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La littérature italienne
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Le Moyen √āge
 La Renaissance. Le XVIIe s Le XVIIIe s. Le XIXe s.
Nous nous proposons de tracer un tableau sommaire de la litt√©rature italienne, et non de l'histoire litt√©raire de l'Italie. C'est dire que nous laissons de cot√© la litt√©rature latine qui a pr√©c√©d√© en Italie la naissance de la litt√©rature en langue vulgaire et que nous ne nous appesantirons pas sur les oeuvres dans lesquelles au Moyen √Ęge, √† l'√©poque de la Renaissance et jusqu'√† nos jours, on a continu√© √† employer le latin. La litt√©rature italienne a six si√®cles d'existence seulement, car elle est de beaucoup la cadette par rapport aux autres litt√©ratures n√©o-latines, surtout par rapport √† la litt√©rature fran√ßaise et √† la litt√©rature proven√ßale. Nous conserverons la division traditionnelle en p√©riodes correspondant chacune √† un si√®cle. Cette division, arbitraire comme toutes celles que la complexit√© des faits √† √©tudier impose √† la faiblesse de l'esprit humain, a presque acquis force de loi en Italie, ou on l'applique d'ailleurs d'une fa√ßon un peu en dehors des habitudes fran√ßaises et sur laquelle il est bon d'√™tre √©difi√© tout d'abord : on dit trecento, trecentisti, pour d√©signer le si√®cle dont le mill√©sime contient le chiffre 3, c.-√†-d., √† la fran√ßaise, le XIVe si√®cle, quattrocento, quattrocentisti, pour le XVe si√®cle, etc. Les diff√©rentes p√©riodes sont loin d'avoir la m√™me importance et la m√™me valeur aux yeux de la critique litt√©raire : plusieurs si√®cles n'offrent ni oeuvres ni auteurs qui attirent √† eux toute l'attention; d'autres au contraire se r√©sument en quelques noms : le trecento, c'est Dante, P√©trarque et Boccace; le cinquecento, Arioste et le Tasse, etc.

Le XIIIe siècle.
Après le règne du pape Grégoire V, l'italien devint le langage du palais et de la chaire, des assemblées législatives, des cours de justice et de toutes les transactions commerciales et légales. Frédéric Il en fit le langage de sa cour à Palerme (1212) et de l'université de Naples (1224). Ce prince, ses fils Anzio et Manfred, et son secrétaire Piétro delle Vigne, écrivirent des vers dans cette langue. Un sonnet de Piétro est le plus ancien spécimen de ce genre que l'on connaisse; mais, plusieurs autres sonnets dus au Sicilien Giacopo da Lentino (vers 1250) et à Guido Guinicelli (mort en 1276), ont une plus grande perfection. On cite ensuite Guido Ghislieri, Fabricio et Onesto; Guittone d'Arezzo (mort en 1294), Bonagiunta da Lucca, Gallo Pisano et Brunetto Fiorentino, en Toscane; le chroniqueur napolitain Matteo Spinelli; et l'historien florentin Ricordano Malespini (mort en 1281); l'authenticité de ses ouvrages a été mise en doute. Brunetto Latini (mort en 1294), professeur de Dante, auteur de l'oeuvre encyclopédique Il Tesoro, appartient aussi à cette époque; enfin Guido Cavalcanti (mort en 1300) fit entrer la littérature italienne dans cette période brillante et glorieuse que Dante porta à son apogée.

