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| Dictionnaire | |
| Déterminisme.
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On appelle déterminisme la doctrine qui
soutient que toutes les actions des humains sont déterminées
par leurs états antérieurs sans que sa volonté puisse
changer quoi que ce soit à cette détermination. Les humains,
dans ce système, n'ont donc pas de libre
arbitre et, s'ils croit le posséder, ils n'en possède
que l'apparence.
On peut donner deux raisons principales du déterminisme : par l'une, on déclare a priori que toutes les actions humaines doivent être déterminées par les phénomènes antérieurs, en vertu du principe de causalité; par l'autre, on soutient que le libre arbitre ne peut pas être expérimenté, que l'expérience ne donne que des phénomènes qui se succèdent dans un ordre invariable et, par suite, que le déterminisme est le seul système qui s'accorde avec l'expérience. Le déterminisme peut être abordé sous un angle moral et religieux. Le poser alors comme hypothèse est une des formes du fatalisme, et, par le fait, c'est même la plus commune. Son caractère propre est d'arriver à la négation de la liberté, soit dans l'humain, soit même en Dieu, par la détermination absolue des causes qui meuvent l'univers.Quoi qu'il en soit, qu'on doive ou qu'on ne doive pas soumettre toutes les actions humaines au déterminisme, il n'en est pas moins vrai que le déterminisme est le postulat de toutes les sciences de la nature. Ce qu'on appelle loi, c.-à-d. le rapport invariable entre deux phénomènes, ne peut, en effet, être recherché que si l'on croit que tout phénomène est invariablement suivi et invariablement précédé des autres phénomènes. Or, c'est justement là la formule du déterminisme. Mais les sciences de la nature n'ont pas d'autre objet que la recherche des lois; il s'ensuit bien qu'elles sont toutes basées sur le déterminisme. C'est aussi ce que reconnaissait avec Aristote l'ancienne métaphysique lorsqu'elle donnait à la physique pour but la recherche de l'enchaînement des causes secondes et qu'elle disait que les causes secondes étaient univoques, c. -à-d. que les mêmes causes produisaient toujours les mêmes effets. En outre du déterminisme d'après lequel les phénomènes conséquents sont déterminés par leurs antécédents, et les ensembles sont déterminés par leurs parties, qui est le déterminisme mécaniste, Claude Bernard (Leçons sur les phénomènes de la vie) a proposé que, pour expliquer les organismes vivants, il faille faire appel à une autre sorte de déterminisme où les ensembles expliquent les parties et où les conséquents déterminent les antécédents. Ce déterminisme nouveau, que Claude Bernard appelle un déterminisme supérieur, peut aussi s'appeler un déterminisme finaliste. |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.