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Polo (Marco)
ou Marco Polo. - Voyageur du XIIIe
siècle, né en 1254 ou 1255, mort en 1324. Il appartenait
à une famille noble de la république de Venise
(Italie )
qui se livrait au commerce. Son père, Nicolao Polo, et son oncle,
Matteo Polo, s'étaient rendus à Constantinople
vers 1250. De là, ils étaient allés à Bolghari
sur la Volga où résidait Barkah, khan
des Tatares occidentaux. Des guerres ayant éclaté dans cette
région, les voyageurs durent faire un long détour vers l'Est
et ils allèrent jusqu'à Boukhara .
Les deux Vénitiens arrivèrent chez eux en 1269 après
vingt ans d'absence. Marco Polo était né peu de mois après
le départ de son père et de son oncle; à leur retour,
il prit à son tour le goût des voyages, en entendant leurs
récits.
Lorsqu'en 1271, Nicolao et Matteo repartirent,
Marco Polo voulut les suivre. Les trois voyageurs parcoururent lentement
l'Asie occidentale et la Tatarie. Ils passèrent dans le Badakchan ,
non loin des sources de l'ancien Oxus, puis à Khotan ,
et, après avoir traversé le désert de Gobi, arrivèrent
au Tangout
( L'histoire
du Tibet )
et à l'extrémité Nord-Ouest de la Chine .
Le grand khan des Mongols reçut
les voyageurs avec honneur et voulut s'attacher même le jeune Marco
en lui donnant un haut emploi. Il l'employa dans des missions lointaines,
dont celui-ci s'acquitta avec autant d'intelligence que de fidélité.
Marco Polo obtint cependant de Koubilaï Khan
la permission de partir pour accompagner par mer, via les îles de
la Sonde, jusqu'en Perse
des ambassadeurs de ce royaume. Marco Polo et ses compagnons traversèrent
la Perse et l'Arménie
jusqu'à Trébizonde, pour gagner de là Constantinople
et l'Italie .
Ils revinrent enfin à Venise en 1295, après une absence de
vingt-cinq années.
Ce long voyage de Marco Polo est la première
des grandes explorations en Asie ;
les indications qu'il a laissées ont longtemps formé le fonds
de la géographie et de la cartographie pour l'extrême Orient.
Quelque temps après son retour à Venise, une guerre étant
survenue entre Venise
et Gênes, Marco Polo arma une galère à ses frais et
en prit le commandement pour soutenir la flotte de Venise contre celle
de Gênes. Il fut fait prisonnier à la bataille livrée
dans le golfe de Layas en 1296. II sortit de la prison de Gênes vers
1298 avec, son livre rédigé peut-être en français
(dans le dialecte picard) sous sa dictée par Rustigielo di Pisa,
homme lettré du temps, vulgairement nommé Rusticien de Pise.
Marco Polo fut à cette époque
nommé membre du grand conseil de Venise. Il avait donné simplement
pour titre à sa relation : le Livre de Marco Polo. On connaît
aussi cet ouvrage sous les titres suivants : Le Livre des Merveilles
[du Monde], La Description du Monde, Le Million (Il
Milione). C'est une véritable description historique et géographique
d'une grande partie de l'Asie .
Renfermant une foule de faits extraordinaires, elle fut accueillie avec
incrédulité par ses contemporains, Mais l'exactitude
des observations de Marco Polo s'est trouvée en général
confirmée par les découvertes modernes.
Marco
Polo et la connaissance de l'Asie.
Pour bien apprécier l'influence
que la relation des voyages de Marco Polo eut sur les progrès de
la navigation et du commerce, il faut se rappeler que les anciens ne connaissaient
rien du nord de l'Asie et qu'ils ne soupçonnaient même pas
l'existence des vastes contrées qui la terminent à l'est;
les notions qu'ils avaient transmises sur l'Orient aux peuples modernes
de l'Europe
s'effacèrent même en quelque sorte ou furent rendues inutiles
dans leur application par le déclin rapide de l'empire romain
en Occident et par l'établissement de l'empire des califes.
Des villes anciennes avaient disparu, de nouvelles villes avaient été
fondées et agrandies, de nouveaux Etats s'étaient formés,
de nouvelles religions avaient triomphé, de nouvelles langues s'étaient
répandues, de nouvelles dénominations avaient partout prévalu,
pendant que les peuples de l'Europe, en proie à la désorganisation
ou divisés par des guerres sanglantes et plongés dans les
ténèbres de l'ignorance par un clergé obscurantiste,
étaient devenus de plus en plus étrangers les uns aux autres
et au reste du monde. Deux grands événements.les Croisades
et les conquêtes de Gengis-khan ,
concoururent au commencement du XIIIe siècle
à faire cesser cet isolement. Les Croisades forcèrent les
diverses nations européennes à se réunir sous les
mêmes tentes, à faire partie de la même confédération
et à se considérer en quelque sorte comme les membres d'une
même famille; il leur fallut enfin apprendre à connaître
ces contrées orientales qu'envahissaient leurs armées.
Les hordes que commandait Gengis-khan
inondèrent tout à coup l'Asie
et l'Europe .
Elles envahirent en peu d'années, ou rendirent tributaires de leurs
armes, la Chine ,
le Tibet ,
la presqu'île au delà de I'lnde ,
les deux empires mongols
de Kashgar et de Kaptchak ( La
Horde d'Or ),
la grande et la petite Boukharie ,
le Khoraçan, le Kurdistan, l'Irak-Arabi (à peu près
l'Irak actuel) et une partie de l'Asie Mineure .
L'empire des Mongols s'étendait depuis l'Altaï jusqu'à
l'Himalaya, depuis la mer du Japon jusqu'à la mer Noire, depuis
l'embouchure de l'Amour jusqu'à celle de la Vistule, depuis l'île
de Sumatra jusqu'à l'île Sakhaline. Ce fut alors qu'on soupçonna
pour la première fois en Europe la vaste étendue de ces plaines
du nord de l'Asie, que l'Antiquité
désignait sous le nom vague de Scythie; ce fut aussi alors que les
grandes et riches contrées qui terminaient à l'Orient cette
partie du monde, sortirent en quelque sorte, pour les peuples de l'Occident,
du sein de l'Océan où les systèmes des anciens
géographes les avaient plongées.
Alors la politique de la cour de Rome et
celle de plusieurs princes chrétiens cherchèrent dans ce
subit accroissement de la puissance mongole, objet d'une si universelle
terreur, des moyens d'étendre jusqu'aux extrémités
de l'Asie la religion chrétienne
et de se procurer par une puissante diversion un secours efficace contre
les Turks et les Arabes, qui étaient
sur le point de ravir aux Croisés
des conquêtes pour lesquelles on avait prodigué tant de sang
et de trésors, C'est dans ce but que furent envoyés aux divers
princes
mongols, flottant encore incertains entre leur ancienne religion ( La
Religion mongole )
et l'Islam ,
de pieux missionnaires chargés de mettre les conquérants
d'Asie dans les intérêts de la chrétienté. Si
la politique et la religion chrétienne ne recueillirent que de faibles
avantages de cette mesure, elle profita du moins au commerce et à
la géographie ,
et l'on ne peut disconvenir que les relations d'Ascelin,
de Carpini et de Rubruquis
n'aient préparé les voies aux grandes découverte,
dont la science est redevable aux lumières et au courage de la famille
des Polo. (Z. / G. R.).
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En
librairie. - Alain Chenevière,
Voyage
en Orient sur les traces de Marco Polo, Vilo, 1996. |
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