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Les
étoiles doubles
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On parle d'étoiles
doubles
pour désigner des étoiles
apparemment très proches l'une de l'autre. Cela est dû parfois
à ce que l'une des composantes se trouve près du prolongement
du rayon visuel mené à l'autre composante : on a alors affaire
à un système ou un couple optique. Mais le plus souvent ces
astres sont réellement peu distants l'un de l'autre et constituent
ce que l'on appelle un système physique (un couple physique dans
le cas de deux étoiles), chose qui n'a été comprise
qu'à partir de la fin du XVIIIe
siècle.
Très vite, les astronomes se sont
demandé si les deux astres qui forment un couple physique n'obéissent
pas aux lois de la gravitation
universelle, et si le plus faible ne tourne pas autour du principal de
la même manière qu'une planète
autour du Soleil ,
ou qu'un satellite
autour de sa planète. W. Herschel est
parvenu le premier à établir la réalité des
révolutions
et à en calculer approximativement la durée, de 1776
à 1804, mais c'est à
Savary
que l'on doit le calcul, en 1829, de
la première orbite
d'étoile double, Mizar (Grande Ourse ).
De même que les perturbations
d'Uranus
ont fait découvrir Neptune
à Le Verrier et à à Adams,
les variations des positions de Sirius ont conduit Bessel
à supposer que cette brillante étoile a un compagnon qui
lui fait parcourir en 50 ans, suivant les calculs de Peters
(1851), une ellipse dont le grand arc
est vu de la Terre
sous un angle supérieur à 2°. En 1862,
l'enfant du constructeur Clark, regardant Sirius
avec une puissante lunette de 47 cm d'ouverture, apercevait le compagnon
de cet astre. Une découverte semblable a été faite
sur Procyon et s'est répétée souvent ensuite. Elle
a permis notamment de mettre en évidence l'existence de ces astres
compacts que sont les naines blanches .
Elles occuperont durablement les astrophysiciens au XXe
siècle.
Dates
clés :
1767
- Michell soupçonne l'existence de couples stellaires réels.
1844
- Bessel prédit l'existence de compagnons obscurs autour de Procyon
et de Sirius.
1889
- Découverte des premières binaires spectroscopiques par
A. Maury et E. Pickering.
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jalons |
Étoiles
doubles anciennes
Le nom d'étoile
double a été employé la première fois par Ptolémée
dans sa description de l'apparence de n
Sgr (Sagittaire ).
Le premier objet de ce genre de couvert avec une lunette est probablement
z
UMa (Grande Ourse ),
qui parut double à Riccioli en 1651;
le système quadruple de q
Ori (Orion )
a été découvert par Huygens
en 1656
et la large paire de y
Ari (Bélier )
indiquée par Hooke huit ans plus tard. En
1689,
le P. Richaud, en observant une comète à Pondichéry,
sépara les composantes de a
Cen (Centaure );
la duplicité de g
Vir (Vierge )
a été découverte accidentellement par Bradley
et Pond en 1718,
et redécouverte ensuite par Cassini et
Messier
pendant une observation d'occultation ;
enfin a
Gem
(Gémeaux )
a été résolue en 1719,
la 61e du Cygne en 1753
et b
Cyg (Cygne )
en 1755.
L'époque
des pionniers
Si le terme d'étoile double remonte
à l'Antiquité, la notion qu'il sous-tend aujourd'hui date
seulement de la fin du XVIIIe
siècle.
Époque à laquelle
Michell et W.
Herschel on commencé à considérer l'existence
de couples stellaires dont les composantes sont liées physiquement.
Depuis, de vastes catalogues ont été dressés et des
milliers de ses objets sont connus. Ce travail de défrichage a permis
de bien caractériser ces astres. Au XIXe
siècle, y sont attachés
notamment les noms de John
Herschel et de William Struve, puis
de Maedler,
Bessel,
Dawes,
O.
Struve, Schmidt,
Flammarion
et Dembowski et, au XXe
siècle, de Burnham, Jonckheere
et Paul Couteau, parmi beaucoup autres.
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La
masse des étoiles
Les astronomes ont
su déterminer les orbites des étoiles binaires dès
les premières années du XIXe
siècle. A partir de l'instant où
ils ont également été capables de mesurer les parallaxes
de quelques étoiles proches, et partant d'en calculer la distance
- un tournant marqué par la détermination en 1838,
par Bessel, de la parallaxe de 61 Cygni (Cygne)
-, il leur a été possible de commencer à calculer
les masses des étoiles. La méthode qu'ils vont suivre est
simple et facile à comprendre, mais le progrès qu'elle représente
est considérable. D'abord au point de vue des concepts, car cela
va représenter la première application de la loi d'attraction
universelle
de Newton hors du Système solaire ,
ensuite, tout bêtement, au point de vue de la connaissance des étoiles
: les systèmes binaires restant encore aujourd'hui le seul moyen
d'accès fiable à ce paramètre fondamental qu'est pour
une étoile sa masse.
L'astronomie
de l'invisible
La présence d'un compagnon à
proximité d'une étoile affecte son mouvement. Les deux astres
gravitent autour d'un centre de masse commun. Il s'ensuit qu'observer le
déplacement périodique de l'une des composantes permet d'en
déduire l'existence de l'autre, même si sa lumière
est trop faible pour pouvoir être observée. Les premiers succès
de cette nouvelle astronomie de l'invisible, comme on l'appelait au
XIXe siècle auront été
les découvertes des compagnons obscurs de Sirius et de Procyon,
c'est-à-dire des premières naines blanches .
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Les
binaires spectroscopiques
La lumière des systèmes binaires
a ceci de particulier qu'elle provient de deux sources distinctes très
proches l'une de l'autre. Cela a offert aux astronomes des opportunités
particulières. Ils ont pu ainsi dès les dernières
années du XIXe
siècle mettre en évidence l'existence de couples
ne se révélant à l'observateur que par la présence
d'un double système de raies .
Il s'agit des binaires spectroscopiques. Les variations de position relatives
de ces raies ont également pu être utilisées très
tôt pour déterminer les orbites de ces systèmes. Au
XXe
siècle, la spectroscopie, associée aux progrès
de la photométrie, a également permis, à travers la
résolution de ce que l'on appelé le paradoxe d'Algol, de
mettre en évidence des phénomènes inattendus dans
les systèmes binaires : à commencer par l'existence de transferts
de matière entre les composantes, conduisant à des chemins
évolutifs très différents de ceux d'une étoile
simple.
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En
librairie - Paul
Couteau, Ces astronomes fous du ciel (ou l'histoire de l'observation
des étoiles doubles), Edisud, 1988. |
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