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Les
gens
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| Dolomieu
(Dieudonné de Gratet
de), géologue et minéralogiste, né en 1750,
au château de Dolomieu en Dauphiné, mort en 1801, membre de
l'Institut, ingénieur et professeur à l'École des
mines et au Muséum d'histoire naturelle, a enrichi la science par
ses recherches sur les substances volcaniques et sur une foule de questions
de géologie et de minéralogie. Il était entré
jeune dans l'ordre de Malte |
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| Gratet
de Dolomieu était devenu, comme Desmarets,
partisan du vulcanisme par la direction de ses études.
Dolomieu faisait ses courses géologiques à pied, le sac sur le dos, le marteau à la main; elles développèrent en lui de grandes pensées sur les révolutions du globe, sur le soulèvement des montagnes, sur le siège de conflagrations des volcans, sur le trapp[1], sur l'origine du basalte, sur la nature d'un calcaire particulier qui a reçu le nom de dolomie. La querelle des basaltes L'origine du basalte,
de cette roche d'un brun tirant sur le noir, sur le vert et le rouge foncés,
et qui a pour principaux éléments la silice, l'alumine, la
chaux et l'oxyde de fer, était alors, parmi les géologues,
l'objet d'une vive controverse, sur laquelle il convient de nous arrêter
un instant.Tous les géologues qui avaient visité l'Etna,
le Vésuve, l'Auvergne, l'île de Ténériffe, l'île
de Bourbon (Réunion), etc. et qui avaient observé des prismes
massifs de basalte, caractéristiques des pays volcaniques, en étaient
revenus avec la conviction que le basalte est d'origine plutonique ou ignée.
Cette conviction s'était encore corroborée par la ressemblance
des basaltes avec des laves compactes d'une origine volcanique évidente,
ressemblance d'autant plus grande que plusieurs laves prennent un retrait
prismatique rappelant la forme du basalte. Il y eut donc unanimité
sur l'origine ignée du basalte. Bergmann,
ayant analysé un basalte de l'île de Staffa, souleva le premier
quelques doutes à cet égard. Ces doutes se propagèrent
depuis que Dolomieu avait dit que "les basaltes des contrées
de l'Éthiopie De cette discordance naquirent des discussions violentes. Les vulcaniens citaient, à l'appui de leur thèse, les expériences de Hall sur la fusion comparée du basalte et du diorite [3] . Hall avait montré que le basalte et le grünstein (diorite), dont l'origine ignée était incontestée, donnaient par la fusion un verre homogène semblable; que ce verre, fondu de nouveau et refroidi lentement, donnait une pierre à cassure terreuse, absolument identique. Les neptuniens opposaient à leurs antagonistes la forme prismatique, comme caractérisant la cristallisation aqueuse. Ils citaient à leur appui la montagne basaltique de Stolpen, à six lieues de Dresde, et les basaltes qui couronnent, en forme de dômes et chapiteaux, les sommets de la chaîne qui sépare la Saxe royale de la Bohème. Ils insistaient particulièrement sur ce que ces dômes ou cônes de basalte avaient pour assises des colonnes multipliées généralement très minces, interposées entre des couches d'autres substances d'une origine certainement aqueuse, telles que des grès, des pierres calcaires, etc. : ces substances sont quelquefois comme entrelacées avec ces couches et en suivent toutes les sinuosités, comme Fortis l'a observé en passant de Valdagne à Schio dans le Vicentin. Mais comment expliquer la présence, à peu près constante, des basaltes dans des pays évidemment volcaniques? Les neptuniens ne firent qu'accroître les difficultés en disant que "le terrain basaltique est le seul propre à la formation des volcans, que ce terrain leur a donné naissance plutôt qu'il ne l'a reçue d'eux, que les laves basaltiques sont le produit de l'altération des basaltes, et que ces laves sont, avec les basaltes, les seules roches connues qui contiennent une aussi grande quantité de fer." |
[1]
le mot trapp ou treppe signifie escalier dans les langues
germaniques. Il a été donné à une roche noire
comme le basalte, et qui se brise en morceaux parallélipipédiques,
ce qui fait que les montagnes qui en sont composées, comme en Suède,,
offrent dans leurs pentes escarpées, des espèces de gradins.
[2] Le nom de wacke ou de grauwacke s'applique à une roche d'un gris ou noir verdâtre, assez mal déterminée, et qui semble faire le passage des pierres argileuses aux basaltes. [3]
Le
nom de diorite a été donné par Haüy
à une roche qu'Alex. Brongniart appelait
diabase. Composé de feldspath albite et d'amphibole hornblende,
le divrite a reçu les noms de grünstein, trapp, cornéenne,
ophite, aphanite, suivant qu'elle est verte ou noire, plus ou moins variée
de taches comme la serpentine, dans laquelle elle peut se transformer.
La protogine |
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| Ces
discussions, où l'on se payait, de part et d'autre, plus souvent
de mots et d'hypothèses que d'observations exactes, aboutirent à
une sorte d'opinion mixte. D'après cette opinion, professée
par Dolomieu, da Rio, Fortis, Spallanzani,
etc., les basaltes sont, les uns volcaniques, les autres d'origine aqueuse;
les basaltes de Saxe et ceux d'Éthiopie La question est aujourd'hui vidée. Sans s'être laissé égarer par quelques cas isolés, d'une anomalie apparente, où des veines de basalte ont pénétré, soit un lit de charbon de terre sans lui avoir enlevé une partie notable de son carbone, soit des couches de grès sans leur avoir donné un aspect de fritte ou de scorie, soit des couches de craie, sans que la craie ait été convertie en marbre granulaire, tous les géologues reconnaissent maintenant que le basalte est un produit de formation ignée, sorti du sein de la Terre à l'état fluide, par de longues fissures [5] ou par des cheminées étroites, plus ou moins cylindriques. (Hoefer).
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[4]
Dictionnaire
des sciences naturelles, article basalte (t. IV, p. 121; Paris 1816).
[5]
C.
Prévost, dans le Dictionnaire d'histoire universelle
de Charles d'Orbigny, art. basalte (t. II, p. 483; Paris, 1842).
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© Serge Jodra, 2004. - Reproduction interdite.