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Nu
(beaux-arts).
- Le nu est le fond nécessaire des arts du dessin,
de la sculpture, de la peinture,
et l'on ne saurait prétendre à les exercer avec succès
si l'on n'a fait des études suffisantes de nu, c.-à-d. si
l'on n'a pratiqué la représentation des formes vivantes,
considérées directement et sans voile. Et l'histoire de l'art
nous enseigne que les peuples qui se sont montrés les plus habiles
dans les arts plastiques sont précisément ceux-là
qui ont abordé cette étude du corps nu : là est le
secret de la supériorité des Egyptiens ,
puis des Grecs ,
et aussi la raison de l'insuffisance da sculpteur assyrien quand il taille
dans la pierre des personnages humains; il n'a pas repu ces leçons
de la forme nue, indispensables à l'artiste.
Mais, si, pour les
Anciens,
et surtout pour les Grecs, le beau ne pouvait trouver de plus complète
traduction que dans des formes matérielles accomplies et parfaites,
aux yeux des chrétiens qui jetèrent
l'anathème à la matière, la beauté principale
devait résider dans l'expression du reflet de l'âme sur les
traits du visage; l'idéal médiéval (et moderne) diffère
donc essentiellement, à ce point de vue de l'idéal antique.
Quoi qu'il en soit, l'importance du nu dans les beaux-arts n'est pas contestable,
et il est certain, par exemple, qu'elle est le principal objet de l'art
statuaire, où le vêtement, la draperie apportent seulement
un motif de variété, un supplément d'expression ou
un raffinement de grâce. Au surplus, le nu, en art, est toujours
chaste, parce qu'au lieu d'avoir les accents de la vie individuelle, il
porte les empreintes de la vie générique.
«
Aucune idée, a écrit Charles Blanc, aucun soupçon
même d'impudeur ne saurait s'attacher à Vénus ,
si elle est une statue impersonnelle de l'amour.-»
(G. C.).
Le
Sommeil, par Gustave Courbet (1866).
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Willy
Ronis, Philippe Sollers, Nues,
Terre, bleue, 2008. - Des années 30 aux années
70, cinquante ans de corps féminins vus par Willy Ronis, accompagné
de d'un texte original de Philippe Sollers. Willy Ronis voulait Sollers.
Sollers n'attendait que ça. Il a dit oui pour Ronis. Immédiatement.
Le
texte de Philippe Sollers aborde et souligne tout ce qui rend précieux
et unique le travail de Willy Ronis sur le nu.
Le photographe a saisi toutes les occasions de s'y livrer, tissant en quanrante
ans une oeuvre secrète dont les plus beaux moments n'avaient jamais
été réunis. On connaît sans doute le Nu provençal,
une sorte d'instantané de vacances que Ronis transforme en éternité.
On connaît moins ou pas du tout ces statues,
ces déesses, ces corps filiformes des années 70, ces formes
restaurées des années 90 devant les quelles Ronis retrouve
l'audace formelle des années 30. Il flirte avec les esthétismes
: pleinarisme d'avant-guerre, femmes au tub de la fin du XIXe siècle,
jeunes filles de la presse masculine des années 70...
Ces
soixante nus sout tous bouleversants. C'est ce que clame Philippe Sollers
: "Les nus de Willy Ronis, dans leur extraordinaire naturel, sont sacrés."
Un
délice pour les collectionneurs, les amateurs de photographie et
les amoureux de l'écriture. 59 photographies. (couv.).
Isabelle
Cahn, Les
nus de Renoir, Assouline, 2007.
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