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Phidias
est un célèbre sculpteur
athénien. Il était fils de Charmidès, probablement
sculpteur lui-même, et naquit vers l'olympiade LXX. D'abord placé
dans l'atelier d'un peintre, il ne tarda pas à devenir l'élève
du sculpteur Hégias ou Hegésias, dont Quintilien
nous apprend que le style était dur et rappelait celui des Etrusques .
Puis il se rendit à Argos ,
dont l'école était alors, avec celle de Sicyone ,
la plus florissante de la Grèce ,
et se mit sous la direction de l'illustre Ageladas. Le style robuste de
ce maître devait être pour Phidias d'un enseignement plus large
et plus fructueux que la manière encore sèche des sculpteurs
attiques. En outre, tandis qu'Athènes
ne travaillait que le marbre, Phidias put apprendre
à Argos la technique du bronze, dont
il devint l'un des maîtres. Cependant Athènes, sous le gouvernement
de Cimon, avait, au lendemain des guerres
médiques, donné une vive impulsion aux travaux artistiques.
Phidias revint dans sa ville natale et
y exécuta des oeuvres importantes, telles que le groupe en bronze
consacré à Delphes
par les Athéniens en mémoire de la journée de Marathon .
Cet ex-voto, dont Pausanias
nous a laissé la description, comprenait un grand nombre de figures,
mais qui, à la manière archaïque, n'étaient pas
reliées les unes aux autres par une composition rigoureuse. Vers
la même époque, il sculpta pour les Platéens
une Athéna
en bois doré et en marbre
blanc. Enfin, il recevait la commande de la fameuse statue
d'Athéna, plus tard appelée Promachos, qui fut placée
sur l'Acropole
et dont on apercevait de loin en mer la pointe de la lance et l'extrémité
de l'aigrette.
Ainsi, la réputation de Phidias
était déjà bien établie et son talent en plein
épanouissement quand s'ouvrit l'administration de Périclès,
qui fut la période véritablement triomphante de l'activité
du maître. Phidias, dès lors, n'est plus chargé seulement
de l'exécution d'oeuvres isolées, il devient, en quelque
sorte, le surintendant des beaux-arts de Périclès et dirige
toute une armée de sculpteurs,
de peintres, d'architectes.
La fin de sa carrière fut attristée
par l'ingratitude de ses concitoyens. Un procès lui fut intenté
pour impiété, sous prétexte qu'il avait sculpté
sa propre image sur le bouclier de l'Athéna Parthenos ,
et pour malversation dans l'emploi des fonds qui lui étaient confiés,
en particulier de l'or destiné à
la Parthenos. Il est vraisemblable du reste qu'il sortit victorieux de
ce procès, puisque aussitôt après il fut appelé
par les Eléens pour exécuter la
statue
chryséléphantine de Zeus Olympien .
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Représentation
imaginaire de Phidias. (Statue adossée à la façade
du
musée du Luxembourg, à Paris). (©
Photo : Serge Jodra, 2010).
On ignore la date de la mort de Phidias,
mais il est plus que probable qu'il faut rejeter comme une légende
la tradition d'après laquelle les Eléens,
une fois la statue achevée, auraient fait périr l'artiste.
En effet, au temps de Pausanias, ils montraient
encore avec orgueil la grande salle qui lui avait servi d'atelier, et le
soin d'entretenir la statue de Zeus, véritable fonction sacerdotale,
était réservé aux descendants du grand sculpteur.
Au Moyen âge ,
le nom de Phidias est entouré de légendes analogues à
celles qui avaient cours au sujet de Virgile.
On se le figurait comme un philosophe illustre venu à Rome
au temps de Tibère, et l'on sait que la
signature inscrite sur l'un des fameux chevaux de Monte-Cavallo : Opus
Phidiae, témoigne de cette naïve popularité.
Les
oeuvres de Phidias
Statues chryséléphantines.
