 |
La sculpture n'a jamais été
bien florissante chez les Anglais. Les anciens Bretons sculptaient des
ornements de divers genres sur leurs chariots de guerre; ils étaient
peu habiles à reproduire des images d'hommes et d'animaux. Les Romains
apportèrent en Angleterre les statues de leurs dieux et de leurs
grands hommes; mais elles ont été détruites par les
chrétiens, aussi bien que par les Calédoniens et les Danois.
Il ne reste des Anglo-Saxons qu'un seul spécimen de seul sculpture
: c'est la corne d'Ulphus, conservée à York. Après
la conquête normande, les plus beaux ouvrages furent exécutés
par des artistes étrangers : telle est la chasse d'Édouard
le Confesseur, oeuvre du sculpteur romain Pierre Cavalini, placée
dans l'église de Westminster; telles sont les sculptures des églises
de Cantorbéry, de Croyland, d'York, de Wearmouth, d'Ely, etc. Ce
fut au XIIIe siècle surtout que la sculpture commença de
produire des oeuvres estimables; mais elle n'était toujours qu'une
auxiliaire de l'architecture, dont elle décorait les monuments.
Les troubles excités par l'hérésie de Wicleff, et
surtout la guerre des Deux-Roses, arrêtèrent ces premiers
efforts de l'art sculptural. Au temps de la Renaissance, on vit venir d'Italie
un artiste distingué, Torregiano, qui fit deux chefs-d'oeuvre, le
tombeau de Marguerite, comtesse de Richmond, mère de Henri VII,
et celui de ce monarque lui-même. A la même époque appartient
le tombeau de lady Élisabeth Russell, qu'on voit dans l'abbaye de
Westminster, et dont l'auteur est demeuré inconnu.
(B.). |
|