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Stockholm,
Holmia
est la capitale de la Suède ;
790 000 habitants (2009). Elle doit son nom à ce qu'elle fut
fondée dans des îles boisées (son nom est dérivé
de
stock = bois, morceau de bois, et de holm = île)
et se situe à 500 km de Copenhague
et à 1900 km au Nord-Est de Paris ,
au point de rencontre des eaux douces du lac Maelar et des eaux salées
de la mer Baltique
qui y pénètre en un fjord rempli d'îles, dit Saltsjoen
(lac Salé). La ville est bâtie, partie sur des îles,
partie dans une plaine, partie sur des hauteurs (maximum : 56 m au-dessus
du niveau de la Baltique). Cette diversité de terrains, jointe à
l'abondance et à la limpidité des eaux, d'autre part à
l'affleurement fréquent de la roche primitive, granit ou gneiss
gris, qu'on voit apparaître âpre et nue jusque dans les quartiers
les plus modernes et les plus luxueux de la ville, tout cela lui donne
une variété d'aspects et un pittoresque incontestables. On
a pu, non sans raison, la comparer à maintes cités du Midi,
à Venise ,
à Istanbul ,
à Genève ,
mais sans épuiser par ces rapprochements un genre de beauté
très complexe et très particulier, que vient cependant gâcher
un abominable réseau d'autoroutes urbaines, qui défigure
certains quartiers.
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Stockholm
sur une ancienne photographie.
Le climat de Stockholm est continental.
L'hiver, de quatre mois (24 novembre - 29 mars), est adouci par les vents
d'ouest; l'été, de quatre mois également (25 mai -
24 septembre), est tempéré par les grandes masses d'eau environnantes.
Moyenne annuelle de la température : +5,3 °C; moyenne de janvier
: - 2,9 °C ou -3,3 °C; moyenne de juillet : +16,4 °C. Précipitations
annuelles : 0,43 m.
Les quartiers.
Le Maelar, d'un niveau supérieur
de 0,30 m en moyenne à celui de la Baltique, débouche dans
la ville : 1° au Nord de l'îlot central de la cité, par
le Norrstroem (courant du Nord) ou Stroemmen, large et magnifique bras;
2° au Sud du même îlot, par deux petits goulets, celui
du Sud, aujourd'hui comblé, celui du Nord, dit Slussen (l'Ecluse),
canalisé, en effet, au moyen d'une écluse.
La ville actuelle est ainsi naturellement
divisée en trois parties principales :
1° le centre : Staden (la
Cité), appelée aussi Staden inom broarna (la Cité
en deçà des ponts), la vieille ville, située dans
l'île centrale de Stadsholmen et sur l'îlot voisin de Riddarholmen
(îlot des Chevaliers);
2° le Nord : Norrmalm (faubourg du
Nord) et ses dépendances, au Nord du Maelar et du Saltsjoen;
3° le Sud : Soedermalm (faubourg du
Sud), sur la rive Sud du Maelar et du Saltsjan.
Plan
de Stockholm. Cliquez sur l'image pour afficher un plan zoomable grand
format.
Le
Centre.
L'intérieur de Staden, aux ruelles
et « venelles » (groender, brinkar) chaotiques
et tortueuses, aux maisons hautes et massives, constitue la partie la plus
ancienne de Stockholm. Les rives (Skeppsbron,
beau quai de granit, etc.) sont une suite ininterrompue de ports et de
marchés. L'île contient, entre autres monuments : le Palais-Royal,
la cathédrale, la Maison de l'ordre
équestre, la Bourse, etc. Quant à l'îlot de Riddarholmen,
il est occupé par des édifices publics placés sans
symétrie les uns près des autres et tenant dans un espace
fort restreint (15 hectares) : l'église
de Riddarholm, le Riksdag, la Cour royale de justice, les Archives.
Les
Quartiers Nord.
Deux vieux ponts, Norrbro (Pont du Nord,
achevé en 1797) et Vasabron (1878), relient Staden à Norrmalm.