Le XIVe siècle (Trecento).
Les deux premiers ouvrages de Dante sont √©crits en latin, mais il abandonna bient√īt cette langue pour l'italien. Son premier po√®me, la Vita Nuova, fut √©crit vers 1294; les autres parurent dans l'ordre suivant : De Monarchia, Convito, De Vulgari Eloquio, et enfin la Divina Commedia (commenc√©e apr√®s 1300), comprenant l'Inferno, le Purgatorio, et le Paradiso. La Divina Commedia est rest√©e le chef-d'oeuvre de la litt√©rature italienne; elle n'a jamais cess√© d'exercer son influence sur les √©crivains italiens. P√©trarque et Boccace compl√©t√®rent avec le Dante ce grand triumvirat po√©tique et litt√©raire qui fit du XIVe si√®cle I'√©poque glorieuse de la litt√©rature italienne. P√©trarque (1304-1374) fut le p√®re de la po√©sie lyrique italienne. Ses compositions comprennent des sonnets, des chants et des triomphes pleins de sentences souvent cit√©es par les auteurs. Giovanni Boccacio (1313-1375) fut l'admirateur passionn√© et le biographe sentimental de Dante, et l'ami d√©vou√© de P√©trarque. Sa Teseide fut √©crite en ottava rima qu'il perfectionna. Cet ouvrage et un roman en prose furent ses premi√®res compositions. En 1352, parut son Decamerone qui est regard√© comme le texte le plus pur que l'on e√Ľt encore √©crit en prose italienne. Franco Sacchetti de Florence fut l'√©mule de Boccace dans ses 300 contes, dont 258 existent encore. Un autre Florentin, Ser Giovanni, laissa le Pecorone, collections de 50 histoires du m√™me genre. Parmi les premiers historiens nous citerons : Dino Compagni et Giovanni, Matteo et Philippo Willani. Le plus ancien ouvrage asc√©tique connu en langue italienne est le Specchio della vera penitanza de Giacopo Passavanti (mort en 1357), comparable pour la puret√© et l'√©l√©gance au Decamerone. Les ouvrages de Passavanti furent suivis de trait√©s similaires √©galement excellents, par Domenico Cavalca de Pise, Bartolommeo da San Concordio et Agnolo Pandolfini. 

Le XVe siècle (Quatrocento).
Au XVe si√®cle, l'imprimerie s'introduisit √† Venise, √† Rome et √† Bologne et multiplia les exemplaires des anciens auteurs, corrig√©s par des √©rudits; et les papes √† Rome, les M√©dicis √† Florence, les Visconti et les Sforza √† Milan, les Gonzague et les d'Este √† Mantoue et √† Ferrare se tirent les protecteurs de la litt√©rature et des arts. Le plus illustre M√©c√®ne de cette p√©riode fut Cosme de M√©dicis. Son petit-fils, Laurent le Magnifique, peut √™tre consid√©r√© comme le restaurateur et le p√®re de la litt√©rature italienne. Sa Nencia du Barberino est le premier exemple de po√©sie rustique italienne; et sa Compagnie del Mantellaccio semble avoir donn√© la premi√®re id√©e de la satire italienne en terza rima. Angelo Poliziano (1454-1594) √©crivit √©l√©gamment en italien et en latin. Ses ouvrages les plus c√©l√®bres sont la Giostra et l'Orfeo, premier drame italien r√©gulier et important. Parmi les po√®tes moins c√©l√®bres de cette √©poque, citons : Burchiello, Girolamo, Benivieni et Giusto de' Conti. Ecrivains √©piques : les fr√®res Bernardo, Luca et Luigi Pulci, ce dernier seul acquit une notori√©t√© durable (1431-1487). Son Morgante Maggiore ouvre la brillante s√©rie italienne des po√®mes romantiques de chevalerie. Le Mambriono de Cieco da Ferrara m√©rite d'√™tre compar√© au Morgante. Le meilleur po√®me romantique du XVe si√®cle est l'Orlando innamorato de Boiardo. La litt√©rature en prose s'enrichit des √©crits de deux artistes, Leone Battista Alberti, auteur d'un dialogue, Della famiglia, et L√©onard de Vinci (1452-1519), √† la fois peintre, sculpteur, architecte, math√©maticien, musicien et le meilleur po√®te improvisateur de son si√®cle. De nombreux historiens appartiennent aussi √† cette √©poque. Pandolfo Collenuccio √©crivit une histoire du royaume de Naples, des dialogues dans le genre de Lucien et le solennel Inno alla morte. Les historiens de voyages furent : le G√©nois Giorgio Interiano, le V√©nitien Cadamosto et le Florentin Amerigo Vespucci. Aldo Manuzio (Alde Manuce) rendit des services signal√©s aux lettres par le soin et le go√Ľt qu'il apporta √† la publication des classiques.

