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Dictionnaire
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| Bruges
(en flamand Brugge). - Ville de Belgique Le territoire de
Bruges faisait partie de l'ancienne Ménapie; saint Chrysole vint
y prêcher l'évangile vers la fin du IIIe
siècle; quatre cents ans plus tard Bruges avait pris un accroissement
assez considérable pour obtenir le titre de ville, Baudouin
Bras de fer, premier comte de Flandre Les monuments. Bruges est la ville de Belgique L'Hôtel de ville, de style gothique très élégant et très pur, date du XIVe siècle; il est de proportions plus modestes que les hôtels de ville de Bruxelles et de Louvain construits à la même époque. Il renferme des tableaux de valeur et une riche bibliothèque. Les Halles,
de style ogival, ont été construites au XIIIe
siècle, mais ont subi beaucoup de modifications malheureuses au
point de vue artistique; elles sont surmontées d'un beffroi superbe
haut de 107 m, qui contient un carillon de quarante-huit cloches réputé
un des plus beaux de l'Europe.
Beffroi et Halles de Bruges. Le Palais de justice,
dont la façade a été reconstruite au XVIIIe
siècle, n'a rien de remarquable à l'extérieur, mais
dans une de ses salles se trouve la fameuse cheminée
du Franc, chef-d'oeuvre de sculpture, où figurent, au milieu d'une
foule d'ornements, d'écussons et de portraits, les statues en pied
de Charles-Quint, de Maximilien, de Marie
de Bourgogne Les églises. Les principales églises sont la cathédrale de Saint-Sauveur, de style gothique, mais surmontée d'une tour romane; elle a été plusieurs fois détruite par des incendies; on y voit des sculptures de Quellyn et de Fulinckx, des tableaux de Stuerbout, de van Orlcy, de Devos, de van Oost, etc. L'église
Notre-Dame, du XIIe siècle, dont
la tour s'élève à 145 m; cette église mérite
surtout l'attention par les trésors artistiques qu'elle possède
: les tombeaux de
Charles le Téméraire
et de Marie de Bourgogne, décorés de statues
et de bas-reliefs de cuivre; une statue
de la Vierge avec l'enfant Jésus, attribuée à
Michel-Ange;
la tribune, en chêne sculpté, des sires de Gruthuyse, des
tableaux de Pourbus, de Crayer, de Zeghers, etc.
L'église Notre-Dame vue du canal. La chapelle
de Saint-Basile ou du Saint-Sang; ce nom lui vient de ce qu'on y conserve
une relique La chapelle de Jérusalem, construite au XVe siècle, sur le modèle de l'église du Saint-Sépulcre. Les églises de Saint-Jacques, de Sainte-Walburge et de Sainte-Anne sont riches en tableaux anciens. Le séminaire
épiscopal est installé dans les bâtiments de l'ancienne
abbaye
des Dunes; sa bibliothèque est considérable; elle possède
de nombreux manuscrits du Moyen âge L'hôpital Saint-Jean contient un musée de peinture de premier ordre; on y montre plusieurs tableaux de Memling et notamment le chef-d'oeuvre de ce peintre : la châsse de Sainte-Ursule. Le musée communal renferme des tableaux d'un mérite éminent, parmi lesquels des oeuvres capitales de Memling et de Van Eyck. Bruges a érigé des statues à Memling, à Van Eyck, à Simon Stevin; les deux premières sont l'oeuvre de Pickery, la dernière est due à Simonis. Le sculpteur Devigne a créé un groupe de dimensions colossales, représentant Breydel et de Coninck, les chefs du mouvement patriotique de 1302;. Bruges a donné naissance à un grand nombre de personnages célèbres; citons notamment : Louis van Berken, inventeur de l'art de tailler les diamants, né en 1476; Colard Mansion, qui introduisit la typographie à Bruges, mort en 1484; Pierre de Witte, peintre, sculpteur et architecte, plus connu sous le nom de Candido, né vers 1548 ; François Pourbus, peintre d'animaux, mort en 1580; Josse Damhouder, jurisconsulte, mort en 1581; Simon Stevin, inventeur du calcul décimal, mort en 1635; Grégoire de Saint-Vincent, mathématicien, mort en 1667; Jacques et Jean-Jacques van Oost, père et fils, peintres du XVIIe siècle; Ch. de Brouckere, homme d'État, mort bourgmestre de Bruxelles, en 1860. L'École
de Bruges.
Les peintures murales,
qui furent en tout pays une des premières formes de l'art, ont disparu
ou sont aujourd'hui cachées sous le badigeon. L'unique exemple de
peinture Le premier peintre
célèbre sur lequel on ait quelques renseignements est Jean
ou Hennequin de Bruges. On ne sait à peu près rien de sa
vie, mais on connaît ses oeuvres. Il vécut à la cour
de France. Il fut peintre et valet de chambre de Charles
V, et orna de miniatures une Bible L'École de
Bruges a dès lors tant de renom que Roger van der Weyden, bien que
né probablement à Tournai et ayant passé pour ainsi
dire toute sa vie à Bruxelles, est souvent nommé Roger de
Bruges par les vieux auteurs. Il est vrai qu'il a peut-être étudié
dans sa jeunesse sous Van Eyck.
