1759 où il accompagna Choiseul à Vienne avec le titre de secrétaire d'ambassade. Appelé auprès de l'infant de Parme en qualité de précepteur, il reçut à l'expiration de ses fonctions une pension viagère de 200 livres.

Partisan des idées nouvelles, il était administrateur du district de Cadillac, lorsque ses compatriotes l'élurent député à la Convention. Il vota la mort de Louis XVI, échappa aux proscriptions qui suivirent le 31 mai et fut nommé, le 14 décembre 1795, membre de la deuxième classe de l'Institut (sciences morales et politiques). Appelé au conseil des Cinq-Cents, il s'éteignit quelques mois plus tard, laissant une veuve et deux filles. (M. Tx.).



En bibliothèque - Deleyre a publié : Analyse de la philosophie de Bacon, avec sa vie traduite de l'anglais (Amsterdam et Paris, 1755, 3 vol. in-12) ; la Revue des feuilles de M. Fréron (1786, in-12), avec Le Prévost d'Exmes; Lettres critiques sur différents ouvrages périodiques de France (Amsterdam, 1758, in-12), avec Suard ; une traduction du Père de famille publiée avec celle du Véritable Ami de Goldoni due à Forbonnais (1758, 2 vol. in-8) et toutes deux précédées d'épîtres dédicatoires satiriques, rédigées par Grimm, qui faillirent attirer soit aux traducteurs, soit à Diderot, de sérieux ennuis; Eloge de M. Roux, docteur régent et professeur de chimie à la Faculté de Paris (Amsterdam, 1777, in-12); Essai sur la vie et les ouvrages de Thomas (1792, in-42). Il a de plus rédigé pour l'abbé Raynal un Tableau de l'Europe, inséré dans l'Histoire philosophique du commerce des Deux Indes, et le t. XIX de l'Histoire générale des Voyages, commencée par l'abbé Prévost. On lui attribue le Génie de Montesquieu (1758 et 1762, in-12) et l'Esprit de Saint-Evremont (Amsterdam, 1761, in-42). Il a composé les paroles de quelques-unes des romances dont Jean-Jacques à écrit la musique.

Sur Deleyre : Joachim Lebreton, Notice sur Deleyre (extraite des Mémoires de l'Académie des sciences morales), 1797, in-4. - Grimm, Correspondance littéraire. - Streckeisen-Moultou, J. J. Rousseau, ses amis et ses ennemis, 1863, 2 vol. in-8.

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