Le XVIe siècle (Cinquecento).
Le XVIe si√®cle, le cinquecento des Italiens, est connu sous beaucoup de rapports comme l'√Ęge d'or de la litt√©rature italienne et des arts; alors, florissaient des ma√ģtres tels que Rapha√ęl, Correggio, Michel-Ange et Titien. Dans la po√©sie, s'illustra Arioste (1474-1533). Prot√©g√© des ducs de Ferrare, il eut la pr√©tention de d√©crire dans son po√®me √©pique, Orlando furioso, l'origine de la maison d'Este. Arioste d√©cocha aussi des satires aux gouverneurs et √† la politique de son √©poque. Son grand rival dans la po√©sie √©pique est Torquato Tasso (1544-1595), auteur de la Gerusalemme liberata, de Rinaldo et d'Aminta. Trissino produisit Sofonisba, premi√®re trag√©die italienne ayant un m√©rite sup√©rieur. Rucellai donna sa Rosmunda et Oreste. Ces pi√®ces furent surpass√©es par les trag√©dies : Tullia de Martelli, Canace de Sperone Speroni, Torrismondo de Torquato Tasso et Edipo d'Andrea dell' Anguillara. 

Dans la haute com√©die (commedia erudita) les meilleurs sp√©cimens sont : Calandra du cardinal Bibbiena, Cassaria et Suppositi de l'Arioste et Madragola et Clizia de Machiavel. L'invention de l'op√©ra appartient aux Florentins, Daphne, le premier qui fut compos√©, ayant √©t√© repr√©sent√© √† Florence en 1597. Les m√©lodrames du Mod√©nais Orazio Vecchio ont √©t√© regard√©s par Muratori comme l'origine de l'op√©ra moderne. Dans la po√©sie pastorale, outre l'Aminta du Tasse, il y eut le Pastor Fido de Guarini et de l'Arcadie de Sannazar. Les principaux po√®mes didactiques sont Api de Giovanni Rucellai, Navigazione de Bernardino Balbi, Coltivazione d'Alamanni et Caccia de' Valvasone. Vers 1520, une √©cole de po√©sie burlesque naquit et fut appel√©e genere bernesco d'apr√®s Berni, dont Orlando innamoralo unit la gr√Ęce √† l'√©l√©gance et √† l'originalit√©. 

Dans la satire, la premi√®re place appartient √† l'Arioste; apr√®s lui, on peut mentionner Pietro Aretino, Ercole Bentivoglio et Filippo Nerli. La po√©sie macaronique dut sa cr√©ation ou son am√©lioration √† Teofilo Folengo (mort en 1544), connu sous le nom de Merlino Cocajo. Les sonnets d'Angelo di Contanzo sont des mod√®les de perfection que Michel-Ange essaya d'imiter. L'Arioste d√©cerna la palme, pour l'excellence po√©tique, √† Vittoria Colonna (1490-1547) l'une des femmes po√®tes de son si√®cle. 

A la tête des écrivains politiques se distingua Machiavel (1469-1527). Il est connu principalement comme homme d'Etat par ses discours sur Tite-Live, par ses dialogues sur l'art de la guerre et particulièrement par son Principe, manuel de gouvernement. D'autres écrivains politiques furent Botero, Gianotti et Paruta (1540-1598). Le plus renommé des historiens est Guicciardini (1482-1540), dont l'Istoria d'Italia embrasse la période de 1490 à 1534. Paolo Giovio écrivit en latin l'histoire des partis de son temps. Les historiens de Florence furent, outre Machiavel : Nardi, Varchi, Nerli, Segni, Capponi, et Scipione Ammirato; ceux de Venise, Bembo (1470-1547), Paruta et Contarini; ceux de Gênes, Giustiniani, Bonfadio et Foglietta; ceux de Ferrare, Cinzio et Faletti; et ceux de Naples, Constanzo, Porzio et Summonte. Le principal historien de l'art fut Vasari (1512- 1574).

