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Hévélius
ou Hevel (Johannes), astronome né à Dantzig ,
le 28 janvier 1611, mort en 1687, de parents qui jouissaient d'une grande
aisance. Kruger, son professeur de mathématiques, lui conseilla
de se consacrer à l'astronomie, qui lui promettait de brillantes
découvertes, Le jeune Hévélius se rangea à
cet avis et se prépara à la carrière qu'il devait
embrasser, en cultivant avec une ardeur exemplaire le dessin et la mécanique.
II voyagea dans divers pays de l'Europe pour visiter les établissements
scientifiques et les observateurs sur les traces desquels il désirait
marcher. De retour dans sa patrie, il prit, comme échevin ou comme
consul, une part notable à l'administration des affaires publiques.
Disons à l'honneur des hommes de science que ses jugements ne furent
jamais réformés. Ces fonctions ne le détournèrent
pas de sa véritable vocation. En 1641, il fit bâtir sur sa
propre maison un observatoire qui a été le théâtre
de tous ses travaux: ajoutons que la compagne qu'il s'était donnée,
madame Hévélius, le seconda très utilement pour l'observation
et dans ses calculs; il lui rend à cet égard une complète
justice. |
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Le premier ouvrage
d'Hévélius, publié en 1647, sous le nom de Sélénographie.
C'est la description d'une carte de la Lune
qu'il avait donnée en 1640 [a].
Ce traité, fruit d'un immense travail, et dont l'auteur, pour éviter
toute inexactitude, grava lui-même les figures, répandit sa
réputation dans le monde entier. Aussi, lorsque Louis
XIV, sous les inspirations de Colbert, voulut
donner des marques de sa bienveillance aux savants les plus célèbres
de l'époque, Hévélius ne fut-il pas oublié.
Il reçut une somme d'argent une fois donnée et une pension
annuelle.
Le second traité d'Hévélius,
la Cométographie, parut en 1668, en un volume in-folio de
900 pages. C'est un ouvrage plein d'érudition et dans lequel on
trouve l'idée, tout à fait neuve, pour l'époque, que
les comètes
se meuvent dans des paraboles. L'auteur ne disant pas quelle est la vraie
place du Soleil
dans l'intérieur de ces courbes, et suivant quelles lois les vitesses
varient lorsque ces astres s'approchent des sommets, la découverte
était imparfaite, mais il serait injuste de ne pas tenir compte
de ce premier pas qu'elle signale. |
[a]
Il y explique notamment les phases
de la Lune, décrit ses taches
en détail et avec exactitude, donne une bonne méthode pour
la mesure de ses taches, expose une théorie remarquable de la libration
de cet astre. |
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Du reste, Hévélius
soutenait encore avec force que les comètes étaient des agglomérations
momentanées de matière provenant des exhalaisons des planètes .
Il supposait encore que ces agglomérations, au lieu d'être
sphériques, affectaient les formes de disques très peu épais;
il croyait expliquer par là les apparitions subites de comètes
qui d'abord s'étaient présentées à la Terre
par Ia tranche.
Hévélius cite, dans son traité,
des comètes dans lesquelles il avait aperçu plusieurs noyaux.
En 1678 et 1679, furent publiées
les deux parties d'un ouvrage considérable, intitulé : Machina
coelestis, et dans lequel Hévélius décrit tous
les instruments dont il a fait usage pendant sa longue carrière.
Ces instruments, généralement très ingénieux,
ont été exécutés à très grands
frais par l'auteur lui-même. On trouve dans cet ouvrage les motifs
qui le déterminèrent, malgré les réclamations
de l'Europe savante, à repousser les lunettes dans la mesure des
angles et à continuer à se servir, comme Tycho,
de pinnules auxquelles du reste il fit subir des modifications essentielles.
On voit dans le même ouvrage qu'Hévélius était
devenu très expert dans la construction des objectifs. Il parle
d'un de ses verres dont la distance focale était de 27 mètres.