Le premier s'appuie en partie sur l'extrémité Est de Heigeandsholmen
(l'îlot du Saint-Esprit), où est le palais du Riksdag. Les
quartiers du Nord comprennent :
1° Norrmalm proprement
dit, partagé en deux moitiés Ouest et Est par l'ås
ou colline de Brunkeberg, centre des affaires, des grands magasins, des
musées, des théâtres, et autrefois demeure de la riche
bourgeoisie. Au Nord-Ouest s'y rattache Vasastaden, vaste faubourg de peuplement
plus récent; au Sud-Est, l'ancienne île de Blasieholmen réunie
à la terre, et, lui faisant suite, les îlots de Skeppsholmen
(l'île des Navires) et de Kastellholmen (l'île du Château),
portant la citadelle.
2° Oestermalm (faubourg de l'Est),
situé à l'Est de Norrmalm, jadis ensemble de propriétés
rurales désigné sous le nom de Ladugårdslandet (la
Métairie), quartier bâti dans La seconde moitié du
XIXe siècle et transformé
en résidence luxueuse de la classe aisée.
Au Sud-Est s'y relie par un pont, incorporée
à la ville depuis 1868-1870, l'île de Djurgården (le
Parc), la grande promenade rustique des Stockholmois, avec le petit faubourg
de Djurgårdsstaden et l'îlot adjacent de Beckholmen. Djurgården
referme plusieurs musées : Skansen (parc ethnographique), Nordiska
Museet (musée nordique); Wasavarvet (où est exposé
le Vasa, le navire qui avait coulé le jour même de
sa mise à l'eau, en 1628, et qui a été renfloué).
Oestermalm se prolonge, en outre, fort
loin vers l'Est depuis l'annexion au territoire urbain de l'ancienne partie
continentale de Djurgården, comprenant le littoral du Saltsjoen,
sur une assez grande étendue, avec le port de la Vaerta.
3° Kungsholmen (l'îlot
du Roi), quartier sis dans une île du Maelar, du côté
Ouest de Norrmalm, séparé de ce dernier par le bras, en partie
comblé, de Klara viken. C'est un quartier de fabriques et aussi
d'hôpitaux.
Le
quartier Sud.
Quartier populaire, Soedermalm s'accroche
pittoresquement aux flancs et surtout se dresse au sommet d'un rocher qui
surplombe à pic, à l'Ouest, le Maelar (quartier Sainte-Marie),
et à l'Est le Saltsjoen (quartier Sainte-Catherine). La vue panoramique
de Stockholm, du haut du Mosebacke, terrasse avancée de Soedermalm,
est de toute beauté.
Les
environs de Stockholm.
Les environs de Stockholm ajoutent à
l'intérêt et à la beauté de la capitale. Du
côté du Maelar, c'est un labyrinthe de vikar (baies),
avec, dit-on, 106 paroisses et 200 châteaux
riverains; celui de Drottningholm, tout voisin de la ville, construit par
les architectes du Palais royal, est la résidence d'été
du roi. Du côté du Saltsjoen, c'est le Skaergard ou l'«
Archipel » inextricable, composé d'une poussière -
autour de 4000... - d'îles, d'îlots, d'écueils, avec
des rives élevées, des passes parfois étranglées,
des sites plus variés et plus pittoresques que ceux du Maelar (Gustafsberg,
Vaxholm, Dalarae, etc.), et dans des baies contiguës, les châteaux
royaux de Haga (fin du XVIIIe siècle)
et d'Ulriksdal (fin du XVIIe), Djursholm,
colonie de villas, etc.
Les rues et les
places.
Les principales rues sont : Drottninggatan
et Regeringsgatan, les deux grandes artères commerciales de Norrmalm;
les larges de Kungsgatan, Vasagatan et surtout Birger Jarlsgatan; les belles
avenues de Carlavaegen et Valhallavaegen et le vaste quai de Strandvaegen
à Oestermalm; dans Soedermalm, Goetgatan, Hornsgatan; citons enfin,
dans la Cité, les vieilles et curieuses rues, telles que Vesterlanggatan.