Benvenuto Cellini écrivit une autobiographie célèbre et des traités importants sur la bijouterie et sur la sculpture. Vignole et Palladio se distinguèrent par leurs écrits sur l'architecture. Girolamo Cardan et Giordano Bruno se hasardèrent dans des spéculations philosophiques hardies. De nombreux romanciers florissaient alors; parmi eux Bandello tient le premier rang. Vettori et Salviati commentèrent les plus anciens poètes; et le dernier s'occupa de compiler le Vocabolario della Crusca, ouvrage philologique important sur la langue italienne
 

La versification italienne

La versification italienne est fond√©e sur l'accent prosodique, et sur le nombre d√©termin√© des syllabes. La rime, simple accessoire d'harmonie, n'est nullement n√©cessaire; d'excellents po√®mes, en particulier toutes les po√©sies dramatiques, sont √©crits en vers blancs ou non rim√©s (versi sciolti). La rime en italien part de la derni√®re syllabe accentu√©e; d√®s lors ce n'est pas toujours la derni√®re syllabe qui la constitue. 

On distingue chaque espèce de vers par le nombre de syllabes dont il est composé. Il y a élision lorsqu'une voyelle finale se rencontre avec une voyelle initiale : dans ce cas, ces voyelles ne comptent que pour une seule syllabe. Ainsi, tel vers dont les mots donnent seize syllabes se réduit par l'élision à onze. II faut éviter de faire rencontrer, dans l'élision, des voyelles accentuées, comme potro io. C'est aussi un défaut de compter l'élision pour deux syllabes dans la mesure du vers.

On appelle versa tronchi les vers qui sont terminés par un mot tronco (tronqué, dont l'accent est sur la dernière syllabe); versa piani, ceux qui sont terminés par un mot piano (doux, dont l'accent est sur la pénultième); versi sdruccioli, ceux qui sont terminés par un mot sdrucciolo (glissant, dont l'accent est sur l'antépénultième). Les vers de la langue italienne sont considérés généralement comme piani; les autres vers se rapportent tous à cette classe. Donc, le vers tronco, par rapport au vers piano, doit avoir une syllabe de moins, parce que la dernière syllabe d'un mot, quand elle est accentuée, est égale à deux syllabes brèves, ou à une brève et à un repos; les vers sdruccioli, par rapport aux vers piani, doivent avoir une syllabe de plus, parce que deux syllabes brèves après une syllabe accentuée doivent se prononcer avec la même vitesse qu'une seule syllabe brève.

La langue italienne compte 8 espèces de vers, de onze à quatre syllabes. Le plus long ou endécasyllabe est en même temps le plus harmonieux, le plus majestueux, et le seul qu'on emploie dans les grandes compositions poétiques. II peut avoir trois, quatre, et même cinq syllabes accentuées, dans différentes positions, ce qui donne lieu à une infinité de combinaisons, dont chacune offre une harmonie variée, selon le sentiment que le poète veut exprimer. Après les endécasyllabes, les vers de sept syllabes sont les plus harmonieux et les plus usités. Les vers de six syllabes ne sont employés que rarement, à cause de leur harmonie trop uniforme.

Parmi les diff√©rentes combinaisons de vers, nous distinguerons : 1¬į l'ottava rima ou strophe de huit vers, de l'invention de Boccace; c'est le m√®tre de la J√©rusalem d√©livr√©e. Cette heureuse division, qui offre √† l'esprit d'agr√©ables repos, a √©t√© emprunt√©e aux Italiens par les Espagnols, les Portugais, les Allemands et les Anglais; 2¬į la sestinaou strophe de six vers, √©galement de cr√©ation italienne. C'est le m√®tre dans lequel s'expriment l'√©pigramme, la satire, l'ironie, sous l'apparence de la gravit√© et du s√©rieux ; par exemple la Secchia rapita de Tassoni; 3¬į la terza rima, couplet de trois vers end√©casyllabes, avec des rimes crois√©es, qui s'encha√ģnent d'un tercet √† l'autre. C'est le m√®tre de la Divine com√©die. II est ordinairement affect√© √† la po√©sie satirique, bien que quelques po√®tes aient √©crit en terze rime des √©l√©gies, des √©glogues, des √©p√ģtres et m√™me des odes, non sans quelque succ√®s. 

La canzone ou ode, les po√©sies dites anacr√©ontiques, renferment des strophes de toute mesure et de toute esp√®ce de vers, selon le go√Ľt et l'invention du po√®te. 

