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Déterminisme.
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On appelle déterminisme la doctrine qui
soutient que toutes les actions des humains sont déterminées
par leurs états antérieurs sans que sa volonté puisse
changer quoi que ce soit à cette détermination. Les humains,
dans ce système, n'ont donc pas de libre
arbitre et, s'ils croit le posséder, ils n'en possède
que l'apparence.
On peut donner deux raisons principales
du déterminisme : par l'une, on déclare a
priori que toutes les actions humaines doivent être déterminées
par les phénomènes antérieurs, en vertu du principe
de causalité; par l'autre, on soutient
que le libre arbitre ne peut pas être expérimenté,
que l'expérience ne donne que des phénomènes
qui se succèdent dans un ordre invariable et, par suite, que le
déterminisme est le seul système
qui s'accorde avec l'expérience.
Le
déterminisme peut être abordé sous un angle moral et
religieux. Le poser alors comme hypothèse est une des formes du
fatalisme,
et, par le fait, c'est même la plus commune. Son caractère
propre est d'arriver à la négation de la liberté,
soit dans l'humain, soit même en Dieu, par la détermination
absolue des causes qui meuvent l'univers.
Ainsi,
le déterminisme le plus complet est celui que suppose toute métaphysique
panthéiste ( Panthéisme),
et, par des raisons analogues, celui dont le Stoïcisme
offre l'exemple: un double principe, la force génératrice
et la matière,
unies de toute éternité peut former le monde et les différents
êtres à travers une période de développement,
à laquelle succède une période de dissolution, jusqu'à
ce que, toutes choses étant revenues au point de départ et
à l'état primitif, recommence une nouvelle phase qui ramène
dans le même ordre les mêmes phénomènes, non
seulement leur ensemble, mais leurs moindres détails, et ainsi de
suite pendant toute l'éternité de la durée.
Dans
ce système, la liberté des humains et la Providence
ne peuvent subsister que par une inconséquence : la véritable
loi et le véritable Dieu des Stoïciens, c'est la nécessité,
le Destin. Le fatalisme est aussi dans la doctrine
Épicurienne,
où tout résulte du concours fortuit des atomes, du hasard,
c.-à-d. de l'indétermination la plus complète.
La
plupart des mythologies anciennes, orientales et grecque, sont fatalistes
dans le même sens que le Stoïcisme. L'Islam
est considéré comme une religion hautement déterministe.
Les conceptions déterminites ont également trouvé
une expression dans le Christianisme,
bien qu'elles aient été réfutées par les Catholiques
qui ont condamné le prédestinatiens, calvinistes, jansénistes,
etc., pour motif que refusant à la liberté humaine toute
intervention dans l'oeuvre du salut, ont transformé la grâce
en prédestination absolue. (B-E.).
Quoi qu'il en soit, qu'on doive ou qu'on ne
doive pas soumettre toutes les actions humaines au déterminisme,
il n'en est pas moins vrai que le déterminisme est le postulat de
toutes les sciences de la nature. Ce qu'on appelle loi, c.-à-d.
le rapport invariable entre deux phénomènes, ne peut, en
effet, être recherché que si l'on croit que tout phénomène
est invariablement suivi et invariablement précédé
des autres phénomènes. Or, c'est justement là la formule
du déterminisme. Mais les sciences de la nature n'ont pas d'autre
objet que la recherche des lois; il s'ensuit bien qu'elles sont toutes
basées sur le déterminisme.
C'est aussi ce que reconnaissait avec Aristote
l'ancienne métaphysique lorsqu'elle donnait à la physique
pour but la recherche de l'enchaînement des causes secondes et qu'elle
disait que les causes secondes étaient univoques, c. -à-d.
que les mêmes causes produisaient toujours les mêmes effets.
En outre du déterminisme d'après lequel les phénomènes
conséquents
sont déterminés par leurs antécédents,
et les ensembles sont déterminés par leurs parties, qui est
le déterminisme mécaniste, Claude Bernard
(Leçons sur les phénomènes de la vie) a proposé
que, pour expliquer les organismes vivants, il faille faire appel à
une autre sorte de déterminisme où les ensembles expliquent
les parties et où les conséquents déterminent les
antécédents. Ce déterminisme nouveau, que Claude Bernard
appelle un déterminisme supérieur, peut aussi s'appeler un
déterminisme finaliste. |
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