Les deux chefs-d'oeuvre de Phidias ne
nous sont connus que par les textes et la comparaison de ceux-ci avec quelques
monuments conservés. Voici en quels termes Pausanias
décrit l'Athéna Parthénos :
«
La statue d'Athéna est faite d'ivoire et d'or. Au milieu de son
casque est la figure d'un sphinx, et de chaque côté des griffons.
La statue est debout, vêtue d'une tunique talaire, et sur la poitrine
elle porte la tête de Méduse en ivoire. La Victoire a environ
4 coudées de haut. D'une de ses mains, la déesse tient la
lance; à ses pieds est son bouclier, et près de la lance
un serpent que l'on dit représenter Erichtonios; sur le piédestal
de la statue est liguée la naissance de Pandore. »
Sur le bouclier étaient sculptés
à l'intérieur la gigantomachie, à l'extérieur
le combat des Amazones .
La statuette d'Athènes,
dite Pallas Lenormant, reproduit l'attitude de la statue,
mais ce n'est qu'une ébauche assez grossière. Au contraire,
la statue découverte en 1881 sur la place du Varvakéion,
est une oeuvre soignée du IIe siècle
de notre ère. Le casque est identique à la description de
Pausanias, mais la main qui soutient la Victoire est soutenue par une colonnette,
sans doute ajoutée postérieurement pour assurer la solidité
du bras. La célèbre gemme du musée de Vienne ,
les tétradrachmes postérieurs au temps de Périclès
reproduisent également la tête et les détails du casque.
Rappelons la restitution en ivoire et bronze
doré que le sculpteur Simart a tentée pour le duc de Luynes
et que l'on voit au château de Dampierre.
C'est Phidias qui a véritablement
créé le type plastique de Zeus .
Les nombreuses statuettes de ce dieu trouvées à Olympie
et antérieures à Phidias le prouvent. Rien de plus connu
que l'anecdote d'après laquelle l'artiste interrogé par son
frère Panainos sur le modèle dont il s'était inspiré,
aurait répondu par ces vers d'Homère
:
«
A ces mots, le fils de Kronos abaissa ses noirs sourcils; sa chevelure
divine s'agita sur sa tête, immortelle, et le vaste Olympe trembla.
»
Comme tant d'autres traditions, celle-ci ne
doit être qu'une légende. Rien, en effet, si nous en croyons
les auteurs anciens, et d'après les monuments qui nous retracent
quelque image du Zeus Olympien ,
ne rappelait dans l'oeuvre de Phidias l'aspect terrible que décrit
Homère.
Il frappait au contraire par une souveraine expression de calme serein.
Les monnaies d'Elis
permettent de s'en convaincre. Comme la statue d'Athéna ,
celle de Zeus était colossale. Si elle eût été
debout, les calculs les plus modérés lui accordent 14 m.
Il était assis sur un trône, la tête ceinte d'olivier;
de la main droite il portait une Victoire d'ivoire
et d'or, couronnée, et tenant à la
main une bandelette. Dans la main gauche du dieu était un sceptre
incrusté de toutes sortes de métaux; sur le sceptre était
posé un aigle. Les chaussures du dieu étaient en or, ainsi
que son manteau sur lequel étaient représentées des
figures et des fleurs de lys. Telle est à peu près la description
sommaire et insuffisante de Pausanias qui,
en particulier, ne nous explique pas quel parti le sculpteur avait tiré
de l'emploi de l'ivoire et du métal diversement teinté. Le
trône, d'or, d'ivoire, de marbre et d'ébène, était
magnifiquement orné de figures en ronde bosse et de bas-reliefs;
le tabouret où s'appuyaient les pieds de Zeus reposait sur des lions
en or; le tout était placé sur une large base ornée
de reliefs où l'envoyait le char d'Hélios ,
Zeus et Héra ,
Héphaistos
et une Charite ,
Hestia ,
Eros
recevant Aphrodite
sortant des eaux, puis Apollon
et Artémis ,
Athéna et Héraclès ,
Amphitrite
et Poseidôn ,
enfin Sèléné
poussant ses chevaux. Aucune oeuvre ne fut plus admirée de l'antiquité
que le Zeus Olympien. Les Grecs considéraient
comme un malheur de mourir sans l'avoir vu.