Vient enfin le sonnet, rythme essentiellement italien, qui a fait le tour de l'Europe avec un succès prodigieux. On croit que les Italiens l'ont emprunté aux Troubadours. Ce genre de poésie est inséparable du nom de Pétrarque. Burchiello et Berni ont inventé le sonnet burlesque ou épigrammatique, et l'ont allongé d'une queue plus ou moins longue, selon la dose de plaisanterie qu'ils avaient à exprimer : ces sonnets s'appellent sonetti colla coda. (E. B.).

Le XVIIe siècle.
Au XVIIe si√®cle, les sciences naturelles fleurirent particuli√®rement. Alors brilla Galil√©e (1564-1642); ses Dialoghi et ses autres ouvrages sont √©crits avec √©l√©gance. Ses √©l√®ves les plus remarquables furent Viviani, Torricelli et Castelli; les physiciens de cette p√©riode furent Borelli, Malpighi, Bellini et Francesco Redi. Les conf√©rences sur le droit public par le jurisconsulte Vincenzo Gravina sont r√©unies dans son Origine del Diritto civile et dans d'autres publications. Les plus grands historiens furent Sarpi, Davila, Bentivoglio et Pallavicini. Le j√©suite Bartoli √©crivit l'histoire de sa soci√©t√©. Pietro della Valle (mort en 1652) raconta ses voyages en Turquie, en Perse et en Inde. Le premier journal litt√©raire italien (Giornale de'letterati) fut fond√© √† Rome en 1668. A la t√™te des po√®tes de ce si√®cle, brilla Marini de Naples (mort en 1625), qui cr√©a l'√©cole po√©tique des marinistes. Parmi ses contemporains et ses successeurs figurent Chiabrera, Guidi, Tassoni et Marchetti. Salvator Rosa, Bracciolini, etc., produisirent des vers satiriques, √©rotiques et fac√©tieux. Zeno de Venise (mort en 1750) et M√©tastase (mort en 1782) compos√®rent des pi√®ces d'op√©ra d'un m√©rite po√©tique remarquable. 

Le XVIIIe siècle.
Au commencement du XVIIIe si√®cle, la litt√©rature et les sciences furent cultiv√©es avec une nouvelle ardeur. Naples produisit Giannone distingu√© dans l'histoire, Mazocchi dans l'architecture, Genovesi dans l'√©conomie politique. Gagliani dans l'architecture et un autre du m√™me nom dans l'√©conomie domestique et la philologie. Filangieri fut le rival de Montesquieu dans la philosophie du droit. Marsigli, Cesarotti, Foscarini, les fr√®res Gozzi, Morelli et d'autres s'illustr√®rent √† Venise. Dans les villes de Lombardie florissaient  Tissot, Spallanzani, Volta, Scarpa, Tamburini, Parini, Beccaria, Maria, Agnesi, Carli et autres, qui consacr√®rent leur talent √† la litt√©rature, aux arts, aux sciences et au d√©veloppement de principes politiques et √©thiques. La M√©rope de Maffei fut la meilleure trag√©die du commencement du XVIIIe si√®cle. Parini (1729-1799) excella dans la po√©sie satirique. Parmi les ouvrages de Cesarotti, on remarque une Traduction d'Ossian, consid√©r√©e comme l'une des productions les plus heureuses en italien. Alfieri (1749-1803), chef d'une √©cole tragique importante, exer√ßa une influence pr√©pond√©rante sur son √©poque et sur la litt√©rature. Goldoni (1707-1793) est le seul v√©ritable po√®te comique dont l'Italie puisse se pr√©valoir. Les historiens les plus illustres furent : Muratori (mort en 1750), Maffei, Denina, Mazzuchelli, Tiraboschi et Lanzi (mort en 1810). Campanella continua le mouvement philosophique de Bruno, en opposition √† la scolastique, et Vico (1667-1744) fonda la nouvelle science de la philosophie de l'histoire; Gasparo Gozzi, Algarotti, Buonafede, Vanetti, Tartarotti et Alessandro Verri ajout√®rent aussi √† la gloire de la litt√©rature en introduisant l'√©tude des productions √©trang√®res.

