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| Un sacrifice
est
une offrande faite à une divinité ou à une puissance
d'un monde-autre avec certaines cérémonies
solennelles. ( Certains peuples, plus respectueux qu'effrayés de la puissance divine, n'ont jamais abusé des sacrifices sanglants; en Asie, par exemple, et de nos jours encore, les Hindouistes et les Bouddhistes répugnent de façon absolue à l'immolation d'êtres qui respirent; ils se contentent, même dans leur nourriture, de végétaux et de poissons. Les Egyptiens, peuple de laboureurs, amis et compagnons du boeuf qui tire la charrue, en firent un dieu pour ne pas l'immoler. Les Hébreux finirent par adopter les mêmes usages et préférèrent les libations de vin, les offrandes d'huile, de sel et de farine aux sanglants holocaustes. Isaïe fait dire à Yahveh : "Qu'ai-je besoin de la multitude de vos sacrifices? Je suis rassasié du sang des boucs et des génisses. "Les Phéniciens, si voisins des Hébreux, ne connurent peut-être pas leur réserve et pratiquèrent, semble-t-il, les sacrifices humains, en l'honneur de Moloch et de Baal; il les transportèrent à Carthage -
Sacrifice humain chez les Aztèques. Les Grecs distinguaient les sacrifices non sanglants, les sacrifices sanglants et les offrandes. Les sacrifices non sanglants, étaient apparemment, les plus anciens; ils consistaient en prémices de la terre, en gâteaux, en miel, en pommes qui, en jouant sur l'identité de prononciation, étaient des brebis. Les pauvres se contentaient de mouler dans la pâte un porc, un boeuf qu'ils offraient aux dieux; parfois on brûlait sur l'autel du bois de cèdre ou des parfums. Ces sacrifices étaient accompagnés de libations de lait, d'huile, de vin, d'eau (les Moires, les Muses et les Nymphes). Les Athéniens n'ont pas répugné aux sacrifices humains. Dans l'immolation des animaux, on tenait compte de l'âge, du sexe, de la couleur du poil; le porc, qui détruit les semences, était sacrifié à Déméter; le bouc, qui broute la vigne, était immolé à Dionysos. Les offrandes étaient conservées dans les temples, sans être brûlées ou détruites, comme les cheveux d'Achille et de Thésée, offerts au fleuve Sperchios ou à Apollon Délien. Les Romains, au temps des rois, se contentaient d'offrir aux dieux des gâteaux, du lait, du vin, les premiers fruits de la terre; plus tard ils imitèrent les Étrusques, instituèrent les combats de gladiateurs pour apaiser les âmes des morts; ils immolèrent des taureaux (victimae) ou des moutons (hostiae). Celui qui offrait le sacrifice se rendait près des autels (arae) en habits de fête. L'autel lui-même était orné de fleurs et garni de bandelettes (vittae). Le héraut (praeco) invitait le pontife à procéder religieusement à la cérémonie et le peuple à faire silence; puis les victimes étaient amenées, et, après les avoir examinées, on rejetait celles qui n'avaient pas les qualités requises; le pontife prononçait alors une prière répétée par les assistants et répandait sur la victime de l'eau de source, du vin, de la farine mêlée de sel : c'était là proprement l'immolation. Puis il l'encensait; il goûtait le vin et en donnait à boire à ceux qui offraient le sacrifice. Il coupait ensuite des poils sur le front de la victime et les jetait au feu. Se tournant vers l'Orient, il faisait passer le couteau de la tête à la queue de la victime. Le victimaire demandait alors au pontife : Dois-je agir? Celui-ci répondait : Agis. Les boeufs étaient alors frappés
de la hache; les veaux du maillet; les porcs et les moutons d'une hache
de pierre; souvent encore le cultrarius les égorgeait. Le
sang recueilli, mélangé de vin et de farine, était
placé sur l'autel que l'on encensait. L'animal était ensuite
dépecé pour le festin qui suivait le sacrifice, et les haruspices
examinaient les entrailles pour en tirer des présages.
Dans les grands dangers, les Romains vouaient aux dieux du monde souterrain,
manibus
tellurique, une victime expiatoire; c'est ce qu'ils appelaient
devotio;
tels furent le sacrifice de Curtius et le dévouement
des Décius. On vouait aussi à la destruction, après
en avoir évoqué les dieux, les villes assiégées.
Enfin on enterrait vivants un homme et une femme des nations que Rome |
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