Sculptures du
Parthénon.
Nul temple grec ne présentait un
plus magnifique ensemble de sculptures
que le Parthénon ,
avec ses frontons, ses métopes
et ses frises. Plus heureux que pour la sculpture
chryséléphantine, nous pouvons, grâce aux fragments
considérables qui subsistent, apprécier cette partie de l'oeuvre
du grand artiste athénien. Non évidemment que Phidias ait
exécuté en personne cette multitude de figures et de bas-reliefs
où, d'ailleurs, des différences de style et des inégalités
d'exécution trahissent des mains différentes, mais il n'est
pas douteux qu'on doive lui faire honneur de la conception générale
et sans doute aussi de la direction de tout le travail. En outre, il est
tels morceaux sur lesquels, d'instinct, il est impossible de ne pas mettre
le nom de Phidias. Jusqu'en 1687, les sculptures du Parthénon n'avaient,
en somme, pas trop souffert. A cette date, les troupes vénitiennes
de Morosini vinrent mettre le siège devant
Athènes,
et une bombe, tombée au milieu des poudres accumulées dans
le Parthénon par les Turcs, entraina
une explosion qui lit voler en éclat une grande partie de la frise.
Les frontons avaient été peu endommagés, mais des
ouvriers, chargés par Morosini d'en détacher des morceaux
pour les transporter à Venise ,
s'y prirent si mal, qu'ils firent tomber à terre et brisèrent
en miettes un grand nombre de figures. Enfin, en 1801 et 1802, lord Elgin
acheva la dévastation du Parthénon en le pillant pour le
compte du gouvernement britannique. Par bonheur, un peintre français,
Carrey, accompagnant Nointel dans son ambassade à Constantinople,
avait, en 1674, pris des dessins fort complets de ce qui restait encore
intact. Grâce à ces dessins, il
est possible de tenter une restitution de l'ensemble, à l'aide des
fragments subsistants. Les sujets nous sont, en outre, en partie connus
par les textes.
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Phidias
sculpte la statue d'Athéna.
(Illustration
de Walter Crane, 1913).
Le fronton
Est, le plus anciennement mutilé, représentait le mythe de
la naissance d'Athéna .
Dans quel ordre étaient disposées les figures, au nombre
de dix-neuf quel moment de la scène avait choisi l'auteur? il est
si difficile de le dire qu'on n'a pas supposé moins de vingt systèmes
différents. La seule chose que l'on puisse affirmer, d'après
les fragments considérables de onze figures que l'on peut voir au
British Museum, c'est que rien, dans la sculpture d'aucun temps, n'a ni
dépassé ni sans doute atteint l'art merveilleux qui éclate
dans ce fronton. Le nu avec la figure d'Héraclès ,
les draperies avec Iris
debout, avec Déméter
et Coré
assises et appuyées l'une sur l'autre, avec le groupe des trois
divinités féminines assises ou à demi couchées,
les attitudes avec toutes ces figures sont rendues avec une intensité
de vie, une grâce, une noblesse, un naturel dont aucun mot ne peut
donner l'idée. Il faut voir les originaux.
Bien plus mutilé encore est le fronton
Ouest, détruit en grande partie par la lamentable tentative de Morosini.
Lord Elgin ne put recueillir que l'une des figures
d'angle et des fragments. Les dessins de Carrey, du moins, permettent de
retrouver l'ensemble de la composition. Le sujet traité était
la querelle d'Athéna et de Poseidôn pour la possession de
l'Attique .
Au centre, on voyait les deux figures principales, suivies chacune de leur
cortège de divinités. Il est inutile de chercher à
nommer toutes ces divinités, car vingt-cinq systèmes ont
été proposés, sans qu'aucun ralliât les spécialistes.
