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Comminges.
- Ancien comté qui dépendait autrefois de la Gascogne
et qui est aujourd'hui compris dans les départements de la Haute-Garonne,
de l'Ariège et du Gers. Il avait pour capitale Saint-Bertrand de
Comminges .
Ce pays était divisé en bas Comminges, haut Comminges et
Couserans .
Avant la conquête romaine ,
le pays de Comminges était habité par les Convenae. Vers
l'an 69 av. J.-C., Pompée, pour mieux maintenir
ces peuples d'origine diverse et s'en faire des alliés, leur concéda
une vallée où ils fondèrent une ville qui fut appelée
Lugdunum Convenarum. Des routes furent tracées, dont l'une unit
Lugdunum Convenarum à Toulouse .
Le pays des Convenae tomba au pouvoir des Wisigoths au Ve
siècle, puis au pouvoir des Francs après la bataille de Vouillé.
Mais la ville de Lugdunum fut incendiée et pillée en 585
par l'armée du roi Gontran pour avoir
fourni un asile au prétendant Gondebaud qui se disait fils de Clotaire.
Il faut aller jusqu'à Charlemagne
pour trouver dans ce pays un gouvernement stable. En butte aux invasions
des Vascons et des Sarrasins ,
le Comminges dut avoir sous ce prince des magistrats l'administrant comme
fief dépendant de la couronne. C'est vraisemblablement en 830 qu'il
fut érigé en comté, et le premier de ses comtes dut
être Asnarius, de la dynastie vasconne de Wandrille. Au commencement
du XIe siècle, fut bâtie,
sur les ruines de Lugdunum, la ville de Saint Bertrand, par les soins de
l'un de ses évêques dont elle prit le nom.
Saint-Bertrand fut une ville épiscopale
indépendante, avec certains privilèges pour ses habitants.
Les principaux comtes de Comminges étendirent leur puissance du
côté du comté d'Astarac, du Toulousain
et du pays de Foix ;
du côté des Pyrénées, leur influence était
plus limitée. Le comté de Comminges fut à l'origine
très souvent fractionné par héritage. Bernard IV,
fils de Bernard III, eut à lui seul toute la succession des comtes
de Comminges.
En 1130 il intervint pour rétablir
l'union entre le roi de Castille
et le roi d'Aragon ,
et en 1135 il assista au couronnement d'Alphonse
VIII comme empereur d'Espagne .
Bernard IV eut pour successeur son fils Bernard Dodon, qui se fit religieux
cistercien
vers 1181. Bernard V, fils et successeur de Bernard Dodon, eut un différend
avec son voisin, Raymond-Roger,
comte de Foix ,
et une guerre éclata entre eux (1198). Il prit part ensuite à
la guerre des Albigeois ; il prêta son
appui à son cousin Raymond VI, comte de Toulouse ,
contre Simon de Montfort, et fut battu par ce
dernier à la bataille de Muret
(1213). Simon de Montfort pilla et dévasta le Comminges. Bernard
V dut prêter serment devant le légat du pape, à Narbonne ,
de ne plus soutenir les hérétiques, et il se rendit à
Rome avec le comte de Toulouse
pour obtenir du pape sa grâce et la restitution de ses États.
Il reprit néanmoins les armes en 1218 et put recouvrer ses États;
enfin, en 1219, il se distingua à la journée de Baziège,
où il commanda le corps de bataille de l'armée des Toulousains
qui fut victorieuse.
Bernard VI succéda à son
père Bernard V en 1226. Il dut pour ne pas voir confisquer ses États,
rendre l'hommage-lige au roi de France Louis VIII,
en présence du légat du pape; puis il redevint l'allié
du comte de Toulouse ,
lorsque celui-ci eut fait la paix avec le légat et le roi
de France .
