| . |
| |||||||
| Pisano (Niccolo),
appelé d'ordinaire Nicolas de Pise, architecte et sculpteur
né vers 1206, mort en 1280. Ce maître, qui fut le rénovateur
de la sculpture Vers la même époque, il entreprit,
avec l'aide de plusieurs collaborateurs, parmi lesquels son fils Giovanni,
l'exécution de la chaire de la cathédrale Les modèles directs de Niccolo Pisano
furent les sculptures romaines de laToscane, le vase Niccolo Pisano exerça son influence sur un assez grand nombre d'élèves, au milieu desquels l'on remarque tout particulièrement, outre son fils Giovanni, les sculpteurs Arnolfo di Cambio et Guglielmo d'Agnello. |
||
| Pisano (Giovanni) ou
Jean
de Pise, architecte et sculpteur né à Pise De même, on ne peut admettre qu'il soit l'auteur des monuments napolitains que de Dominici et Vasari prétendent avoir été construits sous sa direction : Santa Maria Nuova, le palais épiscopal et le vaste château de Charles Ier, Castel Nuovo; son nom n'apparaît pas dans les extraits des registres angevins publiés par Schulz (Denkmäler der Kunst in Unteritalien,1860, t. IV, 4 vol. in-4) et dans l'Archivio storico per le provincie Napoletane; on peut même affirmer qu'il n'est venu à Naples ni en 1283, comme le dit Vasari, ni en 1288, comme l'avancent les auteurs napolitains. Il est impossible de même qu'il ait
fourni le dessin d'une délicate et fine église de Pise, Santa
Maria della Spina, car elle a été reconstruite trois ans
après sa mort, en 1323. On n'a aucune preuve de sa participation
à la construction des églises de San Domenico à Prato
et à Pérouse. Il fut, après son père, attaché
comme architecte à l'oeuvre de la cathédrale
de Sienne; son nom paraît sur les registres de la fabrique en 1284,
1290, 1295 et 1299, et, dès 1284, il est nommé citoyen de
Sienne et exempté d'impôts en récompense des services
qu'il avait déjà rendus. La partie de l'édifice dont
il s'occupa fut la façade, où il est difficile de distinguer
sa part et celle de ses élèves de celle de ses collaborateurs
siennois. On lui doit sans doute l'idée et le dessin de cette somptueuse
applique, sans rapport étroit avec l'édifice où elle
est appuyée, aussi chargée de sculptures En fait, il n'y a qu'un édifice
qui soit certainement et entièrement l'oeuvre de Giovanni Pisano
: c'est le Campo Santo de Pise, ce vaste rectangle entourant la terre sainte
apportée jadis par les galères pisanes; du côté
de l'extérieur, mur nu préparé pour la fresque; du
côté intérieur, galerie légère et toute
à jour ouverte sur le champ de repos vert et fleuri il est remarquable
que, tout en divisant ses arcades Le rôle de Giovanni comme sculpteur est bien autrement important que son rôle comme architecte. Tout jeune encore, il travailla avec son père à la chaire du Dôme de Sienne (1266-68), et, tout en collaborant encore avec Niccolo, ilprend déjà une place prépondérante dans l'exécation de la vaste fontaine de Pérouse, achevée en 1280. Après la mort de son père
(vers 1280, il entreprit avec ses propres élèves la chaire
de Sant Andrea à Pistoie Il a sculpté un certain nombre de
Madones
avec l'Enfant, conservées dans la cathédrale de Prato
(chapelle de la Cintola et sacristie), au Campo Santo de Pise (sous la
seconde fresque Enfin, des élèves du maître
ont exécuté les figures décoratives du fronton de
la cathédrale de Pise, des portes du Baptistère et le groupe
qui surmonte l'entrée du Campo Santo. Si l'on compare l'ensemble
de ces oeuvres avec celles de Niccolo, on voit que Giovanni Pisano s'est
écarté presque violemment de la tradition de son père.
Sans doute, il lui a pris l'usage du trépan, la disposition de ses
chaires hexagonales ou octogonales portées par des colonnes qui
reposent sur des lions, la composition de ses reliefs chargés de
figures, l'habileté à copier parfois, d'après nature,
des animaux bien vivants; sans doute, il s'est appliqué, lui aussi
à reproduire des figures antiques, comme, à la chaire du
Dôme de Pise, la Tempérance, qui a la nudité,
la coiffure et l'attitude de la Vénus Mais ce ne sont là que des fantaisies de virtuose : Giovanni a parfois copié l'antique, il ne l'a jamais imité; pour former le style de ses reliefs ou de ses figures allégoriques, il n'a point regardé les sarcophages romains ou le vase grec du Campo Santo, ni même les œuvres de son père. S'il a eu d'autres maîtres que la nature, ce sont à, coup sur, des tailleurs d'images français venus en Italie avec les moines constructeurs et auxquels il a emprunté le hanchement souple de leurs figures et leur forte imitation du modèle vivant. Sa technique même, brusque et rude jusqu'à la dureté, rappelle plutôt la hardiesse de ciseau des sculpteurs des grandes cathédrales françaises que la minutie du polissoir de Nicolo. Mais quelles qu'aient été les influences qu'il a accueillies, Giovanni Pisano ne dut qu'à son tempérament d'artiste ce qui fait la grandeur de son oeuvre, cette force dramatique, cette intensité d'expression, cette fièvre de mouvement, cette violence d'exécution qui éclatent surtout dans ses reliefs du Massacre des Innocents à Pise et à Pistoie. Cet art, qu'il ne put exercer librement qu'en surchargeant ses tableaux et en en rompant les ligues par des figures superposées dans l'espace comme l'aurait fait un peintre, le grand sculpteur le transmit aux peintres de son temps, et, sans lui, Giotto n'aurait pas si promptement trouvé sa voie. (E. Bertaux).. |
| . |
| ||||||||||||||||||||||||||||||||