Du groupe central il ne reste qu'une faible partie de la statue
d'Athéna
et le très beau torse de Poseidôn ;
des autres figures, un groupe magnignifique, quoique fort endommagé,
de Cécrops
et un fragment d'une des Cécropides, une tête de Niké,
la figure nue de Céphise couché, le torse merveilleux de
souplesse et de mouvement d'une divinité féminine drapée,
et diverses parties d'autres figures. Bien qu'en général
moins bien conservés, tous ces fragments ne le cèdent en
rien aux figures du fronton Est. C'est là évidemment qu'il
est permis de trouver la main même de Phidias. Si l'on compare ces
frontons à ceux d'Olympie,
même à celui qui est attribué à Alcamènes,
on se rendra compte de l'immense progrès que Phidias imprima à
la sculpture ,
tant au point de vue de l'exécution qu'à celui de la composition.
Les métopes
offrent un autre genre d'intérêt. Confiées par Phidias
à plusieurs artistes, elles montrent à la fois la persistance
des anciennes écoles et l'influence de Phidias sur les artistes
jeunes. Ces métopes étaient au nombre de 92. Dix-sept seulement
sont conservées : l'une est en place, quinze sont au British Museum,
une au Louvre,
une autre au musée d'Athènes.
Les métopes du côté Est sont martelées. On y
a reconnu par conjecture les dieux et les déesses qui figurent sur
le même côté de la frise.
Les métopes de l'Ouest représentaient peut-être le
combat des Athéniens contre les Amazones ;
au Nord, des scènes tirées de la lutte entre les Centaures
et les Lapithes
encadraient sept métopes centrales ayant trait aux mythes
de l'Attique. Celles-ci peuvent se reconstituer à l'aide des
dessins de Carrey. Toutes les métopes conservées appartiennent
à la Centauromachie, et il est incroyable à quel point
l'artiste a su éviter la monotonie dans un pareil sujet. Toutes
les phases du combat, tous les épisodes que pouvait suggérer
l'enlèvement des femmes lapithes, ont fourni une merveilleuse diversité
de thèmes. Il est certain que si chaque artiste a gardé sa
liberté d'exécution, tous ont dû se conformer à
un plan d'ensemble dont on ne saurait trop admirer la richesse d'imagination.
La partie des sculptures du Parthénon
la plus popularisée par les reproductions de toutes sortes est certainement
la frise. Ces bas-reliefs,
remarquables par la finesse, la variété et le mouvement,
prêtent aux mêmes observations que les métopes.
L'influence de Phidias paraît toutefois s'y être exercée
plus directement. On a beaucoup discuté sur le sujet qu'elles représentent.
Le plus vraisemblable est qu'il faut y voir les préparatifs de la
grande procession des Panathénées.
Ici la matière était infiniment plus féconde que la
lutte des Centaures et des Lapithes. Le centre de la composition était
au milieu du côté oriental, où l'on voit un personnage
barbu qui remet à un jeune garçon une pièce d'étoffe
pliée, et, à gauche, deux jeunes filles portant chacune sur
la tête un siège carré, recouvert d'un coussin, qui
s'apprêtent à décharger leur fardeau devant une femme.
Ces personnages sont probablement le prêtre qui va procéder
an sacrifice, et son assistant ; les jeunes
filles portent les sièges destinés à la prêtresse
d'Athéna
et au prêtre. Puis de chaque côté de ces figures se
groupent des divinités, reconnaissables à leur taille élevée.
A droite et à gauche se déroulent ensuite deux longues files
de personnages des plus variés; magistrats, cavaliers se préparant
à la parade, les uns à cheval, les autres à côté
de leurs chevaux, les uns au pas, d'autres arrêtés, d'autres
au galop; des prêtres, des jeunes filles portant dans des corbeilles
les objets accessoires du sacrifice, puis viennent des femmes métèques,
d'autres personnages conduisant les animaux qui vont être immolés,
des chars, des vieillards tenant des branches d'olivier, des musiciens.
Tous ces personnages sont traités avec un mélange de réalisme
et d'idéal, très caractéristique de l'art
grec des grandes époques.
Oeuvres diverses.
