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Dictionnaire
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| Pékin
(ou Beijing en transcription pinyin) est la capitale de la République
populaire de Chine Dès une époque très
reculée, la plaine de Pékin a servi d'emplacement à
une ville importante; Ki (ou Ji), capitale du royaume de Yen, fondé
peut-être au XIe siècle av.
J.-C. (et importante au moins depuis le Ve
siècle) était, d'après les traditions, située
presque à la place de la ville actuelle; en 226, elle fut prise
par Qin Shi Huang des Tsin
et, quelques années plus tard, le royaume de Yen fut détruit.
La ville paraît avoir subsisté, et on la retrouve comme capitale
du nouveau royaume de Yen, vassal des
Han (à
partir de 206 av. J.-C., elle est de nouveau capitale d'un royaume barbare
de Yen au IVe siècle ap. J.-C. Elle
est à cette époque et par la suite appelée Ki, Yen
et Yeou tcheou et, sous ce dernier nom, sert de résidence à
un gouverneur militaire de la dynastie des Thang; quelques monuments du
VIIe siècle montrent que Yeou tcheou
occupait la portion occidentale de la ville moderne. En 986, Yeou tcheou
devint l'une des capitales des Liao ou Khitan Les Mongols Le premier empereur des Ming
établit sa capitale à Ying thien (l'actuelle Nankin), donna
à la ville mongole le nom de Pei phing (= pacification du Nord)
et en diminua l'étendue; mais le troisième empereur Ming,
dans les années Yong Io, se transporta dans la capitale abandonnée
(1409), la restaura, reconstruisit le palais et en fit sa résidence;
en 1421, tout était terminé; la nouvelle capitale s'appela
Choen thien ou Pei king (capitale du Nord) d'où les premiers missionnaires
ont fait Péking (Pékin). La dynastie mandchoue (
Une rue de Pékin vers 1900. Aujourd'hui Pékin peut se décomposer compose en trois zones : à la périphérie, le Pékin moderne qui s'est formé depuis 1949, avec sa grande zone industrielle au Sud-Est, et ses pôles universitaires à l'opposé; au centre, le Pékin classique, avec d'une part la ville tartare, Nei tchheng (ville intérieure), qui seule était la capitale, et d'autre part la ville chinoise, Oai tchheng (ville extérieure), qui est un faubourg entouré de murs. La ville tartare forme un rectangle régulièrement orienté ayant environ 5 kilomètres du Nord au Sud et 7 kilomètres de l'Est à l'Ouest; la seconde, accolée à la première au Sud, a la forme d'un rectangle dont les côtés Nord-Sud sont moindres et les côtés Est-Ouest sont plus grands que ceux de la ville tartare.
Le temple de la Littérature. Au temps de l'Empire céleste, la ville tartare a encore neuf portes, trois au Sud communiquant avec la ville chinoise, deux sur chaque autre face; les murailles sont revêtues de pierres et de briques, hautes de 15 mètres, épaisses de 4 au sommet, qui forme une large route bordée de parapets; la monotonie en est rompue par les tours d'angle, les hauts pavillons des portes et des murs semi-circulaires qui protègent celles-ci à l'extérieur. De larges boulevards rectilignes, partant de chacune des portes, découpent déjà la ville en rectangles réguliers, toutes les rues de quelque importance sont orientées Nord-Sud ou Est-Ouest. Les ponts en pierre, les arcs de triomphe en bois peint de couleurs vives, les portes monumentales des palais et des temples font aux voyageurs de l'époque une impression grandiose, malgré mauvais entretien des rues et des monuments. Tout le centre de la ville forme la « ville impériale », hoang tchheng, enclose par un mur qui est percé de quatre portes correspondant aux quatre points cardinaux; au centre de la ville impériale est la « ville rouge interdite » (tseu kin tchheng, Cité interdite), close d'un mur et d'un fossé et où se trouvent les palais officiels; avec un autre enclos contigu à la ville rouge et situé juste au Nord (king chan ou mei chan), avec les deux temples et les vastes cours placés devant le palais et qui se prolongent bien en dehors de la ville impériale, jusqu'à peu de distance de la porte centrale du Sud (tcheng yang men ou tshien men), qui donnera son nom à l'immense esplanade qu'on y construira à l'époque communiste, la fameuse place Tian'an men. Les enclos réservés à l'empereur et dont l'accès était interdit, surtout aux étrangers, coupaient la ville du Nord au Sud dans les deux tiers de son étendue; de vastes parcs impériaux (son hai, les trois étangs) également clos s'étendent toujours du Nord au Sud dans la moitié occidentale de la ville impériale.