Le XIXe siècle
La premi√®re partie du XIXe si√®cle, c√©l√®bre par les oeuvres artistiques de Canova, Longhi, Cicognara, Appiani et Beltrami, fut √©galement remarquable comme √Ęge litt√©raire. L'auteur qui, sans contredit, exer√ßa la plus grande influence sur la r√©g√©n√©ration de la po√©sie fut Vincenzo Monti (1754-1828). Ses po√®mes, ses trag√©dies et sa traduction de l'Iliade sont √©crits dans un style admirable et nerveux. Ugo Foscolo (1777- 1820) appartient √† l'√©cole d'Alfieri. Il √©crivit I Sepolcri, po√®me lyrique, et d'autres ouvrages en prose et en vers, d'une remarquable puissance. Mezzanotte c√©l√©bra en vers la lutte des Grecs modernes pour la libert√©. Les po√®mes lyriques de L√©opardi (mort en 1837) sont tr√®s estim√©s. Parmi les po√®tes √©piques et didactiques, on cite : Botta, Ricci, Bagnoli, Arici, Crossi, Sestini, Pananti et Lorenzi. Antonio Cesari (mort en 1873) fut le chef des trecentistes, √©cole qui porta jusqu'√† l'affectation son amour des auteurs italiens du XIVe si√®cle. Prati, Aleardi, et Dall' Ongaro (mort en 1873) sont class√©s parmi les meilleurs po√®tes lyriques italiens de l'√©poque. Le comte Giraud, Romain de naissance, Fran√ßais d'origine, fit rena√ģtre la com√©die italienne. Alberto Nota lui fut sup√©rieur et √©gala Goldoni. A la fin du r√®gne de Charles-Albert, parurent Paolo Ferrari, Gherardi del Testa et Giacometti. Ferrari obtint une grande r√©putation par ses. com√©dies. D'autres √©crivains dramatiques de la p√©riode ante-unitairienne sont : Sabbatini, Teobaldo Cicconi, Pietro Corelli, Caterino de' Medici Fortis, Casabianca, Morenco et Montanelli. A l'√©cole classique modifi√©e de Monti appartiennent les drames de Silvio Pellico (1789-1854), connu principalement par sa Francesca da Rimini et Le mie prigioni, et ceux de Niccolini. 

D'apr√®s quelques critiques, Giovanni Battista Niccolini est le premier √©crivain tragique italien du XIXe si√®cle. Filippo Strozzi et Arnaldo da Brescia sont ses chefs-d'oeuvre. Parmi les √©crivains historiques de la premi√®re partie du si√®cle, deux, Vincenzo Coco (mort en 1823) et Carlo Botta (mort en 1837), m√©ritent une mention sp√©ciale. Coco a laiss√© deux ouvrages importants, la Rivoluzione di Napoli et Platone in Italia. Les principaux ouvrages de Botta sont Storia dell' independenza degli Stati Uniti et une continuation de l'histoire de l'Italie de Guicciardini. Collecta, dans Storia del reame di Napoli, compl√®te l'ouvrage de Coco. Amari √©crivit l'histoire des Arabes en Sicile et celle des V√™pres Siciliennes. Cesare Cant√Ļ commen√ßa sa carri√®re d'historien par Ragionamenti sulla alerta Lombarda del secolo XVII. En 1837, parut son grand ouvrage, Storia universale, sa r√©putation fut encore augment√©e par ses derniers ouvrages. Bianchi Bovini est l'auteur d'une histoire des papes, d'une histoire des H√©breux et d'une monographie du pape Jean. Cesare Balbo √©crivit des m√©ditations sur l'histoire, une vie de Dante et un sommaire de l'histoire d'Italie. Les autres historiens du XIXe si√®cle sont : Gino Capponi, Carlo Troja, Franscini, La Farina, Frederico Sclopis. Luigi Zeni, Romanin, Carlo Gemelli, Giuseppe Rubini, Canette, Canal√®s, Gallenga, Augello Brofferio, Anelli, Carlo Cattaneo, Federico Torre, Ferrari, L.-C. Farini, Gualterio, Vecchio, Atto Vanucci et Pasquale Villari. Ce dernier est connu comme biographe de Savonarole et de Machiavel.