Les places sont : Gustaf Adolfstorg est
la plus centrale (dans Norrmalm, au bout de Norrbro), avec une statue
équestre en bronze de Gustave-Adolphe.
Dans la cité, plus anciennes, elles sont de proportions plus réduites
(Riddarhustorg, devant la Maison équestre; Stortorget [la Grand-place],
devant la Bourse, etc.), sauf Slottsbacken (la Montée du Palais),
avec un obélisque élevé
par Gustave III en l'honneur de
la fidèle bourgeoisie de Stockholm
et une belle statue de ce roi, oeuvre de Sergel. La plupart des places
modernes sont plantées d'arbres et constituent de beaux squares
: à Norrmalm, c'est Berzelii Park, avec une statue de Berzélius
par Qvarnstroem, et surtout Kungstroedgården (le Jardin du Roi),
orné des statues des rois Charles
XII et Charles XIII et d'une gracieuse
fontaine,
par Molin, l'endroit préféré des citadins qui l'appellent
Parken (le Square, par excellence); à Oestermalm, Humlegården
(la Houblonnière) est un riche jardin
de 12 hectares. Mais, par les beaux jours, la population afflue surtout
à Djurgården, le « Bois de Boulogne »
de Stockholm, et dans ce vaste parc, particulièrement à Skansen,
son Jardin d'acclimatation. Djurgården, qui date de Gustave Ill et
de Charles XIV Jean, renferme des villas comme Rosendal, autrefois habitation
de plaisance du second de ces rois, des théâtres
d'été, etc., une statue en bronze de Bellmann,
oeuvre de Bystroem.
Les monuments.
Indépendamment de ses vieilles
maisons de la Cité, Stockholm n'a guère conservé de
monuments antérieurs au XVIIe siècle.
Les plus anciennes églises sont :
1° La Cathédrale
ou Saint-Nicolas, qui daterait de 1264 et serait l'oeuvre du fondateur
même de la ville,
Birger Jarl, mais qu'une
restauration malhabile au XVIIIe siècle
a gâtée et pourvue d'un vilain clocher;
voisine du Palais, c'est le lieu de couronnement, des rois de Suède ;
2° L'église de Riddarholm,
qui leur sert de sépulture ainsi qu'à des personnalités
suédoises; ancienne église de franciscains
surmontée d'une tour de 90 m avec flèche à jour en
fonte, c'est un édifice hybride, originairement gothique, avec addition
de maintes parties de style Renaissance.
Citons encore l'église
allemande, du XVIIe siècle (restaurée
en 1887); Saint-Jacques, pour un beau portail
de la même époque ; Sainte-Claire, pour les sculptures
de Sergel; Sainte-Catherine, pour ses vastes proportions, etc.
Dans l'architecture civile, le Palais Royal
se place au tout premier rang : dressé sur un soubassement de granit
au Nord-Est de l'île de la Cité, cet édifice rectangulaire,
de 123 m de long sur 116 de large, bâti dans le style de la Renaissance
italienne par Nicodème Tessin le Jeune, puis par son fils, de 1697
à 1760, est un chef-d'oeuvre de construction pour la variété
et la convenance des matériaux employés; la situation de
cette demeure souveraine, baignée par les eaux marines, est peut-être
unique au monde; parmi les appartements intérieurs, fort riches,
la grande galerie a 48 m sur 7; la salle des fêtes, surnommée
« la Mer Blanche » en raison de sa décoration claire,
en a 41 sur 35. Vis-à-vis de la façade Sud, le premier des
architectes précités avait édifié sa propre
maison; elle possède une très belle cour.
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Le
Palais royal de Stockholm.
