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Les
gens
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| Harriot
(Thomas), mathématicien, né à Oxford en 1560, y reçut
le degré de maître ès arts à l'age de dix-neuf
ans; il enseigna ensuite les mathématiques à quelques jeunes
seigneurs, entre autres au chevalier Walter Raleigh,
qui lui témoigna toujours depuis beaucoup d'attachement. Il fit
partie de l'expédition que Richard Grenville conduisit en Virginie,
leva la carte de cette contrée, et rédigea le journal de
son voyage. De retour en Angleterre, après une absence de deux années,
il continua de s'appliquer à l'étude des mathématiques,
avec tant de zèle et de succès, que Henri Percy, duc de Northumberland,
le protecteur éclairé de tous les savants, lui assigna une
pension de cent vingt livres sterl. à titre d'encouragement. Harriot
fut reconnaissant des bontés du duc; et il ne l'abandonna point
pendant sa longue captivité à la Tour de Londres. Robert
Hues et Walther Warner, pensionnés également par Percy, montrèrent
un semblable dévouement, et le suivirent aussi à la Tour.
Depuis ce temps, ces trois savants furent surnommés les trois mages
du duc de Northumberland. Harriot mourut à Londres, le 2 juillet
1621, âgé de 60 ans et quelques mois, après avoir cruellement
souffert d'un chancre à la lèvre, qu'on attribuait à
l'habitude qu'il avait contractée de tenir à la bouche ses
instrumenta de mathématique en cuivre souvent chargés de
vert-de-gris. Ses amis lui firent élever un tombeau dans l'église
St-Christophe.
Harriot était en correspondance
avec plusieurs savants, entre autres Kepler, avec
lequel il eut une discussion sur la théorie de l'arc-en-ciel L'ouvrage qui a fait la réputation d'Harriot comme mathématicien est intitulé Arta analytica praxis ad equationes algebricae resoluendas, Londres, 1631, in-fol. Il ne s'y borne pas à considérer les équations dans la forme usitée jusqu'alors, c'est-à-dire en égalant les termes; mais il fait passer, dans l'occasion, le dernier terme du même côté que les autres, et, l'affectant d'un signe contraire à celui qu'il avait, égale toute l'expression à zéro. Montucla (Histoire des mathématiques, t. 2, p.106), remarque qu'Harriot fut bien éloigné de faire tout l'usage qu'il pouvait de saut découverte et d'en sentir tout l'avantage, et qu'il n'eut qu'une idée peu développée des racines négatives. Le principal service qu'il ait rendu aux mathématiques, c'est d'avoir observé que toutes les équations d'ordres supérieurs sont des produits d'équations simples; découverte de laquelle découlent une foule de choses intéressantes pour l'analyse. Wallis a singulièrement grossi la liste des découvertes d'Harriot; mais la plupart de celles dont il lui fait honneur appartiennent incontestablement à Viète ou à Descartes, dont Wallis s'attache à rabaisser le génie pour relever celui de son compatriote. Montucla a réduit à leur juste valeur les services du mathématicien anglais; et ils sont assez grands pour lui mériter, dans un rang secondaire, une place parmi les hommes qui ont contribué aux progrès des sciences mathématiques. On conserve un traité d'Harriot, intitulé Ephemeris chyrometrica, dans la bibliothèque du collège de Sion. Quelques autres de ses manuscrits ont été retrouvés en 1784, dans le château du duc de Northumberland, au comté de Sussex; et l'un d'eux prouve qu'Harriot s'était procuré un télescope batavique ou qu'il en avait deviné la construction, et qu'il concourut, avec Galilée, à la découverte des taches du Soleil. (W-s.). |
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.