Les auteurs ult√©rieurs sur la science sociale sont : Minghetti, Cibrario, Zamboni et Celestino Bianchi. Parmi les √©crivains eccl√©siastiques, on cite le b√©n√©dictin Tosti, les j√©suites Luigi Taparelli d'Azeglio, Pianciani, Secchi, Passaglia, Perrone, l'abb√© Lambruschbini et le th√©atin Ventura. Parmi ceux qui se sont occup√©s des antiquit√©s nationales : Inghirami, Delfico, Fanucci, Manno, Bras et Pompeo Litta. Visconti (1751-1818) se fit un nom dans l'arch√©ologie classique et Festini dans la numismatique. Angelo Mai, De' Rossi, Borghesi, Gestaldi, Canestrini, Foresi et autres sont les repr√©sentants de l'arch√©ologie. Les principaux ouvrages de De' Rossi sont : La Roma sotterranea cristiana (1864) et Inscriptiones Christianae Urbis Romae (1857-1861). 

Vers la fin du XVIIIe si√®cle et au commencement du XIXe, les sciences naturelles firent de grands progr√®s, gr√Ęce aux travaux de quatre savants Volta, Galvani, Scalpa et Spallanzani. La science astronomique fut repr√©sent√©e par Piazzi, Oriani, Cagnoli et Plana; la science m√©dicale par Rasori; la science naturelle par Gen√®; la g√©ographie par Balbi et la jurisprudence par Canningnani et Nicolini de Naples. Plus tard, de Vico et Donati acquirent une grande r√©putation par leurs d√©couvertes astronomiques et Pianciani comme physicien. Plus tard encore, Schiapparelli, Cappocci et de Gasparis rendirent de grands services √† l'astronomie, et parmi les savants ult√©rieurs Secchi et Respighi occupent une place distingu√©e. Avec eux, on doit mentionner les g√©ographes Marmocchi et de Luca, les naturalistes Simonda et de Filippi, le chimiste Piria, les physiciens Melloni, Marianini et Matteucci, et Libri, historien de la science. Ranalli a publi√© une histoire des beaux-arts. Gioja et Rogmanosi trait√®rent des questions philosophiques et de l'√©conomie politique

Manzoni (1784-1873) produisit des mod√®les de po√©sie lyrique, de drames historiques et de romansdans : Adelchi, Il conte di Carmagnola, et I promessi sposi. Parmi les autres auteurs de romans historiques, rappelons : Rosini, Cesare Cant√Ļ, Grossi, Massimo d'Azeglio (1798-1866) et Guerrazi (mort en 1873). Le roman ayant pour titre Famiglia (1850), par Bersezio, est un des meilleurs de ce genre. Le Dr Antonio, de Ruffini, est estim√© pour ses descriptions de paysages italiens. 

En philosophie, Gioja et Romagnosi eurent pour successeurs Pasquale Borelli (Lallebasche), le cardinal Gerdil (1748-1802) et Pasquale Galluppi (1770-1846). La philosophie compte encore un grand nombre de repr√©sentants en Italie. Le plus c√©l√®bre fut Gioberti (1801-1852), dont la th√©orie philosophique flattait les aspirations nationales de l'Italie. Apr√®s Gioberti, viennent le cardinal Rosmini-Serbati (mort en 1855), dont la th√©orie ontologique rencontra presque autant de faveur que celle de Gioberti, et Mamiani, l'auteur de Rinnovumenlo dell' antica filosofia italiana. Ausonio Franchi est diam√©tralement oppos√© √† tous ces philosophes, de m√™me que Tommaseo, repr√©sentant des √©coles spiritualistes et religieuses. 