De la période antérieure,
c.-à-d. de la seconde moitié du XVIIe
siècle, où prédomine l'influence des styles français,
datent : la Maison équestre, palais de l'ordre de la noblesse, en
grès et en briques (1648-1870), l'Hôtel de ville (ancien palais
Bonde), tous deux dans la Cité; la Cour royale de justice de Svea
(ancien palais Wrangel, demeure royale de 1697 à 17549), dans Riddarholm,
etc. A l'époque rococo et à
l'époque Louis XVI se rattachent le Palais
du prince héritier, sur la place Gustave-Adolphe; la Bourse (1767-1776),
la Douane (1788), dans la Cité, etc.
La plupart des édifices publics
datent de la seconde moitié du XIXe
siècle : le Musée national, bâti par le Berlinois Stüler
de 1850 à 1865, style Renaissance,
avec portique de marbre
vert de Suède ,
est sans doute le plus artistique; les fresques
de Carl Larsson rehaussent la décoration intérieure; la situation
bien isolée du monument à Blasieholmen le fait valoir et
en même temps préserve de voisinages dangereux les collections.
Citons aussi : l'École polytechnique
(1864), de Scholander; l'Académie des beaux-arts et surtout l'Opéra,
sur la place Gustave-Adolphe, bâti de 1891 à 1897 par Anderberg
d'après le système de Garnier;
enfin les luxueux immeubles ou hôtels élevés dans l'élégant
quartier d'Oestermalm (notamment dans les rues citées plus haut).
L'histoire de
Stockholm.
La fondation de Stockholm doit remonter
à la fin du XIIe ou au début
du XIIIe siècle : une forteresse
aurait été construite alors à l'embouchure du Maelar
comme ouvrage avancé destiné à couvrir les villes
riveraines de Sigtuna et d'Upsala ,
et à repousser les incursions des pirates estoniens.
La tradition regarde comme le fondateur de la ville le jarl Birger
qui, vers 1255, l'entoura de fortes murailles. Stockholm était à
ce moment et elle resta longtemps confinée dans les îlots
de Stadsholm, de Riddarholm et de Helgeandsholm qui en formaient alors
six : ce court espace explique l'entassement des constructions du temps.
En cette ville eut lieu en 1520 le fameux
Massacre
de Stockholm, par lequel Christian Il crut consolider la domination
du Danemark
sur la Suède, et qui n'eut pour effet que la chute de ce prince,
la rupture définitive de l'union de Kalmar
et l'avènement des Vasa (1523). A cette même époque
troublée, les faubourgs (malmarna), s'établissaient
bien sur la terre ferme, les sièges successifs des Danois
remettaient souvent leur existence en cause, et ils ne devaient être
définitivement réunis au territoire urbain qu'au cours du
XVIIe siècle. La petite cité
n'en préludait pas moins déjà à ses destinées
de capitale (ce qu'elle devint au XVIIe siècle
en remplacement d'Upsala), la prise de la ville constituant presque toujours
le coup décisif qui réglait le sort du royaume tout entier.
D'autres fléaux que la guerre retardèrent
le développement de Stockholm : de terribles incendies la désolèrent
à maintes reprises (1297, 1407, 1419, 1445, 1458, 1495, 1625, 1719,
1723, 1751, 1759, 1802, 1822, 1857). Elle dut aussi sauvegarder son indépendance
commerciale : en relations continues avec les villes
hanséatiques, elle fut étroitement dominée au
Moyen âge
par les Allemands, et l'heure de sa complète
émancipation économique ne sonna qu'avec celle de l'affranchissement
politique du royaume au XVIe siècle,
oeuvre de Gustave Vasa. Dès lors
l'histoire de la capitale se confond avec celle du pays.
Ajoutons pour finir qu'il a été
conclu à Stockholm plusieurs traités de paix sous la médiation
de la France ,
notamment en 1719 entre la Suède et l'Angleterre ,
et en 1720 entre la Suède la Prusse
et le Danemark. (G. Lévy-Ullmann). |
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