Bernard VII, fils de Bernard VI, lui succéda en 1241; il prêta
serment à Louis IX, roi de France, après
la paix de Lorris, et rendit hommage au comte de Toulouse mais sans engager
son indépendance. Bernard VII fit de son vivant donation de son
comté à son fils Bernard VIII (1294). Bernard IX succéda
à son père Bernard VIII et conserva le comté de 1312
à 1335, époque à laquelle il passa à son fils
Jean qui mourut en 1339, âgé de quatre ans. Ce fut son oncle
Pierre-Raymond, qui lui succéda; il mourut en 1344, laissant le
comté à son fils, Pierre Raymond II, qui, en 1350, épousa
sa cousine Jeanne de Comminges, fille de Bernard IX, et s'assura ainsi
le comté. Pierre-Raymond II eut à lutter contre le comte
de Foix
et fut mêmë fait prisonnier par lui. Lorsque les Anglais
envahirent le midi de la France, Pierre-Raymond II les défit près
de Montauban. Il combattit aussi sous les ordres de Duguesclin, puis du
duc d'Anjou .
Pierre-Raymond II mourut en 1316, ne laissant qu'une fille, Marguerite.
La lutte reprit avec le comte
de Foix ,
et le roi de France dut intervenir. Marguerite régna sous la tutelle
de sa mère et elle épousa d'abord le fils du comte d'Armagnac .
Elle fut mariée trois fois et épousa en dernier lieu Mathieu
de Foix. Marguerite avait apporté par son mariage le comté
de Comminges à son mari; celui-ci la fit enfermer dans le château
de Saverdun où il la maintint prisonnière pendant une vingtaine
d'années. Elle ne fut remise en liberté qu'en 1443, sur l'intervention
du roi Charles VII. Il y eut un partage entre
le comte et sa femme, et il fut convenu que le tout resterait au survivant
après la mort duquel le comté serait réuni à
la couronne; c'est ce qui eut lieu en 1453. Il en fut détaché
deux fois par Louis XI, d'abord en faveur de
Jean de Lescun, bâtard d'Armagnac, et maréchal de France ,
qui mourut sans enfants mâles en 1472, et ensuite en faveur de son
chambellan Odet Daydie, seigneur de Lescun, puis il fut réuni de
nouveau à la couronne en 1498. Le titre de comte de Comminges fut
néanmoins pris par la fille d'Odet Daydie, mariée à
Jean de Foix, vicomte de Lautrec, puis par leur fils Odet de Foix. Celui.
ci aurait même été réellement comte de Comminges
par don de François Ier.
Il eut lui-même pour successeur son fils Henri en 1529. Ce dernier
étant mort sans enfants, le Comminges fut définitivement
réuni à la couronne et 1540.
La maison de Comminges a fourni plusieurs
branche d'où sont sortis les vicomtes de Couserans
et de Burniquel, les seigneurs de Montespan, Ramefort, Panassac, Durfort,
Peguilhem, etc. Au commencement du XVIIIe siècle,
le pays de Comminges fut ravagé fréquemment par les Miquelets
qui, profitant de la guerre entre la France
et l'Espagne ,
descendaient sur le versant français des Pyrénées.
L'élection de Comminges fut instituée en 1603. Le Comminges
était du ressort du parlement de Bordeaux
et de la cour des aides de Montpellier, puis de celle de Montauban en 1642;
il fit partie de la généralité de Montauban puis de
celle d'Auch .
Le haut Comminges formait un diocèse où l'on comptait 200
paroisses et 4 abbayes; le premier évêque
dont le nom nous soit connu date de 506 et l'évêché
a été supprimé en 1804. Il y avait aussi un évéque
pour le Couserans à Saint-Lizier .
Pour le bas Comminges il y avait l'évêché de Lombez ,
qui fut érigé en 1317 et supprimé en 1805; il renfermait
90 paroisses et 1 abbaye En 1789, les pays de Comminges et de Nebouzan,
renfermant une population de 200 000 habitants, furent admis élire
deux députations aux États-Généraux. Il y a
eu, dans le Comminges, des ateliers monétaires à Salies-du-Salat ,
à Muret
à Samatan. Il paraît établi aujourd'hui que les armes
du Comminges étaient, de gueules de quatre otelles d'argent, adossées
et posées en sautoir. (G. Regelsperger). |
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