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La sculpture flamande
II reste aujourd'hui peu de sculptures antérieures au XVIe siècle, le plus grand nombre de celles qui ornaient les églises et les palais ayant péri, pendant le soulèvement contre l'Espagne, sous le marteau des iconoclastes. Dans le siècle précédent, Liège avait possédé Érasme Dellepierre, Gérard de Felem, Jean Godèle, Lambert Horne et les deux Lambert Zutman, dont les ouvrages ont été détruits. Toutes les oeuvres de Conrad de Malines, qu'Albert Dürer proclamait Ie premier artiste de son temps, ont également disparu. Peu de temps après lui, Mons citait avec orgueil Jacques du Bruque, qui acheva le jubé de Ste-Waudru; Tournai se glorifiait de Lecreux et de Gillis, auteurs, l'un du groupe de St Michel qui couronne le jubé, l'autre de la chaire de la cathédrale; à Liége on nommait Thiry, à Anvers Claude Floris; des artistes, maintenant oubliés, sculptaient les fameuses cheminées de Bruges et de Courtrai.

Les sculpteurs flamands qui visitèrent l'Italie au XVIe siècle s'éprirent des oeuvres de Michel-Ange, auquel ils n'empruntèrent que la partie la plus matérielle de son art. Ils outrèrent le travail de la musculature dans la forme, et l'influence que Rubens exerça au siècle suivant ne fit que les encourager dans cette voie. Les frères Duquesnoy résistèrent au torrent. L'un, François, sachant rester poétique et élégant, exécuta, non seulement des jeux d'enfants et des bacchanales, considérés comme des chefs d'oeuvre pour la grâce et la perfection du modelé, mais aussi d'admirables bas-reliefs, des Christs en ivoire, et entre autres grandes statues, la Ste Susanne de Lorette et le St André de l'église St-Pierre de Rome. L'autre, Jérôme, surnommé le Praxitèle de la Belgique, représenta les anges et les chérubins avec une finesse incroyable de ciseau, et est l'auteur du magnifique monument élevé à l'évêque Triest dans la cathédrale de Gand. 

A côté des Duquesnoy se place Jean Warin, de Liège, connu aussi comme graveur en médailles, et dont on a deux beaux bustes de Richelieu et de Louis XIV. Toutefois, ce fut en vain que ces trois hommes luttèrent contre l'invasion du matérialisme : Gilles d'Ardennes, Faydherbe, Pierre de Fraisne, Henri Flemalle, Jean Delcour, Arthur Quellyn, hâtèrent la décadence du vrai style. Verbruggen Delvaux, Van Poucke, Godecharles, ne furent pas plus heureux : ces artistes avaient des qualités précieuses, mais isolées; et aucun d'eux ne possédait cet ensemble de talents supérieurs qui caractérise les rénovateurs de l'art. Dans des temps plus rapprochés de nous, la sculpture flamande a encore produit deux hommes distingués. Rutxhiel et Kessels. (B).

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