La philosophie grecque est représentée par Centofanti, la philosophie sceptique par Giuseppe Ferrari, et l'hégélianisme par le Napolitain Vera. A l'école de Franchi, appartiennent Alfonso Testa et Carlo Cattaneo. Le Calcolo di probilita des sentimenti umani (1855) de Mastriani est une tentative faite pour fonder la philosophie sur des bases physiologiques. Giordani peut être considéré comme le fondateur de l'école de critique esthétique dans l'Italie du XIXe siècle. Cicognara, Pindemonte, Foscolo, Perticari, Basilio Puotti, Mamiani, Giudici, Arcangeli, Ranalli et Giuliani se sont aussi distingués dans cette branche de la science. Parmi les poètes de la seconde moitié du XIXe siècle, on distingue : Giovanni Prati, Frullani, Tigri, Carducci et Zanella; de Spuches, Pardi et autres Siciliens; Barattani, Mercantini, Giotti et de' Marchi. Les poétesses les plus célèbres sont : Francesca Lutti, Alinda Brunamonte, Emilia Fua et Rosina Musio-Salvo. Nous citerons parmi les historiens : Ricotti (Savoie), La Lumia (Sicile), Giudici (Storia dei Comuni italiani), Celesia (Gênes) et Peluso (Milan); parmi les romanciers : Nievo, Arrighi, Donati, Bezio, de Amicis et signera Teresa de Gubernatis. (T.).

La littérature italienne depuis 1900.
Le futurisme.
Le d√©but du XXe si√®cle en Italie est marqu√© par le mouvement futuriste, fond√© en 1909 par le po√®te et √©crivain Filippo Tommaso Marinetti, auteur du Manifeste futuriste. Le futurisme pr√īne le rejet du pass√© et l'exaltation de la modernit√©, de la vitesse et de la technologie. Umberto Boccioni, sculpteur et peintre futuriste, est √©galement auteur d'√©crits th√©oriques sur l'art.

Let réalisme.
La période entre les deux guerres mondiales voit l'émergence d'un réalisme social et critique, souvent en réaction à la montée du fascisme. Alberto Moravia vritique la bourgeoisie italienne dans Gli indifferenti (Les Indifférents). Cesare Pavese parcourt les thèmes de l'aliénation et du retour aux racines dans des oeuvres comme La luna e i falò (La Lune et les Feux).

Le néoréalisme.
Apr√®s la Seconde Guerre mondiale, le n√©or√©alisme devient dominant, influenc√© par les r√©alit√©s brutales de la guerre et ses cons√©quences. Italo Calvino est l'uteur de Il sentiero dei nidi di ragno (Le Sentier des nids d'araign√©es), roman n√©or√©aliste, et plus tard, de fables et r√©cits fantastiques. Elsa Morante donne avec  roman La storia (L'Histoire) un exemple poignant de la litt√©rature n√©or√©aliste. Primo Levi, auteur de Se questo √® un uomo (Si c'est un homme) propose un  t√©moignage sur l'Holocauste.

Avant-gardes et engagement politique.
Les années 1960 et 1970 voient une explosion de mouvements avant-gardistes et d'écrits politiques. Pier Paolo Pasolini, poète, romancier et réalisateur, est l'auteur de Ragazzi di vita (Les Garçons de la rue). Umberto Eco, philosophe et romancier, écrit le célèbre Il nome della rosa (Le Nom de la rose), qui combine érudition et intrigue policière.

Postmodernisme et réflexion sur l'histoire.
Les deux dernières décennies du XXe siècle sont marquée par une littérature postmoderne et une réflexion sur l'histoire et la mémoire. Antonio Tabucchi est l'auteur de Sostiene Pereira (Pereira prétend), un roman sur la dictature salazariste au Portugal. Giuseppe Pontiggia écrit sur les complexités de la vie moderne et les contradictions humaines.

La littérature italienne contemporaine.
Tr√®s diverse, la litt√©rature italienne contemporaine aborde les questions d'identit√©, de migration et les r√©alit√©s socio-√©conomiques actuelles. Elena Ferrante s'int√©resse √† l'amiti√© et aux transformations sociales √† Naples dans sa s√©rie L'amica geniale (L'Amie prodigieuse). Roberto Saviano se fait conna√ģtre avec Gomorra, une enqu√™te sur la mafia napolitaine. Paolo Giordano est l'auteur de La solitudine dei numeri primi (La Solitude des nombres premiers), qui traite de la solitude et des relations humaines. Le d√©but du XXIe si√®cle voit √©galement l'√©mergence de nombreuses voix f√©minines et nouvelles. Dacia Maraini est une autrice prolifique qui aborde des th√®mes f√©ministes et sociaux. Valeria Luiselli impose sont originalit√© avec des oeuvres innovantes autour de th√®mes contemporains.

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