Aux oeuvres de Phidias, connues par les
textes et que nous avons déjà mentionnées, il faut
ajouter l'Athéna Lemnienne ,
qu'on admirait sur l'Acropole d'Athènes,
et dont Pausanias parle comme de l'oeuvre la
plus remarquable de Phidias. Il avait encore exécuté une
Aphrodite Ourania
à Athènes,
une autre en or et en ivoire
à Elis ,
un Hermès Pronaos
à Thèbes ,
un Apollon
tueur de sauterelles, une Amazone
à Ephèse,
une seule statue d'athlète. On lui attribuait
enfin deux statues de bronze et un colosse
nu, consacré par Paul-Emile à
Rome,
dans le temple de la Fortune.
Phidias a pu apprendre des vieux maîtres
la connaissance profonde du corps humain, le respect de la vérité,
la conscience. Il a ajouté à l'art
grec l'intensité de la vie, la perfection du goût et du
style, la science achevée de la composition animée par le
sentiment dramatique.
«
Son caractère original, écrit Collignon, est de faire concourir
le mouvement et la forme à l'expression de la pensée [...].
Nul artiste, dans l'Antiquité, n'a pénétré
aussi avant dans les profondeurs du monde moral. C'est la gloire de Phidias
de compter parmi les rares esprits qui, dans le domaine de l'art, ont entrevu
le divin, et l'ont réalisé dans la mesure des forces humaines.
»
L'École
de Phidias
Ce qui a été dit de Phidias
et de son oeuvre montre assez combien l'école attique fut élargie
par l'exemple de ce maître. Mais, en raison même, sans doute,
de la forte discipline imposée aux artistes qui concoururent avec
Phidias à la décoration du Parthénon ,
leur personnalité paraît en général s'être
peu dégagée et l'on connaît assez mal l'École
de Phidias. Un petit nombre de noms ont seuls survécu. Colotès,
qui collabora aux statues chryséléphantines
de Phidias, avait exécuté seul la table d'or et d'ivoire
de l'Héraion d'Olympie,
sur laquelle les vainqueurs déposaient leurs offrandes.
Ses autres oeuvres sont des statues d'or
et d'ivoire, parmi lesquelles une Athéna dont le casque était
surmonté d'un coq et que l'on attribuait parfois à Phidias.
Agoracrite de Paros suivait le maître d'aussi près. Pausanias
attribue à Phidias la statue de la Mère des dieux ,
au Métroon d'Athènes,
qui appartient en réalité à Agoracrite. Son chef-d'oeuvre
était une statue colossale de Némésis ,
à Rhamnonte. On a retrouvé, à défaut de la
statue, les bas-reliefs de la base. Si mutilés
qu'ils soient, ils présentent le style de Phidias.
A côté de ces élèves
pleins de talent, mais dociles peut-être à l'excès,
il en est un qui se distingue par plus d'originalité, c'est Alcamènes,
né à Lemnos ,
dont la période d'activité se place dans la deuxième
moitié du Ve siècle et peut-être
dans la première du siècle suivant. II faut donc admettre
qu'il n'est pas l'auteur du fronton d'Olympie
que Pausanias lui attribue et sur lequel on ne peut jusqu'à présent
mettre de nom. Il avait exécuté un grand nombre de statues,
dont la plus fameuse était l'Aphrodite des jardins, que nous
connaissons par une bonne copie du Ier
siècle, trouvée à Fréjus ,
et que possède le musée du Louvre.
Lucien
avait une admiration particulière pour cette oeuvre gracieuse (Lucien,
Dialogue
des portraits, 4 et 6). Le Discobole debout du musée
du Vatican,
le Mars Borghèse du musée du Louvre sont très
probablement des répliques d'originaux créés par Alcamènes
et peuvent donner une idée assez complète de la manière
de cet artiste. Les têtes notamment ont un caractère attique
bien prononcé, mais l'auteur n'est pas sans connaître le Doryphore
de Polyclète, que rappellent l'attitude et les divisions très
nettes du torse.
Enfin, quelques artistes secondaires, le
Mégarien Théocosmon, peut-être Pyrrhos, auteur d'une
Athéna Hygie, mentionnée par Plutarque,
se rattachent à l'Ecole de Phidias, mais on ne connaît pas
leur oeuvre et leur talent. (André Baudrillart). |
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