.
-

Taureau (mythes et symboles)

Figure essentielle de l'art paléolithique, le taureau jouait également un rôle central dans les plus anciennes religions connues de la Méditerranée et de son pourtour (mont Bégo, Crète, Anatolie, etc). On pense que le taureau était considéré comme l'agent visible de la force invisible qui meut et féconde la nature.
-
Lascaux : taureaux.
Taureaux paléolithiques représentés sur les parois de la grotte de Lascaux.

Les Égyptiens révéraient le taureau ou boeuf sacré, sous le nom d'Apis. A une époque tardive, cet Apis était devenu le type du taureau, signe équinoxial, alors premier des douze signes du zodiaque, qu'Osiris, c'est-à-dire ici le Soleil, avait rendu dépositaire de la fécondité. 

Ainsi que dans beaucoup de religions asiatiques, le taureau avait été adopté, dès les premiers âges, par les Égéens, comme le symbole de la force et de l'énergie créatrice. Il devint plus tard l'emblème du Grand dieu qui faisait pendant à la Grande déesse, et joua, comme tel, un rôle important dans les légendes crétoises; il lui arriva même de s'incorporer à la nature divine : le Minotaure est analogue au dieu Taureau des Elamites, ou à l'Enki des Sumériens, qui était aussi "le taureau sauvage du ciel et de la terre".
-

Taureau crétois (copie).
Tête de taureau symbolisant le dieu Taureau (Cnossos, Crète).

Le dieu Taureau n'était d'ailleurs pas l'unique aspect sous lequel se présentait le dieu crétois. A côté du Minotaure, il y avait aussi Minos. Le dieu était donc également conçu sous la forme humaine, et c'est ainsi qu'il se manifestait parfois à ses fidèles dans sa terrifiante majesté.Mais qu'il s'agisse de Minos ou du Minotaure, nous ne les connaissons qu'à travers les modifications que l'hellénisation fit subir à leur physionomie.

Chez les anciens Grecs et Romains, le taureau était la victime la plus ordinaire des sacrifices. Les Grecs l'immolaient à Zeus, à Arès, à Athéna, à Déméter à Aphrodite et à Apollon et les Romains à Jupiter, à Mars, à Minerve, à Cérès, à Vénus et aux Lares

On choisissait des taureaux noirs pour Poséidon ou pour Neptune, pour Hadès ou pour Pluton et les dieux infernaux. Avant de les immoler, on les ornait de différentes manières : ils avaient sur le milieu du corps une grande bande d'étoffe ornée de fleurs , qui pendait des deux côtés. 

Le taureau qu'on sacrifiait à Apollon avait ordinairement les cornes dorées. Le taureau est un des douze signes du zodiaque; les mythes racontent que c'est l'animal sous la figure duquel Zeus enleva Europe, d'où il fut mis au nombre des constellations; selon d'autres, ce serait Io, que Zeus aurait enlevée au ciel après l'avoir changée en génisse.

Le taureau Aboudad joue un rôle important dans la cosmogonie perse; il naquit sans père et sans mère, simultanément avec Kayoumors, le premier homme; mais il était sans mouvement et sans parole, tandis que l'homme avait la faculté de se mouvoir et de parler. Le taureau fut mis à mort par Ahriman, et son âme consentit, à la sollicitation d'Ormuzd, à prendre soin des créatures qui étaient dans le monde, en attendant que le Ferouer de Zoroastre leur apprit à se préserver du mal. De la semence du Taureau, purifiée par la lumière de la lune, naquirent les plantes et les arbres, tandis que celle du premier homme donna naissance à un arbre représentant un homme et une femme unis, qui se divisèrent et devinrent Meschia et Meschiané.

Il ne faut pas confondre ce taureau primordial avec celui que l'on trouve quelquefois réuni à la figure de Mithra, dans les compositions romaines. On représente celui-ci sous la forme d'un jeune homme d'une belle figure, coiffé du bonnet phrygien, un genou appuyé sur un taureau renversé, auquel il plonge un poignard dans le cou. C'est, dit-on, un symbole de la force du soleil, lorsqu'il entre dans le signe du Taureau.

Le taureau est honoré en Inde, et par la propre excellence qu'on lui attribue, et comme personnification de Nandi, monture du dieu Shiva
-

Pashupatinath : taureau Nandi.
Statue du Taureau Nandi, à Pashupatinath (Népal).
© Photos : Serge Jodra, 2011.

Le culte du taureau se retrouve jusqu'aux extrémités de l'Orient. Le taureau est une des grandes divinités du Japon. Dans un temple de Miyako, au Japon, l'on voit sur un autel fort large et de forme carrée, un taureau d'or, dont le cou est orné d'un collier très précieux; il tient un oeuf de ses deux pieds de devant, et le heurte avec ses cornes, comme s'il voulait le briser. (Un symbolisme qui rappelle celui de Dionysos , élevé par les Hyades, ou étoiles du Taureau, qui était quelquefois représenté avec des pieds et des cornes de taureau, auprès duquel on plaçait l'oeuf orphique, symbole de la nature qui produit tout).

L'oeuf est représenté nageant dans une espèce de bassin formé par le creux d'un rocher. Ce groupe est l'emblème de la création du monde  [Shintô]. Le monde entier, au temps du chaos, disent les mythes japonais, était enfermé dans cet oeuf qui nageait sur la superficie des eaux. La lune, par ses influences, tira du fond des eaux une matière terrestre, qui se convertit insensiblement en rocher, et ce fut là que l'oeuf s'arrêta. Le taureau, trouvant cet oeuf, en rompit la coque à coups de cornes, et de cette coque sortit le monde. L'homme fut produit par le souffle du taureau.

Taureau (art héraldique). - Le taureau se distingue, dans le blason, du bœuf en ce qu'il a la queue, retroussée sur le dos, tandis que ce dernier la porte pendante. Quand il est dressé sur ses pattes de derrière, il est dit furieux.
.


Dictionnaire Religions, mythes, symboles
A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z

[Pages pratiques][Aide][Recherche sur Internet]

© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.