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Cénacle
d'astronomes présidé par Uranie

Hévélius
préférait les anciens instruments aux nouveaux, et les lunettes
lui paraissaient encore superflues quarante ans après leur première
application à l'astronomie par Galilée.
Ainsi, dans son Prodromus Astronomiae (publié en 1690, trois
ans après sa mort), Hévélius, qui ne s'était
servi des lunettes qu'à son corps défendant, montre encore,
au-dessus de son Cénacle d'astronomes présidé par
Uranie, une terrasse sur laquelle sont installés tous les anciens
instruments antérieurs à l'optique |
Le travail capital d'Hévélius
est un catalogue
d'étoiles
qui ne fut publié qu'en 1690, trois ans après la mort de
l'auteur. Ce catalogue renferme 1564 positions d'étoiles pour l'an
1660. Cet ouvrage était destiné à contenir, en outre,
une grande variété d'observations du Soleil, des planètes
et de la Lune. Mais un épouvantable incendie qui détruisit
une partie de la ville de Dantzig, le 26 septembre 1879, réduisit
en cendres la plupart des instruments d'Hévélius, sa bibliothèque
et la plus grande partie de ses manuscrits. Le grand observateur, malgré
son âge déjà avancé, supporta ce désastre
avec une admirable résignation et chercha à en atténuer
les effets par tous les moyens possibles.
Hévélius avait obtenu des
rois de Pologne la permission d'avoir une imprimerie et un atelier de gravure
dans des salles dépendantes de l'Observatoire, de telle sorte que
les observations étaient faites, calculées, imprimées
et gravées à ses frais sans déplacement.
Hévélius mourut le 28 janvier
1687, âgé de soixante-seize ans. Son nom sera conservé
dans les fastes de la science comme celui d'un observateur plein de zèle
et d'un désintéressement exemplaire. Un souvenir bienveillant
sera toujours accordé à madame Hévélius, la
première femme, à ma connaissance, qui n'ait pas craint d'affronter
la fatigue des observations et des calculs astronomiques.
Les
villes de Thorn et de Frauenburg nous ont offert dans Copernic
un philosophe qui découvrit le vrai système du monde bien
plus par la puissance de son génie que par le mérite de ses
propres observations. Non loin de là, nous trouvons donc, cent quarante
ans plus tard, dans la ville de Dantzig, un observateur infatigable, qui
porte ses investigations sur toutes les parties de la science, et qui aurait
peut-être rattaché son nom aux plus brillantes découvertes,
s'il avait consenti à se servir, dans la mesure des angles, des
lunettes nouvellement découvertes ou, comme on disait alors, des
pinnules télescopiques.
En résumé on doit, comme on
l'a vu tout à l'heure, aux travaux réunis du célèbre
sénateur de Dantzig et de sa compagne, outre un très grand
nombre d'observations détachées d'un moindre intérêt
[b],
un catalogue, qui est le dernier établi à l'oeil nu, et plus
exact que celui de Tycho, la découverte d'une des causes de la libration
de la Lune, et la remarque heureuse que les comètes se meuvent non
suivant des cercles, non sur des lignes droites, mais dans des paraboles
à l'intérieur desquelles le Soleil se trouve situé.
Heureux ceux qui en quittant cette vie laissent dans la science de pareils
souvenirs! (A19).
Hévélius
fait également la première relation du passage
en 1661 de Mercure
sur le Soleil, accompagnée d'une relation du passage
de Vénus
sur le Soleil; ce passage, observé le 24 novembre 1639 par Horrox.
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[b]
En 1648, il a nommé Mira Ceti
une étoile variable située au col de la Baleine ,
découverte en 1596 par D. Fabricius,
appelée Omicron par Bayer en 1603. Cette
étoile, ordinairement rouge et dans son plein jaune ou orangée,
reste invisible 5 mois et va de la 2e
grandeur à la 9e.
Ismaël
Boulliaud a fixé en 1667 à 333 jours la période
de cette étoile. |