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| Chute des corps
(physique). - Mouvement que prennent les corps lorsque, abandonnés
à eux-mêmes, ils tombent vers la Terre
ou à la surface d'un autre corps céleste.
Dans l'air, les corps tombent avec des vitesses inégales Les corps d'une grande densité, comme le plomb, tombent rapidement; les corps d'une densité faible, comme le duvet, tombent avec une extrême lenteur. Mais comprimons le duvet entre les doigts de manière à en former une petite boule, et réduisons le plomb en feuille extrêmement mince, il pourra arriver que le duvet tombe, plus vite que le plomb. Dans au tube que l'on a vidé d'air,
tous les corps, lourds ou légers, tombent avec la même vitesse.
S'il en est autrement dans l'air, la cause en est due à la résistance
de ce gaz, résistance qui peut nous paraître insensible quand
nous marchons lentement, mais qui devient très manifeste quand noua
sommes entraînés par la vapeur. Cette résistance de
l'air au mouvement des corps est d'autant plus grande qu'ils lui présentent
une surface plus étendue; elle est d'autant plus efficace que le
corps sous un même volume contient une moindre masse. La nature du
corps, en dehors de ces deux conditions, est sans effet sur le phénomène.
Ce fut Galilée Ce fut également Galilée
qui, le premier, détermina les lois suivant lesquelles s'effectue
la chute des corps, et, pour se garantir de l'influence retardatrice de
l'air, il ralentit considérablement la vitesse du mouvement en l'effectuant
sur un plan incliné, au lien de le laisser se produire suivant la
verticale. L'appareil dont il se servit consistait simplement en une pièce
de bois creusée dans le sens de sa longueur d'une gouttière
hémicylindrique, qu'il inclinait plus ou moins à l'horizon,
et sur laquelle il faisait rouler une balle de cuivre. Il trouva ainsi
que les espaces parcourus, comptés du point de départ, croissaient
proportionnellement au carré des temps employés pour les
parcourir. Grimaldi Nous en donnons ci-dessous, à gauche, une figure. Elle se compose d'une colonne en bois F, au sommet de laquelle se trouve une poulie très mobile AB, dont l'axe appuie par chacune de ses extrémités sur une paire de poulies à jantes croisées, dans le but de diminuer les frottements de cet axe. Sur la gorge de la poulie principale, passe un cordon de soie très fin dont les deux extrémités supportent deux masses égales. Ces deux masses s'équilibrent donc mutuellement; mais si l'on vient à ajouter à l'une d'elles une petite masse additionnelle, l'équilibre est rompu, les deux masses sont entraînées simultanément d'un mouvement d'autant plus lent, que la masse additionnelle est plus petite par rapport à la masse totale entraînée. La chute peut donc ainsi être autant ralentie qu'on le désire. Pour mesurer les espaces parcourus, on a disposé verticalement dans la machine une règle CD divisée en centimètres, et, pour mesurer les temps, cette machine est en outre munie d'un pendule à secondes H. Pour faire l'expérience, l'un des poids étant chargé de sa masse additionnelle calculée convenablement, on le soulève jusqu'au zéro de l'échelle, où on l'appuie sur une petite lame de cuivre qui s'abaisse d'elle-même, par l'effet du mouvement d'horlogerie au commencement d'une seconde. A la division 10 de la règle divisée, on fixe un plan de cuivre P, et on fait osciller le pendule. A un certain moment le corps tombe, et l'instant où bat la seconde suivante, il vient heurter le plan P : 0,10 m ont donc été parcourus pendant la première seconde. En recommençant l'expérience et mettant le plateau P à la division 40, il faudra deux secondes au poids pour l'atteindre; un trouverait de même qu'il lui faudrait trois secondes pour arriver à la division 90, et ainsi de suite. Les espaces parcourus dans des temps 1 s, 2 s, 3 s... sont donc entre eux comme les nombres 1, 4, 9... La vitesse de la chute des corps augmente à mesure que se prolonge la durée de cette chute; elle croît proportionnellement à cette durée, devenant double au bout d'un temps double, ainsi que la machine d'Atwood permet de le vérifier en supprimant à un certain moment la masse additionnelle par le moyen d'un curseur annulaire P'. Cette vitesse est égale dans la chute libre à 9,809 au bout de la première seconde, 9,809 m x 2 au bout de la deuxième seconde... Au bout de dix secondes, elle serait de 98,09 m, c'est-à-dire que, si au bout de ces dix secondes, la pesanteur cessait tout à coup d'agir sur le, mobile, celui-ci continuerait sa route avec sa vitesse devenue constante et capable de lui faire parcourir 98,09 m en une seconde.
La machine d'Atwood (à gauche) et celle du général Morin. Au XIXe siècle, le général Morin, directeur du Conservatoire des arts et métiers, a imaginé pour la vérification de mêmes lois une machine fondée sur un principe dont il a su tirer, dans plusieurs circonstances, un excellent parti. Nous en donnons ici (à droite) une vue de profil. Elle se compose d'un cylindre vertical en bois M, mobile autour de son axe au moyen d'une vis sans fin dont il est muni à son extrémité supérieure, et qui engrène avec une roue dentée R mue par un poids P. Un petit moulinet à ailettes verticales L, mobile en même temps que le cylindre, sert à rendre uniforme la marche de celui-ci. En avant du cylindre, en m, se trouve une masse de fonte retenue par un crochet et munie d'un crayon dont la pointe appuie doucement sur la surface du cylindre. Lorsque la marche du cylindre est régulière, on lâche le poids ne qui tombe verticalement; mais, comme pendant sa chute la surface du cylindre se déplace horizontalement, le crayon y dessine une courbe dont l'inspection conduit à la vérification des lois indiquées plus haut. La rapidité de la chute des corps
croissant avec la durée de cette chute, on comprend que L'intensité
du choc d'un corps sur le sol s'accroisse avec la hauteur d'où il
est tombé. La résistance de l'air peut cependant modifier
ce résultat; comme elle croit avec la vitesse, elle peut, pour une
vitesse donnée, devenir égale à la pesanteur du corps
qui tend à accélérer la marche de celui-ci. Cette
marche devient alors uniforme, et la vitesse constante. C'est, en particulier,
l'effet produit par les parachutes.
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.