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Épicharme,
philosophe et poète comique grec, né vers 540 av. J. C. dans
l'île de Cos ,
mort a Syracuse
vers 450 av. J.-C. Son père, médecin, l'emmena dans sa première
année en Sicile, où il fut élevé et vécut
à la cour du roi Hiéron de Syracuse. Il paraît avoir
été un des grands poètes comiques de la Grèce.
C'est lui qui donna sa forme à la comédie sicilienne ou dorienne,
laquelle différait de la comédie attique parce qu'elle n'avait
pas de choeur. Les Anciens connaissaient trente-cinq comédies d'Epicharme,
toutes en dialecte dorien. Elles avaient pour sujet soit des mythes où
figuraient les héros et les dieux ( La
mythologie grecque ),
soit des scènes de la vie réelle; on en admirait non seulement
l'esprit et la vivacité du dialogue, mais aussi la vigueur de l'observation.
Il n'en a été conservé que des fragments insuffisants
pour que nous puissions juger Epicharme.
Epicharme paraît
avoir été en même temps un philosophe, qu'on rattache
d'ordinaire à l'école pythagoricienne
: c'est du moins ce que permettent de croire, outre divers témoignages
anciens, les sentences et maximes qu'on rencontre dans les quelques fragments
que nous avons de ses oeuvres. Toutefois, on n'a pas le droit de supposer
qu'il ait eu une doctrine bien arrêtée, et il ne faut pas
accorder trop de confiance à l'assertion d'Alcimus, rapportée
par Diogène Laërce, suivant
laquelle
Platon aurait emprunté à
Epicharme la plus grande partie de ses doctrines.
On cite de lui quatre
textes, dont les deux derniers paraissent seuls authentiques. Dans le premier,
il affirme, comme Xénophane, l'éternité
des dieux; les humains, au contraire, sont soumis à un perpétuel
changement : Platon, dans le Théétète, fait
allusion à cette opinion d'Epicharme. Dans le second, il soutient
que, de même que l'art est autre chose que l'artiste, de même
le bien doit être une chose en soi, et c'est en s'instruisant dans
le bien que l'humain peut devenir bon. Le troisième conclut de l'instinct
des animaux que tous les êtres vivants sont doués de raison.
Selon le quatrième, chaque être est plus satisfait de lui-même
que de tous les autres : le chien s'admire lui-même, et l'humain
pense qu'il est ce qu'il y a au monde de plus beau. A vrai dire, ces théories
et d'autres encore ne témoignent pas clairement que ce soit à
l'école pythagoricienne plutôt qu'à d'autres qu'il
faut rattacher la philosophie d'Epicharme. (A. / V. Br). |
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