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Les débuts de la Convention 20 septembre 1792 - 2 juin 1793 |
| Aperçu | Causes | Constituante | Législative | Convention | Directoire |
| Le début de la Convention
nationale est marqué au dehors par la retraite des Prussiens
après leur échec, à Valmy Deux partis se disputaient sa direction : les montagnards, qui voyaient le salut de la défense nationale dans la dictature provisoire de Paris; les girondins qui voulaient, selon le mot de l'un d'eux, réduire Paris à son quatre-vingt-sixième d'influence. Le centre, appelé aussi Plaine ou Marais, formait une masse inerte entre ces deux partis, donnant la victoire tantôt à l'un, tantôt à l'autre. Dès le 24 septembre, les girondins Kersaint et Buzot demandèrent, celui-ci des mesures contre les anarchistes, celui-là l'établissement d'une garde départementale qui viendrait protéger le Convention contre Paris. Une commission de six membres, que les montagnards empêchèrent d'aboutir, fut chargée de préparer des lois dans ce sens. Bientôt les girondins, qui avaient la majorité pour eux, engagèrent la Convention dans une lutte redoutable contre la Commune révolutionnaire du 10 août. Le 3 décembre, elle décrétait que Louis XVI serait jugé par elle; le 11, ce prince subissait son interrogatoire à la barre; le 26, Desèze prononçait sa défense; le 15 janvier 1793, il était déclaré, par 693 voix sur 719, coupable de conspiration contre la liberté de la nation et d'attentat à la sûreté générale; le 17, 366 voix sur 721 le condamnaient à mort et, le 19, 380 sur 690 repoussaient tout sursis. Le 21 janvier, Louis XVI monta sur l'échafaud.
Cette mort, l'assassinat du conventionnel Le Peletier, l'irritation de
l'Europe Mais les querelles intestines recommencent dans l'Assemblée : le 13 avril, les Girondins font voter contre Marat un décret d'accusation : il est acquitté par le tribunal révolutionnaire et ramené en triomphe dans la Convention. Le 24 mai, la commission extraordinaire des Douze (formée sous l'influence girondine) fait arrêter Hébert : Paris répond en demandant la suppression de la commission des Douze et l'arrestation des chefs de la Gironde. Il obtient la première de ses demandes par une pression morale dans la journée du 31 mai, et la seconde par une pression matérielle dans la journée du 2 juin. La Convention décréta l'arrestation des principaux orateurs et chefs du côté droit-: Brissot, Vergniaud, Guadet, Gensonné, Pétion, Barbaroux, toute l'élite d'un groupe plus remarquable par l'éclat du talent que par la force des vues politiques. Elle se mutila donc de ses propres mains, sous le coup de la violence matérielle et aussi par le désir d'établir à tout prix, en face de l'ennemi du dehors, l'unité du pouvoir. Pendant cette période, la Convention
légiféra moins qu'elle ne gouverna, et ses décrets
furent surtout de circonstance. Parmi ces derniers il faut mentionner,
comme plus importants, l'établissement du tribunal
révolutionnaire (10 mars), diverses mesures contre les émigrés
(10 novembre 1792, 25 février,
28 mars, 26 avril 1793), des prescriptions
relatives au commerce et à la circulation des grains (7 et 22 décembre
1792,
4 mars 1793), la suppression de la
caisse de l'extraordinaire (4 janvier 1793),
l'émission des assignats portée à 2 milliards 400
millions (24 octobre 1792), puis à
3 milliards 1 million (1er février
1793),
l'emprunt forcé sur les riches (20 mai 1793).
Le ministère de la guerre fut réorganisé par décret
du 6 février
1793, et celui
de la marine par décret du 14 février. Parmi les lois qui
eurent pour objet les intérêts généraux et durables
de la nation, il faut citer celle du 22 septembre 1792,
qui autorisait les citoyens à choisir les juges parmi tous les citoyens,
celle du 21 février 1793, qui
constitua l'armée de la France |
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