Ancienne porte de la ville tartare. La ville tartare renferme, en outre, comme monuments le temple de la littérature, le Yong ho konq, ancien palais transformé en lamaserie depuis le XVIIIe siècle, la tour de la Cloche, et la tour du Tambour, l'Observatoire (koan siang thai) avec de beaux instruments de bronze qui datent, les uns du XIIIe siècle, les autres du XVIIe siècle, de nombreuses bonzeries (l'une des plus importantes, le Long fou seu, est connue pour une foire qui s'y tenait trois fois par mois), le local des examens avec des loges pour 14 600 candidats, de nombreux palais princiers et de nombreux yamens; en effet, toutes les administrations avaient leur siège dans la capitale même et non dans la ville chinoise. Les légations étrangères (France, Allemagne, Angleterre. Autriche, Belgique, Espagne, États-Unis, Italie, Japon, Pays-Bas, Russie) qui ont commencé à être établies à partir de 1860 étaient presque toutes réunies au Sud-Est, entre la ville impériale et la porte dite Ha ta men. II existe quatre églises catholiques : Pei thang, Nan thang (dons de terrain par l'empereur en 1636 et en 1650), Tong thang et Si thang; la mission ecclésiastique russe (Pei koan) remonte à la fin du XVIIe siècle, elle est située dans l'angle Nord-Est de la ville. La ville chinoise n'a été enclose de murs qu'en 1543; sa muraille, moins haute que celle de la capitale (10 mètres, 5 mètres d'épaisseur au sommet), était percée au Nord de cinq portes dont trois conduisaient dans la ville tartare, de trois au Sud, de une à l'Est et de une à l'Ouest, c'était la ville proprement commerçante; on y remarquait des bonzeries et des temples en grand nombre; dans l'un d'eux, au Lieou li tchhang, se tenait annuellement une foire renommée. Une large rue rectiligne du Nord au Sud, une autre de l'Est et à l'Ouest, divisent la ville en quatre parties sensiblement égales; à l'Est de cette rue se trouve l'enclos de l'autel du Ciel, le thien, than, et à l'Ouest, celui de l'autel des Premiers Laboureurs, sien nong than, où l'empereur allait chaque année accomplir les cérémonies religieuses.
Palais d'été à Pékin : la tour de Porcelaine. D'autres autels officiels, tchao yang than, consacré au Soleil, si yue than consacré à la Lune, ti than consacré à la terre, sont hors de la ville tartare, respectivement à I'Est, à l'Ouest et au Nord. II est impossible de mentionner même la plus petite partie des palais, bonzeries, temples taoïstes qui étaient répandus dans la campagne autour de Pékin et jusque dans les collines de l'Ouest (si chan); il n'est pas surprenant qu'une ville qui a été sept siècles capitale d'empire ait offert autant de monuments. On ne peut cependant négliger de citer le Palais d'été (Yuen ming yuen) avec le Oan cheou chan, situés au delà du village de Hai tien, au Nord-Ouest, de la ville tartare, et le Nan hai tseu, vaste enclos au Sud de la ville chinoise, qui était réservé aux chasses impériales depuis l'époque des Yuen; ses murailles, construites au XIVe, siècle, n'ont pas moins de 420 li (plus de 65 kilomètres). Cette capitale a toujours été
assez pauvrement pourvue d'eau, malgré le voisinage du Pei ho et
du Hoen ho; le premier est situé plus bas que Pékin, l'autre
est torrentueux, sujet à des crues rapides; après lui avoir
pris une partie de son eau à certaines époques, on fut obligé
de fermer les canaux qui avaient été ouverts, à cause
des inondations menaçantes. Beaucoup d'aménagements et de
grands travaux ont eu lieu au cours des siècles et jusqu'à
nos jours pour approvisionner Pékin convenablement en eau (et aujourd'hui
en énergie hydro-électrique). A la fin de l'époque
impériale Pékin recevait l'eau surtout de quelques petits
lacs (Khoen ming hou, Oang hai leou) situés à l'Ouest et
au Nord-Ouest; on put ainsi former des étangs dans la ville tartare
et avoir un peu d'eau dans les fossés au Sud de celle-ci; l'écoulement
s'en faisait par un canal muni de plusieurs écluses qui aboutissait
à Thong tcheou et se déversait dans le Pei ho. L'eau d'alimentation
fournie par des puits était de fort mauvaise qualité; les
égouts nombreux et importants qui avaient été construits
jadis étaient tous ruinés; aussi, lors des pluies d'été,
les rues étaient transformées en lacs où il ne manquait
pas chaque année de se noyer quelques hommes ivres.
Pékin vers 1900.
La région de Pékin a toujours été pauvre en produits agricoles et minéraux, l'industrie est donc restée peu développée jusqu'à la seconde moitié du XXe siècle, le commerce n'était entretenu à l'époque impériale que par la présence de la cour et des mandarins; mais, en raison de cette population riche, il était considérable; tous les produits les plus délicats de l'empire, fourrures, soieries, thés, conserves, livres, objets d'art, venaient à Pékin; les corporations étaient nombreuses et puissantes. Parmi les plus importantes, il faut citer celles des banquiers, des monts-de-piété, des marchands de grains, des marchands de thé; il faut aussi mentionner les nombreuses associations provinciales qui avaient leurs hôtels à la capitale. Si le centre de l'empire fut depuis aussi longtemps fixé dans les plaines septentrionales du Tchi Ii, le fait est dû non pas à la nature du sol ni à la facilité des communications, mais à une raison politique, au voisinage de la Mandchourie -
Une porte monumentale des enceintes intérieures de Pékin (vers 1900). Parmi les étrangers célèbres
qui ont visité Pékin, on peut citer Marco
Polo, Jean de Montecorvino, fondateur de la mission catholique (1293),
archevêque de Khanbaligh (1307); Odoric de
Pordenone, Ibn Batouta, Ghias Eddin, peintre
attaché à l'ambassade que les héritiers de Tamerlan
Rotonde de l'Autel du Ciel. |
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