Le seul élève direct du maître, qui suivit ses traces
avec une sorte de piété parfois un peu timide, c'est Pierre
Cristus. Il paraît être venu à Bruges quelques années
avant la mort du maître et y être resté jusqu'à
l'époque où il mourut lui-même (1473 environ). Vers
le même temps vivait à Bruges l'artiste qui devait surtout
illustrer la ville, et qui s'y trouve en quelque sorte chez lui, comme
Rubens
à Anvers, Hans Memling. Qu'il soit Hollandais ou Allemand d'origine,
il est devenu Brugeois par sa longue résidence dans la cité
flamande, qu'il adopta pour patrie, et où il est mort en 1495. Sa
grâce élégante, sa douce et souriante aménité,
accueillent encore le visiteur, soit à l'Académie, soit à
l'hôpital Saint-Jean, d'où ses oeuvres ne sont jamais sorties
(Châsse de sainte Ursule, Mariage mystique de sainte Catherine,
Adoration des mages). Il est là comme dans un reliquaire. Gérard
David, son élève, venu de Hollande, fixé à
Bruges vers 1483, et qui y mourut en 1523, eut une manière plus
inégale et moins parfaite ; mais ses figures pensives et souffrantes
ont un charme de mélancolie presque moderne. Citons encore, dans
les premières années du XVIe
siècle, Jean Prévost de Mons, établi à Bruges
en 1494, et qui y demeura jusqu'à sa mort (1529). Son unique tableau
connu, un Jugement dernier fait pour l'hôtel de ville dans
la donnée ordinaire, en 1525, est aujourd'hui au musée.
La Cheminée du Franc. Au XVIe siècle, la gloire de Bruges commence à s'effacer devant l'éclat naissant d'Anvers. On n'y rencontre plus que quelques noms importants. Lancelot Blondeel, de Poperinghe, s'y installe avant 1519, et y meurt en 1561. Auteur de l'admirable cheminée du Franc, plutôt architecte et sculpteur que peintre, il prodigua dans ses tableaux une architecture d'invention bizarre et généralement toute dorée. Les plus fameux peintres brugeois du XVIe siècle sont les Pourbus. Le chef de la famille, Pierre Pourbus, de Gouda, en Hollande, résidait à Bruges avant 1540, y épousa une des filles de Lancelot Blondeel, et y mourut en 1584. Il fut, avec son beau-père, le principal directeur des travaux d'art qui se firent alors dans la cité. Ses tableaux religieux, où se montre franchement l'influence italienne, ne valent pas ses portraits, qui sont restés dans la pure tradition flamande, calmes, graves et robustes. C'est un portraitiste qu'on remarque entre Holbein et Antonio Moro. Son fils, François (1545-1581), l'imita sans l'égaler, et son petit-fils, François le Jeune (1569-1622), alla porter à l'étranger, particulièrement en France, ce qui restait encore en lui de l'antique sève. La dynastie des Claes ou Claessens, qui date du même temps, bien que très nombreuse, n'a pas produit un grand homme. Ce sont des gloires de clocher, talents estimables, mais froids ou mesquins. Ils hésitèrent entre la piété simple des vieux maîtres et l'esprit nouveau. Les plus appréciés de la famille semblent avoir été Antoine et Pierre le Jeune, tous deux fils de Pierre le Vieux, et qui vécurent jusqu'au début du XVIIe siècle. Leurs oeuvres sont à Bruges : on ne se les disputait pas au dehors. Les Geerarts, Marc le Vieux et Marc le Jeune, ont passé leur vie en Angleterre. Il faut arriver jusqu'aux Van Oost, au XVIIe siècle, pour trouver un artiste vraiment intéressant, Jacques van Oost le Vieux (1600-1671). Ses tableaux d'église, quoique agréables à l'oeil, et même ingénieux d'arrangement, se ressentent, comme ceux de Crayer, du voisinage de Rubens et de l'imitation des Carraches. Ses portraits sont plus originaux, et représentent d'ordinaire les personnages agissant dans l'exercice de leur profession. Son fils, Jacques van Oost le Jeune (1639-1793), qui vécut surtout à Lille, est loin de le valoir, bien que travaillant à son exemple. Après eux il ne reste plus à citer que des Jean Maes ou des Louis de Deyster, pâles ombres qui ne pouvaient suffire à faire revivre une école depuis longtemps mourante. (E. H. / Paul Leprieur). |
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© Serge Jodra, 2005. - Reproduction interdite.